Catalogne: succès des indépendantistes, malgré la droite "moderne" Ciudadanos

Alors que se termine le scrutin régional en Catalogne, les espoirs de la droite espagnole reposent sur le parti "moderne" Ciudadanos et sa dirigeante Inés Arrimadas. Cette dernière est mise en vedette par les soutiens européens du gouvernement espagnol, dont Manuel Valls mais également des médias tels Le Monde. Ils approuvent ainsi sa campagne "identitaire" et anti-indépendance.

Et également la vague de répression policière qui ont marqué cette campagne. Malgré cette pression, les partis qui se réclament de l'indépendance catalane sont à nouveau majoritaires. L'échec de Rajoy est cinglant.

 

Le grand meeting de fin de campagne de Ciudadanos le 16 décembre  à Barcelone, en présence de l’ex-premier ministre français Manuel Valls et de l’écrivain péruvien – très à droite – Mario Vargas Llosa, confirme le soutien accordé à ce parti par tous les adversaires des aspirations nationales des Catalans . Ce parti, proche des milieux économiques, est aussi celui qui dépense le plus, pour cette élection : un budget annoncé à 2,1 millions d’euros, contre 1,8 million pour le PP de Rajoy, 1,8 million pour la gauche indépendantiste (ERC), ou encore 395 000 euros pour Catalogne en commun, la coalition soutenue par la maire de Barcelone Ada Colau, selon des chiffres diffusés par la chaîne de télévision La Sexta.

Arrimadas déroule un C.V. typique d’un candidat Ciudadanos : des études de droit et de gestion des entreprises et des années dans le privé comme consultante. « Ciudadanos est un parti qui s’est créé en 2006 en Catalogne, sur cette question "identitaire", rappelle le politologue Jordi Muñoz, de l’université de Barcelone. À l’époque, ce n’était pas l’indépendance qui était  en débat, mais l’utilisation du catalan dans les écoles. Le groupe de Ciudadanos était très hétérogène, et divisé sur le reste des dossiers, jusqu’à l’arrivée d’Albert Rivera, qui va ancrer la formation au centre droit, tout en formulant une position toujours très dure sur la question nationale et le rapport à l’Espagne. »

Depuis, le même  Rivera est devenu le candidat national de Ciudadanos, aux législatives espagnoles de 2015, puis de 2016. Au Parlement , le parti,  u'on veut présenter comme un « Podemos de droite »,  soutient  les politiques du gouvernement de Mariano Rajoy.

La correspondante du Monde en Espagne, Sandrine Morel n'a cessé de dénoncer et de calomnier le combat indépendantiste sponsorise Arrimadas qu'elle décrit ainsi:  
(...)Moderne, jeune, dynamique, séduisante (!), cette brune aux grands yeux noirs née en Andalousie, à Jerez de la Frontera, de parents originaires de Salamanque, en Castille-Léon, fan du FC Barcelone depuis l’enfance, parle mieux catalan que nombre de députés nationalistes, bien qu’elle ne vive à Barcelone que depuis une dizaine d’années. »

Contre Rajoy, Ciudadanos,  la monarchie répressive et l'alliance réactionnaire anti-catalane nous soutenons l'aspiration républicaine des indépendantistes. L'emprisonnement et l'exile forcé de leurs dirigeants ont montré une fois de plus de quel côté se trouve la démocratie et la liberté. 

 

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/011017/catalogne-pour-la-democratie-contre-la-repression

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/201017/catalogne-la-droite-espagnole-menace-solidarite-internationaliste

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/061017/catalogne-lintrusion-scandaleuse-du-monarque

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.