LA GUERRE QUI SE PERD .Juin 1940 - HORS SERIE

Voici le dernier volet de cette trilogie Mai-Juin 1940, qui s'inscrit dans mes essais antiguerresur la période fin du 19ème- 1945 Bien amicalement daniel petri-menzi

Voilà ce que nous avons appris à l’école et/ou ailleurs : Les français ont été piégés par les frisés, ils ont foncé tête baissé en Belgique alors que le Reich avait un autre plan : nasser les français et les anglais dans le nord, dos à la mer.

Ce que l’on a appelé : la coupe à la faucille, le « coup de faux » (Churchill, dixit). Eh bien, aucun plan ne menait à cette extrémité, pas le fameux Plan Manstein, en tous cas. Pas le projet du Führer.

Le projet de Hitler pour son explication définitive avec la France était : annexer à nouveau l’Alsace-Moselle et aussi le Nord (dans un « Gau » commun avec la Belgique). Nul doute que ses prétentions territoriales « françaises » étaient plus vastes mais il fallait compter avec le « réservoir » colonial de l’Empire français.

 

Le coup de FAUX

 

Poursuivons :

 

Le mardi 14 mai 1940, plus tard, A. Goutard relatera des combats qui  surviennent  sur le front belge :

« 6 heures. Les blindés français, prêts à contre-attaquer les Allemands qui ont percé la veille sur la Meuse, entre Dinant et Sedan, reçoivent le contre-ordre de se disperser sur un front de 20km.

 

La 9ème Armée française du général André Corap se replie en désordre sur Rocroi.

Dans le secteur de la 6ème Armée allemande, le général Walter von Reichenau reçoit l'ordre d'attaquer les positions ennemies entre Louvain et Namur. L'offensive est prévue pour le lendemain à l'aube.

 

Le secteur Gembloux-Ernage est défendu par le 4ème Corps français, avec la 1ère Division marocaine et la 15ème Division d'infanterie motorisée. »

 

Goutard se montrera  elliptique sur l’affrontement qui s’est noué à Gembloux.

C’est sur le site Seconde-Guerre.com que nous en apprenons plus et mieux.

 

Force et honneur aux tirailleurs marocains

 

« Dans la soirée du 15 mai, contre-attaqués par des blindés de la 15ème Division d'infanterie motorisée, venue en renfort, les Allemands devront arrêter les frais et se retirer.

 

La Wehrmacht subira là son premier échec de la guerre.

Mais malheureusement, le sacrifice des Tirailleurs Marocains se révélera vain. En effet, débordée par ses flancs nord et sud, la 1ère Armée française reçoit l'ordre d'abandonner ses positions vers La trouée de Gembloux ("The Gembloux Gap"), qui donne accès à la vallée de la Sambre, est verrouillée par un millier d'hommes du 1er Bataillon / 7ème Régiment de Tirailleurs Marocains (RTM) et du 3ème Bataillon / 2ème RTM.

 

A l'aube, le 16ème Korps motorisé de Hoepner, composé des 3ème  et 4ème  Divisions panzers, déclenche son offensive prévue contre les deux bataillons marocains. Les deux divisions blindées allemandes totalisent 20000 hommes et 750 chars. Martelés par les Ju-87 (bombardiers Stukas), contre des forces blindées très supérieures en nombre, les Marocains vont pourtant résister pendant deux jours aux coups de massues des Allemands.

Les pertes sont terribles des deux côtés.

 

Sur les 1000 Tirailleurs marocains engagés, seule une centaine d'entre eux s'en sortiront vivant. En France, cette victoire héroïque, bien qu'inutile, tombera dans l'oubli, elle ne figure même pas dans les manuels ou livres d'histoire sur la Seconde Guerre mondiale. Les Belges, eux, n'ont pas oublié ce sacrifice des Tirailleurs marocains.[1] »

Comme leurs camarades sénégalais, les marocains sont donneurs de sang universels pour la France de Daladier et Reynaud

 

 

 

Crime de guerre à Rotterdam

 

14 mai 1940. Suite:        

... Les Allemands remettent un ultimatum au gouvernement néerlandais, lui enjoignant de capituler sous peine de voir anéantir la ville par la Luftwaffe. Les Hollandais acceptent les conditions de leur capitulation, mais ils ne peuvent empêcher la Luftwaffe de décoller à l'heure dite. L'ordre d'annulation du raid parvient bien à la plupart des escadrilles de bombardement, mais certaines d'entre-elles ne le reçoivent pas et poursuivent leur mission, malgré les efforts des Allemands pour leur faire rebrousser chemin.

Rotterdam est bombardée à 13h30. C'est le centre et les quartiers orientaux qui sont le plus touchés. Le nombre des victimes civiles reste à ce jour indéterminé, approchant sans doute le millier de morts. Plus de 3000 blessés et 75000 sans-abri.

L’auteur de ce crime de Guerre singulièrement lâche est un certain von Choltitz. Ce général récidivera plus tard, à l’Est. Encore plus tard, à Paris, ce sera bien plus compliqué pour lui et les siens…

 

« Tout est perdu ! »

 

Le mercredi 15 mai à 7 heures du matin, Daladier téléphone à Reynaud et laisse choir : «  Tout est perdu ».

 

 Gamelin n’a pas donné d’ordre de retraite pour les troupes qui sont en Belgique.

Le matériel antichar et d’aviation fait défaut, du fait d’une coordination déficiente, déjà évoquée plus haut. Pénurie d’émetteurs et récepteurs radio, de transmission sol-air. On avait oublié que « le diable se niche dans les détails » ou les bévues…on ne voulait voir qu’en grand.  « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts ! ».

 

Daladier ne s’en remettra jamais plus, dit-on. Les événements lui ont assené un coup sur le crâne.

 

Son chef de Cabinet témoigne de l’état d’esprit dans lequel Daladier perdait connaissance, ce 15 mai à 10 heures :

 « D’un seul coup, et pour le reste de sa vie, Daladier est devenu un pauvre homme, muet, désemparé, assis dans un coin… »[2]

 

 Ce 15 mai 1940 à 7 heures  30, Reynaud téléphone à Churchill :

« We have been defeated! We have lost the battle!" (Nous sommes vaincus! Nous avons perdu la bataille!) »

 

Ce jour-là, Sedan est aux mains d’Hitler.

Ce même jour, les bombardiers de la RAF bombardent la Ruhr.

 

    

 

 

 

 

 

Le détournement du Plan Manstein-Hitler    

 

Placé dans la perspective d’une guerre longue par les alliés, les chefs nazis avaient « mis le Reich dans l’embarras » (Yan Kershaw - Hitler-page 651).

 

  1. Si la Pologne se trouvait au supplice, elle avait coûté aux armées hitlériennes « 50% de ses chars et unités motorisées » () ; le Reich manque de munitions pour continuer la guerre.
  2. Certes, les nazis peuvent compter sur l’URSS pour être approvisionnés en matières premières et en pétrole mais l’alliance contre-nature est devenue précaire à l’automne 1939, il n’est pas « sain » de dépendre économiquement d’un État qui n’est pas un allié subsidiaire (cf. Hongrie, Roumanie, Slovaquie) et qui est, malgré la gangrène bureaucratique qui le ronge, l’État des travailleurs. C’est pourquoi, la route du fer suédois devient vitale pour le Reich
  3. Nous l’avons déjà souligné, c’est Reynaud et Churchill qui ont tracé la voie scandinave aux nazis ; cette voie nordique leur a « donné » le Danemark et la Norvège. Mais encore, une alliance avec la Finlande via le général Mannerstein. Ces « points d’appuis », aussi précieux soient-ils, ne permettent pas, à eux seuls, d’aller à l’Explication définitive avec la France, dictée dans Mein Kampf.

