A propos de migrants

Hurlement (poesie)

Paris le 27/08/1996

 

 

 

 

Hurlement

 

 

Rouge est le sang

 

Dites mère :

pourquoi les hommes

ne peuvent-ils pas aller où ils veulent ?

pourquoi donc

ne vivent-il pas égaux ?

 

Sept heures trente du matin chagrin.

 

Les vents de ses soupirs

câlinent son regard

espoir t' es seul

 

Droit devant front plissé

regard planté arc-bouté sur

ses deux jambes de par sa volonté

espoir tu pleures

 

Elle coule cette unique immense larme

d' impuissance des êtres elle brille

meurtri ........l'œil livide d' avoir trop

aimé

espoir cruel

 

Neuf heures du matin t' es loin

 

Aube qui depuis longtemps

n' est plus

que..........

Immense mascarade

autobus bondés d' archétypesociaux

aptes à

être parqués dans des boxes

............de rageet de mépris façonnés

d' un pouvoir d' intérêt

pour l' ensemble

et.......qui domine................

..........prédomine

et laboure puis écrase

comme les chenilles et le soc

il arpente les champs

sillonnant

il arrache puis retourne

comme la herse qui suit

ameublie et planifie

comme le bras et la main

fouettant l' air ensemencent

puis comme

le rouleau compresseur

qui écrase de son poid

et plante les germes

de l' intérêt collectif

unificateur et commun à chacun.

 

Dix huit heures mon dieu je meurs

 

Plus fort que moi est la honte

de n' avoir pas su arrêter

l' absurde stupidité de l'être

qui en défonçant les portes

d' un hypothétique humain

étouffe et anéanti le

dernier hurlement conscient

et

nous renvoie à l' état de

primate que nous sommes

démunis de tout bon sens ...... , de

dignité

et d' amour pour soi.

 

Le jour se lèvera

un jour

il faudra bien.........

et

las de n' avoir pas su aimer, de s'aimer

égarés meurtris

l' errance nous guidera

peut être

nous perdra

et en ces lieux-racines

des Malis des Togos

........................"des Touaregs"..............

des rouges couchants

d' immensité

prostrés

devant l' autel....................

de l' humain progrès civilisateur

anéantis

par nous même le sang coulera

 

A grand flots

il coule déjà

depuis toujours

car

 

Rouge est le sang

 

Dites mère :

pourquoi les hommes

ne peuvent ils pas aller où ils veulent ?

pourquoi donc

ne vivent-il pas égaux ?

 

 

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