«Le Parc des Buttes-Chaumont entre tragédie et féérie», par Amadou Bal BA

 

«Les Buttes-Chaumont lavaient en nous un mirage commun sur lequel nous sentions tous trois la même prise. Toute la noirceur se dissipait, sous un espoir immense et naïf. Enfin, devant nous s’ouvrait une chasse miraculeuse, un terrain d’expériences où il n’était pas possible que nous n’eussions mille surprises, et qui sait ? Une grande révélation qui transformait la vie et  le destin» écrit Louis ARAGON dans «Le paysan de Paris». Comme un paysan ouvrant de grands yeux, ARAGON nous apprend à voir Paris d'un regard neuf, dans une démarche surréaliste et poétique. L’extrait sur  «Le Sentiment de la nature aux Buttes-Chaumont» donne l'éveil à «la lumière moderne de l'insolite». Inauguré le 13 avril 1867, le Parc des Buttes-Chaumont a célébré, en 2017, ses 150 ans. Dans les dernières années du Second Empire, l'empereur Napoléon III (1808-1873) qui connaissait de nombreux jardins, dont Hyde Park, prend Londres en exemple et veut aérer la capitale. C’est l’époque aussi des grandes expositions universelles, Napoléon III voulait éblouir le monde. Pour l’acquisition des terrains, il est décidé, par une loi du 16 juin 1859, que Paris composé de 12 arrondissements, annexera notamment la commune de Belleville. Ce parc des Buttes-Chaumont de 25 hectares fait suite à l’acquisition d’un terrain en 1863 et Napoléon III décide d’y créer le grand parc de l’Est parisien. Napoléon III, un roi bâtisseur, a légué de nombreux parcs et bois à la ville de Paris (Jardin d’Acclimatation, Monceau, Montsouris, Ranelagh, Bois de Boulogne, Vincennes, etc.). La ville de Paris achète les terrains en 1862. Les travaux, commencés en 1864 se sont achevés en 1867, année de l’Exposition universelle, ont coûté 3 422 620,30 Francs.

Le parc des Buttes-Chaumont apparaît comme un lieu toujours un peu paradoxal, tenant au double visage d’espace naturel et de performance technologique que présente cette réalisation sans équivalent parmi les autres parcs et jardins créés sous le Second Empire par le Baron Georges Eugène HAUSSMANN (1809-1891) et ses ingénieurs. Mais cette impression de naturel repose sur un socle de techniques de génie civil et de construction. Les Buttes-Chaumont ont été rendues possibles par des procédés de stabilisation et des remblais qui ne doivent pas grand-chose à la nature. Toutes les eaux du parc sont artificielles, à commencer par la cascade et le lac. Avec un pont en maçonnerie, une passerelle suspendue et un pont métallique, le parc décline les principaux types d’ouvrage d’art qui existaient à l’époque de son établissement. Par-dessus tout, le ciment et le béton armé y sont présents sous toutes les formes : radier de fondation, parois artificielles, jardinières, rocaillages, emmarchements et garde-corps. Jean DARCEL (1823-1906), est en charge de la falaise, la grotte et les cascades. Le béton y est partout. Visible tout d'abord dans la grotte avec ses fausses stalactites (dont le mur du fond cache l'entrée de la carrière souterraine), mais aussi dans la majorité des «rochers» Il est omniprésent dans tout le sous-sol pour consolider les carrières. Pour Jean DARCEL, un jardin est un relief travaillé au moyen de remblais et de déblais et animé par les eaux, un système de circulations, des plantations enfin ; il fonde l’art des jardins sur le génie civil, sur le remuement des terres, la maîtrise des eaux, la construction de chaussées, la réalisation d’ouvrages d’art. Un parc est une image idéalisée de la circulation des personnes pour leurs loisirs. Les meilleurs spécialistes s’attaquèrent à un projet d’une ambition folle : assainir la décharge ne fut qu’un épisode pénible du chantier. Eugène BELGRAND (1810-1878), qui s’était déjà distingué en concevant l’hydraulique du bois de Boulogne, trouva le moyen de pomper l’eau du canal Saint-Martin. L’architecte Gabriel DAVIOUD (1824-1881), se chargea quant à lui des charmantes maisons de garde, et posa au sommet de l’île le temple de la Sibylle, reproduction du temple de Vesta de Tivoli. Enfin, deux ponts furent édifiés pour permettre d’accéder à l’île, dont une passerelle suspendue qui à elle seule donne aux Buttes-Chaumont des airs de tropiques sauvages.

