Terrorisme, séparatisme, pillages et racket : les populations disent stop !

La période post-électorale avait marqué un coup d’arrêt dans l’escalade de la violence en zone anglophone. Même si les atrocités commises par les terroristes sécessionnistes continuaient, leur intensité en était réduite presque à néant.  A cette occasion, les populations en zone anglophone ont exprimé leur désir de retour à la paix, de mener une vie normale.

Sur les réseaux sociaux, nous avons pu voir des publications appelant au retour au calme qui relayaient, sous le couvert de l’anonymat, le sentiment des populations de cette zone.  D’autres, comme l’activiste Ayah Ayah Abine qui s’occupe des déplacés internes et externes de ce conflit, disent leur ras-le-bol à haute voix. Rappelons qu’Ayah Ayah Abine est un activiste qui critique le gouvernement Biya dans la gestion de cette crise, mais ces derniers temps il dénonce les actes des sécessionnistes qui aboutissent à terroriser les populations.

Certains de ces activistes très virulents envers le gouvernement en appellent aujourd’hui à la négociation alors qu’ils n'étaient pas portés sur ce mode de résolution des conflits jusqu'à présent.  Ils disent à haute voix ce que la majorité de cette population pense tout bas. Même Mark Bareta, activiste sécessionniste ultra-violent qui s’oppose au gouvernement en appelle aujourd’hui à la négociation.

Les populations de la zone anglophone sont fatiguées de l’insécurité, des échanges de tirs, des villes mortes. Elles sont également fatiguées de l’impossibilité pour leurs enfants d’aller à l’école sous les tirs de balles ou parce qu’ils craignent des représailles de la part de terroristes sécessionnistes. Les malades tels les diabétiques n’ont pas accès à leurs traitements médicaux  car à cause des routes bloquées par les terroristes sécessionnistes, les hôpitaux ne reçoivent plus d’insuline.  La vie devient de plus en plus chère, les produits de première nécessité tels le savon ont augmenté de près de 50%. Il n’ ya plus de liquidité dans les banques, dans des organismes de micro finance tels Express Union, donc il est difficile pour ces populations d’envoyer ou de recevoir de l’argent. Les  populations sont rackettées par les terroristes sécessionnistes, ces derniers s’attaquent désormais aux populations vulnérables, aux minorités telles les peuls.  Force est de reconnaitre que les populations sont prises en otage par ces terroristes sécessionnistes et il est quasi impossible pour elles de dénoncer leurs bourreaux sans craindre des représailles 

Alors que de plus en plus de voix s’élèvent au sein des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest,  les terroristes sécessionnistes campent sur leurs positions et continuent leurs exactions. Car ils savent que si la paix revient ils seront désœuvrés. En réalité ces groupes de défense qui se disaient militer pour la sécession sont devenus des clans de bandits qui sèment la terreur afin de survivre car ils ne reçoivent aucun financement, ils ont donc tout intérêt à maintenir le chaos pour continuer à exister.  Ces derniers jours ont d’ailleurs été très sanglants dans la région anglophone.

Cette recrudescence des violences intervient  quelques jours après la prestation de serment du Président de la République. Ce dernier a d’ailleurs saisi l’occasion de sa prestation de serment pour inviter  les terroristes à baisser les armes mais ils semblent avoir fait le choix de la lutte armée.

Rappelons toutefois que le Président de la République, dans son discours d'investiture, a non seulement appelé les jeunes engagés dans cette lutte à déposer les armes mais il s’est également engagé à donner plus de places aux jeunes dans ce septennat.

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