Marseille: le triomphe de la voie du Printemps et sa leçon.

La victoire de Marseille a été acquise contre les deux appareils politiques dominants de la gauche, LFI et EELV. Deux lignes s'affrontent: celle du Printemps marseillais qui ouvre la voie du renouveau et celle de la concurrence sauvage à gauche.

La victoire de Marseille a été acquise contre les deux appareils politiques dominants de la gauche. Ceux-ci se lancent déjà dans la course à la présidentielle et préparent l'échec. Deux lignes s'affrontent: celle du Printemps marseillais qui ouvre la possibilité de la victoire et celle de la concurrence sauvage à gauche, annonciatrice de la défaite.

Or les directions de la LFI et de EELV se sont opposées frontalement à la démarche unitaire du Printemps marseillais:
Ce cadre unitaire a été créé officiellement, à la mi-octobre 2019, après de longues discussions et consultations .
Jean-Luc Mélenchon, pourtant député de Marseille, s'est déclaré non concerné par cette coalition de gauche et n’a soutenu le Printemps marseillais qu' au lendemain du premier tour de l’élection municipale.
C'est ce que montre le cas de Sophie Camard, suppléante de Mélenchon lors de l’élection législative de mai 2017. C’est en rupture ouverte avec la ligne de La France insoumise (LFI) et de son chef qu’elle rejoint, avec une poignée d’autres insoumis, le Printemps marseillais.
Plus incroyable encore, c’est une mise candidate au ban de sa propre formation politique qui se présente aux élections le 15 mars. Michèle Rubirola est une militante « historique » des Verts, puis d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Mais en octobre 2019 le parti écologiste décide de pousser à Marseille une liste autonome, seul dans son coin, sans coalition avec le reste de la gauche.
Conseillère départementale, Mme Rubirola est au contraire convaincue que seule une large union peut bousculer la toute-puissante droite de Gaudin et fmobiliser  les Marseillais de gauche. Elle fait le choix du Printemps marseillais, dont elle a accompagné la genèse. Conséquence : son parti la suspend (!). Et ne consent à réintégrer la candidate que fin mai, lorsque le Printemps marseillais fusionne ses listes avec celles d’EELV ( qui n' rassemblé que 8,10 % sur l’ensemble de la ville).
Dans le contexte de cette victoire si importante, Jadot et Mélenchon ont immédiatement relancé la mécanique de la primauté de leur propre ligne, pourtant défaite et dépassée par la vague unitaire qui a porté la victoire des municipales. Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Nantes, Nancy , Besançon... à Strasbourg la dirigeante PS Trautmann est contrainte de s'intégrer à la majorité unitaire.

Cette poussée, évidente malgré l'abstention massive due pour grande partie aux épisodes rocambolesques de l'organisation du scrutin, ne surgit pas de nulle part: elle est la résultante de l'échec de la politique macroniste; mais aussi des mobilisations sociales ( retraites, santé) et pour le climat.
Jadot déclare "se préparer" pour la présidentielle sans tirer aucun bilan de ce cette poussée unitaire qui le dépasse largement. Mélenchon va encore plus loin et déclare ce 5 juillet: « La clé, c’est la clarté, l’intransigeance sur les idées, et non de faire le plus petit commun dénominateur pour ne pas parler de ce qui gène » et se fondre dans une union de la gauche. On sait ce que signifie ce langage prétendument "radical" qui annonce des polémiques sans fin et des épreuves de force sectaires.
Or un point est absolument clair: soit toute la gauche s'unit pour la présidentielle, soit elle est éliminée et laisse le champ libre à Macron et Marine Le Pen .
Au lendemain du scrutin, notre camp social et écologique se trouve grandement renforcé notamment pour les mobilisations en cours et à venir pour la santé, la défense des droits sociaux face à la crise, le refus des licenciements , pour le climat et l'environnement, contre le racisme.
Une candidature unitaire à fort contenu social, écologiste et antiraciste ira bien au delà de l'addition des scores actuels des sondages.
Nous savons tous que le seul moyen de battre les droites et l'extrême-droite réside dans une alternative de gauche s'appuyant sur le mouvement social. Ce sont globalement des coalitions de ce type qui ont permis de gagner des villes lors des municipales et c'est dans ce sens qu'il faut franchir des étapes et des obstacles.
Il faut donc y travailler des maintenant comme nous y appelons avec des dizaines de milliers d'autres. Il est plus que temps de se rassembler sans se laisser entrainer dans le chaos de Macron et les plans calamiteux des grands chefs autoproclamés à gauche.

 

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