A Grenoble, la gauche rouge-verte est bien partie pour conserver le pouvoir

Après sa victoire inattendue aux municipales de 2014, le maire (EELV) de Grenoble, Eric Piolle, abordait le scrutin de 2020 dans une position de favori. A la tête de « Grenoble en commun », alliance allant de LFI à des dissidents du PS en passant par le PCF et le Parti animaliste, il a dominé ses concurrents, handicapés par leur passé ou leurs liens avec le gouvernement.

Une abstention massive sur fond d’épidémie de Coronavirus

La participation atteint 42,2 % des électeurs inscrits à Grenoble. C’est un peu moins qu’au niveau national (44,6 %) et bien entendu moins qu’en 2014 (52,4 %). Remarquons toutefois que ce niveau de participation est sensiblement plus important que dans beaucoup d’autres grandes villes de France à la sociologie proche.

La participation excède les 50 % dans 14 bureaux de vote, tous situés dans les secteurs 1 et 2 et pour la plupart favorables à Eric Piolle et/ou à Alain Carignon, voire à Emilie Chalas. Ils correspondent à des quartiers abritant des populations aux niveaux de vie souvent confortables.

Le niveau de la participation est comme toujours extrêmement faible dans les quartiers les plus défavorisés, comme Mistral (bureau de vote Anatole France 1), qui décroche comme toujours un triste record d’abstention, qui culmine ici à 82,4 % des inscrits. La participation est inférieure à 30 % dans 8 bureaux de vote, tous de quartiers populaires (Villeneuve, Village olympique, Teisseire, Taillefer).

En dépit du caractère exceptionnel du contexte, la structure de l’abstention à Grenoble reste très traditionnelle. En dehors de quelques exceptions, plus on va vers le sud, plus l’abstention est élevée.

Eric Piolle et Grenoble en commun dominent toute concurrence

Carte du vote Piolle au 1er tour des élections municipales à Grenoble, par bureau de vote Carte du vote Piolle au 1er tour des élections municipales à Grenoble, par bureau de vote

Avec 46,7 % des suffrages exprimés, la liste « Grenoble en commun » conduite par Eric Piolle frôle la victoire au premier tour, avec 4000 voix de plus qu’en 2014 malgré la hausse de l’abstention. Cela représente une progression de +17,3 points par rapport au premier tour de 2014, et même de +7,3 points par rapport au second tour. L’effet « prime au sortant » est indéniable, puisque des listes au périmètre d’alliance proche sinon similaire dans d’autres grandes villes restent loin de ce niveau : 35,4 % à Tours, 27,6 % à Toulouse, par exemple.

Dans 25 bureaux de vote, la barre des 50 % des suffrages exprimés est atteinte ou dépassée. La géographie électorale de « Grenoble en commun » subit globalement assez peu de changements par rapport à 2014. Elle consolide son principal bastion électoral, le secteur 1, qui comprend la partie nord-ouest de la ville, du nord du boulevard Joseph Vallier à la Presqu’île scientifique. Un seul des bureaux de vote situés sur ce secteur accorde moins de 45 % à la liste conduite par Eric Piolle. Le meilleur score est décroché dans le bureau Ampère 2, en plein cœur du quartier Chorier-Berriat, avec 61,8 %.

On retrouve également des bastions dans le secteur 2, correspondant aux zones de force traditionnelles des écologistes à Grenoble : Porte de France, Saint Laurent, l’Île verte, Championnet, la Caserne de Bonne et une partie de l’hypercentre des quais de l’Isère au quartier de l’Abbaye (à ne pas confondre avec le quartier Abbaye, situé plus au sud).

Tableau 1 - Evolution du vote Piolle dans les dix meilleurs bureaux de vote de 2014 (certains bureaux de vote ont changé de nom entre les deux élections) Tableau 1 - Evolution du vote Piolle dans les dix meilleurs bureaux de vote de 2014 (certains bureaux de vote ont changé de nom entre les deux élections)