 

Tels sont les linéaments du Plan Hitler-Manstein auquel le Führer se rallie en désespoir de cause et, comme souvent, séduit par le principe du « Tout pour le tout » auquel le pousse sans cesse Joseph Göbbels.

Or, à la mi-mai 1940, ce Fall Gelb (plan jaune ou dossier jaune) leur échappe des mains. Il est détourné par l’anticommuniste acharné Guderian, d’une part et par Rommel, d’autre part.

Le fameux Coup de Faux qui s’avance dispose d’un puissant allié : la Pervitine ! Un métamphète redoutable.

 

 

Eclairs - rages

         

A l’Origine, selon le documentaire « l’impensable défaite »[3] réalisé par l’historienne Georgette Elgey, Hitler n’a nulle intention de foncer sur Paris, il entend détruire l’appareil militaire de la France, occuper le nord du pays et se placer en position de force pour négocier la paix avec l’UK.  Je suis d’accord avec ce qu’elle affirme, un peu moins sur le titre du Docu car la défaite était PENSABLE. Pas inévitable, mais plausible.

On a dit que le führer a surestimé la capacité militaire de la France. Il la surestimait surtout qualitativement car quantitativement, la France est plus forte.

 Le matériel français est, si l’on doit parler ainsi, performant. En théorie pure, pour vaincre un ennemi, il faut être en nombre supérieur. Hitler en est conscient. Il sait aussi profiter des défaillances politiques de l’adversaire. C’est une bribe de ce que les nazis Strasser et Göbbels avaient retenu des écrits de Lénine de 1917.[4]

 

Lorsque l’on dit qu’Hitler ne jure que par la guerre-éclair, cela se discute.

Le Reich ne peut supporter une guerre de type 14/18. Mais ce postulat ne fonde pas une stratégie toute entière de blitzkrieg pour son « explication définitive avec la France ».

Hitler était probablement acquis au précepte de Napoléon Bonaparte : « on s’engage et on voit. »

Ce qui nous incombe ici, c’est le sort jeté à la France impérialiste, un sort dont elle ne se relèvera jamais plus, si ce n’est de façon illusoire, virtuelle et « illustre ».

 

 

La dislocation des chairs

 

Le samedi 18 mai 1940, la situation est la suivante :

 

La Hollande a capitulé, le 15 mai 1940 – après la destruction quasi-totale de Rotterdam sous les bombardements nazis. D’autres villes néerlandaises subissent le même sort.

 

La veille, le président Reynaud a rappelé le maréchal Philippe Pétain, ambassadeur de France auprès de Franco. Tant et si mal, qu’à la faveur du remaniement ministériel qui dynamite Daladier et Gamelin, Pétain est sacré Vice-président du Conseil.

 

Pour Paul Reynaud, le moment est venu de bouter hors du pouvoir Gamelin et …Daladier. Gamelin qui a, semble-t-il, proposé la cessation des combats https://youtu.be/iAgF_JcKOS0 1/24/30

 Pour être plus précis, l’appel de Reynaud à Pétain obéit à un calcul visant à faire tomber totalement Daladier et Gamelin.

En Pétain, Reynaud pense tenir un contrepoids au grand chef des armées. Weygand est, en l’occurrence, un homme d’extrême-droite fasciste et ne s’en cache pas. C’est aussi l’homme de Foch. Pétain et Foch se méprisaient mutuellement. Pétain et Weygand se détestent.

 

Pour sa part, de Gaulle n’approuve pas la venue au gouvernement de Pétain, ni celle de Weygand.  (Voir M. Ferro- op.cit. p62). Il vient de « livrer bataille ».

 

Comment De Gaulle sacrifie ses hommes

Sauf le respect dû à un Colonel qui va se généraliser, d’abord à titre provisoire, et à sa légende à venir, de Gaulle va conduire sa division en formation à un affrontement avec l’ennemi dont il tirera gloire. La frime est un truc qui marche, surtout quand des politiciens aux abois et la propagande de guerre sont en quête de coups d’éclats.

Selon Wiki :

« Dans la nuit du 16 au 17 mai, à 4h15 du matin, bien qu'elle ne possède encore qu'une partie de ses unités et qu'elle soit toujours en cours de formation, la 4ème  DCR de De Gaulle lance une contre-attaque vers Montcornet, sur les arrières de la 10ème Division panzer, dans la région de Laon.

 

Après avoir marqué quelques petits succès initiaux contre des positions d'artillerie antichars, les blindés de de Gaulle prennent Montcornet, mais l'infanterie d'accompagnement, chargée de l'occupation de la localité, n'a pas suivi.

 

Malmenée par l'intervention des bombardiers en piquée Ju-87, stoppée par le raidissement de la résistance allemande, la 4ème Division Cuirassée de Réserve (DCR) doit finalement regagner ses positions de départ. » [5]

 

La contre-offensive du Colonel de Gaulle relève finalement du fiasco :

 

« Équipages sans cartes – ils se trompent de cible, attaquent le mauvais village – Pour Guderian, l’équipée du Colonel de Gaulle n’a été qu’une gesticulation, elle a été coûteuse puisqu’on y perd 90 blindés »[6]

 

Le besoin de relater des actions d’éclat va pousser de Gaulle en avant. Pour assouvir ce besoin, ce colonel sera nommé général de Brigade à titre temporaire, le 25 mai 1940. Ainsi naissent ces étoiles qui brillent encore des éclats de la renommée, 80 ans après…

 

Cette tentative de Charles de Gaulle, avec les moyens du bord, ne saurait masquer aux yeux des combattants l’ampleur de l’hécatombe de ce coup manqué. De Gaulle n’a alors aucune considération pour le sang versé, il a mené son escouade à l’abattoir.

 

Un vétéran de la bataille d’Haubourdin rapportera une bribe de témoignage de soldats aux ordres de ce Colonel de Gaulle en voie du Généralisation : après avoir félicité les hommes du rang, de Gaulle aurait dit, ce qui est bien dans son genre d’humour au centième degré :

« Vous êtes rentrés trop nombreux »[7]

 

La veille de cet exploit-fiasco, Charles de Gaulle écrit à sa femme et lui consigne :

2G écrit à sa femme : « … cependant, il faut s’attendre à tout, assure-toi très discrètement, d’un moyen de transport éventuel » [8]

 

              

La dictature à tête de poisson mort

 

En 1953, l’écrivain François Mauriac surnommera le chef gouvernement en place (Joseph Laniel) : « la dictature à tête de bœuf ».

 

Le gouvernement Reynaud-Mandel-Pétain[9] se survit en Dictature à tête de poisson mort, partant à la dérive au fil de l’eau.

 

Ce  samedi 18 mai 1940, les villes de Cambrai, Saint-Quentin et Péronne sont prises.

 

Le dimanche 19 mai 1940, ce gouvernement, au lendemain de l’ultime remaniement se rend au grand complet à une messe est célébrée à Notre-Dame de Paris avec Monseigneur Roger Beaussart, évêque auxiliaire de Paris, le cardinal Alfred Baudrillard et Monseigneur Gawlina, vicaire aux armées polonaises.

Comme par anticipation au régime de Vichy, Reynaud et les pouvoirs constitués piétinent la Laïcité de l’État.

