Manuel Valls: nouvelle étape d'une dérive sans fin

Un nouveau front réactionnaire et factieux avec la participation de Valls : droite ( PP et Ciudadanos) et extrême-droite espagnole (Vox) sont déjà alliées dans la province d'Andalousie. Elle manifestent ensemble le 10 février contre le gouvernement de gauche qu'elles veulent renverser sous prétexte de "trahison" face aux revendications des Catalans.

Manuel Valls a annoncé qu'il y sera afin de défendre "l'Unité de l'Espagne"Sa faible protestation contre l'accord de son parti avec l'extrême-droite en Andalousie est donc déjà oubliée. Ceux qui ont cru à son discours prétendument laïc et républicain  sont face à leurs responsabilités. 

 

 

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Mise à jour du 25 septembre 2018

Manuel Valls franchit une nouvelle étape dans sa dérive: il se présente comme candidat à Barcelone pour le parti de droite Ciudadanos. Cette formation proche des milieux patronaux est la pointe avancée du combat contre les aspirations nationales en Catalogne.

Manuel Valls a donc définitivement jeté le masque. Il veut préparer la prise de Barcelone par la droite du parti Ciudadanos, fer de lance contre les aspirations nationales catalanes. C'est une étape supplémentaire dans sa dérive et personne ne peut prédire où celle-ci s'arrêtera. Il se présente contre la maire sortante Ada Colau, très engagée dans les luttes pour le logement et la prise en compte des besoins des couches populaires de la ville.

En France, il laissera le souvenir de son orientation destructrice, acharnée à liquider ce qui pouvait demeurer de la gauche et du PS. On lira ci-dessous notre analyse de sa trajectoire "renégate" telle qu'elle se dessinait depuis plusieurs années. En avril dernier nous écrivions: "nous ne disons donc pas " bon débarras" mais alertons sur la nocivité de ce maître du mensonge et de la haine "

21 avril 2018

Valls soutient de longue date  la droite anti-indépendantiste en Catalogne. Il avait ainsi participé au grand meeting de fin de campagne de Ciudadanos le 16 décembre 2017  à Barcelone, en compagnie de l’écrivain péruvien – très à droite – Mario Vargas Llosa. Il confirmait ainsi le soutien accordé à ce parti par tous les adversaires des aspirations nationales des Catalans .

Ce parti, proche des milieux patronaux, est aussi celui qui dépense le plus, pour cette élection : un budget annoncé à 2,1 millions d’euros, contre 1,8 million pour le PP de Rajoy, 1,8 million pour la gauche indépendantiste (ERC), ou encore 395 000 euros pour Catalogne en commun, la coalition soutenue par la maire de Barcelone Ada Colau,

 « Ciudadanos est un parti qui s’est créé en 2006 en Catalogne, sur cette question "identitaire", rappelle le politologue Jordi Muñoz, de l’université de Barcelone. À l’époque, ce n’était pas l’indépendance qui était  en débat, mais l’utilisation du catalan dans les écoles et ils se mobilisés contre. Le groupe de Ciudadanos était très hétérogène, et divisé sur le reste des dossiers, jusqu’à l’arrivée d’Albert Rivera, qui va ancrer la formation au centre droit, tout en formulant une position toujours très dure sur la question nationale et le rapport à l’Espagne. »

Depuis, le même  Rivera est devenu le candidat national de Ciudadanos, aux législatives espagnoles de 2015, puis de 2016. Au Parlement , le parti,  u'on veut présenter comme un « Podemos de droite »,  soutient  les politiques du gouvernement de Mariano Rajoy.

Le paradoxe est que Valls se lance dans la bataille une semaine après que plus de 300 000 personnes aient montré le 14 avril la force de la mobilisation indépendantiste « Liberté pour les prisonniers politiques » : 

Plus de 300 000 personnes ont manifesté à Barcelone pour protester contre la détention de neuf figures de l’indépendantisme accusées de « rébellion » et réclamer l’ouverture d’un dialogue politique. Un point positif est que l’appel avait été lancé par une plate-forme d’associations et syndicats pour « défendre les institutions catalanes » et « les droits et libertés fondamentales ». Ce collectif inclut les sections catalanes des deux grandes centrales syndicales, Commissions ouvrières et UGT. Le gouvernement de la droite espagnole doit libérer les prisonniers et cesser la répression à l'égard des revendications catalanes. La gauche en Europe serait bien inspirée de s'intéresser enfin à cette grande mobilisation démocratique et de la soutenir.

Mais cela stimule sans doute la rage droitière de Valls, spécialiste du travestissement politique, qui s'est révélé comme adversaire acharné de la gauche et des valeurs progressistes. C'est pourquoi lors de la primaire de la gauche nous avions proposé de lui décerner  le prix "Georges Orwell de l'inversion du langage" car expliquions nous :

" ... Il se présente comme le "candidat du travail" après avoir élaboré et fait passer au forceps une loi anti-nommée "travail", destinée à renforcer le pouvoir discrétionnaire des patrons contre ceux des salarié.e.s .

Valls critique le 49.3 et prétend le supprimer, après l'avoir utilisé à 6 reprises afin d'imposer ce texte, ainsi que la loi Macron qui va dans le même sens. Il a aussi repris, à propos du revenu d'existence, les pires propos du facho Laurent Wauquiez en dénonçant une prétendue "société de l'assistanat et du farniente".

Valls prétend défendre la laïcité et attaque salement Benoît Hamon à ce sujet mais lui-même s'est prêté à la manipulation du "laïque" Sarkozy à propos du burkini, y compris après la condamnation des arrêtés des maires LR par le Conseil d’État .

Valls s’était déjà livré à une mise en cause de l'Observatoire de la Laïcité (structure officielle et institutionnelle) et de son président, coupables à ses yeux de ne pas verser dans la stigmatisation des musulmans.

Enfin Valls prétend "rassembler" mais il reprend les campagnes calomniatrices et racistes de la droite contre Hamon et annonce déjà qu'il ne soutiendra pas ce dernier, s'il gagnait la primaire. Ses porte-parole traitent Hamon de "candidat des Frères Musulmans" reprenant ainsi la campagne de la fachosphère contre "Ali Juppé". Les mêmes annoncent déjà leur futur soutien à Macron, apportant ainsi la touche de chantage nécessaire à cette campagne entièrement tournée vers la destruction.

Oui Valls mérite largement un prix Orwell." 

Dans son nouveau rôle de héraut de la "droite moderne" et de défenseur de la monarchie espagnole, Valls jouira de nombreux soutiens financiers et médiatiques mais également du profond mépris de tous ceux et celles qui ont assisté à son oeuvre de mensonge et de destruction en France. 

Nous ne disons donc pas " bon débarras" mais alertons sur la nocivité de ce maître du mensonge et de la haine  

 

 Nos articles sur la Catalogne ( avec de nombreuses références à l'engagement hostile de Valls) : 

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/050418/catalogne-puigdemont-libere-une-claque-pour-rajoy

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/250318/catalogne-nouvelle-escalade-de-la-repression-solidarite

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/221217/catalogne-une-belle-victoire

 https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/211217/catalogne-succes-des-independantistes-malgre-la-droite-moderne-ciudadanos

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/011017/catalogne-pour-la-democratie-contre-la-repression

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/201017/catalogne-la-droite-espagnole-menace-solidarite-internationaliste

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/061017/catalogne-lintrusion-scandaleuse-du-monarque

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/281017/catalogne-solidarite-avec-la-nouvelle-republique

 

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