Vers une meilleure efficacité énergétique dans l’électroménager : il était temps !

Les étiquettes énergie actuelles vont peu à peu disparaître pour un nouvel étiquetage uniforme et européen, plus pratique et plus simple de compréhension. Une des solutions pour les ménages, pour une meilleure efficacité énergétique de leur petit et gros électroménager et faire des économies.

C’est en 1995 que les premières étiquettes énergie voient le jour, trois ans après le vote de leur application. Cela concerne tout d’abord les réfrigérateurs et peu à peu, petits et gros électroménagers en seront dotés, même les ampoules électriques en 1998. Les derniers à en bénéficier furent les congélateurs, en 2003. Des étiquettes représentées en code couleur associé à une lettre, de A à G, du plus économe (A et couleur verte) au plus énergivore (G et couleur rouge). Mais avec l’amélioration de l’efficacité énergétique de la plupart des produits, la classe A fut vite dépassée. Tant et si bien que le Conseil européen a établi une nouvelle norme que les fabricants ont dû appliquer. Il s’agit des classes A+ et A++. En 2010, la classe A+++ est ajoutée pour certains produits, entraînant la disparition des classes E, F et G et une extension du nombre de produits (désormais, l’étiquette est apposée sur les fenêtres ou les hottes de cuisine). Une échelle qui a fini par trop se complexifier, agissant au cas par cas (téléviseurs et réfrigérateurs n’ont pas les mêmes classes, par exemple) et à perdre le consommateur.

Des étiquettes énergie devenues illisibles

Car en ces temps où l’on demande à chaque citoyen de faire le plus d’efforts possibles en matière d’énergie, pour assurer une transition énergétique globale et pérenne, ces étiquettes sont devenues totalement obsolètes. La révision des classes de 2010 avec un nombre de + accolé à la classe A, a fini par complexifier un code couleur et un barème de lettres pourtant simple au départ. Pour en avoir le cœur net, l’association UFC-Que Choisir a commandé une étude sur le sujet en 2016. Elle a ainsi testé plus de 9 500 références pour constater l’évolution de leur classification énergétique entre 2007 et 2015. Premiers résultats, la classe A s’efface au profit des A+ et A++. L’exemple le plus frappant mis en avant par l’association, concerne le lave-linge dont la performance en classe A était prépondérante en 2009, alors qu’elle a disparu au profit du A+++ et A++ en 2015, avec une interdiction de mettre sur le marché des lave-linge et lave-vaisselle avec la classe A à partir du 1er décembre 2013. L’idée étant d’aiguiller le consommateur à acheter un produit moins énergivore, de plus grande qualité, mais plus onéreux. Il pourra ainsi faire des économies d’énergie sur le long terme, augmenter son pouvoir d’achat et se prémunir de pannes éventuelles.

Depuis la création des étiquettes énergie, la manière de consommer l’électricité a totalement évolué, passant du simple au double, parfois même atteignant 70%, avec près de 99 équipements électriques et électroniques en moyenne par foyer. Un phénomène dû à l’explosion des smartphones et autres tablettes. Autre donnée qui a pu évoluer, les obligations des fabricants, vendeurs et distributeurs d’apposer ces étiquettes énergie en version papier ou numérique et qu’elles soient en conformité avec les produits vendus. Est-ce à cause de la complexité de la classification ou un autre facteur, toujours est-il que l’on estime à près de 25% la non-conformité de ces étiquettes ou leur absence, purement et simplement. C’est pourquoi une révision de ce système est devenu indispensable, d’autant que les consommateurs ont intégré la notion d’économie d’énergie et vont désormais davantage volontiers sur des produits de basse consommation, à valeur d’usage plus longue.

Prérogatives et initiatives

Sur les conseils des associations de consommateurs européennes, les députés européens ont décidé en juin 2017, d’adopter un nouveau système d’étiquettes énergétiques, plus simplifié et revenant notamment sur le classement initial allant de A à G, qui demeure encore dans tous les esprits. Mais il faudra s’armer de patience, car cette nouvelle (ancienne ?) nomenclature ne prendra effet qu’à partir de 2019 pour les téléviseurs, lave-linge, réfrigérateurs, lampes ou lave-vaisselle et entre 2021 et 2025 pour les climatiseurs, aspirateurs, sèche-linge ou fours.
Une base de données numérique sur les nouveaux produits moins énergivores va être commandée et de nouvelles mesures de surveillance de leur conformité vont être appliquées. Pour autant, UFC-Que Choisir préconise également aux fabricants d’ajouter des informations sur le coût d’usage du produit et de rendre obligatoire l’affichage de leur durée de vie, ce qui éclairera davantage les consommateurs sur leur choix.
Autre initiative, celle d’EDF cette fois, qui vient de créer Electristore une plateforme virtuelle (www.electristore-edf.fr) qui permet aux internautes de comparer différents modèles électriques en vente chez des distributeurs partenaires, en fonction de leur performance énergétique. Y sont intégrés les critères de coût, de dimensions ou encore de caractéristiques techniques et la plateforme calcule l’indice d’efficacité énergétique. Elle établit ensuite un classement, sur une échelle de 50 à 100. En 2018, elle pourra même comparer les voitures électriques. Et nul besoin d’étiquettes pour ce faire…

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