 

La France perd le Nord

Il ne leur restait qu’à s’en remettre à Dieu. Cette fois, ils sont pris totalement dans la Spirale. A ce moment-là, c’est la population qui dérouille et les soldats. Les enfants, au premier chef. Qu’il est loin le rêve glauque de démembrer l’Allemagne. Qu’il est ridicule le slogan : « nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts ». Pourtant, la propagande ne change pas de ton, elle vire à l’intox, dangereuse en elle-même. Cet enthousiasme guerrier devient dégoûtant. Il faut dire aussi que le gouvernement est dans un sale état…

 

Le lundi 20 mai 1940, le Corps expéditionnaire franco-britannique est pris  en tenaille sur terre. La crise politique est intense des deux côtés de la manche.

 

Ce 20 mai 1940, les panzers atteignent la mer, l’armée française est « coupée en deux ».

 

Le jeudi 23 mai 1940,  prise de Calais.

 

Le samedi 26 mai 1940, prise de Boulogne-sur-Mer.

 

 

Puis l’offensive des troupes allemandes semble piétiner. En fait, c’est Hitler qui appuie sur le frein, au grand dam de ses généraux. Il a donné l’ordre de marquer l’arrêt devant Dunkerque pour remettre les troupes en condition.

 

Le Général Goutard écrit :

 

« Le jour même où il [Hitler] donnait l’ordre d’arrêt, le Führer tint d’étranges propos. Aux généraux sidérés, il déclara que l’action civilisatrice de l’Angleterre dans le monde était nécessaire, qu’il était bien décidé à respecter son intégrité et que son rêve serait de s’allier avec elle et de lui offrir l’appui des armes allemandes pour la défense de son empire contre les visées américaines. »[10]

 

Hitler a bien cerné l’antagonisme entre les USA et l’Angleterre.

De la WW1, il a appris que son pays ne pourra l’emporter sans un système d’alliance avec au moins une des Grandes puissances.

Goutard rapporte que le général Kesselring a qualifié cette temporisation d’ « erreur fatale ». A ce moment-là, la bataille de Dunkerque est déjà engagée.

 

Le dimanche 27 mai 1940, la Belgique capitule.

 

 

 

Force et honneur à la division Nord ’Af

 

Au même moment une division d’infanterie nord-africaine livre un combat désespéré :

 

« …les trois bataillons de la 2ème DINA rejoignent leur division sur Haubourdin dans la soirée le 27 mai »    

Le 1er juin 1940, ce qui reste de l’infanterie de la division fournit une compagnie en armes qui défile d’Haubourdin à Lille où lui sont rendus les honneurs par les Allemands. »[11]

 

Là encore, une bataille « oubliée », retranchée de ce fichu Récit national. Une lutte menée souvent au corps à corps au compte de l’évacuation de la nasse de Dunkerque pour l’UK, par un régiment d’artillerie  d’infanterie de Marine composé en grande partie de « nègres » et de « bicots ». Récit national bien ordonné commence par s’éblouir des faux exploits du colonel puis général à titre temporaire Charles de Gaulle.

 

Comment le colonel de Gaulle s’est généralisé

 

Le 27 mai 1940 L’affrontement du mont Caubert, sur les pourtours d’Abbeville, laisse l’impression nauséeuse d’une nouvelle tentative de Coup d’éclat du colonel de Gaulle.

 

Le mercredi 30 mai 1940 : Selon Wikipedia, « Le colonel de Gaulle décide d'effectuer dès l'aube une percée vers Moyenneville et Cambron. Les canons antichars allemands, toujours bien camouflés sur le mont Caubert, arrêtent l'avancée des chars français qui subissent des pertes importantes. Le 1er bataillon du 22e RIC qui tient les hauteurs dominant Mareuil ainsi qu'une bonne partie de ce village, se fait à nouveau pilonner dans l'après-midi, par les canons de 105 mm de l'artillerie allemande.

Les Allemands lancent cinq contre-attaques qui sont toutes repoussées, tandis que l'aviation française bombarde les pentes de Mareuil et les ponts d'Abbeville.

En fin d'après-midi, des hauteurs de Villers-sous-Mareuil, le colonel de Gaulle, vêtu de sa veste de cuir, observe à la jumelle les différentes phases de la bataille, puis décide l'arrêt des combats. Il se rend alors au PC du colonel Le Tacon, commandant le 22e RIC installé au château d'Huchenneville, pour le féliciter et l'informer de ses nouvelles décisions.

 

Le bilan de ces combats est très lourd. La 4e DCR du colonel de Gaulle, a subi des pertes de 800 hommes. En matériel, 113 blindés sont inutilisables, il n'en reste que 54. Mais, elle a en revanche, détruit avec son artillerie de nombreuses armes antichars et aussi décimé la 57e ID bavaroise. Elle a également capturé près de 400 prisonniers allemands et pris à l'ennemi un matériel important. »  

 

Le commentaire du documentaire, « la campagne de France Mai 40, les 30 jours du désastre », est plus incisif :

 

« Il faut prendre le mont Caubert qui n’est défendu que par quelques poignées de Batteries anti-char allemandes. Contrairement à ce qu’il recommandait dans ses ouvrages, de Gaulle lance ses chars sans manœuvrer, en ordre dispersé, à découvert, le résultat est une hécatombe »[12]      

 

En définitive, la tentative de prouesse de Montcornet a facilité la nomination de ce colonel hors-norme au grade de Général de brigade à titre temporaire (il fait déjà fonction de …) et celle du mont Caubert, facilitera sa sortie du dispositif militaire « par le haut » puisque le 6 juin 1940, il est donc nommé sous-secrétaire d’État dans le gouvernement de Reynaud.

 

Le gouvernement s’est complètement coupé de la population et de ses besoins de survie.

Le parlement, lui-même, ne siège plus et n’est plus qu’une cour des miracles, sans miracles.

 

Au 30 mai 1940, la bataille désespérée de Dunkerque fait rage.

 

La France, s’effondrant

 

Le 31 mai 1940, il est encore trop tôt pour affirmer que la France est condamnée.  Elle n’est encore que disloquée, ce qui est déjà gravissime en soi.

Sentent-ils, ces dirigeants politiques qu’ils ont pavé la route au 3ème Reich ? Non !

 

  1. Ils ont trouvé leur tête d’enclume : Maurice Gamelin!
  2. Ils ont trouvé leur sauveur : Philippe Pétain!
  3. Ils ont trouvé leur tête d’ampoule : Charles de Gaulle!

 

Du coup, ils n’ont pas conscience de s’effondrer, ces effrontés « durs » et « mous ». Pour quelques jours, l’Union sacrée de 1914 renaît, de l’Action Française à la SFIO !

Les choses se passent d’autant plus mal que Maxime Weygand « généralissimé » n’a d’yeux que pour la guerre à outrance.

On aura troqué un cheval borgne contre un cheval aveugle et tout aussi édenté.

L’heure serait à la contre-offensive, rien moins ! Allez, la suite !

 

Sous les bombes, bras de fer entre chefs britanniques

 

Au début de la bataille de Dunkerque, le point de vue belliciste de Churchill n’est pas encore ancré. La majorité des parlementaires conservateurs, dont Chamberlain, cherchent à nouer une négociation avec les nazis par l’entremise de Mussolini, ils ont encore le soutien du roi Edouard VI (voir plus loin)

 

« En neuf jours, 338 226 combattants (dont 123 095 Français) ont pu être évacués sur une mer d'huile. La Wehrmacht a capturé quelque 35 000 soldats, dont la quasi-totalité sont des Français.

 

Parmi eux des soldats de ce qui reste des 12e DIM, 68e DI, 21e DI, 32e DI, 60e DI et du 8e régiment de zouaves qui ont protégé l'évacuation jusqu'au dernier moment et n'ont pas pu embarquer.

Ceux qui n'ont pas été tués ont été faits prisonniers. Les hommes ont été faits prisonniers le 4 juin 1940 au matin dont la majeure partie sur la plage de Malo-les-Bains »

 

Initialement, il était prévu que les soldats français réembarquent à nouveau vers la France, vraisemblablement en Bretagne.

