Michel Piccoli, l'inclassable Dom Juan de Bluwal, ne voulait pas mourir

Comédien de génie, d'un charme et d'une présence ineffables, Michel Piccoli incarnait à lui seul le cinéma français. Acteur sublimissime, il aura personnifié avec panache, mordant et sensibilité des personnages-clé inoubliables. Il n'avait cessé d'être un citoyen engagé posant un regard aiguisé sur le monde. Un être lumineux, exceptionnel, dont on eut rêvé qu'il fut éternel.

"La chanson d'Hélène" Les Choses de la vie. © you tube

Les Choses de la Vie. Claude Sautet.1970

Don Juan ou le festin de pierre (source Ina) © Viméo INA

 

Dom Juan extrait Blu Ray INA You tube © INA

Dom Juan de Marcel Bluwal, 1965.

 

Les métamorphoses de Michel Piccoli © you tube

Version audio originale de l'hommage musical réalisé par Cinéma Song en septembre 1973.

site : https://www.francemusique.fr/emissions/cinema-song/les-metamorphoses-de-michel-piccoli-27962

 

Les Choses de la vie. Michel Piccoli Romy Schneider © you tube

 

Lors de la rétrospective de la Cinémathèque dédiée à Michel Piccoli à l'automne 1973, Serge Toubiana, journaliste et critique de cinéma, présida cet événement tant mérité. Et publié une critique remarquable qui embrasse avec brio, le parcours cinématographique, le jeu d'acteur, et la personnalité uniques du comédien. Extrait. 

 

Admirable Michel Piccoli

« Extravagant ! C’est extravagant, non ? » L’expression revient souvent dans sa bouche, exprimant un sentiment permanent de curiosité, d’interrogation sur le monde et les choses. S’il y a un homme qui n’est jamais blasé, c’est bien Michel Piccoli. Pourtant ses états de service l’autoriseraient à se mettre à distance, à prendre du recul en se contentant de vivre de sa rente symbolique. Il n’en est rien, car cela n’est pas son genre. Michel Piccoli garde en lui une capacité d’étonnement presque enfantine qui force l’admiration. Comment fait-il ? Mystère. Cet état d’enfance lui a permis de traverser quelques décennies de cinéma, pas moins de six, et d’en parcourir tout le spectre : de Sautet à Godard, de Boisset et Rouffio à Granier-Deferre, sans oublier ces deux ogres que furent Luis Buñuel et Marco Ferreri, auxquels il fut fidèle. Et puis : Demy, Costa-Gavras, Louis Malle, Jacques Doillon, Rivette, Hitchcock, Pascal Bonitzer, Youssef Chahine, Leos Carax, Ruiz, Manoel de Oliveira et plus récemment Nanni Moretti et son Habemus Papam. La liste est trop longue.

Le plaisir enfantin du jeu

Cette forme d’incrédulité ou de candeur, ce questionnement enfantin est à la base de sa méthode, qui n’en est évidemment pas une. Plus précisément de son approche du métier d’acteur : disponibilité à toute épreuve, goût pour l’extravagance justement, humilité vraie qui lui permet de suivre presque aveuglément toute sorte d’aventure artistique. Piccoli, comme son comparse Mastroianni, incarne idéalement cet « état d’acteur » : aimer jouer, aimer être un autre, aimer se glisser dans d’autres mondes par des portes dérobées.".....

-Intégralité de cet écrit magistral sur le site de la Cinémathèque : https://www.cinematheque.fr/cycle/michel-piccoli-60.html

 

 

 "MICHEL PICCOLI PAR MICHEL PICCOLI, LECON DE CINEMA"

   Ou la séduction dans le secret

  Entretien filmé avec Serge Toubiana (sept.1973)

 Site de la Cinémathèque :  https://www.cinematheque.fr/video/238.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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