Les autres zones de force, dans lesquelles la liste obtient des résultats supérieurs à la moyenne communale, se situent, outre les zones évoquées précédemment, dans les quartiers Capuche/Stalingrad (bureaux de vote Capuche, Lucie Aubrac 1 et 2, Bajatière 1), dans une partie du quartier de l’Abbaye et dans une partie du quartier de la Villeneuve (Arlequin 2, Baladins 1 et 2). Concernant la Villeneuve, concernée par un vaste projet de renouvellement urbain qui a suscité beaucoup de débats, les résultats sont contrastés. Les 49 % obtenus dans le bureau de vote Baladins 2 peuvent apparaître décevants par rapport aux 48,6 % obtenu dans ce même bureau de vote en 2014 : c’était en effet le meilleur résultat, avec un résultat au niveau communal sans commune mesure. On remarque néanmoins que côté Arlequin, la concurrence socialiste est jugulée, ce qui n’était pas le cas en 2014. Au final, sur six bureaux de vote de la Villeneuve, « Grenoble en commun » obtient des résultats un peu supérieurs à la moyenne dans trois, nettement inférieurs à cette même moyenne dans trois autres, suivant une tendance déjà observée en 2014.

Les bonnes performances de la liste liste conduite par Eric Piolle ne sont pas exclusives aux quartiers situés au nord des grands boulevards, avec des résultats de 51 % dans le bureau Alphonse Daudet 2, de 50 % dans le bureau Bajatière 2 (correspondant au bureau Capuche 4 en 2014) et de 51,5 % dans le bureau Taillefer 1. Dans ces deux derniers bureaux, la progression par rapport à 2014 est pour le moins spectaculaire, puisque la liste « Grenoble une ville pour tous » conduite par Eric Piolle y avait obtenu des résultats inférieurs à la moyenne communale.

On remarque de nettes poussées dans des bureaux de vote situés dans des quartiers qui étaient peu favorables à « Grenoble une ville pour tous » en 2014. Citons notamment les bureaux Vigny Musset 2 (48,4 % contre 23,1 %), Elisée Chatin 3 (47,3 % contre 22,5 %) ou encore Taillefer 2 (47,7 % contre 24,1 %).

La sociologie électorale d’Eric Piolle et ses colistiers tend donc à gagner en hétérogénéité : les bastions traditionnels sont débordés par une dynamique qui irrigue généreusement les secteurs 4 et 5. Le secteur 3 est celui qui demeure le plus rétif, avec des résultats la plupart du temps nettement en-dessous de la moyenne, bien qu’ils demeurent beaucoup plus importants que ceux obtenus en 2014.

On dénombre cinq bureaux de vote dans lesquels « Grenoble en commun » n’occupe pas la pole position. La liste se classe troisième dans les deux bureaux du quartier Village Olympique et est dominée par la liste « Grenoble nouvel air » dans le quartier Mistral (Anatole France 1). Ce sont les seuls bureaux de vote avec des résultats inférieurs à 30 % des suffrages exprimés. Eric Piolle est également devancé, bien que de deux voix, par Alain Carignon dans le quartier du Rondeau (Anatole France 2), bastion historique de la droite, ainsi que dans une partie du quartier Teisseire autour du lycée André Argouges (Taillefer 3). Seuls 23 bureaux de vote accordent moins de 40 % de leurs suffrages à « Grenoble en Commun ». Parmi eux, on retrouve plusieurs zones de forces habituelles de la droite ou de l’extrême-droite comme Beauvert, André Abry, une partie de Vigny-Musset ou une partie des Eaux claires. Ainsi que les deux bureaux de la section de vote Teisseire, seule vraie zone de mission en quartier populaire avec Mistral et le Village olympique.

Le retour manqué d’Alain Carignon

Carte du vote Carignon au 1er tour des élections municipales à Grenoble, par bureau de vote Carte du vote Carignon au 1er tour des élections municipales à Grenoble, par bureau de vote

Avec 19,8 % des suffrages exprimés, Alain Carignon a bien des raisons d’être déçu de son résultat. C’est moins que la liste UMP conduite par Mathieu Chamussy en 2014, alors que la concurrence à droite et surtout à l’extrême-droite était beaucoup plus intense. Un résultat d’autant plus mauvais qu’Alain Carignon avait également obtenu le ralliement de Lahcen Benmaza, qui conduisait une autre liste en 2014.

C’est bien souvent l’électorat du RN qui a répondu présent aux appels de Carignon. Il obtient son meilleur résultat dans le bureau de vote Taillefer 3 avec 37,3 % des suffrages exprimés, un bureau dans lequel la liste FN était arrivée en tête au premier tour en 2014. Même constat avec les deux bureaux de vote du Village Olympique, dans lesquels il obtient plus de 30 % : ces deux bureaux avaient placé le RN en tête lors des élections européennes de 2019. D’autres zones de force se situent dans les bastions historiques de la droite, comme le quartier Rondeau-Libération (Anatole France 2), ou une partie de l’hypercentre autour de la Place Victor Hugo, entre le Cours Lafontaine et le Quai Créqui (Jardin de ville 1, Berlioz 1), un secteur dans lequel il est toutefois nettement distancié par Eric Piolle, qui y avait pourtant été battu au premier comme au second tour en 2014.