 

Au début de la bataille de Dunkerque, le point de vue belliciste de Churchill n’est pas encore ancré. La majorité des parlementaires conservateurs, dont Chamberlain, cherchent à nouer une négociation avec les nazis par l’entremise de Mussolini, ils ont encore le soutien du roi Edouard VI (voir plus loin)

 

Parmi les soldats français faits prisonnier, l’auteur du roman Week-end à Zuydcoote (prix Goncourt 1949), Robert Merle. Le livre sera adapté par Henri Verneuil au cinéma en 1964… .

Des plans de « réduit breton » fusent.

Nous verrons plus loin comment le point de vue de Churchill s’est imposé, cet amateur de whisky et de champagne à toute heure est aussi un buveur de sang, sans modération, ni états d’âmes.

 

Le front continu Somme-Aisne  Ou : La ligne de pire résistance

 

De Gaulle va contester le principe établi par Weygand d’un front continu « Somme-Aisne » devant combattre « sans esprit de recul », pour pouvoir contre-attaquer ensuite.

 

Dans la pratique, ce principe ne tient pas car il présuppose une discipline de fer des armées qui elle-même présuppose un fort moral des troupes, une détermination que la seule référence à la Patrie ne peut fournir. Cette détermination passe par la propagande, etc. Il y faut des conditions politiques. Non seulement, celles-ci ne sont pas réunies, mais elles dépérissent.

Le territoire étant embouti, nombre de soldats vont lutter pour la « survie », la leur et celle de leurs proches.

 

De Gaulle pense qu’il faut manœuvrer en retraite, hors de toute ligne continue, ce qui procure à chaque instant l’effet de surprise, permet d’harceler l’ennemi sur ses flancs. Ce qui présuppose un moral et une détermination plus forte encore, des meneurs d’hommes sur le terrain et des conditions politiques plus solides encore.

 

La manœuvre en retraite exige un appui de la population civile et sa participation de plus en plus active, des unités de commando et de francs-tireurs

 

« Le 27 mai [1940], le général Buhrer exposait à M. Mandel « les dangers de la ligne continue que s’efforçait de maintenir le commandant en chef. L’ennemi percerait aisément ce faible cordon et nos éléments dissociés seraient cernés, sans arrêter sensiblement la marche de l’ennemi ». Il estimait donc qu’il fallait « procéder à des replis profonds sur deux môles de résistance solide avec les armées de l’Est qu’il ne fallait en aucun maintenir sur la Ligne Maginot puisqu’elle était déjà tournée au nord, et en Bretagne avec des éléments franco-britanniques »[13]

 

Weygand est un baroudeur qui n’hésite pas à exposer sa vie. Il n’en a pas moins une idée derrière la tête. La voici :

Le 29 mai 1940, Weygand écrit à Reynaud :

 « Il paraît nécessaire que le gouvernement britannique sache qu’il peut venir un moment à partir la France se trouverait dans l’impossibilité de mener une lutte efficace pour protéger son sol.

Ce moment serait marqué par la rupture définitive des positions sur lesquelles les armées françaises ont reçu l’ordre de se battre sans esprit de recul ».

                                         

Le général Goutard commentera en 1956 :

 

« Cette bataille avec mission de sacrifice est donc perdue d’avance, et les troupes qui auront échappé à la capture ne pourront qu’entamer une retraite précipitée, sans avoir la possibilité de se regrouper en masse de manœuvre ».[14]

 

Le 05 juin 1940, la ligne Weygand allias Position Somme-Aisne est attaquée, sur la Somme.

 

Le 06 Juin 1940, le général de Gaulle est nommé sous-secrétaire d’État (équivalent à secrétaire d’État de nos jours ou à ministre-délégué).

 

Le 07 juin 1940, le front est percé sur la Somme

 

Le 09 juin 1940, après vingt jours de combat, Amiens tombe -

 

Le 10 juin 1940, le front est percé sur l’Aisne – Les troupes allemandes atteignent la Seine à Rouen.

 

La dynamique de Chute

 

Le 10 juin 1940 est une sorte de date fatidique pour la FR :

  1. Paris est déclaré Ville ouverte,
  2. Le Duce déclare la guerre à la FR,
  3. Reynaud demande à Weygand de capituler et d’organiser le repli des troupes françaises vers les colonies, Afrique du Nord. Weygand refuse. 

 

En bonne légalité républicaine, Le Weygand doit être limogé. Le Président Reynaud et son sous-secrétaire de Gaulle ne le limogent pas.

En bon militaire, Weygand doit se démettre. Eh bien, non ! Au même moment, Pétain commence à le couvrir de plus en plus ouvertement.

 

Paris sous les bombes

 

«..  Assez lointains encore, des coups de canon retentissaient, puis ils se rapprochaient et chaque vitre tremblait en réponse. Des enfants naissaient dans chambres chaudes où l’on avait calfeutré les fenêtres afin qu’aucune lumière ne filtrât au-dehors et leurs pleurs faisaient oublier aux femmes le bruit des sirènes et la guerre. Aux oreilles des mourants, les coups de canon semblaient faibles et sans signification aucune, un bruit de plus dans cette rumeur sinistre et vague qui accueille l’agonisant comme un flot. Les petits collés contre le flanc chaud de leur mère dormaient paisiblement et faisaient avec leurs lèvres un clappement léger comme celui de l’agneau qui tête. Abandonnées pendant l’alerte, des charrettes de marchandes de quatre-saisons demeuraient dans la rue, chargées de fleurs fraîches. […] Au bord de la Seine, chaque peuplier portait une grappe de petits oiseaux bruns qui chantaient de toutes leurs forces… »[15].

 

Ainsi relate la grande Irène Nemirovsky dans ce livre rédigé à chaud comme un roman-reportage intimiste dont le manuscrit sera finalement sauvé : « Une suite française ». Elle, ne le sera pas.

De son côté, le romancier Pierre Assouline établira à 254 morts et 652 blessés le bilan de ce bombardement[16]

 

 

 

Débandades et dérobades

 

 

11 juin 1940 - les troupes allemandes atteignent la Marne, aux environs d’Épernay.

 

12 juin  1940- Les blindés allemands, lancés sur Langres, Dijon et Belfort, vont encercler les défenseurs des fronts d'Alsace et de Lorraine.

 

Weygand prescrit la retraite générale qui prend l’allure d’une débandade, en dépit des poches de résistances vives et combatives…                    

 

  1. Les démarches de Paul Reynaud auprès de Roosevelt afin que les USA s’engagent aux côtés de la France et de l’Angleterre n’aboutissent pas.

 

  1. Churchill fait savoir que son pays ne pourra pas aider la France dans l’immédiat.

 

14 juin 1940 : Paris, sous la botte du Reich nazi

Ce quidam que l’on voit au milieu de badauds qui retiennent leurs larmes et dont les visages expriment le chagrin et la souffrance muette, a une tête de faux témoin. Il réfléchit, jauge, dans son anonymat.

Ces quarante dernières années, j’ai souvent été confronté à ce genre d’expression intrigante du visage qui m’ont fait une mauvaise impression, « mais, c’était la bonne » (comme dirait Nestor Burma) mais il pouvait être aussi bien un agent du M16 britannique voire du NKVD.

 

Le dernier terrain vague

 

La terreur hitlérienne (orchestrée ici par Goering) contre les civils est un des moyens de pousser le gouvernement de la France à tout lâcher, au plus vite.

