Les Stylos rouges : le mouvement sera politique ou ne sera pas

Pour susciter une adhésion massive, le mouvement des Stylos rouges ne pourra pas se contenter de revendications habituelles sur les salaires et les conditions de travail ; pour vaincre, il devra produire une profonde remise en question du fonctionnement de l'école et poser la question du sens général de l'éducation.

1. Les Stylos rouges : un mouvement nécessairement politique

Quelques remarques préalables 

Le statu quo libéral repose sur une séparation entre le travail et la politique. Le travail relève des syndicats, la politique relève des partis. Le social et le sociétal. Le B-A-BA de tout une époque. En renonçant à toute revendication politique, les syndicats s’aliènent pourtant le soutien de l’opinion publique et renoncent à toute extension des combats liés aux questions des conditions de travail ; en se désengageant des problématiques liées au travail, les partis politiques se condamnent quant à eux à l’indifférence et au mépris d’une grande partie de la population. A quoi bon s’intéresser à la politique, si la politique se désintéresse de ce qui constitue le quotidien d’un grand nombre de citoyens ? Circulez, il n’y a rien à voir. 

Cette séparation n’est pas un principe formel. Elle est actualisée par un ensemble de comportements et de tics de langage qui surgissent à l’occasion de chaque grève un tant soit peu suivie. Les interviews des « usagers en colère » (savamment dénichés et mis en scènes par des médias complices) mettent en place une opposition tangible et évidente entre le combat des grévistes (forcément minoritaires) et la vie quotidienne de l’ensemble des citoyens, qui ne demandent qu’à vaquer à leurs affaires en attendant une nouvelle élection (telle est du moins la vision qui sous-tend ce genre de reportages). Les revendications syndicales sont assimilées à la défense des intérêts particuliers. Le classe politique n’est pas en reste : voici des années que les représentants du camp libéral lancent des appels à « faire sauter les verrous » et à débarrasser la France de ses vieux « corporatismes ». Finira-t-on par décréter que les syndicats constituent un danger pour la démocratie

Les Stylos rouges : le mouvement sera politique ou ne sera pas 

Syndicats désamorcés, citoyens consommateurs, partis politiques inoffensifs et intégrés à un système politique verrouillé : le tiercé gagnant de la gouvernance néolibérale. Malheureusement pour les partisans du statu quo et fort heureusement pour tous les autres, rien ne va plus au pays du néolibéralisme. Si les élections présidentielles de 2017 ont acté l’effondrement du système politique de la V République, le mouvement des Gilets jaunes a sonné le glas de ce qui restait des syndicats, plus soucieux, semble-t-il, de maintenir l’ordre et de soutenir le pouvoir en place que de se battre pour un quelconque changement. Le mouvement des Gilets jaunes, ses modes d’action et ses revendications bat en brèche le système policé de la démocratie libérale. En élargissant ses revendications aux questions du Référendum d’initiative citoyenne, de la hausse du SMIC et du retour de l’impôt sur la fortune, le mouvement des Gilets jaunes à rappelé ce qui fut jadis une évidence : la politique ne peut pas tourner le dos aux questions du travail, de même que les revendications liées au travail ne peuvent pas renoncer à leur dimension politique. 

A l’image du mouvement des Gilets jaunes, le mouvement des Stylos rouges remet en question le rôle des syndicats au sein de l’Education nationale. Il risque cependant de rester un épouvantail vide de sens, s’il se limite à des revendications purement corporatistes et refuse d’assumer sa portée politique. C’est la condition, nous semble-t-il nécessaire, pour un soutien solide de la part de l’opinion publique. Pour être efficace, le mouvement des Stylos rouges doit dépasser le cadre de simples revendications salariales (importantes, mais inaudibles pour une large partie de l’opinion) : il doit s’emparer des questions de l’éducation et de l’enseignement trop longtemps laissées au soin des technocrates de la rue de Grenelle. Pour réussir, le mouvement des Stylos rouges doit devenir un mouvement ouvertement politique. 

