Ici on ne retire pas le permis. On enlève le conducteur.

Ici c´est le nuage Cumulus des exilés de Fahrenheit 451. Si je pleure il va pleuvoir. Les courants d´air filent des rhumes. D´autres fois ils rafraîchissent, suivant comment l´on est disposé à les recevoir. Il a un nom de clown Bouchon, et hier il arrivait d´Espagne. Des images à s´allonger par terre. Chez lui Baddock a un lit.

Bouchon est concierge dans le nuage Cumulus: - Sur rien il n´y a pas à se tromper, il y a à se tromper sur tout.

L´oiseau vient se poser sur le bord de la fenêtre. Instincts. Rien d´autre n´a d´importance que l´importance de rien. Nous: c´est une perpétuelle invention. Et Bouchon fait son cours d´eau. Dans la déchirure étoilée le bonheur s´apprécie. La flûte sur la tête, marchant dans le désert, Bouchon joue avec le vent. Pourquoi rester dedans? Dehors le bord du Rhône sent bon. La pêche au cadre bat son plein. À a sortie de lac, un tunnel pour le Rhône et son chant. Les nuits de pleine lune il peut faire peur mais il ne semble pas avoir de puissance méchante. C´est un fleuve enfant. Il joue, me disait Max Sétoung. Baddock reçoit du calme de Bouchon et de son ami magicien. 

- On va t´emmener là où Max a laissé un message pour toi. Il était persuadé que tu allais passer.

Les trottoirs du bord du Rhône, en allant vers le New Morning, ont quelque chose de cosmique la nuit. On se ballade dans les étoiles. Une femme blonde me prend le bras…

- De la part de Max, le message est en moi…

Elle rit… Elle est belle… En écoutant du jazz et ruiné de délires, le stylo à la main il s´oublia  de rire et de prendre le train… Daisy me racontait les moments merveilleux avec Max l´allumé… Elle me donne une feuille vieux rose pleine de petites fleurs séchées, avec ces quelques mots: 

 Au restau hétéroclite où mes bottes je périclite, les toilettes sont juste à gauche, et le parapluie derrière la porte. Une Chimay de plus au royaume des chimères, tout se mélange bien si on le laisse faire… À deux doigts du cercueil tombe comme une feuille dans une baie d´accueil, et murmure… chèvrefeuille. Moi je n´ai pas de quoi m´en foutre mais je m´en fous. Sadou.  

Max pour Baddock. Genève.                                       

Max Sétoung était parti au Mexique. Baddock décide de repos dans le sud de la France. Dans un petit bar de la Placette, sur la dernière bière du départ, Riri Bousy explique :

- Toute fin est un début, mais si d´un début tu fais une fin tu risques sérieux de planter salement…

• Je n´y comprends rien

- Il n´y a rien à comprendre.

• Ah bon !!!

- Dans le train, Baddock, tu méditeras ce fait divers que j´ai découpé dans un hebdo à sensations… …

La réalité prend de mieux en mieux. L´instant fait ce qu´il peut. La plaine est  chaotique à l´échelle fourmi, la mare est un lac et le lac pacifique… La barque paquebot s´annonce au départ. Chacun embarque son gilet de sauvetage, ceintures et bretelles et tu peux plus bouger. Tu restes à regarder le paysage que le pilote voudra bien te montrer. Quand le bateau chavire beaucoup meurent de panique. Les autres s´échouent sur une plage ou bien sur un rocher et découvrent un autre rivage. Tiens l´instant par la main et vas-t-en avec lui. Sur la place, Mesrine est épuisé. Le courant transporte les cadavres dans leurs costumes, la plage commence à puer. Les sirènes hurlent. C´est le service de nettoiement. Il pense tout fort que nous l´avons échappé belle et meurt d´une crise cardiaque. Une enfant pleure. Aucun des morts ne veut jouer avec elle. Un chien-loup commence à manger son maître et meurt d´indigestion… Ducon et Ducon débarquent les premiers de l´hélicoptère de l´armée. C´est un peu la panique… C´est le résumé de l´épisode de la nouvelle série américaine.

(10)•••         

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.