 

Des unités SS ont perpétré des massacres de civils et ainsi précipité la fuite éperdue de ces millions de réfugiés.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/somme/seconde-guerre-mondiale-retour-massacre-civils-abbeville-il-y-80-ans-1830562.html   À INSERER

 Aux réfugiés se mêlent des soldats sans régiments, sans compagnie, du fait de la dislocation des armées. 

Les premiers à partir sont les fonctionnaires, à commencer par les policiers, souvent, sur ordre. Puis, les commerçants. Paysans et artisans n’ont alors guère le choix, ils ne peuvent plus rien se procurer sur place. L’État ne prévoit rien de concret pour les canaliser, pour leur apporter une assistance sanitaire. L’État les livre à eux-mêmes. Il n’y a plus d’administration civile, policière ou militaire qui tienne.

 

Le gouvernement est trop préoccupé par la guerre intestine qui l’étreint pour se soucier du sort de ces interminables colonnes de femmes, de personnes âgées, d’enfants qui tentent de survivre dans une guerre qu’ils ne comprennent pas ou plus, hébétés, sous le ciel d’un si bel été. Les ouvriers, pour la plupart, restent. Ceux qui possèdent une petite exploitation agricole, un petit commerce laissent tout en plant, ceux qui n’ont rien n’ont pas suivi cette sorte de transhumance, ils n’ont aucun point de chute, nulle part…

 

Les bombardements de Paris sont autant d’incitation à « lever le camp ».

 

Les chiffres varient selon les études mais ce sont bien des millions d’habitants qui ont été jetés sur les routes, quitte à abandonner tous leurs biens, à risquer leur vie sous le feu des stukas. Voilà qui semble irrationnel à certains historiens :

Le risque de massacres de civils est-il, dans l’absolu, moindre que dans les villes et les villages ?

Est-ce l’appréhension d’une occupation militaire sans merci qui ordonne la fuite ?

 

D’une manière générale, les ouvriers restent car ils n’ont rien à espérer ailleurs, n’ont aucune famille « ailleurs » à rejoindre.

 

Sur les routes, règne le plus souvent la règle du « chacun pour soi » qui cohabite avec les moments d’entraide simples.

 

Des dizaines de milliers d’enfants se perdent.

 

Chez l’habitant, il faut souvent marchander des vivres. Tant et si mal que la plupart reviendront, dans le plus total accablement.

 

Il est des situations où l’on ne peut plus réfléchir : les stukas, la faim, la dispersion des familles, l’encombrement des routes, les cadavres, les soldats eux-mêmes perdus qui se mêlent à ce flot humain, sous une chaleur souvent torride, les ministres eux-mêmes qui s’y enlisent, en route pour Tours puis Bordeaux, les véhicules qui tombent en panne, l’essence qui vient à manquer.

 

Il est alors frappant de constater que les services de l’État sont en panne et renoncent à canaliser ce flot, à lui porter une main secourable, qu’hormis Pétain, personne ne semble se préoccuper de cette détresse humaine, où chacun se sent abandonné, méprisé : la marée humaine a le mauvais goût de gêner les déplacements de troupes : Allemands et Français s’accusent d’avoir provoqué délibérément cet exode pour entraver leurs mouvements. Qui leur porte secours ?

 

Les gens sont les otages les uns des autres.

Une partie de la population rejette désormais les soldats.

Des soldats crachent sur des officiers.

La cruauté froide se répand comme une nappe d’huile en même temps que la solidarité par nécessité.

Le ravitaillement n’est pas assuré… « C’est la guerre »…

L’armistice est annoncé mais, cela prend quelques jours encore, dans la plus grande confusion. Une partie des troupes se bat « jusqu’au dernier » ou se rend…Il n’y a plus rien d’autre à faire.

Nombre de soldats qui se constituent prisonniers se figurent qu’ils seront libérés dans quelques semaines… Le long de leurs colonnes de captifs, ils ont encore la possibilité de s’échapper, mais à quoi bon devenir des proscrits puisque la détention ne durera que quelques semaines….

 

 

Les massacres de WOIGNY (Nord – France)  « campent » parmi les atrocités commises par les SS dans leur sillage, ils témoignent des raisons de fuir ce théâtre d’épouvante et de chercher refuge, coûte que coûte.

 

Aussi, bien que son livre – De Munich à la Libération- soit irremplaçable à maints égards, je rejette le tableau que croque Jean-Pierre Azéma de l’Exode de 1940, irrationnelle à ses yeux.

 

 

Quand les nerfs lâchent au Sommet

 

Cette fois, les nerfs lâchent. Des cris, des larmes, des portes qui claquent. Ainsi se vivent les toutes dernières heures d’une dictature civile et militaire qui se « liquéfie » (de Gaulle, dixit) à vue d’oeil.

 

Ainsi chute un régime qui n’a plus rien de parlementaire. Ou alors, il s’agirait d’un pouvoir tenant lieu de parlement. Il ne sera pas renversé, il va s’effacer dans la confusion le plus extrême, se désintégrer totalement en deux jours, comme un cachet d’aspirine effervescent.

 

Une partie des soldats combat encore pour ne pas devenir une « colonie allemande ».

 

 Une partie des soldats, écœurés, veut simplement « qu’on lui fiche la paix une bonne fois pour toute ».

 

De Gaulle a contesté la formation de la ligne de front Somme-Aisne dictée par le Généralissime Weygand et a préconisé, lui aussi, une défense élastique, en profondeur, faites de replis et de contre-attaques sur les flancs des envahisseurs, de « surprises ». C’est possiblement ce qu’avait craint Hitler lorsque les troupes menées par les généraux « panzeristes » Rommel et Guderian tangenteaient Dunkerque, fin mai, sans appui de l’infanterie.

On l’a vu, ce qui manque cruellement à cette idée « gaulliste », c’est le Moral à tous les niveaux. Le Moral était au point mort bas, dès le premier jour de la mobilisation générale de 1939.

 

Certes, lorsque que l’invasion de la France devient patente, la lutte prend un sens aux yeux de la majorité des soldats.

 

La chute de la France s’était amorcée, on s’en souvient, en 1923. Elle s’incarne dans la personne de Reynaud dans l’esprit duquel se consument toutes les contradictions de « La France à genoux ».

 

Georges Mandel, homme fort manqué, ministre xénophobe

 

Il y a bien une ébauche d’homme fort en la personne de Georges Mandel.

Lui-même n’entendait pas prendre la tête d’un gouvernement, du fait de maints préjugés antijuifs.

 

Lui non plus n’est pas antisémite ou anti-étrangers à titre personnel.

 

Il est surtout issu du cabinet de Foch ou Clémenceau mais je ne sais plus lequel des deux.

 

Au ministère de l’Interieur, en revanche, ce Mandel-là démontre qu’il est capable de faire la chasse aux juifs étrangers comme aux réfugiés allemands et espagnols, en les reléguant dans des camps de concentration où les conditions de vies étaient proches du KZ de Dachau.

 

La jeune philosophe juive allemande  Hannah Arendt en fait la douloureuse expérience à Gurs [17] dont elle parviendra à s’échapper à la faveur de la confusion de la « débâcle ».

 

Quand Reynaud cesse le feu

 

Le 13 juin 1940, Weygand s’opposant à la capitulation exige l’armistice, avec l’appui de Pétain.

Marc Ferro rapporte :

 

« Le soir, il [Weygand] adjura le Conseil  de ne perdre aucun temps pour demander l’armistice, expliquant que l’Angleterre serait conduit à mettre également bas les armes, mais surtout, il déclara qu’il fallait mettre fin à la guerre si l’on voulait encore SAUVER LA DISCIPLINE DE L’ARMÉE ».[18]

 

Tour à tour, le général Weygand et le Président de la chambre des députés, Édouard Herriot, ne peuvent réprimer des  sanglots.