2. Les revendications

Les remarques qui suivent s’appuient sur le manifeste publié sur la page officielle des Stylos rouges. Les revendications principales s’articulent autour de trois points essentiels : la revalorisation des salaires et des statuts au sein de l’Education nationale, l’amélioration des conditions de travail et la limitation du nombre d’élèves par classe, ainsi que la reconnaissance plus importante du métier et du statut de l’enseignant. Si ces revendications vont dans le bon sens, elles reproduisent en partie les écueils des revendications syndicales habituelles : trop spécifiques, elles peinent à susciter une adhésion plus large, trop générales, elles passent souvent à côté des problèmes réels. 

a) Ne demandons pas la justice, demandons l’égalité !

Si la revalorisation des salaires est une revendication nécessaire, elle n’a pas de sens si elle ne fait pas partie d’une revendication plus large : celle de l’égalité de traitement complète entre, d’une part, les professeurs agrégés, les professeurs certifiés et les professeurs contractuels, et, d’autre part, entre le professeurs du primaire et du secondaire. Afin de donner à cette revendication, formelle, une dimension réelle, il faut exiger que le traitement de l’ensemble des catégories concernées soit aligné sur celui des professeurs agrégés. S’il peut et s’il doit y avoir des différences entre chaque statut (elles peuvent se traduire, par exemple, par la facilité de l’accès à des postes dans l’enseignement supérieur), il ne saurait y avoir une différence de traitement entre deux personnes qui font le même travail. Sans cela, toute revendication salariale est à nos notre un voeu pieux.

b) Nombre d’élèves par classe : soyons réalistes, demandons l’impossible !

Parmi les différentes revendications que l’on peut trouver dans le manifeste publié sur la pages des Stylos rouges, on retrouve celle de la réduction du nombre d’élèves par classe : « 20 élèves par classe dans le premier degré, 24 en collège et en 2nde, 30 en 1re et en Tle ». Cette revendication va de pair avec celle de l’arrêt de la suppression de postes, dans un souci d’une « vraie bienveillance » vis-à-vis des élèves. 

Le terme de « bienveillance » est à nos yeux problématique : n’est-il pas étrange, dans un combat qui remet en cause les politiques du Ministère, de reprendre le jargon employé par ce même Ministère, et ce, bien souvent, à l’encontre des professeurs ? On ne décrète pas la bienveillance, pas plus qu’on ne la revendique. Le terme même de bienveillance est un subterfuge : tout professeur est naturellement bienveillant. Plutôt que d’exiger de la bienveillance vi-à-vis de nos élèves, exigeons une transformation radicale de nos conditions de travail et, du même coup, celle des condition de l’apprentissage !

Quel sens y a-t-il par ailleurs à faire de l’arrêt de la suppression de postes une revendication à part entière ? La limitation du nombre d’élèves par classe ne suppose pas seulement un arrêt de la suppression de postes : elle demande un recrutement massif de personnels et une création tout aussi massive de nouveaux postes et de nouveaux établissements scolaires. Rien n’est plus dangereux que de rester sur la défensive : pour que le combat des Stylos rouges porte ses fruits, il est indispensable de voir les choses en grand. Nous devons exiger une création de postes sans précédent au sein de l’Education nationale, afin de réduire le nombre d’élèves par classe à 10 dans le premier degré, à 15 au collège et en 2nde et à 20 en 1re et en Tle. Il n’en va pas seulement du confort des enseignants : il en va du bon fonctionnement de l’école dans son ensemble. 

c) Ni consultation, ni participation : autogestion !