«Le parc apparaît aujourd’hui encore comme le produit d’une ambition démiurgique consistant à transformer un endroit des plus désolés en un jardin emblématique du nouveau Paris de Napoléon III et d’Haussmann» écrit Antoine PICON. Les anciennes carrières avec une histoire funeste et douloureuse, sont transformées en lieu agréable de promenade ; c’est une nature aride, repoussante, qui est domestiquée et mise en spectacle. George SAND, suggère de condamner leur caractère factice de la distinction entre le réel et le convenu, «entre l’art et la nature, un milieu nécessaire à la jouissance sédentaire du grand nombre» est nécessaire dit-elle. Ainsi, c’est à Jean-Pierre BARILLET-DESCHAMPS (1824-1873), assisté par Édouard ANDRE (1840-1911) alors au début de sa carrière, que l’on doit très probablement la détermination précise du tracé des allées, en plan mais surtout en profil, suivant le principe d’encaissement exposé dans les traités de l’époque, ainsi que le système des plantations. La prouesse des ingénieurs est d’avoir créé divers ouvrages tout en respectant l’équilibre naturel. On créa un lac artificiel alimenté par une cascade, celle de la grotte et deux «ruisseaux». L'eau provenait du canal de l'Ourcq et était refoulée vers un réservoir en demi-cercle situé au dessus de la rue Botzaris qui alimentait aussi les abattoirs de la Villette. Dés 1867 les ennuis commencent : il y a eu 9 fois des effondrements des galeries sous le lac et 4 fois des effondrements sous les pelouses. Le pont  Fessart (avenue du général St Martin)  doit être détruit  et reconstruit à l'aide d'un tablier métallique de récupération. L’alimentation de la cascade se rompt en 1869 et la grotte s'éboule en 1890.

I – L’Ancien Parc des Buttes-Chaumont : un lieu mal famé

Initialement, les Buttes-Chaumont, localisés entre les rues Crimée, Botzaris et Manin, n’étaient que de vastes espaces de terrains âpres, bossués, incultes, tachés de glaises vertes et de marnes blanchâtres, tout sillonnés de petits sentiers, et coupés de ravins et de fondrières vagues, incultes et occupés en partie par des réfugiés allemands. Le quartier quasiment inhabité comptait une guinguette. «Heureux les peuples qui n’ont pas d’histoire» a-t-on coutume de dire, les peuples oui, mais les Buttes-Chaumont, certainement pas. Les Buttes-Chaumont devinrent un lieu insalubre et malfamé, réservé à l’équarrissage, fut aussi une carrière de gypse depuis la Révolution, avant de devenir une décharge. L’origine du nom des Buttes-Chaumont a soulevé l’enthousiasme et l’imagination des chercheurs. Suivant certains, Buttes-Chaumont tirent leur nom de «Chauvemont» ou «Mons Calvus» en latin, en raison de l’aridité des terrains : «Leurs têtes blanchies, leurs épaules drapées d’un linceul  de chaux grisâtre les font ressembler à une troupe de fantômes échoués dans leurs courses échevelées au fond des vallons toujours verts et riants» écrit Amédée PONTHIEU. Pour le père LONG, les Buttes-Chaumont doivent leur dénomination à «Chauxmont», une montagne de chaux. On parle de l’existence d’une chapelle Saint-Chaumont, au milieu du VIIème siècle qui fut parrain de Clotaire III et évêque de Lyon. D’autres attribuent le nom du Parc à la famille Saint-Chaumont qui habitait les voisinages. Les Parisiens de jadis, ne pouvant tirer aucun profit de ces buttes stériles, les avaient utilisées en les peuplant de moulins à vent.

Quand on se promène paisiblement avec ravissement en début du XXIème siècle, on n’a pas conscience du drame et des atrocités qui se sont déroulés, dans le passé, au Buttes-Chaumont. Si ce rocher aride et les arbres centenaires des Buttes-Chaumont pouvaient raconter les horreurs dont ils étaient témoins, on en serait plus que bouleversé. «Les siècles révèlent leur esprit à la postérité par le caractère de leurs monuments et de leurs fondations. Pour ceux qui savent étudier la voix des événements dans le domaine des faits, quoi de plus attachant que les annales de ce nouveau parc des Buttes-Chaumont» écrit en 1867, Germaine BOUE. En effet, l’ancien parc des Buttes-Chaumont avait une très mauvaise réputation : «Vers le Nord de Paris, adossés aux plateaux où s’assied Belleville, il était autrefois des lieux âpres, affreux, où tout homme de bien n’osait jeter les yeux (…) Jamais aucun oiseau n’y construisit son nid. Le chant du rossignol jamais n’y retentit», écrit, en 1870, Marius REYNAUD dans son «Les Buttes-Chaumont ou Saint-Chaumont, les temps anciens, les temps modernes». REYNAUD précise encore : «Le hâve équarisseur, entouré de corbeaux, y dérobait leurs proies à de hideux tombeaux. Le soir vagabond, rebut de la grand’ville, dans de grands souterrains plaçait son domicile. Le voleur, à l’œil louche, y cachait ses larcins ; il y fraternisait avec les assassins». Les Buttes-Chaumont appartenaient bien à un quartier défavorisé : «Comparez ce quartier avec celui de la bourse, et mesurez la distance qui sépare d’aussi frappants contrastes ; là-bas la richesse, le luxe, tout ce que la ville renferme de plus gracieux, de plus séduisant, de plus animé ; ici, la misère, l’infection, la pourriture, la mort ; là-bas, Paris : ici, le résidu de Paris» écrit, en 1840, PERROT, dans ses impressions de Paris. Les carrières des Buttes-Chaumont servent de retraites nocturnes aux malfaiteurs, aux vagabonds, aux mendiants sans asile ; pendant l’été, ils y trouvent une fraîcheur agréable, en hiver, ils s’étendent sur les fours à plâtre. C’est un endroit, pendant longtemps infréquentable : «Malheur aux fillettes téméraires qui s’égareraient seulettes, le soir, sous ces délicates ramelles où des satures malins, hôtes invisibles de ces bosquets, viennent lutiner ces nymphes fugitives aux pâles rayons de la lune» écrit, en 1867, Amédée PONTHIEU dans ses «légendes du vieux Paris».  Cette image désastreuse du parc était encore perceptible au début du XXème siècle : «cette grande oasis dans un quartier populaire, zone louche ou règne un fameux jour d’assassinats, cette aire folle née dans la tête d’un architecte du conflit de Jean Jacques Rousseau et des conditions économiques de l’existence parisienne» écrit, en 1926, Louis ARAGON dans «Le paysan de Paris».

