Une arnaque des anti-Linky démasquée par UFC Que Choisir

L’UFC Que Choisir met actuellement en garde les habitants du Tarn contre une association qui propose de créer un collectif anti-Linky payant. Une initiative que l’association de défense des consommateurs dénonce comme étant illégale.

Depuis que l’installation des boitiers Linky a démarré l’année dernière, les compteurs intelligents distribués par Enedis (ex-ERDF) ne cessent de faire parler d’eux et de susciter l’interrogation chez les Français, soucieux d’en savoir davantage sur ce nouvel outil présenté comme une avancée technologique importante par ses instigateurs. Cela fait des mois que les médias décortiquent l’appareil, son fonctionnement, ses avantages en termes de maitrise de la consommation d’énergie et d’économies réalisées sur la facture d’électricité.

Ce discours à la fois technique et pédagogique, relaie du projet du gouvernement en matière de transition énergétique, se retrouve régulièrement contré par un mouvement anti-Linky très actif dans le pays. Des dizaines d’associations ont ainsi vu le jour en France pour empêcher l’arrivée des compteurs communicants dans nos foyers. Aujourd’hui, l’une d’entre elles est épinglée par l’UFC Que Choisir du Tarn pour réclamer de l’argent à ses adhérents.

« Ne signez rien, ne payez rien ! »

Situé à Albi, le collectif de la Mouline du Go a en effet mis en place un système d’adhésion payante vivement critiqué par l’association de défense des consommateurs qui y voit là une pratique abusive en plus d’être illégale.

Francis Escande, président de l’UFC Que Choisir souhaite attirer l’attention sur les pratiques du collectif : « Ce qu'il propose est illégal ! Le collectif incite les Tarnais à refuser Linky et à adhérer à quelque chose qui va contre la loi. De plus, pour bénéficier de l'aide du collectif, il faut s'inscrire et payer 16 €. Ils veulent faire de l'argent illégalement sur quelque chose de légal. Ne signez rien, ne payez rien ! ».

L’antenne tarnaise d’UFC Que Choisir indique avoir déjà reçu des dizaines d’appels de personnes alertant quant au fonctionnement de l’association et confirme avoir transmis le dossier à la gendarmerie. Le pôle cybercriminalité a ouvert une enquête et UFC Que Choisir envisage désormais la possibilité de porter plainte.

Avec ce collectif tarnais, le mouvement anti-Linky vient de franchir une étape inédite en monnayant son combat tout en continuant de rassembler autour d’idées qui vont à l’encontre de la loi.

Refuser Linky, c’est interdit

Comme le rappelait un article paru sur le site d’UFC Que Choisir en mars dernier, le déploiement de Linky est « une obligation légale bien cadrée » qui est inscrit dans les conditions générales d’EDF et d’Enedis. Il est donc impossible de refuser Linky et ceux qui essaient se retrouvent désormais confrontés à la justice. Le tribunal administratif de Bordeaux a récemment suspendu la délibération prise par le conseil municipal de Montferrand-du-Périgord pour interdire l’installation de Linky et a condamné la commune à verser 1200 euros à Enedis.

C’est la deuxième fois en France que refuser de Linky est sanctionné par la justice après la condamnation du village de Montpeyroux (Dordogne). Aujourd’hui, 268 communes sont opposées au compteur intelligent dans l’Hexagone, des municipalités qui justifient leur position par les risques sanitaires que pourraient représenter Linky sur notre santé.

Les associations engagées contre Linky ont fait des dangers potentiels des ondes électromagnétiques dégagées par le boitier, l’argument majeur pour légitimer leur combat, faisant fit au passage de l’ensemble des études indépendantes réalisées sur le sujet et qui démontrent scientifiquement le caractère inoffensif de l’appareil.

Un faux incendie dans le Tarn

La Dépêche du Midi du Tarn a ainsi publié un article qui indique que deux compteurs Linky ont brûlé, l’un à Florentin et l’autre à Marssac. Pour le journal, « un branchement défectueux aurait produit une surchauffe » et le système d’alerte n’aurait pas fonctionné.

Une information contestée depuis par le directeur de la communication d’Enedis, Robin Devogelaere qui précise qu’aucun compteur n’a brûlé dans le département et que Linky n’est en rien responsable de cet incident.

 « Le rapport d'exploitation montre que cet incident d'origine électrique est sans rapport avec le compteur Linky, comme l'ont affirmé les pompiers et nos experts. D'ailleurs, le compteur n'a pas été changé. L'incendie a pris en dessous du coffret. Il a été causé par l'échauffement d'une grille de repiquage, sous le coffret de raccordement contenant le compteur Linky.

L'incendie est donc bien dû à un défaut électrique qui a provoqué de la chaleur et le dégagement de carbone sur le compteur, mais le feu n'est pas parti du compteur. Et il n'est pas non plus dû à la pause comme l'ont confirmé les experts. » explique-t-il dans le démenti publié par La Dépêche du Midi.

Déjà 900 000 boitiers ont été installés dans les foyers français depuis le lancement du projet. D’ici à 2021, l’ensemble de nos compteurs traditionnels sera remplacé, soit 35 millions d’unités posées, pour, entre autres, garantir aux Français un meilleur contrôle de leur consommation d’électricité.

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