On ne peut que saluer la remise en cause du devoir de réserve des professeurs par les Stylos rouges. Il est toutefois indispensable. Il est toutefois nécessaire d’inscrire cette revendication dans un contexte plus large. Premièrement, la suppression du droit de réserve est la plus politique des revendications des Stylos rouges. Deuxièmement, à l’image de la revendication du Référendum d’initiative citoyenne par les Gilets jaunes, cette revendication des Stylos rouges traduit, à nos yeux, la soif de prendre part aux décisions du pouvoir. Il s’agit d’un désir de se constituer en sujet politique et c’est en cela que cette revendication porte en elle un puissant potentiel de subversion. 

Depuis longtemps, le fonctionnement de l’Education nationale repose sur un paradoxe : les grandes décisions sont prises par des gens qui sont extérieurs à l’éducation, ou encore par des experts qui ont rarement une expérience réelle du terrain. Le tout vire à l’absurde lorsque l’on essaie d’imposer des choix et une vision souvent déconnectés de l’enseignement aux  professeurs de terrain. 

Il ne s’agit ni d’une dérive, ni d’un abus : c’est le fonctionnement même de l’Education nationale qui rend possible un non sens pareil. Les réformes ne sont-elles pas décidées au mépris de l’avis des enseignants ? Les réformes ne sont-elles pas conçues par des « experts » bien éloignées des préoccupations des professeurs ? Le mot même de « réforme » n’est-il pas devenu synonyme de non-sens et de gaspillage spectaculaire de l’argent public ? Il est, nous semble-t-il, indispensable d’élargir la remise en cause du devoir de réserve et d’en faire une double revendication politique. Nous devons tout d’abord exiger la mise en place d’un moratoire sur les réformes telles qu’elles sont pratiquées aujourd’hui : leur fonctionnement actuel ne vise en aucun cas l’amélioration du fonctionnement de l’Education nationale, mais évoque bien plus souvent une espèce de management par le chaos. Un professeur qui apprend la mise en place d’une nouvelle réforme avant même d’avoir saisi l’intérêt et le fonctionnement de la réforme précédente n’est pas une obscure fantasmagorie kafkaïenne : c’est la réalité quotidienne de bien des personnels au sein de l’Education nationale. 

Il ne s’agit en aucun cas de condamner l’école à l’immobilisme (le plus grand immobilisme n’est-il pas d’ailleurs celui de la réforme permanente ?), mais d’exiger de prendre part aux grandes décisions qui concernent le fonctionnement de l’école. La revendication du moratoire doit aller de pair avec une telle exigence. La question des réformes, de leur intérêt et de leur valeur est, en fin de compte, une question de distribution du pouvoir au sein de l'Education nationale. 

Il est important cependant de garder à l’esprit les dangers et les ambiguïtés d’une telle démarche. On n’y peut rien, la mode est à la participation, à la consultation et aux grands débats nationaux. Il faut refuser en bloc ces trois variantes d’un seul et unique artifice. Nous devons refuser la notion de participation dans la mesure où celle-ci est un privilège octroyé par le pouvoir lorsque celui-ci se sent en sécurité. Nous devons tout autant nous méfier de la notion de consultation : loin de supprimer les rapports hiérarchiques, le dispositif de la consultation les maintient, les conserve et les amplifie, le pouvoir se décidant bien souvent à consulter ses sujets lorsque leur voix n’a aucune importance (un référendum consultatif n’est-il pas un référendum dépouillé de toute portée réelle) ? Nous devons enfin rejeter toute invitation à participer à un quelconque « grand débat national » : il ne s’agit pas de débattre, mais de s’emparer le pouvoir décisionnel.

Autrement dit : aucune réforme sans l’aval et la validation du corps enseignant. Entre des « experts » bien souvent étrangers aux réalités du terrain et des professeurs qui les vivent dans leur quotidien, est-il concevable de déléguer tout le pouvoir aux premiers et de réduire les seconds à de simples exécutants ? Face à la dérive technocratique qui s’est emparée de l’école depuis des années, nous devons multiplier des brèches et des points de fracture ; entre la consultation et la participation, nous devons nécessairement choisir l’autogestion. 

d) Quelques réflexions sur l’école et la République 

Réflexion première : la République bafouée ? 