 

En proie à la colère, Reynaud jette un verre à la figure de sa maîtresse, la comtesse Hélène de Portes qui s’agite pour un gouvernement dirigé par Pétain dont son amant serait le vice-Président.

 

In extremis, Paul Reynaud tente en vain de point de défendre le point de vue d’un Cessez-le-feu sans négociation « accompli par le généralissime qui décidera du moment où l’armée ne peut plus se battre ». (M. Ferro- op.cit. p72)

 

L’idée d’un réduit breton a germé, avec l’Angleterre comme base arrière d’approvisionnement et la création, au besoin d’une Union franco-britannique fusionnant les deux pays jusqu’à la fin de la guerre.

 

Pétain, quant à lui, fait montre d’un calme olympien. Certainement une façade de marbre…

 

En Grande-Bretagne, le point de vue de Churchill a fini par avoir raison de Chamberlain, Halifax. Essayons de voir comment.

De l’haleine, du sang et des armes…

 

« Partout, c’est la même histoire. Trop tard ! Pour gagner la guerre, il faut que d’autres personnes soient à la Barre. Cela fait trop longtemps que vous êtes ici pour le peu de bien que vous avez fait. Partez, dis-je, qu’on en finisse avec vous ! Nom de Dieu, Partez ! »[19]

 

Ainsi tonne Clement Attlee au Parlement contre Chamberlain, Premier ministre depuis 1937.

 

Entré dans la  légende du Siècle, au beau milieu des Grands contemporains, Winston Churchill ne pêche ni par manque de lucidité, ni par défaut d’anticipation.

Il pêche par son manque de distinction et de sobriété, de convenances.

 

Ce conservateur, soucieux de n’accorder aucune once d’autonomie à l’Inde et, pas même, un statut de dominion, sera propulsé à la tête du gouvernement de Sa Majesté, à la suite d’une offensive parlementaire des députés travaillistes et feindra d’être, à l’occasion, plus travailliste que les travaillistes, comme un homme n’ayant désormais d’autre obsession que de terrasser le nazisme.

Lorsqu’il prend les rênes du pouvoir, il « offre », le vendredi 10 mai 1940, « du sang, de la sueur et des larmes »

Le 25 mai 1940, la défaite de la France est déjà consommée et domine déjà sur l’île le sentiment antifasciste, le rejet de la bande de Moslay, chef des nazis anglais. C’est ce sentiment que va épouser Churchill pour s’imposer.

Champ- Berlin

 

Le surcroît de popularité que Chamberlain s’était ménagé au moment de la Paix du Munich s’est étiolé.

Déclarer la guerre sans la faire vraiment est une position d’équilibre qui n’est pas comprise, surtout après toutes les concessions qu’il a offerte à l’Allemagne et l’Italie, entre deux protestations platoniques.

La duplicité de cet homme qui cherche un accord avec Hitler, lui comme son Lord Halifax, ministre des Affaires étrangères, est patente. Elle bute sur le pacte Hitler-Staline.

La Pologne ? C’était, au départ, un pays vassal de la France. Lui non plus ne veut pas mourir pour Dantzig, mais en dehors d’une entente avec l’Allemagne nazifiée, l’invasion de la Pologne est choquante.

Churchill le talonne, lui mord les mollets comme un Bull Dog, en laissant traîner ses mégots dans sa cour et lui soufflant son haleine chargée de Whisky.

Insipide, platement cruel, voilà ce qu’est Chamberlain, dépourvu de cette verve qui aide Churchill à prendre les devants.

 

Une nomination forcée

 

Par une motion de défiance, ce 10 mai là, les travaillistes ont provoqué une crise politique qui a jeté à terre le gouvernement de Neville Chamberlain.

Mais Chamberlain et Halifax n’en démordent pas : par l’entremise du Duce, ils n’ont qu’un but : traiter avec Hitler et, surtout, traiter avant la France, où à travers le « camp des mous », les « pacifistes » font pression pour l’armistice, sans oser prononcer le mot.

 

Churchill paraît d’autant plus en porte-à-faux que la France s’enfonce dans la défaite. Comme Premier ministre, il ne tient qu’à un fil. La majorité des conservateurs fait bloc derrière Chamberlain et Halifax. Chamberlain est alors en proie à la maladie qui le ronge. Halifax se voit en successeur.

Le 25 mai 1940 : une unité de 4000 soldats britanniques est sacrifiée dans l’une de ces diversions pour couvrir l’évacuation du corps expéditionnaire à Dunkerque. Pour faciliter ce réembarquement, Churchill ordonne le sacrifice de 4000 combattants de tous grades britanniques postés à Calais.[20]Dans le même temps, Halifax annonce que Mussolini travaille à « arbitrer des pourparlers » entre l’Allemagne et « nous ».

 

Le 26 mai 1940 : Calais est donc « tombée » (01h17’13’’)

 

 

 Roi de cœur ou Roi de pique?

 

Au départ, le Roi Georges VI a tout d’une marionnette dont Halifax tire les fils. Il peine à parler car il est bègue, timide.. Il se rend volontiers sur le front en France. Il n’est pas attiré par le nazisme, contrairement à son prédécesseur. Sa discrétion vaut dignité.. De e fait, il n’aime pas Churchill le débraillé brailleur à l’haleine chargée. Chamberlain-Halifax incarnent à ses yeux la Realpolitik, économie du sang versé. Jusqu’au jour pas fait comme un autre où ces deux « pacifistes » lui proposent d’émigrer au Canada (01h01’00’’). A ce moment-là, sans cesse talonné par ses amis conservateurs, Churchill accuse le coup. « Les bons mots ne me viennent pas » (1h 26’ 50’’) se plaint-il à son épouse. Laquelle lui répond : « conflits intérieurs en réalité t’ont formé pour cet instant même » (.  01h 31’ 00’’). Chose inhabituelle au regard du protocole, le Roi Georges se rend au domicile de son Premier ministre et lui conseille de s’appuyer sur le peuple et non sur le Parlement. Le roi lui dit« quiconque fait peur à Hitler cette brute sanguinaire est clairement digne de notre conscience » (01h 31’) Le Roi de cœur vient de se muer en Roi de pique. Churchill, la mort dans l’âme, s’apprêtait à céder au plan d’Halifax qui a annoncé: Mussolini travaille à « arbitrer des pourparlers » entre Allemagne et « nous ».

La Belgique vient de capituler, nous sommes le 27 mai 1940

 

 Underground

Churchill n’est pas homme à prendre le métro ou à frayer avec la masse populaire. Churchill  quitte subitement sa voiture à l’insu de son chauffeur et s’engouffre dans le métro qu’il ne connaît pas, il « disparaît » (personne ne sait où il est)

(01h 35’ – 40’... 00)

 Ce jour-là, il entre dans l’un des compartiments et entreprend de discuter avec les passagers, tous salariés, femmes et hommes, sans protocole. Il relève leur nom et métier sur un carnet où il note leurs propos. Toutes et tous lui disent qu’ils veulent combattre les nazis, les fascistes. Il leur dit que c’est cette position qu’il défendra. Fort de ce test, il retourne à la Chambre des députés et ne manque pas de rapporter les propos qu’il a recueillis. Et obtient gain de cause. Le clan Chamberlain capitule devant lui. Chamberlain n’a plus que quelques mois à vivre, un cancer le ronge. La place est définitivement nette pour la bataille de Dunkerque, de « réembarquement » dite Opération Dynamo

Le 28 mai 1940, devant les parlementaires, Churchill lance :

«  Nous irons jusqu'au bout, nous nous battrons en France, nous nous battrons sur les mers et les océans, nous nous battrons avec toujours plus de confiance ainsi qu'une force grandissante dans les airs, nous défendrons notre Île, quel qu'en soit le coût, nous nous battrons sur les plages, nous nous battrons sur les terrains de débarquement, nous nous battrons dans les champs et dans les rues, nous nous battrons dans les collines ; nous ne nous rendrons jamais … »

 

Ce jour-là 17 000 hommes sont d’ores et déjà réembarqués de Dunkerque. Devant les parlementaires, Churchill fustige « les puissants », il parle « au nom de la majorité du peuple ». (Les Heures sombres \ 01h 53’ 39’’ – 01h 55’ 56’’)

 

Les Anglais se seraient, semble-t-il, tenu prêts à y faire débarquer des troupes, tout en prévenant que cette solution les conduirait à bombarder les ports de la façade atlantique.

