2 - Destitution de l'emblème démocratique, ou un démocrate n'aime qu'un démocrate

Donc, " tout le monde" est démocrate. C'est ce qu'on pourrait appeler l'axiome de l'emblème.

Mais il s'agit pour nous du monde, et non de "tout le monde". Le monde, justement, tel qu'en apparence il existe, n'est pas celui de tout le monde. Car les démocrates, gens de l'emblème, gens de l'Occident, y tiennent le haut du pavé, et les autres sont d'un autre monde qui, en tant qu'autre, n'est pas un monde à proprement parler.

Tout juste une survivance, une zone pour les guerres, les misères, les murs et les chimères. Dans ce genre de "monde", de zone, on passe son temps à faire ses bagages, pour fuir l'horreur, ou pour partir, où ? Chez les démocrates, évidemment, qui prétendent régenter le monde et ont besoin qu'on travaille pour eux.

On fait alors l'expérience que, bien au chaud sous leur emblème, les démocrates ne veulent pas vraiment de vous, qu'ils ne vous aime pas. Au fond, il y a une endogamie politique : un démocrate n'aime qu'un démocrate.

Pour les autres, venus des zones affamèes ou meurtrières, on parle d'abord papiers, frontières, camps de rétention, surveillance policière, refus du rassemblement familial...

Il faut être "intégré". A quoi ? A la démocratie sans doute. Pour être admis, et peut-être un jour lointain salué, il faut s'être entraîné chez soi à devenir démocrate, de longues heures, en travaillant dur, avant de s'imaginer pouvoir venir dans le vrai monde.

Entre deux giclées de plomb, trois débarquements de parachutistes humanitaires, une famine et une épidémie, travaillez votre manuel d'intégration, le livret du petit démocrate ! C'est un examen redoutable qui vous attend !

à suivre

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