Les zones de force du vote Carignon sont peu nombreuses : il ne franchit la barre des 30 % des suffrages exprimés que dans cinq bureaux de vote, et n’arrive en tête de tous les candidats que dans quatre d’entre eux. Les résultats se situent au-dessus de la moyenne à la fois dans des bastions traditionnels de la droite (Hoche, Menon, André Abry, Houille blanche, une partie des Eaux claires) mais aussi, là encore, de l’extrême-droite : il est par exemple très significatif de le voir surperformer dans le bureau de vote Beauvert 2, où le FN était en tête en 2014, alors que dans le même temps la liste d’extrême-droite conduite par Mireille D’Ornano plafonne à 6,3 %.

Un fait singulier toutefois : la liste conduite par Alain Carignon obtient des résultats significatifs dans certains bureaux de vote de quartiers populaires. Dans des bureaux de vote comme Teisseire 2 ou Abbaye 2, cela tient sans doute encore au siphonnage du vote RN, très élevé lors des européennes de 2019. Mais dans d’autres, situés dans le quartier de la Villeneuve traditionnellement rétif à la droite, la poussée est réelle même si elle reste modeste et fortement localisée : on relève 26,2 % à Arlequin 1 et 22,1 % à Baladins 2. En dehors de Mistral (Anatole France 1, 21,4 %) le phénomène garde toutefois une portée limitée (seulement 9,3 % à Baladins 1), et pourrait correspondre à des réseaux de soutiens très localisés, dont le poids dans les urnes augmente lorsque la participation est faible.

Les zones de force du vote Carignon relèvent donc d’un curieux mélange entre zones de force traditionnelles de la droite, zones de force traditionnelles de l’extrême-droite, et quelques zones dans lesquelles son équation personnelle ou ses réseaux ont pu peser dans les résultats (tableau 2).

Tableau 2 - Résultats des listes RN et LR aux européennes 2019 dans les bureaux de vote ayant le plus voté Carignon en 2020 Tableau 2 - Résultats des listes RN et LR aux européennes 2019 dans les bureaux de vote ayant le plus voté Carignon en 2020

Les zones de faiblesse du vote Carignon correspondent souvent aux zones de force du vote Piolle, avec des résultats particulièrement médiocres dans les quartiers Chorier-Berriat et de l’Île Verte. On ne retrouve toutefois que deux cas en-dessous de 10 % et 13 cas en dessous de 15 %, signe d’une certaine homogénéité sur l’ensemble de la ville : le vote Carignon est pour l’essentiel un vote résiduel. Une chose est certaine en tous cas : ce retour est complètement raté, et ce en dépit de la foule de commentaires qu’il a suscité.

L’effondrement du vote macroniste à Grenoble

Carte du vote Chalas (LREM) au 1er tour des élections municipales à Grenoble, par bureau de vote Carte du vote Chalas (LREM) au 1er tour des élections municipales à Grenoble, par bureau de vote

Il ne reste plus grand-chose du triomphe des élections législatives de 2017 pour la députée-candidate de la majorité présidentielle, ni même de la bonne performance de la liste LREM aux élections européennes de 2019, qui s’était classée devant la liste EELV conduite par Yannick Jadot. La liste conduite par Emilie Chalas n’est en tête dans aucun bureau de vote, et n’atteint les 20 % des suffrages exprimés que dans un seul, Vieux Temple 3, plus de 26 points derrière Eric Piolle. Il n’y a pas de zones de force à proprement parler. La liste LREM obtient ses résultats les moins médiocres dans les bureaux de vote du secteur 2 autour de l’hypercentre, qui avaient massivement voté LREM lors des élections européennes de 2019 : dans la plupart des cas, Emilie Chalas s’avère en incapacité de récupérer la majeure partie de ces électeurs, subissant de plein fouet la concurrence de Carignon. Signe que l’électorat macroniste se réduit désormais à son aile droite, les seules autres zones dans lesquelles Chalas surperforme sont des bastions historiques de la droite et de l’extrême-droite, comme le Rondeau (Anatole France 2), André Abry ou Beauvert 2.