 

En Grande-Bretagne, le point de vue de Churchill a fini par avoir raison de Chamberlain, Halifax.

 

SAUVER LA DISCIPLINE DE L’ARMÉE 

 

Ce qui est suggéré, instillé, sous-entendu, « en toute hypothèse », à savoir la demande d’un armistice, est le dernier parachute du pouvoir démantibulé.

 

Pour parer à un armistice, Reynaud et ses proches n’ont plus sous la main que les procédés dilatoires, dénoncés comme tel par Pétain qui vient de sortir de sa réserve.

 

L’armistice est maintenant revendiqué, haut et clair, tant par Weygand et que par Pétain. Le Conseil des ministres a remplacé le parlement.        

 

Les décisions sont prises par Reynaud, seul et les ministres ne font que délibérer dans le vide. Weygand s’invite au Conseil et tonne. Son impératif catégorique est « SAUVER LA DISCIPLINE DE L’ARMÉE » en toute urgence.

En toute dernière extrémité, Reynaud aux abois, accepte l’idée de prendre contact avec l’ennemi pour s’enquérir de ses conditions d’armistice. Reynaud spécule alors sur des conditions d’armistice tellement inacceptables qu’elles ne sauraient être acceptées par le gouvernement français.

Quelques jours avant l’armistice, Reynaud aurait déclaré :

«  Je suis favorable à la proposition de Camille Chautemps [de demander les conditions de l’armistice – et non l’armistice] ; c’est par une telle initiative qu’on pourra montrer au peuple français…la rigueur des conditions allemandes- et justifier la fuite (sic) du gouvernement français vers l’Afrique du Nord ou la Grande-Bretagne. J’espère seulement qu’elles ne seront pas trop modérées »

 

Puis, il donne sa démission et suggère au président de la République Albert Lebrun de nommer Pétain président du Conseil. Il semble cependant persuadé qu’après une tentative d’armistice fatalement vouée à l’échec, il reviendra en force pour reprendre la lutte depuis l’AFN.[21]

 

Pour tenter de concilier partisans de la poursuite du combat en Afrique du nord et partisans de l’armistice, Leca, le chef de Cabinet de Reynaud, va proposer une sorte d’articulation, un « Partage entre une autorité légitime, la scissiparité du pouvoir, Pétain ou un autre en qualité de bourgmestre recevrait les Allemands, et nous, en Afrique du Nord » (M. Ferro- op.cit. p 79)

 

D’un armistice à l’autre…

 

Armistice, il y aura.

De nos jours, bien sûr, signer un armistice avec le Reich passe pour un crime. Mais, au soir du 16 juin 1940, il s’agit de choisir entre la Peste et le Choléra. Ou bien, poursuivre la guerre depuis le Maghreb, la métropole devenant une « colonie allemande » ou faire cesser le massacre à tout prix. Il ne peut y avoir de moyen terme.

A la différence de la capitulation qui est un acte militaire, un armistice est un acte du pouvoir civil qui engage le gouvernement qui s’y prête.

L’armistice n’est que l’antichambre vers un Traité de Paix et n’y conduit pas automatiquement. Ce n’est donc pas formellement la PAIX avec le 3ème Reich, c’est l’occupation temporaire de tout ou partie du pays vaincu.

Ainsi, une partie de la population saignée par les massacres nazis et les raids aériens contre le flux des réfugiés peut imaginer que le gouvernement temporisera et rusera et que, d’ici à des pourparlers de paix, l’eau coulera sous les ponts et pourra - sait-on jamais- emporter le führer dans le torrent de boue ensanglantée même de la guerre.

La majorité des historiens et récitants de la WW2 diront qu’il n’eût point fallu commettre l’armistice. Nous les comprenons, en partie au moins. Nous comprenons surtout, ceux et celles qui ont été piégés dans l’armistice, adolescents ou adultes.

En revanche, les commentaires actuels ou récents sur la lâcheté du peuple, lors de la signature des accords de Munich, puis sa soi-disant allégeance à Pétain-le-sauveur,  assenés comme des sentences éternelles et définitives ne nous aident pas vraiment. Leur condamnation de l’armistice est conventionnelle.

  • Tout armistice est, par définition, équivoque.

 

Choisir entre la Peste et la Peste ?

 

Au point où nous étions, la République ayant été vidée de son contenu, la forme de l’État n’entrait en rien dans les préoccupations urgentes de la masse en détresse, éperdue et assommée. D’où la légende : « 90% de pétainistes » titre d’un livre qui vaut beaucoup mieux que sa couverture.

Celui qui n’a pas vécu à Paris sous les bombes, qui n’a pas erré dans les pires conditions sur les routes, aura peut-être plus de peine à saisir cet état d’esprit diffus, confus et variable selon les couches et classes sociales prises dans cet effroi.

Nous avons vu que depuis son installation au gouvernement, Pétain a fait la pie morte et a laissé prudemment Weygand introduire l’idée de l’armistice. La guerre à outrance sur un front statique de Weygand était-elle une façon « pédagogique » de poser les jalons de l’armistice ? Dès le 29 mai 1940, il a donc averti Reynaud que viendrait un moment où, son front étant rompu, on ne pourrait plus …continuer.

 

Le temps a viré au baroud d’horreur.

 

Le Réduit breton de l’Union Franco- Britannique

 

Ce 16 juin 1940, le sous-secrétaire d’Etat de Gaulle quitte le continent pour une mission dont le but affiché est l’officialisation de de l’Union franco-britannique. Il ne sait pas encore que son Président Reynaud va lâcher

« Eh bien, monsieur le Maréchal, faîtes-le, votre gouvernement… ».

   

De Gaulle est une sorte de rescapé. Il a quitté la France officiellement pour une mission le 16 juin 1940…en vue de sceller officiellement l’illusoire union franco-britannique, après avoir prôné la poursuite de la guerre depuis un réduit breton,  en ultime recours, puis la « fuite » éperdue en AFN. 

 

https://www.youtube.com/watch?v=kMSkkkizUe4

 

 

Dans l’immédiat, c’est dans les bagages de l’Intelligence Service qu’il est exfiltré…En quelques semaines, cet obscur colonel est devenu général de brigade puis sous- secrétaire d’État. A la différence des pays qui ont capitulé (la Pologne), la France n’a pas formé un gouvernement en exil.

 

Pour revenir à cette union franco-britannique évoquée « un peu tard », je crois que Churchill avait une idée d’Europe derrière la tête, cette union-là pouvant s’élargir aux gouvernements du nord de l’Europe en exil à Londres, par exemple.

 

Le 17 juin 1940, le nouveau président du Conseil a donc demandé l’armistice, l’obscur De Gaulle entend capter la lumière.

 

Reynaud, capitulant…  

« Eh bien, monsieur le Maréchal, faîtes-le, votre gouvernement… ».

