Va, Sat'Année 2020... Bienvenue 2021 !

L'an dernier au sacré rituel je faillis D'accueillir l'année nouvelle en poésie Cela provoqua une mondiale pandémie Alors rimons pour deux cette fois-ci !

 

Va, Sat'Année Deux Mil Vingt

 

Passe ton chemin et va-t-en loin !

Toi qui nous fis serrer les poings

Et rester les un des autres bien loin

Sans s'embrasser ni se serrer la main

 

Toi qui nous as forcés et contraints

A nous voiler la face soir et matin

A renoncer à nos essentiels besoins :

Aller voir un film dans un strapontin

 

Flâner au Musée d'Art Comptant-pour-rien

Déguster un bon plat au resto du coin

Ou aller boire un verre entre copains

Quelle vie morose en peau de chagrin !

 

Nous devons protéger "nos" anciens

Disaient gravement les politiciens

Alors moi aussi en bon con-citoyen

Je suivis ces règles du droit chemin

 

Mais celle ou celui qui tout seul s'est éteint

Eût peut-être préféré avancer son heure de fin

Plutôt que d'être privé de ses plus intimes liens

Et de s'en aller sans jamais revoir les siens

 

Pour autant ne soyons pas mesquin

Bon an mal an, tu as aussi de bons points :

Nous fûment plus attentifs à nos voisins

Et pour certains, à nos intérieurs jardins

 

Nous freinâmes nos rapides train-trains

Pour tricoter, bricoler avec entrain

Cultiver patiemment notre lopin

Ou pétrir notre pain au levain

 

Oui, diront amers, certaines et certains

Ton printemps tourna en eau de boudin

Et on n'est pas encore sorti du bain

Mais tu es derrière nous, bel et bien

 

Va, Sat'année deux mille vingt

Toi qui nous lia en un sort commun

Va, toi qui nous mena aux confins

De notre étrange état d'êtres humains

 

Bienvenue Deux Mil Vingt et Un !

 

Me permettras tu de faire enfin

A ma grand-mère un gros câlin ?

Nous rendras tu droit aux baise-mains,

Aux salles combles et aux festins ?

 

Puisses tu prendre des airs divins

Et sur ce vieux monde en déclin

Faire germer de beaux lents demains

Parés de fruits plus féminins

 

Éveiller nos esprits enfantins

Saupoudrer le creux de nos mains

De ta poudre de perlimpinpin

Transformer chacune et chacun

 

En poétesse, en baladin,

En guérisseuse, en magicien,

En douce rêveuse, en musicien...

Offre une place à chaque terrien

 

Et bannir le mot "clandestin"

De nos journaux quotidiens

Car c'est au monde qu'on appartient

Et non l'inverse, tu te souviens ?

                                                      

dixit-0021

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.