Mobilité partagée : la révolution des transports urbains

En quelques mois, Uber a profondément bouleversé les transports urbains. Munie d'une imposante manne financière, la start-up la plus chère du monde s'est attaquée à la filière des taxis en proposant des véhicules particuliers avec chauffeurs moins chers et plus adaptés aux demandes des usagers. Aujourd'hui incontournable, Uber a fait des émules et c'est tout le secteur des transports qui se trouve en pleine mutation. Les consommateurs ne s'en plaindront certainement pas.

En moins de temps qu'il n'en faut pour aller de Nation à Etoile, Uber est devenu un géant du transport urbain de passagers. Le concept est simple : concurrencer le service officiel de taxi, une profession réglementée, en proposant des véhicules avec chauffeurs à des prix compétitifs et avec un service amélioré. Dans une ville comme Paris, où il est souvent difficile de trouver un taxi quand on en a besoin et où la qualité de la course laisse souvent à désirer, Uber et ses déclinaisons UberPool et UberPop sont déjà incontournables. Faisant fi des réclamations souvent véhémentes des taxis officiels, voire de certaines hésitations de la justice, Uber continue sa progression, lève des milliards de dollars de fonds et élabore un plan d'expansion colossal qui a le don de plaire aux investisseurs. Suffisant pour battre le record de levée de fond pour une entreprise non cotée en bourse. Ce dernier appartenait à… Facebook.

Drivy : Airbnb de la location de voiture

Et derrière cet arbre de plus en plus grand, se cache une forêt d'autres start-ups prêtes à se lancer dans ce secteur de la mobilité partagée. Parmi ces nouvelles entreprises, figurent par exemple Ouicar, Zipcar, Djump ou encore Drivy, qui est en train de révolutionner la location de voitures. Comme dans le cas d'Uber, le principe est extrêmement simple : les particuliers louent leurs véhicules personnels. Une sorte de Airbnb du transport. Ici également, le succès est croissant.

L'entreprise, française, vient de racheter l'un de ses principaux rivaux, Buzzcar et vient de lever 8 millions d'euros. On reste certes loin des milliards de Uber, mais l'engouement est réel et le marché pour le moment strictement national. Drivy s'apprête en effet à conquérir l'Espagne ainsi qu'un troisième pays non divulgué au cours des prochains mois. L'ambition du fondateur, Paulin Demanthon, est immense. D'ici 5 ans, le but est de multiplier par 5 le nombre de voitures partagées et d'atteindre un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros. Drivy, un sujet à développer plus en profondeur donc.

Développer le covoiturage professionnel

La prochaine étape de cette révolution des transports ? Le secteur professionnel. Si les transports publics urbains sont également en train de faire leur aggiornamento avec l'extension des lignes et la généralisation des bus, tramway et métros verts, ils ne sont pas en mesure de couvrir tous les territoires. A Paris, les grandes entreprises quittent de plus en plus le centre de la capitale, faute d'espace et/ou en raison des prix prohibitifs. Pour aller travailler, les salariés sont donc contraints d'utiliser leurs voitures personnelles. Pour rationaliser les déplacements et l'usage des véhicules, le covoiturage a donc de beaux jours devant lui. D'autant que pour les pouvoirs publics, il s'agit d'un moyen de limiter la pollution, sujet de plus en plus sensible au niveau local.

Wayz-Up, nouveau venu dans le secteur, se destine à ce type de service. Pour assurer son développement, la start-up pourra compter sur un soutien de poids avec le groupe Carrefour qui compte sur ce moyen de transport pour ses 4 000 salariés de son site de Massy. L'objectif de Wayz-Up ne sera pas de concurrencer Blablacar, entreprise déjà solidement implantée, pionnière de la mobilité partagée et assez intouchable concernant les trajets longues distances. Mais plutôt de compléter une offre pour le moment mal calibrée pour les courts trajets domicile-travail. Et pour cette start-up aussi le succès est naissant et expansionnel : depuis 2013, le chiffre d'affaires double tous les semestres.

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