Dans son histoire lointaine, le parc des Buttes-Chaumont symbolise le moyen-âge, par ses tragiques et lugubres histoires, la Renaissance avec ses guerres civiles et le XIXème siècle où la société moderne triomphe sur le règne de la force brutale, l’oppression et l’égoïsme. En effet, le 24 novembre 885, les Normands qui ont envahi Paris et causé la ruine, s’étaient réfugiés dans les hauteurs de Belleville et de Montfaucon, emplacement actuel du parc des Buttes-Chaumont. Le comte Eudes (852-898), Comte de Paris, en dépit de la lâcheté de l’empereur carolingien Charles III le Gros, repousse l’attaque des Normands et deviendra  roi de France.

 «On sait que le parc des Buttes-Chaumont occupe l'emplacement du gibet légendaire de Montfaucon, de sa voirie et des carrières à plâtre voisines, jadis le repaire des pires bohèmes parisiens. On a eu l'idée d'utiliser la superficie profondément accidentée de  ce lieu ou tout était repoussant ou sinistre, en y établissant une promenade pittoresque» écrit Adolphe ALPHAND (1817-1891) dans «L’art des jardins». Au XIIIème, et à l’emplacement actuel des Buttes-Chaumont, se dressait le sinistre «gibet de Montfaucon» ; les dessous de ce lugubre édifice étaient occupés par un vaste souterrain où l’on entassait les cadavres décrochés de ce monument du crime et de l’infamie. Les magiciens venaient récupérer parfois les corps des suppliciés. Le gibet est à distinguer du pilori ou des échelles qui n’étaient employées qu’à exposer les délinquants, non coupables de crimes, et donc de peine capitale, à être exposés à une place publique. En revanche, s’agissant du gibet, les criminels étaient pendus aux fourches patibulaires, ou lorsque l’exécution ayant été faite ailleurs, on les y exposait à la vue des passants. Il arrive souvent que les corps des suppliciés, pendus à ces fourches patibulaires, soient laissés à l’air libre, décharnés, déchirés par les corbeaux ou desséchés par les rayons de soleil. Dressé, du XIVème au XVIIème siècle, l’épouvantable gibet, est conçu pour la pendaison simultanée de soixante condamnés. «Ecrire tous les lieux où jadis on exécutait serait une rude besogne : chaque pavé de notre ville de Paris est rouge» dit Firmin MAILLARD. Parmi les suppliciés, on peut citer Enguerrand de Marigny (1260-1315), comte de Longueville, grand chambellan, premier ministre et coadjudicateur sous Philippe le Bel. Il avait fait installer le gibet de Montfaucon, et y fut pendu. Homme dur, fier, sans pitié, haï des grands à cause de son orgueil, détesté du peuple à cause de ses rapines, ennemi du Comte de Valois, il fut pendu aux Buttes-Chaumont la veille de l’Ascension de 1315. Henri TAPPEREL, prévôt de Paris de 1316-1320, fut pendu pour détournement de deniers publics. Charles-le-Bel fait pendre de nombreux de ses collaborateurs en délicatesse avec les finances. Jean de MONTAIGU, fils d’un notaire parisien, exécuté aux Halles le 17 octobre 1409, son corps fut exhibé à Montfaucon. Après la mort de l’amiral Gaspard II de Coligny (1519-1572), Catherine de Médicis est venue, le 28 août 1572, avec toute la cour et Charles IX, rendre visite à son cadavre, pendu par les pieds à l’un de ces crocs de Montfaucon, faute de tête. Coligny avait été, auparavant, sauvagement assassiné pendant la Saint-Barthélémy, et jeté par la fenêtre. Jacques de SEMBLANCAY (1465-1527), baron de Beaune, surintendant de Charles VIII, Louis XII et François 1er, y fut pendu. Il avait été condamné le 9 août 1527, fut exécuté aux Buttes-Chaumont le 14 août 1527, après 6 heures d’attente à Montfaucon. Son cadavre fut exposé au public pendant 5 jours. Son corps fut, par la suite exhumé, Louise de Savoie s’approprie ses meubles et François 1er renie le pouvoir qu’il lui avait octroyé en 1518. Par son esprit d’ordre, sa droiture et son intégrité, SEMBLANCAY avait refusé d’accorder à la duchesse d’Angoulême, 400 000 écus pour la solde des militaires en Italie. Clément MAROT l’a immortalisé à travers un poème. C’est dans cet emplacement que sont enterrés les suppliciés. Au XVème siècle, François VILLON (1431-463), poète, incarcéré au Châtelet, se voyant promis à Montfaucon, composa sa fameuse «Ballade des pendus» qui émut Charles d’Orléans et lui valut sa grâce.

