Vinci, Engie… les consommateurs ne sont bons qu’à payer

Avant de faire machine arrière, Vinci comptait faire payer les automobilistes ayant bénéficié des opérations « péage gratuit » organisées par les Gilets Jaunes. Preuve que pour l’entreprise, les Français ne sont bon qu’à payer. D’autres sociétés comme Engie, ENI ou encore Direct Energie semblent également avoir une piètre opinion des consommateurs.

Vinci n’a pas froid aux yeux

Faire payer les conducteurs ayant profité – parfois bien malgré eux - de l’opération « péage gratuit » organisée par les Gilets Jaunes, voici la dernière lubie de Vinci. La société — qui a fait machine arrière depuis — déclarait le 18 décembre dernier, au micro de LCI, vouloir « demander par courrier aux conducteurs n’ayant pas payé le péage lors de ces opérations de régulariser leur situation ».

Si Vinci est revenu sur son idée, ce n’est pas par solidarité avec ceux qui peinent à arrondir leurs fins de mois, mais à cause du véritable tollé que cette annonce a suscité sur les réseaux sociaux. Même au sein du gouvernement : « je trouve ça très incongru, pour le dire avec politesse. Ce n’est pas une bonne manière de procéder dans la période », a ainsi déclaré Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement.

Une initiative d’autant plus ahurissante que Vinci comptait s’appuyer « sur les images de vidéosurveillance enregistrées au cours des actions des Gilets jaunes ». La société aurait identifié les conducteurs « resquilleurs » via un « dispositif technique » qu’elle n’a pas voulu expliquer. Un flicage en règle.

Et la société de s’apitoyer sur son sort en déclarant que ces opérations « péage gratuit » lui auraient coûté « plusieurs dizaines de millions d’euros ». À l’en croire, la société autoroutière n’avait pas pour objectif de « pénaliser les clients » : grand prince, celle-ci ne comptait « pas demander la majoration de 20 euros exigible en cas de non-paiement ». Trop aimable.

Engie, ENI, Direct Energie… ces sociétés qui ont peu d’estime pour les consommateurs

Avec cet épisode, Vinci rejoint les rangs des sociétés avides de profits qui n’ont qu’une idée en tête : ponctionner le portefeuille des consommateurs. Récemment, c’est Engie qui s’est illustré dans le domaine.

En concurrence féroce avec EDF, Engie ne recule devant rien pour voler des clients à son rival. Certains clament que l’ouverture des marchés à la concurrence profite aux consommateurs, mais dans le cas présent, il n’en est rien, bien au contraire.

Démarchages à domicile abusifs, commerciaux d’Engie se faisant passer pour EDF, mensonge au sujet d’un rachat d’EDF par Engie, économies illusoires… La société dirigée par Isabelle Kocher a plus d’une corde à son arc quand il s’agit d’abuser de la crédulité des consommateurs. « Ils ont dit à ma femme qu’EDF est devenue Engie et qu’il faut refaire un contrat », déclare ainsi un consommateur floué. « Un représentant d’Engie m’a expliqué qu’EDF ne s’occupait plus des particuliers et qu’il y avait un transfert obligatoire d’EDF vers Engie », témoigne un autre.

Dans un rapport paru le 29 mai 2018, Jean Gaubert, le médiateur national de l’énergie, pointait une « recrudescence des mauvaises pratiques commerciales » avec une hausse de 19% des litiges constatés entre 2016 et 2017. D’après ce dernier, l’ouverture du marché à la concurrence aurait entraîné une multiplication des pratiques « trompeuses » et « déloyales ». Le médiateur épinglait alors les sociétés Engie, Direct Énergie, ENI ou encore Total Spring.

En mars 2017 déjà, Engie écopait d’une amende de 100 millions d’euros pour avoir « utilisé son fichier de clients aux tarifs réglementés de vente de gaz naturel, hérité de son ancien monopole, pour promouvoir ses offres de marché en électricité et gaz naturel ». Rebelote en décembre de la même année avec une amende de 150 000 euros infligée par le tribunal de Nanterre pour « concurrence déloyale ». Deux amendes qui n’ont semble-t-il pas poussé Engie à changer de pratiques.

Les témoignages de consommateurs criant à l’arnaque continuent en effet d’affluer sur la Toile, notamment sur Twitter : « j’ai eu un soi-disant représentant de commerce d’Engie qui voulait rentrer chez moi pour voir mes factures EDF », twittait ainsi un internaute en octobre dernier. « Je suis ivre de rage !!! Qu’est-ce que c’est que ces méthodes @ENGIEpartFR ??!!? Vous venez chez moi pour me faire signer une modification de contrat en me laissant entendre que vous êtes @EDFofficiel ?!? Qu’est-ce que cette escroquerie ? Une vieille dame se ferait facilement avoir », s’offusquait le journaliste Christophe Beaugrand. Une énième preuve que pour Engie, comme pour Vinci, les consommateurs ne sont que des portefeuilles qu’il faut vider, et ce peu importe la manière.

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