Depuis quelques années, le mot de République est partout. La République est, semble-t-il, en danger. Il faut, nous dit-on, défendre la République. La République subit, paraît-il les assauts de tous les extrémismes, de tous les fondamentalismes et de tous les obscurantismes. La République est, nous a-t-on expliqué, une cité assiégée. Les barbares sont déjà à nos portes. Il suffit pourtant de voir Manuel Valls s’emparer de la question pour avoir un doute : si Marianne a besoin de tels défenseurs, avons nous encore besoin de cette Marianne-là ?

Les attentats de 2015 ont eu pour conséquence la création d’une charte de la laïcité à destination des collèges et des lycées. On a insisté sur l’importance du vivre ensemble. On a rappelé la nécessité d’enseigner les valeurs de la République à nos élèves. On a souligné que l’une des missions principales de l’école consistait à former de futurs citoyens. Or, si le mot de République est désormais sur toutes les lèvres, il semble  bien que la République ait, quant à elle des contours de plus en plus flous. Républicanisme partout, République nulle part ?

Réflexion seconde : la République à l’école de l’entreprise

Il s’agit en réalité d’un discours doublement hypocrite. Les grands mots de République et de laïcité ne sont que des artifices au service d’un dispositif électoraliste et politicien (M. Valls n’étant pas particulièrement connu pour sa vertu républicaine). Il existe cependant une hypocrisie plus profonde et moins visible : celle d’une connivence et d’une imbrication de plus en plus assumées entre l’Education nationale et le monde de l’entreprise. 

Cette imbrication transparait d’abord dans le langage et les procédés adoptés au fil des années par l’école publique. Avec les notions comme la « gestion de groupe », les « compétences » et autres « pédagogie par projet », le langage et les structures scolaires ont commencé à être parasités par un jargon directement emprunté à l’univers du marketing, à tel point qu’on l’on ne sait plus très bien si c’est le système scolaire qui a inspiré la mode de noter tout et n’importe quoi (qu’il s’agisse d’un chauffeur, d’une femme de ménage ou d’un restaurant), ou si c’est le monde de l’entreprise qui est à l’origine des dernières trouvailles en matière d’évaluation au sein de l’Education nationale. Le citoyen que l’on prétend aujourd’hui former au sein de nos écoles cache bien souvent un consommateur docile et un futur employé servile capable de tous les coups. Nul besoin de cours d’entreprenariat imaginés sous la présidence de François Hollande : voilà longtemps que l’Education nationale eu mention « très bien » à l’école de l’entreprise. 

Réflexion troisième : « Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ? »

La situation actuelle est problématique du point de vue de l’idéologie républicaine elle-même. Si la République est une est indivisible, ce n’est pas seulement du point de vue de son territoire et de ses institutions : la République est (en théorie) garante de l’intérêt général face aux intérêts particuliers. L’entreprise est quand à elle une entité tournée entièrement vers l’acquisition et la maximisation du profit au mépris de l’intérêt général. L’une est publique, l’autre est privée. L’une est tournée vers le bien commun, l’autre est tournée vers la recherche du profit. La République doit-elle dès lors être au service de l’entreprise ou l’entreprise doit-doit-aller être au service de la République ?