La Révolution détruisit le gibet, mais ce lieu devint le réceptacle de toutes les immondices. De 1778 à 1850, on trouvait une arène en bois où se déroulait des «spectacles» cruels de combats d’animaux (ours contre porc, loup contre chien, etc) ; ce qui n’aida pas à la réputation de la butte. Le creusement des carrières sur la Butte Chaumont commença après la Révolution jusqu’en 1860 ; la précieuse matière était acheminée aux Etats-Unis, ce qui a valu au quartier son nom de «Quartier Amérique».

Si Montmartre désignait le nom de Mont des Martyrs, les Buttes-Chaumont sont à la fois un lieu de tragédie et d’héroïsme. Ainsi, c'est aux Buttes-Chaumont que,  le 30 mars 1814, se déroula un épisode de la bataille de Paris, opposant les forces européennes à Napoléon 1er, où les marins de la garde, les élèves de polytechnique et des soldats de ligne opposèrent (généraux Marmont, Compans et Pelleport), en vain, une résistance de plusieurs heures à toute l'armée européenne coalisée. La capitulation sera signée par Marmont à la Villette.

Durant le siège de Paris en 1870, et pendant les événements de la Commune, il y eut un incendie monstre produit par des barils de pétrole qui y étaient stockés. Durant la Commune, en 1871, il y aura un parc d’artillerie dans le parc, 300 communards y seront fusillés durant la semaine sanglante et leurs cadavres d’abord jetés dans le lac, avant d’être enterrés à la hâte dans les carrières d’Amérique.

Les Buttes-Chaumont et le Père Lachaise furent les derniers points de résistance des communards ; ils sont appuyés par la mairie du XXème arrondissement localisée en face de l’actuelle église de Jourdain. Au cours des journées du vendredi 26, samedi 27, et dimanche 28 mai 1871, plusieurs bataillons Versaillais, parvenus par la route stratégique à la rue de Crimée, sont arrêtés dans leur progression. En effet, trois canons des communards aux Buttes-Chaumont, ainsi que ceux de la Place des fêtes résistent vaillamment. Cinq artilleurs seulement servirent ces pièces toute la journée, n'ayant besoin ni d'ordre ni de chef. A quatre heures, les canons des Buttes-Chaumont se taisent faute de munitions; leurs servants vont rejoindre les tirailleurs des rues Meynadier, Fessart et des Annelets. Les Versaillais fusillent 300 prisonniers : «Le sol était jonché de leurs cadavres ; ce spectacle affreux servira de leçon» télégraphie Adolphe THIERS (1797-1877) aux préfets. En raison de ce grand nombre de morts, initialement les corps sont jetés dans le lac des Buttes-Chaumont, puis les cadavres, ballonnés, sont remontés diffusant leurs effluves fétides. On dressa, alors, aux Buttes-Chaumont, un bûcher colossal inondé de pétrole, et pendant des journées, une fumée épaisse, pestilentielle, empanacha les massifs et ses environs. La défaite des communards aux Buttes-Chaumont est également une victoire des Versaillais : «Habitants de Paris, l’Armée de la France est venue vous sauver. Nos soldats ont enlevé à quatre heures les dernières positions occupées par les insurgés. Aujourd’hui, la lutte est terminée, l’ordre, le travail et la sécurité vont renaître» écrit, le 28 mai 1871, le maréchal Mac-MAHON.

On notera également la présence en bordure du parc des studios de cinéma Gaumont, dits studios des Buttes Chaumont, installés ici à l’âge d’or du muet et rachetés par la RTF en 1952 et qui opéra ici jusque dans les années 80 de célèbres émissions de télévision comme celles des époux CARPENTIER, de Jean Christophe AVERTY ou «Le grand Echiquier» de Jacques CHANCEL. Les studios furent rachetés par Bouygues et totalement détruits en 1994.

Initialement, et au XIXème siècle, le parc des Buttes Chaumont ne comportait, comme tous les jardins du second Empire, aucun emplacement pour des jeux collectifs pour les enfants. Une aire d'activités fut  logiquement située du coté de l'entrée principale face à la  mairie près de laquelle un  kiosque à musique est implanté sur le lac  en 1878 .On y installa ensuite un manège des balançoires et des baraques de vente. Deux guignols (deux castelets) furent ensuite créés en 1892, l’un au Nord, l’autre au Sud-Ouest.

Le nom des Buttes-Chaumont, est aussi attaché à celui des frères Chérif et Saïd KOUACHI qui ont perpétré un attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 1915, avec 12 victimes.

