De quoi Michel Tagne Foko est-il le nom ? Réponse à la diatribe du Monde

Dans son édition du 8 août dernier, le journal français Le Monde a ouvert ses colonnes à une tribune de l’écrivain Michel Tagne Foko. Dans ce texte, il s’en prend au Président Paul Biya et à sa nouvelle candidature.

Il y décrit par le menu l’ensemble des griefs qu’il fait au président camerounais. De manière assez surprenante, il l’accuse de choses que même ses principaux opposants dans le pays ne lui reproche pas.

Qui est Michel Tagne Foko? Pourquoi s’en prend-il à Biya? Que se cache-t-il derrière cette tribune ?

Voici quelques éléments de réponse.

Michel Tagne Foko, un écrivain auto-proclamé

Le Monde présente Michel Tagne Foko comme un écrivain. Né au Cameroun en 1985, il ne vit plus dans le pays depuis 2009, année durant laquelle il décide de partir vivre en France.

Son statut d’écrivain, il le doit en bonne partie aux livres qu’il a pu faire publier.

Ce qu’il faut cependant noter, c’est que la plupart de ses ouvrages (dont tous les premiers livres en particulier), ont été édité à compte d’auteur. Cela signifie que qu’il a dû payer lui-même en totalité ou en partie pour l’édition de ces livres. Ces deux derniers textes ont été édités par une maison d’édition confidentielle.

Ainsi jamais aucune maison d’édition sérieuse, de par sa taille ou sa réputation, n’a trouvé assez de qualité aux œuvres de Michel Tagne Foko pour estimer devoir y investir du temps et de l’argent.

Le cœur de son œuvre est la mise en avant de son animisme. Hors l’animisme de Michel Tagne Foko est un animisme d’image d’Epinal et de cliché. Il donne à voir aux Européens une image de l’Africain qui les rassure, avec un animisme en carton pâte, ce qui explique sans doute son choix de partir vivre en Europe, où il a cru pouvoir duper un public qui n’y connaît rien.

Mais d’où tire-t-il alors sa réputation et la légitimité d’écrire dans le Monde ?

Sa critique de Paul Biya a été sans doute la clé qui lui a ouvert les colonnes du journal du soir français.

Une critique sans arguments

Si les chefs d’états peuvent être critiqués comme cela se fait de tous responsables politiques, pouvoir le faire avec des éléments probants permet d’appuyer sa démonstration. Rien de tout cela dans le texte de Michel Tagne Foko.
Il reproche à Biya ses frais de déplacement, en omettant, de rappeler que le pays où il vit actuellement, la France, est doté de frais de déplacement de son chef d’état deux fois plus importants.

Selon Tagne Foko, les 35 années de présidence Biya aurait détruit la culture animiste. Cependant, les statistiques de Perspective du Monde de l’Université de Sherbrooke au Canada montre qu’en 2005, soit après plus de 20 années de Biya à la tête du pays, les animistes étaient plus de 20 % de la population.

Si en effet, les modes de vie et les croyances traditionnelles sont en régression relative, ceci est un phénomène global et observé sur toute la planète. Le Président Biya serait-il, sans qu’on le sache, responsable du monde entier ?

Sa critique de la réorganisation des communes ne prends pas en compte la manière dont le l’état souhaite simplifier les niveaux administratifs du pays, dans lequel, le concept de royaume n’a évidemment pas sa place, sauf à vouloir faire plaisir à ceux qui souhaitent garder une image de l’Afrique digne de “Tintin au Congo”.

Selon Tagne Foko, un président inactif. Qu’en est-il ?

L’écrivain affirme que Paul Biya ne fait rien.
Que dire alors de la CAN au Cameroun en 2019 ?
Que dire alors de la construction de la route Douala-Yaoundé ?
Que dire alors du plan de solidarité avec les régions anglophones ?
Que dire alors des actions du BIR, qui dépend directement de la présidence, afin de sécuriser le pays ?
Que dire alors du développement du port de Kribi afin d’en faire le lieu incontournable du transport maritime en Afrique centrale?
Que dire alors du soutien qu’il a reçu de 20 partis d’opposition voyant en lui le pôle de stabilité dont le pays à besoin en cette période ?

Michel Tagne Foko préfère inventer des citations de peuples étrangers, donc ne connaissant pas le Cameroun au quotidien, qui sont éloignées de la réalité camerounaise qu’il a quittée il y a presque dix ans. À force de vouloir faire de la littérature, Tagne Foko a fini par inventer une réalité qui n’existe pas. Cette tribune ne permet qu’une chose, à l’auteur de se libérer de ses frustrations d’avoir échoué dans la quête de littérature et de reconnaissance.

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