Le Nobel de littérature 2019 pour Peter Handke, soutien du génocidaire Milosevic.

En couronnant Handke, le prix Nobel de littérature cautionne le négationnisme de ce dernier et son appui aux massacres des chefs serbes. Ces derniers ont été enfin condamnés après avoir échappé pendant des dizaines d'années à la justice internationale.

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Peter Handke  se rend en Serbie en 1995, quelques mois après le génocide de Srebrenica du juillet  de la même année. (8000 morts) . De ce séjour , il rapporte un ouvrage  de soutien aux chefs serbes, intitulé « Voyage hivernal vers le Danube, la Save, la Morava et la Drina » qui demandait « justice pour la Serbie ». Il y explique notamment que les Serbes n’ont fait que répondre à une provocation des Musulmans bosniaques.  Handke n’hésite pas à comparer les Serbes aux Juifs pendant le IIIe Reich et, en 1999, à voir dans Belgrade frappé par l’OTAN un « nouvel Auschwitz ». Salman Rushdie le propose pour le titre de « Connard international de l’année »,  Susan Sontag,  engagée auprès des habitants de Sarajevo bombardés sans relâche par l'artillerie de Milosevic, Mladic et Karadzic  , déclare qu’elle ne lira plus un seul livre de l’Autrichien.

L’écrivain aggrave encore son cas le 20 mars 2006 en se rendant aux obsèques de l’ancien président serbe Slobodan Milosevic, accusé de crimes contre l’humanité et de génocide qui s'est suicidé en prison à La Haye. il y dit : « Je sais ce que je ne sais pas. Je ne sais pas la vérité. Mais je regarde. J’écoute. Je ressens. Je me souviens. Pour cela je suis aujourd’hui présent, près de la Yougoslavie, près de la Serbie, près de Slobodan Milosevic. »

La semaine suivante, dans l’hebdomadaire allemand « Focus », il en rajoute: « Non, Slobodan Milosevic n’était pas un ‘‘dictateur’’ [...] Non, Slobodan Milosevic ne peut être qualifié de ‘‘bourreau de Belgrade’’ [...] Le motif principal de mon voyage, c’était d’être témoin. Témoin ni dans le sens de l’accusation ni dans celui de la défense..."

En couronnant Handke, le prix Nobel de littérature cautionne le négationnisme de ce dernier et son appui aux massacres des chefs serbes. Ces derniers ont été enfin condamnés après avoir échappé à la justice internationale. Ayant fait appel de sa précédente condamnation, Karadzic est condamné à la perpétuité  pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité 

Justice est ainsi faite, notamment en raison du génocide de Srebrenica  en juillet 1995, qui fut le dernier génocide du 20 siècle.

Leur croisade mortifère inspire les terroristes d'extrême-droite. Ainsi le tueur de Christchurch s'est motivé par la mémoire de leurs exactions

Une coïncidence terrible rappelle à quel point les actions génocidaires et les crimes de guerre motivent et inspirent la poursuite  des actes de violence raciste. Le tueur des mosquées de Christchurch, Brenton Tarrent, est obsédé par la croisade des nationalistes serbes contre les Musulmans de Bosnie. 

En route pour commettre sa tuerie le 15 mars dernier, il se filme écoutant un chant serbe à la gloire de  Radovan Karadzic, condamné  à nouveau pour génocide cinq jours ... lire la suite ici http://www.memorial98.org/2015/07/20-ans-apres-le-genocide-de-srebrenica-victime-du-negationnisme.html

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