II – Le nouveau Parc des Buttes-Chaumont, un parc du bien-vivre ensemble

Le Parc des Buttes-Chaumont, inauguré en même temps que l’Exposition universelle de 1867, au Champs de mars, commençait sérieusement à se dégrader en ce début du XXIème siècle. Déjà en 1956 l'état du parc était le suivant :

- lac à sec, situé dans une partie de l’ancienne carrière à ciel ouvert ;

- la masse rocheuse est coiffée d’un temple de la Sybille œuvre de DAVIOUD datant de 1869, identique à celui de Vincennes, c’est une réplique de Tivoli, près de Rome ; ce temple de la Vesta est une déesse des fêtes et des foyers domestiques ;

- cascade de 32 mètres de chute, elle  conduit jusqu’à la grotte, entrée d’une ancienne carrière souterraine,  de 20 mètres décorée de fausses stalactites ; l’eau provient du Canal de l’Ourcq ;

- deux ponts : le «pont suspendu» en métal et le «pont des suicidés» en briques, mais tous interdits au public ;

- l’installation de centres d’animation, de trois restaurants, deux guignols, un kiosque à musique et des airs de jeux.

La voie ferrée de la petite ceinture avec sa station des Buttes-Chaumont est désaffectée. On venait avant aux Buttes-Chaumont par ce petit train.


Un guide de 1900 relate : «la semaine le parc est à peu près désert, Le dimanche il appartient au bon public populaire des quartiers voisins : La Villette et Belleville». Ce public n’était pas respectueux de son parc ; il arrachait les fleurs et même utilisait les épines de pin pour des tisanes.

Par ailleurs, était sérieusement dégradé à la fin du XXème siècle : les chaussées étaient déformées et dangereuses ; le Palais Rose sera détruit en 1967. Il doit peut être sa survie à sa faible fréquentation et au manque d’intérêt des élus. Aux élections de 2008, le parc des Buttes-Chaumont étant en état de délabrement avancé, j’avais proposé sa profonde rénovation. Cette idée a été reprise par l’équipe municipale du XIXème. Aux élections municipales de 2008, alors que j’étais élu parisien, j’avais suggéré à la mairie du XIXème d’entreprendre des travaux de rénovation du Parc des Buttes-Chaumont. Mes deux enfants étant nés dans le XIXème arrondissement et à proximité de ce parc, j’ai vu progressivement l’état de délabrement de ce lieu. Aussi, la Ville de Paris, sous l’impulsion de François DAGNAUD, maire du XIXème arrondissement, a engagé, en janvier 2015, d’importants travaux visant à rénover, notamment le système hydraulique et les allées.

L’ancien parc des Buttes-Chaumont, un secteur misérable, insalubre, mal desservi et fréquenté par une population paupérisée, est devenu, progressivement, un haut lieu de sociabilité, de bien-vivre ensemble et d’écologie. «De toutes les fleurs, la fleur humaine est celle qui a le plus besoin de soleil» écrit un écrivain. Depuis bien longtemps, la classe politique considère que les fléaux qui attaquent les villes frappent toujours les quartiers habités par les classes pauvres. Depuis l’annexion de Belleville à Paris en 1860, les élus ne pouvaient pas laisser subsister dans la nouvelle ville ainsi agrandie, un lieu, comme les Buttes-Chaumont, aussi désert, dangereux et malsain. «Rendons justice à nos édiles parisiens aussitôt l’annexion suburbaine faite, ils ont couru droit à l’ennemi en embellissant et aérant ces quartiers déshérités et que le peuple désigne sous le nom pittoresque de quartiers souffrants» écrit Amédée PONTHIEU. Le quartier de Belleville est devenu un «lieu de plaisir» et de solidarité pour la classe ouvrière. Les fêtes de bienfaisance, données annuellement, aux Buttes-Chaumont, entre 1878 et 1905, comptent parmi les plus anecdotiques, mais non parmi les plus délectables des histoires nocturnes parisiennes.

Ce parc est devenu un lieu de refuge, avec un souci de recherche de la nature. Entre les falaises, les grottes, les arbres et la nature domestiquée par des prouesses technologiques, le vallonnement, les rues bien tracées et agréables, le parc des Buttes-Chaumont est devenu un lieu de vie qui nous charme, à tout instant. Les Buttes-Chaumont, le temps d’une escapade, c’est la vie sauvage dans une capitale bousculée par les voitures, les nuisances sonores et visuelles et par la pollution : «Paris est pour un riche un pays de Cocagne : Sans sortir de la ville, il trouve la campagne ; Il peut dans son jardin, tout peuplé d'arbres verts,  Recéler le printemps au milieu des hivers ; Et, foulant le parfum de ses plantes fleuries, Aller entretenir ses douces rêveries» écrit, en 1636, Nicolas BOILEAU dans son poème les embarras de Paris. «Le jardin correspond à un état de civilisation : une habitation en plein air» une recherche de bien-être et du calme dans un endroit clos, écrit, en 1875, Jean DARCEL. Tout conspirant à troubler le repos dans cette capitale, les parisiens se mirent à rechercher de la verdure et de la tranquillité. Abandonnant cette démarche de construction de fortifications, Paris se met à former une véritable ceinture hygiénique, une écologie avant l’heure. Déjà au moyen-âge, les bourgeois allaient se promener sous les saules du quai des Grands Augustins, aux Champs-Elysées, au cours de la Reine (Place des Vosges), dans les prés de l’abbaye Saint-Germain et les plus riches montaient sur leurs mules pour se rendre en proche banlieue, notamment à Belleville : «Les vieilles Buttes-Chaumont se tapissent de verdure, mettent des fleurs à leur corsage, et vont abriter des naïades craintives sous leurs sombres grottes de leurs pittoresques fontaines» écrit Amédée PONTHIEU.

