Et si MEDIAPART nous prenait pour des lapins de 6 semaines ?

MEDIAPART, média d'investigation et/ou société commerciale à gros profits ? Sa volonté de "rendre son indépendance irréversible", est-ce sa seule stratégie ?

Voici ma réaction à l'article du 02 juillet 2019 : MEDIAPART rend son indépendance irréversible

D'abord, je remercie MEDIAPART pour cette participation possible.

En 2008, MEDIAPART a été fondée en tant que SAS, la championne des statuts pour sociétés commerciales, qui comme tout le monde sait, relève d'un système opaque.

Des journalistes expérimentés en ont eu l'idée géniale en 2007, sous la présidence de N SARKOZY. Le business plan devait reposer sur la cible imparable : l'humain en politique et particulièrement la droite qui pullule de dossiers. Pour quels clients ? l'humain comme citoyen. Parmi eux, des désireux d'une presse efficace, d'une meilleure démocratie, d'un droit d'action et d'expression, des ingrats du système aussi...Ainsi, l'objectif était fiable.

Pour cela les cofondateurs ont investi. E PLENEL, en hypothéquant le bien de son épouse, a parié comme tout entrepreneur. Ces opportunistes qui avaient le filon et le savoir faire, ont surfé sur la vague du numérique, tout en évitant les lourds investissements liés à la diffusion. Ils maîtrisaient parfaitement les outils de gestion ainsi que la communication et certainement des subventions.

A ce jour, ils ne peuvent être que fiers de leur réussite.

Jusqu'à présent, je ne regardais pas les comptes qu'ils publiaient. En juillet 2018 j'ai accepté, sans sourciller, l'augmentation de l'abonnement de 9€ à 11€. L'objectif étant de soutenir la liberté de la presse même si je ne lis pas tout. 

Mais voilà, sur twitter, un article paru dans le monde m'a contrarié. J'ai alors demandé des explications @mediapart qui m'a répondu avec le lien de l'article du 2 juillet. Sur leur site, je me suis donc mise à regarder de plus près leurs données comptables .

Le constat est le suivant : MEDIAPART qui pousse tout le monde à fournir des justificatifs au nom de la transparence, est loin de s'appliquer cette règle. Car il n'y a aucune information comptable, que des tableaux de gestion sans sources.

2018, lui, ne comporte que des diagrammes. Pourtant c'est cette exigence de preuves qui a conduit F de RUGY à démissionner. Certes ils n'en ont pas l'obligation mais alors comment fait-on confiance Monsieur PLENEL, ? Vous en parlez plusieurs fois dans la vidéo de cette confiance.

Voici donc les éléments que j'ai récoltés :

Article du 13/03/2019 :

 Comptes 2018 : aucun tableau, que des diagrammes.

Article du 06/03/2018 :

Comptes 2017 (bilan 2013 -2017)

 Article du 12/03/2015  :

Comptes provisoires de 2014 (bilan 2010 - 2014)

Ainsi, j'ai décelé une coquille sur 2013 en comparaison le tableau 2014 avec 2017. 

  • Actif circulant = écart de 16420 €
  • Dettes à court terme = écart de 16420 €

Pour les impôts, on ne les découvre que dans les comptes provisoires de 2014 (+59610€). Rien sur les lignes de 2010 à 2013. Vous avez eu un contrôle fiscale en décembre 2013 par rapport à la TVA. Un lien ?

Sur les tableaux de 2017, finalement ce ne sont pas +59610€ d'impôts payés mais -134420€ pour 2014. S'ils le souhaitent, les abonnés verront par eux-mêmes que le solde était négatif de 2012 à 2015, article du 09/03/2017.

Ensuite,l'impôt croît positivement depuis 2016, passant de +181095€ à +253117€ en 2017. La participation des salariés s'affiche aussi à +84930€ depuis 2017.

Selon le bilan récupéré sur Infogreffe, 2018 montre des provisions pour risques identiques à 2017 (en partie des procès) mais des dettes à court terme qui ont augmenté (impôts et charges sociales quasiment pour moitié).

Je n'ai rien trouvé non plus sur leurs réserves disponibles de 4.4 millions d'€ comme ils en parlent dans leur vidéo (26 minutes). Où sont-elles ?

- Que ressort-il de tout cela ?

Selon moi et d'autres internautes, cette stratégie, basée sur la LBO, n'est qu'une opération financière préméditée pour s'enrichir. Certes l'implication des personnes ne sera jamais rémunérée et je comprends parfaitement une plus-value. Mais combien ?

Je crains aussi que l'endettement envisagé plombe ce média et ses salariés. En effet, la valorisation aux alentours de 16 millions n'est basée que sur la valeur du fonds de commerce évalué par un expert payé par leurs soins. Un pari aussi sur les abonnements, non ?

Alors, pourquoi MEDIAPART ne met pas en avant la réussite de leur média en expliquant leur stratégie d'origine et celle à venir ?

Pourquoi MEDIAPART n'est pas transparent ou clair avec ses abonnés sur ses données comptables (comptes courants et leurs éventuelles rémunérations...) ?

Pourquoi ne donne-il pas publiquement les chiffres liées à leurs plus-values, aux opérations financières en cours ? Etes-vous honteux ?

Une abonnée désabusée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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