La réponse est non, quelle est la question?

Une majorité d'Ecossais vient donc de voter pour le maintien de l'Ecosse dans le Royaume Uni, au grand soulagement, parait-il, de Bruxelles et de nombreux Pays d'Europe (auxquels il convient probablement d'ajouter les USA, si l'on s'en tient aux déclarations récentes d'Obama).

Une majorité d'Ecossais vient donc de voter pour le maintien de l'Ecosse dans le Royaume Uni, au grand soulagement, parait-il, de Bruxelles et de nombreux Pays d'Europe (auxquels il convient probablement d'ajouter les USA, si l'on s'en tient aux déclarations récentes d'Obama). L'accent, au cours de la campagne, a été mis sur les incertitudes qu'aurait généré un oui majoritaire : Incertitudes quant au devenir de l'Ecosse,bien sûr,et à sa place dans l'UE,incertitudes aussi en raison des encouragements qu'un tel oui aurait prodigué aux divers mouvements indépendantistes européens souvent qualifiés de "nationalistes".Ces incertitudes potentielles laissent place,le non l'ayant emporté,à une certitude bien réelle,c'est que Commission et Etats membres vont pouvoir poursuivre dans la voie suivie,ou plutôt continuer le surplace dont on a pu mesurer au fil des ans les piteux effets:Absence complète de projet porteur,gestion boutiquière et prééminence complète d'une politique commerciale libre-échangiste sur toute extension des compétences supra-nationales,sous la pression constante...Mais oui,bien sûr,des Britanniques.Ne leur faisons cependant pas porter tous les péchés d'Israel,car si les autres Etats avaient vraiment voulu aller de l'avant,ils s'en seraient donné les moyens.Mais qui veut vraiment aller de l'avant?Ou en d'autres termes,où se tient le nationalisme?Est-ce comme on nous le dit,chez les Ecossais(Plus europhiles que les Britanniques),les Catalans,les Basques...,ou n'est-ce pas plutôt dans les appareils de ces Etats qui cependant s'en servent tous,peu ou prou,comme d'un repoussoir.

Il faut bien se poser la question:Est-il raisonnable d'attendre que les Etats membres réduisent eux-mêmes leurs prérogatives au bénéfice de celles de l'Europe?Tous sont des héritiers directs des mouvements et des idéologies nationalistes des 19ème et 20ème siècles,dont l'exacerbation et la barbarie ont conduit,la frousse aidant,à imaginer cette forme de pondération régionale européenne.De là à aller plus loin...De là à réduire drastiquement les appareils étatiques dont profitent grassement notre classe politique et notre oligarchie autoentretenue,il y faudrait bien davantage que les gronderies Bruxelloises pour y parvenir.

Dans ce contexte,l'affaiblissement des Etats-Nations devient un objectif indispensable au renforcement de l'Union,non pas pour en faire une Superpuissance,sur le modèle Nationaliste(Ce ne serait que changer d'échelle),mais pour répondre aux défis de l'époque,qui ne sont pas minces comme on sait.

Les termes du rapport relatif entre états et Union se poserait évidemment de façon très différente si les mouvements indépendantistes obtenaient le succès espéré,et le problème de l'échelon Etatique s'en trouverait simplifié,en attendant une Europe des grandes régions.Les Ecossais ont donné un sérieux coup de boutoir,d'autres suivront,n'en doutons pas.

 

 

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