Les loups sont au pouvoir

Une majorité écrasante est en Marche avec ses cohortes de Catégories Socioprofessionnelles supérieures, de lobbyistes, de mondialistes : Les loups.

Les loups et leurs proies …..

Lors de cette longue période de campagne électorale la sémantique médiatique a progressivement fait émerger une acception binaire des logiques, des aspirations et des blocs ou partis en lice.

D’un coté, il y aurait le camp des progressistes, des optimistes, de l’ouverture, du plus de liberté, de l’adaptation, du renouveau, du dépassement des clivages, de l’unité. De l’autre, celui des patriotes, de la fermeture, du conservatisme, pour ne pas dire le camp des réactionnaires, des extrémistes, des possibles faiseurs de guerre. Le premier étant par ailleurs europhile, préservant les valeurs vertueuses d’une Europe pacifiée à même de faire front face aux nouveaux défis du monde. Le second étant europhobe, étriqué dans des frontière nationales conduisant tout à la fois au déclin et aux populismes.

 D’un coté un mouvement décrit comme quasi spontané, réunissant « enfin » les forces du réalisme, du progrès et de la raison. De l’autre des idéologues passéistes confondus opportunément et sans distinction dans un bloc allant du FN  avec son fond de xénophobie larvée et in finé qualifié d’amateurisme haineux, des Républicains réduits à une droite traditionaliste, bigote et en délicatesse avec la morale publique, et enfin Les Insoumis affublés de dangereux gauchistes puis unanimement de traitres à la république et de collabos. « Inopinément » le PS est devenu inaudible.

Bien évidement, le camp de « l’optimisme » a triomphé non par adhésion mais par abandon des électeurs qui massivement ont déserté le champ démocratique. Les mondialistes ont ainsi remporté pour cette fois encore la bataille des mots et des urnes. Une majorité écrasante est en Marche avec ses cohortes de Catégories Socioprofessionnelles supérieures, de lobbyistes, de mondialistes : Les loups.

Car sous ce réalisme cynique, inéluctable, indépassable et progressiste, qualifié pudiquement de mondialisation, se dessine en réalité une vision prédatrice, conflictuelle et guerrière du monde. Ces mondialistes bons teints sont en fait les forces du Léviathan. Celui de Thomas Hobbes avec pour précepte fondateur que l’homme est un loup pour l’homme dans un monde mondialisé (comprendre sans territoire et sans loi) où la guerre de tous contre tous est par nature la règle. Fini le libéralisme édulcoré et son contrat social cher à l’auteur Du Citoyen. Plus d’entraves, plus de normes contraignantes à la libre concurrence, plus de contrat social dans ce monde économiquement ouvert. La guerre inter entreprises est déclarée avec dans son sillon la concurrence exacerbée, outrancière entre salariés d’une même unité de travail, entre salariés d’horizons différents, entre nouveaux forçats auto entrepreneurs, demain entre fonctionnaires et salariés du privé. Fantassins sacrifiés, envoyés au front les uns contre les autres dans des référendums iniques pour choisir la nature du supplice : mourir ou survivre en baissant la tête. Car demain Le loup, entrepreneur enjoint ou contraint par « le marché » à rejoindre la meute, donnera à choisir entre le licenciement ou la renonciation à des droits simples : un salaire décent, des horaires et une durée de travail compatibles avec un possible épanouissement personnel, des protections de base, une liberté syndicale, un contrat durable : La « mort » ou la résignation et la soumission.

La voilà la réalité du modernise et du renouveau : celle d’un monde où les prédateurs de richesses collectives, de ressources naturelles, du bonheur des autres dominent. Rejoignez la meute pour éviter d’en être la proie mais n’oubliez pas que dans celle-ci il n’y a que quelques dominants pour une masse de dominés. Les premiers ayez craintes sauront toujours préserver leur rang quitte à restreindre les possibles contestations et les libertés des seconds sous l’effet d’un état d’urgence permanent. S’opposer à ce monde de compétition, de guerre, de gaspillage, crier aux loups quand les prédateurs ont submergé l’espace médiatique et démocratique, refuser de rentrée dans la meute, ce n’est pas inéluctablement devenir l’agneau. C’est vouloir autre chose qui est sans nul doute moins vulgaire, plus épanouissant, plus respectueux d’un devenir commun. C’est devenir petit à petit à petit indignés, puis insoumis et sans doute un jour révoltés. Un autre monde est possible : Celui de la coopération, de la solidarité, de la paix sociale et civile où tous les hommes sont égaux en droit …..et en dignité. Allez viennent les jours heureux  et le goût du bonheur.

Alain BIDET

Ce billet d'humeur a été écrit juste avant la campagne législative. Depuis il y a eu  les ordonnances travail,  la loi sur la sécurité intérieure, le projet de loi de finance et les cadeaux fiscaux ....

 

 

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