Au XXème siècle, la Droite qui avait pendant longtemps dirigée la ville de Paris, avait fait des quartiers de l’Ouest (18ème 19ème et 20ème arrondissements) des lieux de relégation, sans équipements de proximité, avec une forte concentration de foyers de travailleurs immigrés et de logements sociaux (38% par rapport aux quartiers riches). Le jardin est étymologiquement un espace clos. Sa vocation première est nourricière, c’est traditionnellement des vergers et potagers. Mais le jardin est également devenu une mise en scène de la nature. D’un Mont Chauve mal famé d’où l’on extrayait du gypse, a surgi le parc des Buttes-Chaumont, le plus romantique de la capitale, surnommé «Les Tuileries du peuple». En effet, le parc des Buttes-Chaumont renvoie à la volonté de transcender les clivages entre classes sociales au moyen de leur commune participation à une vie urbaine fondée sur la domestication de la nature. L’idée d’un meilleur équilibre entre les parcs et jardins de l’est et de l’ouest parisiens était déjà présente dans les préoccupations du XIXème siècle. Les Buttes-Chaumont apparaissent comme une manifestation de cette volonté de rééquilibrage où entre un souci de pacification sociale.  Il s’agit de mettre toutes les classes sociales au contact de la nature qui doit permettre d’atténuer leur confrontation. «C’est qu’en vérité, je ne sais point de ville au monde où la rêverie ambulatoire soit plus agréable qu’à Paris. Si le piéton y rencontre le froid ou le chaud, des tribulations sans nombre, il faut lui faire avouer aussi que, dans les beaux jours du printemps et de l’automne, il est, s’il connaît son bonheur, un mortel privilégié. (…) Si nos enfants voient comment la nature procède, ils ne la goûteront que mieux, et ils se rappelleront les rocailles de Longchamp, de Monceau et des Buttes-Chaumont, comme on se rappelle avec plaisir et tendresse de la petite grêle que l’on a cultivée sous sa fenêtre, et que l’on voit, puissante et grandiose, s’épanouir dans sa patrie», écrit George SAND dans son article «La rêverie à Paris».

Le Parc des Buttes-Chaumont est surtout un lieu de mixité sociale. Les enfants des écoles du XIXème, viennent régulièrement, faire du sport dans ce parc ou découvrir des objets cachés par leur enseignant. En effet, combien de fois ma petite Arsinoé m’a présenté ses amis de classe accompagnés de leurs parents. A chaque fois que j’y rencontre mon ami, Dramane KEITA, un agent de la ville de Paris, originaire de Ouakam, et qui soutient Idrissa SECK, nul n’est parfait, les discussions politiques vont bon train. Toutes les catégories sociales s’y côtoient. Ainsi, de par sa grande mixité, le quartier abrite la plus importante communauté juive du d’Europe qui vient déambuler dans ce lieu pendant le Sabat et trois grands foyers de travailleurs immigrés sont à proximité (Laumière, Hautpoul et David d’Aanger). Par ailleurs, «Le Pavillon du Lac», en face du pont suspendu et devant le lac artificiel ; restauré accueille traditionnellement les familles. En revanche, le pavillon très chic et style napoléonien «Puebla» perché sur une petite colline, est un lieu du rendez-vous de la haute société. Dominique STRAUSS-KHAN avait l’habitude d’y célébrer ses anniversaires. J’y ai aperçu François HOLLANDE, président de la République française de 2012 à 2017 avec sa compagne Julie GAYET. Accompagné seulement de deux gardes du corps, en raison de l’affluence des curieux, l’intervention des surveillants du parc a été nécessaire. Le café,  «Rosa Bonheur », du côté de l’entrée de la rue Botzaris, plus populaire et ouvert aux gays et lesbiennes les samedis et dimanches. Il est vrai que le restaurant «Rosa Bonheur», draine un nombre considérable de personnes les week-ends. Mme Anne HIDALGO est venue, un dimanche, pendant la campagne des municipales de mars 2014, dédicacer, dans ce café, son livre. Mme HIDALGO est revenue, pendant ces municipales de 2014, pour un pic-nic géant dans ce parc.

Les pelouses, les allées des promenades, les espaces pour le sport, sont, sans doute, les plus hauts lieux de mixité sociale. On y rencontre les personnes de toutes les races, confessions religieuses, les nationaux comme les touristes, de plus en plus nombreux dans ce parc. Les habitants du XIXème, comme ceux des autres arrondissements sont conquis par les Buttes-Chaumont, de jour, comme de nuit. On est bien loin des peurs irrationnelles des temps anciens qu’inspirait cet endroit. Il faut reconnaître que ce Parc des Buttes-Chaumont est si merveilleux ; c’est un moment important de respiration, un grand bol d'air, on ne s’en lasse jamais.

