Ce dimanche 4 novembre 2018, Kanaky a dit « Oui » !

Un nouveau texte d'Hamid Mokaddem après le référendum

La France a cru, et croit encore, que l’économie « purgerait l’idée d’indépendance ». En Nouvelle-Calédonie, beaucoup imaginait que le peuple céderait sur son droit et sa liberté. La France oubliait la Kanaky. Minoré par la politique du nombre, malgré un corps électoral en sa défaveur, le peuple kanak, et surprise, avec des Calédoniens, ont dit « Oui ! ». Oui, Kanaky existe ! Oui, Kanaky-Nouvelle-Calédonie est possible !

Les cartographies sont criantes ! Là où vit Kanaky, Kanaky a dit « Oui ! » jusqu’aux bords jouxtant le bastion de Nouméa. Aux quartiers nord périphériques du chef-lieu centralisateur, on a dit « Oui »! Là où le Non à Kanaky s’est exprimé, c’est la France australe, la Calédonie française, la Calédonie dont la France a besoin sinon elle ne serait plus pareille, selon son président de la République ! Le Non, c’est le logiciel de la France qui veut expurger la Kanaky !

Or la Kanaky a dit Oui ! La Kanaky s’est affirmée ! La Kanaky proclame son droit ! Elle l’a dit une première fois ! Elle le dira une deuxième fois ! Et, elle le redira une troisième fois !

Oui ! Au centre ! À la périphérie ! Dans les villes ! Dans les Tribus ! Partout ! Sur les façades des murs des villes et des prisons, Kanaky écrit son nom !

Contre la peur ! Oui à la joie ! Pour la liberté ! Pour l’expression ! Oui, un Oui responsable et serein ! Un Oui affirmatif ! Positif ! Gai ! Le Non ? Négationniste ! Négatif ! Nul ! Nul parce que vide de politique ! Ce Oui est un Oui à la vie !

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