Le secteur des énergies renouvelables, cible d’arnaques pour les consommateurs

Avec la conférence sur le climat (COP 21) qui s’est déroulée début décembre à Paris, les énergies renouvelables sont au cœur des discussions pour la sauvegarde de la planète. Mais comme toute promotion d’un nouveau secteur d’activité, des abus voient le jour, avec comme premières victimes, les consommateurs.

Il est aujourd’hui primordial d’accélérer le développement des énergies renouvelables pour sauver la planète. Si cette hypothèse a été débattue à Paris par les grands de ce monde lors de la COP 21, elle a déjà fait l’objet d’importants débats en France avec le vote, le 17 aout dernier, de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

Autant d’initiatives destinées à favoriser le recours aux énergies renouvelables, éolien, solaire, hydraulique, biomasse et géothermique. Avec un objectif annoncé à 40 % d’énergies renouvelables dans la production d’électricité à l’horizon 2030, la France veut se donner les moyens de réussir. Sauf que les abus commencent à apparaître et, comme bien souvent, ce sont les consommateurs qui trinquent en premier.

Des pratiques frauduleuses de vente

La Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a récemment sonné le signal d’alarme. Dans un rapport, publié en novembre dernier, l’administration dépendante du ministère de l’Économie s’inquiète des conditions de vente aux particuliers de dispositifs de production d’énergies renouvelables.

D’après les services de Bercy, les entreprises ne s’arrêtent devant rien pour escroquer les particuliers avec des pratiques commerciales particulièrement douteuses. La tromperie sur les coûts et les gains attendus des installations est particulièrement développée. Cette « pratique » se retrouve surtout dans la vente de panneaux photovoltaïques où les entourloupes sont déjà bien rodées.

La méthode est simple : promettre par un démarchage agressif au téléphone, une solution alliant économie d’énergie et revenus substantiels grâce à l’installation de panneaux solaires dont l’électricité serait revendue à EDF. Sauf qu’en réalité, il s’agit d’une arnaque grandeur nature dont les victimes se comptent aujourd’hui par centaines, obligées de rembourser le matériel défectueux, dont le montant monte parfois jusqu’à 30 000 euros.

Les violations de la législation ne s’arrêtent malheureusement pas là. Le démarchage à domicile, normalement strictement encadré, est un festival de pratiques frauduleuses allant de l’absence d’information pré-contractuelle à la non remise d’un contrat en passant par le non-respect du délai de rétractation de 14 jours. Face à toutes ces tentatives d’arnaques, les consommateurs ne peuvent même pas se reporter sur des labels et autres garanties. Il s’avère en effet que deux tiers des entreprises épinglées par l’enquête de la DGCCRF bénéficiaient de la mention Reconnu garant de l’environnement (RGE).

En attendant un tour de vis de la part des pouvoirs publics, il faut donc que les consommateurs redoublent de vigilance pour éviter de se faire arnaquer et puissent continuer à prendre part, eux aussi, à la défense de la planète.

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