Le rêve d'une vie meilleure mène les Africains vers l'amour du football

Le football est un vecteur sociologique de première importance en Afrique. Et si peu d'équipes Africaines seront en Russie pour la Coupe du Monde de la Fifa 2018, il n'en demeure pas moins que la diffusion des matchs suscitera un enthousiasme particulier partout sur le continent. De retour d'un voyage en Afrique Centrale, j'ai pu mesurer l'attente de la jeunesse africaine.

L'entraîneur franco-polonais Henry Kasperczak, dans une récente entrevue à la presse spécialisée, vient de l'expliquer:

"Outre la Tunisie, le Nigeria, le Sénégal, le Maroc et l’Egypte sont qualifiés pour le Mondial. Toutes les équipes ont leurs chances de passer le 1er tour. Il m’est difficile de me prononcer sachant que chacune des sélections a un fort potentiel. Je suis toujours optimiste et je souhaite fortement assister à une telle prouesse d’une  sélection africaine. Si ça se produit cette année ce serait formidable."

Vous reprendrez bien un peu de bons sentiments ? 

Un match amateur dans les environs de Libreville Un match amateur dans les environs de Libreville
Plus sérieusement, s'il est probable qu'au moins une sélection africaine passe le premier tour de la coupe du monde en Russie, il est difficile d'imaginer le Sénégal ou le Maroc arriver en quart ou en demie finale. Malgré cela, dans toute l'Afrique, tout le monde est aux aguets. 

La Coupe du Monde 2010 organisée en Afrique du sud, a prouvé - s’il le fallait - que le cœur du Continent Mère battait pour le football. Les "one two, three, viva Algérie", les vuvuzelas sud-africains, les danses ghanéennes et les tam-tams camerounais font notamment partie intégrante du paysage footballistique. 

Au Gabon, pays où le football n'est pas très qualitatif, j'ai rencontré Jean-Marc. "C’est bien connu, en Afrique, le football est quasiment une religion. Du Botswana à la Tunisie en passant par le Nigéria, l'Egypte ou le Ghana, les supporters sont tous plus bouillants et bruyants les uns que les autres. Nos stades, plutôt mal entretenus, stades rivalisent cependant d’enthousiasme. Et quand on peut y accueillir 20000 personnes, on y est 40000. Et dans les cafés ou la bière coule à flots, nous célébrons le football en tant que sport, avant de célébrer des équipes particulières."

Raoul, lui, vient du Bénin. Dans ses yeux scintille la lumière de la passion quand on lui parle des stars du foot. Raoul parle calmement, ne monte jamais le ton. Il est comme ça. Vraiment ? «Non! Je ne peux pas rester tranquille sur ma chaise, même si, avec l’âge, je me suis un peu calmé.»

De son propre aveu, à Porto Novo, il aime voir les matchs dans la rue avec ses "potos". Et lorsqu'il entraine une petite équipe de quartier, il sait que chaque jeune est prêt à tous les sacrifices pour arriver un jour à vivre du foot. "Ici, la coupe du monde, c'est le rêve absolu. Les petits jeunes pourraient pactiser avec le diable pour y arriver un jour. Et les soirs de match, tout le monde fait la fête. On s'invite les uns les autres. On fait l'apéro. Les petits jouent à la balle devant l'écran pendant que nous, les grands, on critique et on saute de joie." 

Une chose est sûre: le foot, il l’a, l'Afrique l'a dans la peau depuis que le foot existe. "Le foot, c'est des valeurs, celles de l'amitié par exemple. C'est aussi des voyages. C'est aussi de la réussite et du talent... et tout cela, ca fait rêver l'Afrique et les africains." 

 

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