L’école authentiquement républicaine devrait apporter une réponse claire à cette question. Est-il bien concevable que nous envoyions des élèves de 3me, des enfants qui ont, dans le meilleur des cas, une idée très vague de ce qu’ils veulent faire de leur vie effectuer un stage non-rémunéré au sein d’une entreprise ? Sur le papier, ce stage doit permettre aux enfants de découvrir le monde du travail et à mieux s’orienter dans leur parcours scolaire. Si l’idée peut paraître noble noble, la réalité est bien moins avouable : en l’absence de connaissances et de réseaux du côté des parents, les enfants se retrouvent bien souvent à mettre de l’ordre dans les rayons d’un supermarché, à ranger des cartons dans un entrepôt, ou encore à effectuer des tâches ingrates dans une boutique de prêt-à-porter, avec, pour unique rémunération, une prise de conscience de la violence du monde du travail. Les esprits subtils ne manqueront pas d’observer : « Tant mieux s’ils apprennent à respecter les adultes ! » ; « C’est bien qu’ils se rendent compte du monde dans lequel on vit ! » Allons ! Au bout d’une semaine de stage, les élèves retrouveront leur salle de cours, plus dociles et moins agités, pour un temps du moins. N’y pensons pas, au risque de ne plus pouvoir nous cacher derrière une énième lecture de Melancholia (ce poème est-il encore lu en salle de classe ?). La conscience tranquillisée, le sédatif ultime d’une éducation sous perfusion.

Réflexion quatrième : comme un mépris de classe 

L’école n’existe pas en dehors des rapports sociaux qui régissent le fonctionnement d’une société donnée : l’imbrication entre l’éducation et le monde de l’entreprise est inévitable sans la volonté politique d’agir pour qu’il en soit autrement. Faut-il dès lors s’étonner que l’école participe non seulement de la reproduction sociale, mais également à la reproduction des rapports de domination qui existent dans le régime de démocratie libérale ? On ne saurait mettre en place une critique efficace de l’école sans mettre en évidence les rapports de classe qui sous-tendent son fonctionnement. S’il existe une hiérarchie tacite entre les « bons » et les « mauvais » lycées (hiérarchie à peine cachée avec les réformes Blanquer et la mise en place de ParcourSup), il existe également une hiérarchie pratiquement assumée entre l’enseignement général et l’enseignement technologique. On voit le premier comme la condition d’accès au prestige et à la réussite, tandis que le second est un signe avant-coureur d’un échec social annoncé. Ce n’est pas uniquement la vision des parents ; c’est également celle — faut-il s’en étonner ? —d’une bonne partie des professeurs et des personnels du Ministère ? La situation où un lycée qui se fait recadrer par le rectorat parce qu’il envoie trop d’élèves en série technologique est relativement fréquente, même si les détails sortent rarement du bureau du proviseur. N’est-il pas temps de regarder les choses en face ? Si les élèves des séries générales sont bien souvent des chiffres, ceux des séries technologiques ne sont-ils pas de la chair à canon dans cette immense machine à broyer qu’est devenue l’Education nationale ?

Nous avons besoin de mettre en place une critique de tout un système de savoirs tel qu’il existe aujourd’hui dans l’école publique : nous avons besoin de repenser jusqu’à la distinction  même entre enseignement général et technologique. Si la République est une et indivisible, son école pourrait-elle se permettre d’être un dispositif à deux vitesses ? 

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Les remarques proposées dans ce court texte n’évoquent pas tous les problèmes  et n’apportent pas les réponses à toutes les questions ; l’auteur de ces lignes est pourtant convaincu qu’il est nécessaire de mettre en place  une profonde remise en question de l’école et de son fonctionnement actuel. Il est par ailleurs convaincu que le mouvement des Stylos rouges doit voir les choses en grand, tout en assumant sa dimension essentiellement et inévitablement politique. La réussite des Stylos rouges se trouvera au croisement de ces deux intuitions : à défaut de se concevoir comme un mouvement de contestation politique — c’est-à-dire tourné vers une critique générale de l’enseignement par-delà la question des salaires — il risque de finir de la même manière que les syndicats, ces mêmes syndicats dont l’échec constitue à nos yeux l’une des racines de la crise politique que nous sommes en train de vivre et dont nul ne peut aujourd’hui prédire les conséquences. 

 

Alexey Pavlovich, professeur agrégé de russe

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