"Journée des mémoires de la traite des Nègres", par M. Amadou bal BA

"Journée nationale des mémoires de la traite de l'esclavage et de leurs abolitions" par M. Amadou Bal BA baamadou.overblog.fr

Ce jeudi 10 mai 2018, je suis au Jardin de Luxembourg à Paris pour une cérémonie sous le patronage du Premier ministre, M. Edouard PHILIPPE.

Le 10 mai est, pour moi, hautement symbolique ; ce n'est pas seulement que la journée de la mémoire, c'est avant tout le 10 mai 1914 la victoire de Blaise DIAGNE, premier député africain à l'assemblée nationale française, et c'est aussi le 10 mai 1981 que François MITTERRAND, un socialiste, provoquait la première alternance, sous la 5ème République.

Le monde reste encore profondément divisé entre deux camps : les vainqueurs et les vaincus.

De nos jours, l'esclavage revêt des formes plus insidieuses ; on a parfois du mal à cerner et combattre ces chaînes invisibles qui nous maintiennent encore dans la servitude et l'exploitation. 170 ans, après l'abolition de l'esclavage, à travers les discriminations, la servitude est plus que d'actualité. La liberté et l'égalité ne devraient pas seulement être que des prétentions théoriques, mais des actes concrets. L'affaire Naomi MUSENGA, moquée par les services d'urgence et morte sans secours, atteste de la gravité de la situation. La famille d'Adama TRAORÉ (jeune étouffé à mort lors d'un banal contrôle d'identité) est menacée de poursuites pour avoir protesté contre ce meurtre raciste. On nous maintient dans un statut d'indigènes de la République, assimilable à l'esclavage.

L'Afrique, riche de ses matières premières et de ses populations, devrait mettre fin à cette Françafrique, retrouver sa souveraineté, sa liberté et sa dignité.

La Diaspora devrait combattre ce statut d'indigène de la République auquel il est confiné, pour jouir pleinement de sa citoyenneté en vue du bien-vivre ensemble. Une maison pour l'abolition de l'esclavage est un bon début, mais il faut aller plus loin ; il faut une égalité réelle. Beaucoup d'élus de droite refusent encore d'honorer le devoir de mémoire. Esclaves d'hier, migrants d'aujourd'hui !

Par conséquent, il faudrait en finir avec la mentalité colonialiste et esclavagiste, en fondant une société plus juste, plus fraternelle.

Était-il opportun d'inaugurer une place de l'Europe à Gorée ?

Cette décision du maire de Gorée est une bourde monumentale, à corriger rapidement.

Pourquoi maintenir, 58 ans après l'indépendance, des noms de rue dédiés aux esclavagistes et colonialistes en centre ville de Dakar ?

"Emancipez-vous de l'esclavage mental. Personne d'autre que nous ne peut libérer nos esprits" avait chanté, fort justement, Bob MARLEY, disparu le 11 mai 1981.

Paris le 10 mai 2018 par M. Amadou Bal BA.

 

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