"London, the Magical City !» par M. Amadou Bal BA

Londres est une ville magique à visiter en relisant Virginia WOOLF. Mieux vaut s'y préparer financièrement.

La guerre de cent ans qui a duré de 1337 à 1457 opposant les Plantagenêt aux Valois, avait décimé presque toute l'aristocratie française. La place dite Trafalgar Square célèbre la victoire de l'Amiral NELSON d'octobre 1805 de la flotte anglaise contre celle de Napoléon.

En prenant l'Eurostar, à la gare à Paris Gare du Nord, on débarque en trois heures 20 minutes à Londres Saint Pancras, en plein centre-ville. La Grande-Bretagne n'est plus depuis longtemps une île. La Ratp est un partenaire des bus londoniens.

Mais les Anglais ne font presque rien comme personne. Ici à Londres ce n'est pas 2 heures, mais une heure de décalage par rapport à Dakar. Ils ont encore leur monnaie, la livre et les voitures roulent à droite. Autant dire quand on circule à pied, on n'a pas toujours le réflexe de regarder à gauche avant de traverser. En plus, il y a travaux au Parlement de Londres. Nous n'avons donc pas pu voir Big Ben.

 Cependant Londres est une ville bien vivante où la magie opère à chaque coin de rue. Les enfants m'ont imposé certaines visites. Jean-Philippe a souhaité la visite à Chelsea où Ngolo KANTE et Didier DROGBA sont les stars de ce prestigieux club de football. Arsinoé voulait aller au Musée de cire Madame TUSSAUD, fondé en 1835. La famille royale,  Bob MARLEY, Michael JACKSON, Nelson MANDELA, Barack OBAMA, Martin Luther KING, toutes mes idoles sont là. Il faut dire aussi que Marie TUSSAUD, née à Strasbourg en 1761, morte à Londres en 1850, a vécu pendant 9 ans, à Versailles, à la cour de Louis XVI.

Londres est une ville assiégée par les touristes chinois et indiens qui ont supplanté les Japonais ; les ressortissants de leurs pays en raison de leurs performances économiques, en profitent. Nous rêvons, un jour, que les Sénégalais, en raison des revenus du pétrole et du gaz à venir, soient aussi bichonnés que les Chinois et les Indiens. Tout le monde leur fait courbette dans les grands magasins, hôtels et restaurants. Les Français, en raison de la proximité géographique et de d'Eurostar, sont présents en grand nombre à Londres. Une sortie de l'Union européenne pourrait être dommageable pour le business anglais.

Londres est sur le plan culturel et artistique très animé avec ses nombreux théâtres, ses concerts, ses comédies musicales et concerts ainsi d'autres évènements.

Londres est une ville horriblement chère, mais en logeant dans les «Bed and Breakfast», en se déplaçant avec leur «Oyster Card», équivalent du Navigo à Paris et en sélectionnant ses restaurants, on peut limiter les dégâts.

Sur le plan architectural, en dépit des violents bombardements de Londres pendant la seconde guerre mondiale et du soutien de Churchill à la France, la capitale britannique est restée préservée. C'est un patrimoine architectural exceptionnel mélangeant harmonieusement le moderne et l'ancien.

Contrairement à la France républicaine, les Britanniques sont encore largement très attachés à la royauté. Elisabeth II, en fonction depuis 1926 (plus de 67 ans), a battu le record de longévité de la reine Victoria (63 ans au pouvoir). C'est une démocratie encore tolérante à l'égard des minorités musulmanes. Point de réglementation sur la laïcité, le burqa, le burkini.

Comment visiter Londres ?

Certains sites sont incontournables, comme Big  Ben, le palais royal, Trafalgar Square, le pont de Londres, le quartier de Soho, le musée de cire Mme TUSSAUD, Harry POTTER.

Pour ma part, c'est Virginia WOOLF (1982-1941), écrivaine du «Stream of Consciousness» (courant ou flux de la conscience), qui a le mieux décrit Londres. Son roman, Mrs Dalloway nous prolonge dans les ruines du temps, ce Londres du début du 20ème siècle, devenu intemporel. Dans l'obsession du rapport au temps que Virginia WOOLF nous décrit dans sa contribution littéraire on retrouve le Londres de son enfance, de sa vie adulte, de ses délires, mais aussi les codes et usages de la gentry anglaise à travers Mrs Dalloways. Londres, juin 1923. Ce soir-là, Mrs Dalloway donne une réception. Virginia WOOLF nous plonge dans les rues et dans les consciences de la capitale marquées par les coups retentissant de Big Ben. En toile de fond de l’intrigue qui rassemble les personnages les plus hétérogènes, Londres dégage une véritable présence, à travers Hyde Park, Regent avenue, Piccadilly. La vie des rues, le vacarme de la foule, le ballet des automobiles s’insèrent à la fois dans l’intrigue et dans les réflexions des personnages. C’est donc à travers son cheminement dans les rues de Londres que le lecteur découvre pour la première fois Mrs Dalloway. A travers les bruits, les odeurs, les rencontres de la ville, c’est le temps et même la vie qui semblent peser sur les personnages, les étreindre, les étouffer. La vie de Clarissa Dalloway, c’est la société mondaine londonienne et ses codes ; elle ne veut pas rater sa réception. Toute l’action du roman est marquée par cette réception qu’il lui faut organiser, comme pour remplir le silence et faire taire sa mélancolie. Finalement, elle apparaît comme prisonnière de ces mondanités, de cette vie dont elle n’est que spectatrice. 

Dans plusieurs de ses livres, Virginia WOOLF évoque les demeures de son enfance, dans ce Londres aristocratique ou parfois déjanté. Ses journaux intimes sont riches de détails tant sur les maisons qu'elle a habitées que sur les parcs et les squares qu'elle a fréquentés. Virginia WOOLF est née dans une maison victorienne sombre décorée de rouge et de velours cramoisi, au numéro 22, de Hyde Park Gate ; elle y a habité pendant 22 ans, jusqu'à la mort de son père c’est un cul-de-sac débouchant sur Kensington Road, à deux pas de Hyde Park. Après la mort de leur père, au moment où Virginia se remet d'un état de «démence», c'est sa sœur, Vanessa, qui établit le premier contact avec le quartier de Bloomsbury en choisissant le 46, Gordon Square. En 1907, avec son marie, ils emménagent donc au 29, Fitzroy Square, encore dans Bloomsbury. Au début de 1924, le couple s’installe au 52, Tavistock Square, non loin de Saint-Pancrasse, la gare actuelle de l’Eurostar.

Londres, le 2 août 2019, par Amadou Bal BA.

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