Il est environ 18 heures, ce 16 juin 1940, lorsque Reynaud passe la main, comptant bien la reprendre au plus vite, à la faveur de conditions d’armistice hitlérien tellement dures que ni Weygand, ni Pétain ne sauraient les avaliser. Quand « tout est perdu », c’est que rien n’est perdu, n’est-il pas ?

Que l’on se comprenne bien, il n’est pas question ici de le désigner comme un politiquement- lâche mais bien comme un fourvoyé, un homme qui se détrempe, qui agit toujours trop tard ou à contretemps depuis le début de la guerre à l’Ouest et qui est redevable devant l’aile libérale (sur le plan économique) de la bourgeoisie qui se veut « moderniste » et « réformatrice ».  Seulement voilà, il est ardu de concilier le néo-libéralisme avec les impératifs de l’économie de guerre. Cela fait qu’il n’est pas fiable. La suite des choses le confirmera (voir plus loin).

Un autocrate isolé

On l’a vu, le parlement, ce n’est plus la chambre des députés, ni le Sénat. Seuls, les présidents de ces deux chambres dépitées ont voie au chapitre, de concert avec le président de la République.

C’est le gouvernement qui, dans les faits, remplit la fonction de parlement. Et Reynaud qui remplit la fonction de gouvernement à lui tout seul. Les « partenaires sociaux » sont atones, comme dissous dans la rosée sanglante du matin.

 

Un seul homme prête toute son attention aux parlementaires : Pierre Laval, il prépare la relève de la garde, la clope au bec. Un « axe » Laval- Daladier s’est esquissé dans les couloirs dès le début de la guerre (voir l’ouvrage de Ferro. Sur le front syndical, l’anticommuniste acharné, René Belin, porte-parole de la tendance « Syndicats » de la cégète, pose ses jalons, dans tous les cas de figure possible, depuis que les communistes sont marginalisés et réprimés.

 

Dans cette contexture, Reynaud est soumis à une pression d’autant plus forte qu’en jouant à l’autocrate, il n’a aucun filet de protection, aucun réseau d’influence, aucun parti à sa dévotion et son parti, l’alliance démocratique, au mieux, le supporte. C’est un homme détesté au plus haut point dans la population.

 

Comment continuer à externaliser la Guerre, monsieur Reynaud ?

 

Lorsque j’ai griffonné les premières épreuves de ces Essais, je pensais que Reynaud avait fini par se fourvoyer jusqu’à l’os. Pas du tout ! Il était toujours dans le même état d’esprit que nous avons dégrossi : pas de guerre en FR. Or, l’union franco-britannique, même sous forme de bluff ou de mise au pied du mur, c’étaient les bombardements sur la façade atlantique, à commencer par Bordeaux, la poursuite des massacres d’unités de la SS ou de la Wehrmacht, par représailles successives…

 

 « Elle est crevée, la salope ! »

 

Tragiquement. Paul Reynaud et Hélène de Portes sont victimes d’un accident de voiture à le 28 juin 1940, Reynaud en réchappe, la comtesse par alliance y périt à l’âge de 38 ans. En l’apprenant, de Gaulle, déjà réfugié à Londres, s’écrie: «J’espère qu’elle est crevée, la salope !»  »[22].

 

Simple coïncidence, acte manqué, suite de surmenage nerveux ?

 

Wikipedia dit :

 

« Après la démission de Paul Reynaud, le 16 juin 1940, le couple quitte Bordeaux pour fuir l'avance allemande en se dirigeant vers la propriété de l'ancien président du conseil dans l'Hérault en prévision d'un départ en Afrique du Nord, puis aux États-Unis.

Le 28 juin [1940], la voiture, conduite par Paul Reynaud, quitte la route et heurte violemment un platane à la Peyrade entre Frontignan et Sète.

Hélène de Portes meurt dans l'accident, presque décapitée. Paul Reynaud, blessé à la tête, est hospitalisé à Montpellier. À sa sortie de l'hôpital, il est arrêté pour être emprisonné pour toute la durée de la guerre. »

 

Dans un premier temps, il sera assigné à résidence. En fait, Reynaud ne donne pas cher de la peau de l’Angleterre et de Churchill. Il n’a pas non plus l’intention de faire de vieux os en AFN. Il eût préféré un pays qui n’est pas encore en guerre et affiche sa neutralité. Les States !

Ce qui se conçoit mais cadre mal avec le jusqu’au boutisme crânement affiché contre Daladier, contre Gamelin.

Jean Malacki-Malaquais, soldat Antiguerre

 

Jean est né le 11 avril 1908 à Varsovie et mort le 22 décembre 1998 à Genève.

 

 « en 1937, il se lance dans la rédaction de L'Île de Java, qui devient Les Javanais en 1939. Ce roman, inspiré de son expérience parmi les mineurs venus des quatre coins du monde, est édité chez les Éditions Denoël sous le pseudonyme de Jean Malaquais. Il obtient le Prix Renaudot en 1939 (face à Sartre pour Le Mur) »

 

Jean est marxiste, antistalinien. En 1939, il est mobilisé et rejoint un régiment d’infanterie à Bar-le-Duc.    

 

Quelques tranches de sa vie et de ses pensées de bidasse sont relatées dans le documentaire de d’Antoine Vitkine, dit par l’acteur Jean-Pierre Daroussin : « 1939, La France entre en guerre », diffusé sur France 3, le 02 septembre 2019.

 

J’avais lu son livre sur la Guerre, Planète sans visa, qui inclut son Journal de guerre et son action clandestine par la suite. J’ai perdu ce bouquin au cours d’un déménagement et je l’ai égaré parce que je l’avais négligé…Jean nous a quittés en 2018.

 

Comme aurait dit Maurice Nadeau : « Que grâce lui soit rendue »,  et « Chapeau bas devant l’ouvrier »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      

 

 

 

 

 

 

 

 

[1]https://www.seconde-guerre.com/recherche.php?mots=William%20Ugeux&page=118&nb_results2show=10&booleen=and&nb_bio_trouves=8117

 

[2] Marc Ferro. Pétain. Fayard 1994 -Page 21 

[3] https://youtu.be/gUaf9P55bRw

[4] Lénine avait écrit, si ma mémoire est bonne, que « la révolution profite des défaillances de l’adversaire ».

 

 

[6] « La campagne de France Mai 40, les 30 jours du désastre 

https://www.youtube.com/watch?v=gkRSAPi1pNQ

 

[7] https://youtu.be/xLBSiqCsuR0   Haubourdin 1940 (Documentaire 40ème RA) de Gaulle « vous êtes rentrés trop nombreux ---04’25’

[8]   1939, la France entre en guerre https://youtu.be/141ndpKusKw    01 :20 :58           

[9] Georges Mandel a été nommé ministre de l’Intérieur, le 18 mai 1940

[10] Op.cit. page 319.

[11] https://www.les-tirailleurs.fr/documents/7a31c31b-c9cc-43fb-8794-88a03cdc1318/afficher

[12] https://www.youtube.com/watch?v=in0TLT2zCUA

[13] Op.cit. page 339

[14] Op.cit. page 338.

[15] Irène NemirovskyUne suite française- page 35. Folio, 2007.

[16] Pierre AssoulineLutétia –Nrf Gallimard 2005 – Page 170

[17] Pyrénées atlantique       

[18] Ferro –op.cit. Page 72.

[19] Toute l'histoire de la seconde guerre mondiale -  22’ 25’ https://youtu.be/SRweS3czci8-   

 

[20] Relaté dans le film Les Heures sombres 51’ 35’’

 

[21] Afrique Française du Nord.

[22] https://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20140919.OBS9718/le-destin-de-la-france-en-juin-1940-s-est-joue-a-l-humeur-d-une-femme.html

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