On trouve en revanche des zones de faiblesses très marquées, où le vote LREM des élections européennes de 2019 semble s’être littéralement évaporé. Emilie Chalas est complètement marginalisée dans la plupart des quartiers les plus populaires, trouvant tout juste 3 électeurs dans le bureau de vote Anatole France 1 (2,1 %) et 4 dans le bureau Arlequin 1 (2,1 %). Le secteur 6 semble devenu une terre de mission pour le macronisme, avec des résultats inférieurs à 10 % des suffrages exprimés dans la quasi-intégralité des bureaux de vote de la Villeneuve, du Village Olympique et de Vigny-Musset. Mais les chiffres ne sont guère plus élevés dans le cœur du quartier Chorier-Berriat (Ampère, Buffon) où, étrangement, Carignon a mieux résisté au rouleau compresseur du vote Piolle.

Tableau 3 - Votes Chalas et Carignon dans les 10 bureaux de vote ayant le plus voté LREM lors des élections européennes de 2019 Tableau 3 - Votes Chalas et Carignon dans les 10 bureaux de vote ayant le plus voté LREM lors des élections européennes de 2019

Olivier Noblecourt, le baroud d’honneur du socialisme municipal à la grenobloise

Carte du vote Noblecourt (PS) au 1er tour des élections municipales à Grenoble, par bureau de vote Carte du vote Noblecourt (PS) au 1er tour des élections municipales à Grenoble, par bureau de vote

Il avait l’ambition de virer en tête de la gauche. Las, Olivier Noblecourt, ex délégué interministériel à la pauvreté du gouvernement d’Edouard Philippe, doit se contenter d’une piteuse quatrième place, derrière Emilie Chalas dont il a tenté d’empêcher la candidature, au prétexte d’être un meilleur candidat pour la macronie. Avec 13,3 % des suffrages exprimés, il est bien loin de l’étiage qui était encore celui du PS, qui soutenait sa liste, lors des élections municipales de 2014.

La géographie électorale du vote Noblecourt est assez marquée. Deux bureaux de vote le placent en tête de tous les candidats : Village olympique 1, à égalité avec Alain Carignon, et Anatole France 1, correspondant au quartier Mistral. Un résultat de 47,6 % sans doute acquis grâce à la présence sur la liste de Hassen Bouzeghoub, directeur du Plateau, important équipement socioculturel du secteur. Dans ces deux bureaux de vote ainsi que dans le 2ème bureau de vote du Village olympique, Olivier Noblecourt devance Eric Piolle. Mais il s’agit là d’exceptions qui confirment la règle.

Les zones de force du vote Noblecourt sont concentrées dans le quart sud-est de la ville, avec des résultats nettement supérieurs à la moyenne dans les quartiers Villeneuve, Village olympique, Vigny-Musset, Malherbe et Teisseire, incluant des scores excédant les 20 % des suffrages exprimés dans 11 bureaux de vote.

Le vote Noblecourt est donc plus élevés dans les quartiers les plus populaires, où les anciens réseaux du PS de l’ère Destot sont encore bien implantés. Il est toutefois marquant de constater à quel point cela ne suffit pas, dans la grande majorité des cas, à limiter le vote Piolle dans des proportions significatives. On est notamment très loin des niveaux atteints par la liste PS conduite par Jérôme Safar en 2014, avec parfois de nets décrochages (tableau 3). En outre, du fait d’une abstention élevée dans les quartiers populaires, ces résultats corrects ne permettent pas de compenser l’absence d’implantation dans d’autres quartiers beaucoup moins abstentionnistes. Les résultats y sont souvent proches de la moyenne, avec des disparités peu marquées, correspondant sans doute à un vote socialiste résiduel.

Tableau 4 - Evolution des votes PS et Piolle dans les 10 bureaux de vote ayant le plus voté PS (Safar) en 2014 (n’inclut pas deux bureaux de vote de la section de vote Malherbe, redécoupés entre temps) Tableau 4 - Evolution des votes PS et Piolle dans les 10 bureaux de vote ayant le plus voté PS (Safar) en 2014 (n’inclut pas deux bureaux de vote de la section de vote Malherbe, redécoupés entre temps)

La liste « Grenoble nouvel air » échoue également à franchir la barre des 10 % dans 13 bureaux de vote, parmi lesquels on retrouve plusieurs des principaux bastions d’Eric Piolle, en particulier dans les quartiers Chorier-Berrait, Abbaye, Porte de France et Saint-Laurent. Auprès de cet électorat plus mixte socialement, la concurrence à gauche n’a clairement pas eu lieu.

