William Bourdon : premier avocat de France

Mais où s'arrêtera Maître William Bourdon ? Après avoir fait trembler de nombreux dictateurs africains et pris la défense des lanceurs d'alerte, il a été classé cette année comme l'avocat le plus influent de France par la magazine GQ.

Parcours universitaire

William Bourdon est diplômé de Sciences Po Paris et de l’Université Panthéon-Sorbonne Paris. Il est inscrit au Barreau de Paris depuis 1980.

Dès ses débuts, il se distingue au prestigieux concours de la Conférence du stage de l’Ordre des avocats du barreau de Paris, accédant ainsi à la place de Dixième Secrétaire.


Activité contentieuse

Initialement plutôt du côté de la défense, sa pratique du droit fait aujourd’hui de lui un fervent défenseur des libertés publiques.

Le premier tournant de sa carrière se fait en 1980 devant la Cour pénale internationale et le Tribunal pénal international où il défend des familles franco-chiliennes victimes des exactions du Général Augusto Pinochet.

En 1988, il ose porter dans l'opinion la cause des prostituées, ce sujet à l'époque peu mobilisateur,dans « l’affaire Jobic », dossier inculpant notamment un commissaire de police pour corruption et proxénétisme.

Son engagement prend une tournure internationale en 2000, lorsqu’il dépose plainte au nom de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme contre l’ex-président tchadien Hissène Habré, accusé de crimes contre l’humanité, et condamné en 2017 à la perpétuité.

Ces dix dernières années, William Bourdon se fait notamment le défenseur des lanceurs d’alerte ; il assure par exemple la défense de Hervé Falciani, l'ancien informaticien de HSBC ayant dénoncé les pratiques frauduleuses de son ancien employeur.

Son cabinet défend actuellement l’ancien président de l’UEFA : Michel Platini, devant la Cour européenne des droits de l’homme, dénonçant ainsi les sanctions prononcées à son encontre par la FIFA qui le suspend jusqu’en octobre 2019, d'exercer une quelconque activité liée au football.


Engagements personnels

Malgré une activité contentieuse foisonnante, William Bourdon a su conjuguer tout au long de sa carrière des engagements associatifs.  

De 1995 à 2000, il est Secrétaire général de la Fédération internationale des Droits de l’Homme.  

En 2001, il devient membre fondateur de l’Association Sherpa, qu’il présidera jusqu’en 2017, et qui a pour vocation de défendre les victimes de crimes économiques et lutter contre ces nouvelles formes d’injustices liées au financier hypra-connecté.

Depuis 2018, il intervient en tant qu’expert auprès de l'Association The signals Network, fondé par un entrepreneur bordelais, qui supplée à l’absence de dispositif législateur encore suffisamment protecteur des lanceurs d’alerte.

Figurant à la première position du fameux classement des avocats les plus puissants de France en 2018, il relaie notamment ses engagements par la publication de livres. A savoir, en 2014, Petit Manuel de désobéissance citoyenne, publié chez JC Lattès, prodiguant quelques conseils aux lanceurs d’alerte. Et en 2017, Les dérives de l'état d'urgence, osant ainsi dénoncer les abus de l’Etat portant atteinte à nos libertés fondamentales.

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