Catalogne: une belle victoire!

Malgré des leaders en prison ou en exil , une pression de tous les instants du pouvoir central , le chantage des milieux patronaux , l'hostilité des gouvernements européens  et la croisade de Manuel Valls au côté de la droite Ciudadanos, l'aspiration à l'auto-détermination est une fois de plus majoritaire.

Mise à jour 

Le premier ministre Rajoy bafoue les résultats du scrutin qu'il a lui-même organisé. Il a rejeté ce 22 décembre la demande de l'ex-président indépendantiste Carles Puigdemont de le rencontrer, après la victoire du camp de l'indépendance en Catalogne. Rajoy a répondu: "la personne avec laquelle je devrais discuter, c'est celle qui a remporté les élections, Madame (Inès) Arrimadas". Il s'agit de la tête de liste du parti de droite Ciudadanos. Elle a certes remporté le plus de sièges au parlement catalan en siphonnant les voix du PP de Rajoy et celles des socialistes catalans (PSC) mais n'a pas la moindre chance de constituer une majorité, à la différence de Puigdemont

 

Les autonomistes catalans remportent la majorité absolue. La participation électorale a dépassé les 82% et personne ne peut contester la légitimité du scrutin. 

Les "observateurs" ont pris leurs désirs pour des réalités. Ils prédisaient  que la "majorité silencieuse" , celle à qui on fait dire en permanence ce que l'on pense soit même , allait se porter au secours des unionistes, ils en sont pour leurs frais une fois de plus. Les médias français qui, tels le journal Le Monde et la radio publique France Info, n'ont cessé de dénoncer la "folie indépendantiste" et de promouvoir Ciudadanos ont également échoué. 

. Or ce dernier parti présenté comme le triomphateur de ces élections a surtout siphonné les voix du PP de Rajoy et celles des socialistes catalans (PSC). Ces derniers ajoutent l'échec au déshonneur d'avoir soutenu la droite de Rajoy. 

Le peuple catalan a rejeté  Mariano Rajoy , son parti disparait quasiment de l'Assemblée nouvellement élue après avoir obtenu seulement 4% des voix.Sa gestion brutale de la crise , son refus de la négociation , du moindre geste ont été sanctionnés à la hauteur des violences et des humiliations constatées depuis des semaines .
Sa crédibilité est aujourd'hui plus qu'entamée.

Un constat s'impose , ceux qui pensaient que la revendication autonomiste était minoritaire , une lubie passagère d'enfants gâtés se sont trompés .

L'aspiration à l' autodétermination est bien encrée au coeur d'une partie importante des catalans .


L'Espagne et ses représentants , les gouvernements européens qui n'ont jamais cherché l'apaisement , devront se rendre à l'évidence , tôt ou tard et reconnaître enfin les droits de la population qui aspire à s'auto-déterminer.

Notons  que la gauche sort fracturée de ce scrutin car elle a  refusé de reconnaître l'aspiration à l'auto-détermination et le sentiment national. Dès lors elle laisse le champ libre à Puigdemont, qui apparaît comme légitime. Le paysage serait certainement différent si les gauches catalanes avaient pris la tête du mouvement autonomiste et l'avaient ancré dans un esprit de justice sociale. C'est une faute aussi ancienne que l'existence de la gauche elle-même. 

Voir ci-dessous nos articles sur la Catalogne

 https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/211217/catalogne-succes-des-independantistes-malgre-la-droite-moderne-ciudadanos

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/011017/catalogne-pour-la-democratie-contre-la-repression

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/201017/catalogne-la-droite-espagnole-menace-solidarite-internationaliste

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/061017/catalogne-lintrusion-scandaleuse-du-monarque

https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/281017/catalogne-solidarite-avec-la-nouvelle-republique

 

 

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