Alerte: les femmes en danger face à l'augmentation des cancers.

Les chiffres publiés sur la progression des cancers du poumon et du pancréas chez les femmes sont terribles; ils étaient attendus. Ils me touchent particulièrement, en tant que médecin de santé publique, spécialisé dans la prévention et la prise en charge des addictions.

C'est un domaine auquel j'ai consacré beaucoup d'énergie et de temps, au point de paraître alarmiste et obsédé par cette question, dont la gravité apparaît à nouveau à l'occasion de la parution du rapport de Santé publique France 

cancer-femmes-bis

femmes-fumeuse

 

Les actions de prévention sont beaucoup trop fragmentaires. Dans le domaine de l'alcool, elles sont carrément inexistantes, car le gouvernement est complaisant à l'égard des lobbys de ce secteur, comme nous le montrons ici  

Pour le tabac la volonté politique est enfin plus explicite.  Un des problèmes est que les associations et intervenant.e.s que nous ( autorités de santé publique) voulions motiver, responsabiliser et financer pour mener des actions spécifiques de prévention en direction des femmes avaient du mal à les concevoir. Il leur apparaissait difficile et même "discriminatoire" de s'adresser particulièrement aux femmes. Les chiffres de la progression des cancers du poumons chez les femmes

Les industriels du tabac n'ont quant à eux pas hésité ni tergiversé et ont su cibler les femmes sous prétexte de liberté , de modernité et de contrôle du poids (voir ci-dessous). Le combat contre eux doit être impitoyable.

 

 

pub-tabac-femmes
 

 

 

 

 

 

Pour espérer parvenir à des résultats concrets, il est nécessaire de mobiliser toutes les ressources touchant au rôle de la cigarette et de l'alcool dans la vie quotidienne des femmes, jeunes ou moins jeunes, salariées ou scolarisées. Les associations, organisations et syndicats doivent être associés à cette démarche. La prévention doit éviter toute forme de culpabilisation, qui s'attache souvent au cancers " non-féminins" ( poumons, pancréas) chez les femmes  

Il s'agit notamment de la gestion du stress et de l'ennui, notamment au travail.

Il faut multiplier les enquêtes et le recueil de témoignages puis bâtir des actions adaptées et innovantes.

Dans certains pays, les mouvements féministes ont d'ailleurs pris à bras le corps cette catastrophe sanitaire qui décime et tue de manière si douloureuse.

Il faut que la publication de ces statistiques effrayantes provoque une mobilisation au bénéfice de la santé publique des femmes. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.