C’est jardin à la mode anglo-chinoise, riche en espèces botaniques connues notamment par les orientaux, pour leur valeur médicinale, leur utilité en ébénisterie ou menuiserie. Les jardiniers du parc font un remarquable travail. En effet, on peut y admirer, au moins, 65 espèces d’arbres, dont la plupart viennent d’Asie (Chine, Japon et Corée), du Proche-Orient, d’Asie mineure, d’Amérique, du Canada, ou comme les marronniers de Grèce ou d’Albanie. Les cèdres du Liban, connus pour leur taille et envergure, de longues branches, sont aussi des symboles royaux. Le majestueux Séquoia de plus de 40 mètres qui veille sur ce Parc depuis 1867, est vénéré par les Indiens Cherokee et porte le nom de leur chef, en raison de sa force et de sa persévérance ; pouvant atteindre 80 mètres, il protège du feu. Le marronnier d’Inde, ses graines contiennent des substances tanniques et de la férule, avec un effet vomitif, ses marrons broyés peuvent servir de savon. L’acajou de Chine (cèdre de chine) dont les pousses sont consommées en Chine, est une plante aromatique avec un usage contre le cancer. L’ailant ou faux vernis du Japon est une plante médicinale chinoise servant aussi à nourrir les vers à soie et s’adapte aux sols pauvres et pollués. L’If, plante sempervirente et pouvant vivre jusqu’à 2000 ans, un symbole de vie éternelle et de mort, avec son bois dur et résistant, sans résine, est utilisé pour les charpentes, l’ébénisterie, la confection d’arcs (Longbow anglais) ; c’est une plante médicinale contre le cancer du sein, de l’ovaire, des poumons. L’érable champêtre, avec son écorce en décoction, a une action astringente. L’écorce du saule tortueux a des vertus curatives pour soulager les douleurs et les fièvres (l’aspirine a été fabriquée à base de la poudre d’écorce de cet arbre). Le frêne commun dont les feuilles servent de fourrage, a une écorce amère est astringente (Quinquinia) et ses feuilles laxatives sont antirhumatismales. Les fruits de l’alisier blanc ou alouchier, peuvent être utilisés contre les diarrhées et les dysenteries chroniques ; c’est un antiscorbutique et diurétique. Le sureau noir, plante médicinale, associé à la mort, ses fleurs se cuisent en beignets, on en fait du vin, du sirop (enlever les pédoncules de fleurs auparavant) ; le concentré de jus de baie de sureau peut soigner la grippe, la bronchite et les toux rebelles, et ses fruits sont un colorant naturel. Le chêne de Hongrie, l’ehretia ou cabrillet, l’aubépine, arbre épineux, ses baies sont astringentes servent contre les maux de gorge, tonique du cœur, antispasmodique et apaisent la tension. Le mûrier blanc de Chine, pour cultiver les vers à soie, ses feuilles sont consommées et ont une valeur médicinale pour la régulation de la tension.  Le filaire (Alavert), ses feuillages et ses baies sont utilisés pour leurs propriétés astringente, antiseptique et fébrifuge en cataplasme sur les plaies.

Le tilleul argenté, provenant de l’hémisphère Nord, résistant à la sécheresse et aux pollutions, ses écorces étaient utilisées par les Grecs pour faire du papier, des nattes, des tissus et cordages. Le tilleul à grandes feuilles, dont les feuilles sont en forme de cœur, est le symbole de l’amour et de la fidélité ; ses fleurs sont utilisées en parfumerie. L’érable sycomore, précieux pour la menuiserie, le bois de chauffage, peut servir à la fabrication de sabots. Le Sophora produit des fruits qui sont des gousses pétioles. Le faux poirier ou clavalier, avec ses épines, peut servir de haies défensives. Le tulipier de Virginie est connu en ébénisterie, pour bois de placage. Le févier d’Amérique, produisant du bois dur de bonne qualité, est utilisé pour les poteaux électriques et les traverses de chemin de fer. L’arbre aux 40 écus (Ginkgbo Biloba, abricot d’argent), dioïque, produit des fruits rouges ressemblant aux mirabelles. L’olivier de bohème (Chalef), espèce vigoureuse pouvant se fixer sur les sables, en bord de mer, ses fruits sont consommés en sorbet au Proche-Orient. Le magnolia craint les hivers rigoureux, mais a su s’adapter. Le Micocoulier produit des fruits charnus (drupes) comestibles ; proche de l’orme, son bois résistant est employé en charronnerie, menuiserie et sculpture, fabrication de cravaches, son feuillage sert de fourrage et sa racine produit une teinture jaune. L’aulne de Corse est utilisé pour reboiser les terres incultes. Le platane à feuille d’érable produit un bois dur et résistant. On trouve d’autres espèces : le poirier d’ornement, le hêtre pourpre ; l’aulne lacinié, le pin noir d’Autriche ; le palmier de Chine résistant aux très basses températures ; le plaqueminier ; le noyer apprécié en ébénisterie ; le robinier, d’une croissance rapide pour stabiliser les talus, favorise le miel et est utile pour la parfumerie ; l’oranger des Osages dont la pulpe de fruit produit une teinture jaune ; l’érable d’Italie, rustique, résistant à la sécheresse et au calcaire ; le virgilier à bois jaune ; le kaki avec son bois dur rappelant l’ébène et ses fruits murs riches en vitamine C, en minéraux et fibres ; le chicot du Canada, ses graines étaient torréfiés comme du café ; l’orme de Sibérie, le chêne vert, le savonnier d’Asie ; le prunier pourpre d’Iran, utile pour les haies ; le noisetier de Byzance, arbre d’alignement, il sert à la fabrication de cannés et de tuyaux de pipes, l’érable plane ; le citronnier épineux est un agrume utilisé pour le vin et les confitures, le paulownia, avec des propriétés médicinales, sert à la fabrication de meubles et comme fertilisant ; le mûrier à papier sert à la fabrication de papier ; le catalpa, le marronnier rouge ; le mélia ou lilas de Perse est un insecticide naturel ses feuilles repoussant de nombreux insectes, ses graines comportant un trou sont utilisées pour les chapelets ; l’orme champêtre ou l’ormeau des îles britanniques est un bois de travail pour des vis, roues, sabots, coques de bateaux ; le cornouiller mâle ou sauvage, cèdre de l’Himalaya ; le chêne commun ses glands servent de café ou de farine ; le chêne d’Amérique dont le bois est utilisé en charpente, tonnellerie, ébénisterie et menuiserie ; le chêne chevelu ou lombard dont les glands sont appréciés par les geais et les pigeons et parfois par les écureuils ; l’érable de Montpellier ; le peuplier blanc sert en caisserie et papeterie, et pour stabiliser les sols ; le bouleau blanc utile en ébénisterie et menuiserie, sert aussi à fabriquer des balais, l’écorce distillée fournit du goudron.

