Un système politique en phase terminale

Le système politique et donc économique, est en phase terminale. Ici, ce n'est pas de malades dont il s'agit (quoique...), mais bien des élites qui nous gouvernent. Les politiques comme les malades "s'éloignent progressivement du monde des vivants" (du peuple) et leur vie prend une autre valeur (soif de pouvoir). 

Les symptomes sont les suivants :

- le vote pour le Brexit au Royaume-Uni

- la place annoncée au deuxième tour de la présidentielle pour le Front national en France

- la montée des partis populistes extrêmes en Europe

- Donald Trump choisi par des millions d'Américains comme candidat à la direction de la première puissance mondiale

Tous ces symptomes manifestent le rejet des élites par le peuple. Rappel : Boris Johnson sort d'Oxford, Trump est miliardaire, etc. Comme représentants du peuple, on fait mieux !

Mais le problème est ailleurs :

La cause de ces évolutions politique néfastes se trouve dans un rejet du peuple par les élites politiques et économiques :

Dans son " Discours sur l'économie politique " publié en 1755 dans L'Encyclopédie, J-J Rousseau écrivait : " Le plus grand mal est déjà fait quand on a des pauvres à défendre et des riches à contenir ".  Thomas Piketty demontre cette réalité : les riches s'enrichissent vite et les pauvres voient peu de possibilité d'améliorer leur condition. Les responsables de cette situation sont ceux qui comme les partis conservateurs font tout pour accentuer la tendance des riches à s'enrichir. Les candidats aux primaires de la droite française promettent moins d'impots pour les riches et moins de redistribution par l'Etat-providence. Les partis sociaux-démocrates, eux, ont baissé les bras : c'est la gauche ringarde qui aidait les pauvres. Quant aux patrons du CAC 40, ils vivent dans un autre monde, avec un salaire annuel correspondant à soixante-dix ans de la vie active d'un cadre moyen.

Nos sociétés finissent par en subir les coûts. La bêtise de ceux qui nous gouvernent semble être contagieuse. En effet, le peuple réagit par le rejet de tout ce qui est étranger -l'immigré, l'Europe- donc un repli sur soi. Pour l'instant la révolte reste pacifique car essentiellement électorale. Le danger imminent devrait être évité par nos élites mais, comme l'écrivait John Stuart Mill en 1848 dans ses Principes d'économie politique, "toutes les classes privilégiées et puissantes ont utilisé leur pouvoir au profit de leur égoïsme".

Allons-nous continuer à regarder, les bras croisés, la situation se dégrader ?

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