La « Commune est à nous », mais surtout aux autres finalement…

3,2 %. C’est ce que pèsent « les dissidents du piollisme » à Grenoble. Comme un symbole, la liste conduite par Bruno De Lescure, l’un des opposants les plus acharnés à la municipalité sortante, obtient son meilleur résultat dans le bureau de vote Ampère 2 (8 %), là où… Eric Piolle obtient aussi son meilleur résultat. L’objectif de prendre des voix au maire sortant n’est donc pas atteint.

Les zones de force de « La Commune est à nous » sont pour l’essentiel concentrées dans le quartier Chorier-Berriat (8 % à Ampère 2, 7,9 % à Buffon 2, 7,4 % à Ampère 1, 5,7 % à Diderot), ce qui n’est guère surprenant pour une liste conduite par le président de l’Union de quartier locale. On trouve des résultats supérieurs à la moyenne dans la plupart des bureaux de vote de la Villeneuve : 7,7 % à Arlequin 1 et autour de 5 % à Arlequin 2 et Baladins 1 et 2. Des résultats qui restent décevants pour les membres de cette liste, au regard de l’implication de bon nombre d’entre eux dans des initiatives de rejet du projet de renouvellement urbain voté par la municipalité.

« La Commune est à nous » ne franchit le seuil des 5 % des suffrages exprimés que dans 13 bureaux de vote, pour la quasi-intégralité situés sur les secteurs 1 et 6. Ailleurs, ses résultats sont proches de sa moyenne communale, voire très en-dessous lorsqu’on parle des zones de force de la droite, des bureaux de vote de la Bajatière ou des bastions de « Grenoble en commun » dans le secteur 2.

Le chant du cygne de l’extrême-droite à Grenoble

En 2014, Mireille D’Ornano conduisait la liste du Front national à Grenoble, obtenant 12,6 % des suffrages exprimés au 1er tour, permettant son maintien au second. En 2020, elle se présente sans l’étiquette RN, et même sans celle de son nouveau parti, Les Patriotes de Floran Philippot, ex-FN. Malgré l’absence de liste RN « officielle » pour la concurrencer, elle perd la quasi-intégralité de son électorat et franchit à peine les 2 % des suffrages exprimés. Des envolées à plus de 25 % dans certains quartiers en 2014, il ne reste rien. D’Ornano a été littéralement dépouillée par Carignon. Elle ne franchit le seuil des 5 % que dans cinq bureaux, avec un maximum de 6,5 % (Eaux claires 5). Elle est totalement marginalisée dans la plupart des bureaux de vote des secteurs 1 et 2, avec même zéro voix dans le bureau de vote Buffon 2. Dans 13 bureaux de vote, elle n’atteint pas les 1 %... Ainsi s’achève la présence de l’extrême-droite partidaire sur les bans du conseil municipal de Grenoble.

Lutte ouvrière, comme d’habitude…

Avec 1,19 %, Catherine Brun, tête de liste Lutte Ouvrière, réalise la prouesse d’obtenir à la décimale près le même résultat qu’en 2014. Seul subsiste un vote résiduel, avec une modeste surreprésentation dans les quartiers populaires, jusqu’à 4 % à Taillefer 3, l’un des rares bureaux de vote à avoir propulsé en tête de ses suffrages… Alain Carignon !

Qu'attendre pour le second tour ?

D'éventuelles fusions sont plus qu'improbables compte tenu des proposition saugrenues des candidats encore en lice (Emilie Chalas propose notamment aux colistiers de Carignon de fusionner derrière elle... Sans Carignon) et des déclarations faites pendant la campagne (Olivier Noblecourt a exclu toute alliance avec LREM pour tenter de faire oublier sa proximité avec le gouvernement). Eric Piolle a une telle avance sur ses concurrents qu'un accord lui serait peu utile. Il y a fort à parier que son résultat soit encore plus élevé au second tour, grâce au report des électeurs de « La Commune est à nous » et d'Olivier Noblecourt. L'expérience de la gauche rouge-verte au pouvoir est bien partie pour se poursuivre, donc. Reste à savoir si et quand le second tour aura lieu...

Annexe : résultats détaillés du 1er tour des élections municipales de 2020 à Grenoble Annexe : résultats détaillés du 1er tour des élections municipales de 2020 à Grenoble

Annexe : résultats des élections municipales de 2014 à Grenoble Annexe : résultats des élections municipales de 2014 à Grenoble

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