Dans mon quartier, nous sommes fiers de notre église de Jourdain, mais aussi de notre merveilleux parc des Buttes-Chaumont qui a une âme ; les Parisiens, les banlieusards et les touristes l’ont adopté. En début du XXIème siècle, le Parc des Buttes-Chaument connaît un succès populaire considérable ; ses pelouses sont envahies par les familles. Les amateurs de gymnastique chinoise peuplent  la hauteur Sud-Est et les joggeurs font inlassablement le tour du parc.

Ouvert chaque jour à 7 heures et fermé à certaines périodes de l’année à 20 heures, 21 heures ou 22 heures, le Parc des Buttes-Chaumont est victime de son immense succès. La population demande notamment une extension des ouvertures de nuit, hors périodes de tempêtes, dans le respect des règles de sécurité. C’est un parc maintenant ouvert 24 heures sur 24 pendant l’été, et c’est là une contribution majeure de la Gauche au bien-être et à la lutte contre la pollution dans notre capitale. A mon sens, il serait utile, compte tenu de ce succès d’ouvrir les Buttes-Chaumont, même en hiver, de nuit, du vendredi au dimanche, jusqu’à 1 heure du matin et le reste de la semaine, jusqu’à 22 h.

Parc gratuit entrées principales : 1-7 rue Botzaris Paris 19ème, 2-6b rue Manin, 55 rue de Crimée, 42 avenue Simon Bolivar, métros Botzaris ou Buttes-Chaumont ligne 7 BIS, Jourdain ligne 11, Laumière ligne 5. Bus lignes 75, 60 et 48.

Bibliographie sélective :

ALPHAND (Adolphe), Les Promenades de Paris, histoire, description des embellissements dépenses de création et d’entretien, dessins de E. Hochereau, Paris, J. Rothschild éditeur, 1867-1873, 246 pages et annexes, notamment l’arboretum, spéc sur les Buttes-Chaumont pages   198-204 ;

ALPHAND (Adolphe), Les Promenades de Paris, histoire, description des embellissements dépenses de création et d’entretien, dessins de E. Hochereau, Paris, J. Rothschild éditeur, 1867-1873, 246 pages et annexes, notamment l’arboretum, spéc sur les Buttes-Chaumont pages   198-204 ;

ANDRÉ (Edouard), L’Art des jardins : traité général de la composition des parcs et jardins, Paris, G. Masson, 1879, 888 pages ;

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DARCEL (Jean), Etudes sur l’architecture des jardins, Paris, Dunod, 1875, 100 pages et annexes ;

DELVAU (Alfred), Histoire anecdotique des barrières de Paris, E. Dentu, 1865, 301 pages, spéc (bataille du 30 mars 1814 aux Buttes-Chaumont), pages 115-116 ;

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PERROT (Ingénieur à Rouen), Impressions de voyage. Montfaucon, son gibet, sa voirie, son écorcherie, description topographique, historique et industrielle, Paris, Chez l’Editeur, 1840, 190 pages, spéc 109 et suivantes ;

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VACHEROT (Jules), Les Parcs et jardins au commencement du XXe siècle. École française (Barillet-Deschamps), Paris, 1908, Octave Doin, Librairie agricole, 501 pages, spéc, pages  202-203.

Paris, le 14 avril 2017, actualisé le 5 juillet 2018, par M. Amadou Bal BA.

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