"MACRON : politique préventive calamiteuse" par Amadou Bal BA

En dépit d'une situation alarmaliste et dégradée, le président refuse tout reconfinement, mais son déconfinement raté se combine mais une politique préventive calamateuse. Il recule l'échéance, mais le virus circule activement. Couvre-feu à Paris dans 8 métropoles de 21 h à 6 heures.

«Le président Emmanuel MACRON et sa gestion calamiteuse de la Covid-19 : un boulet pour les prochaines échéances électorales» par Amadou Bal BA -

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En raison de cette seconde et puissante vague, manifestement, le président MACRON a raté son déconfinement ; il veut éviter, coûte que coûte le reconfinement. Sa politique préventive (tracer, tester et isoler), en l’absence d’un vaccin, s’est révélée chaotique, et son esprit, irrésolu y participe, fortement. En effet, le 14 octobre 2020, le président MACRON a décidé d’un couvre-feu de 21 heures à 6 heures, pour 4 semaines, dans la région de l’Ile-de-France et 8 grandes métropoles. Le chef de l’Etat veut, éviter absolument tout confinement, mais en ménageant la chèvre et le chou. Le président MACRON ne souhaite pas restreindre trop gravement les libertés : on pourra aller en vacances. Les écoles continuent de fonctionner, il faut aller travailler, mais se coucher à 21 heures ; ce qui va encore enfoncer la restauration et l’hôtellerie. Par conséquent, l’objet économique de ses mesures, en lui-même, ne sera pas atteint. Quelles sont les bonnes raisons pour sortir après 21 heures ? Le chef de l’Etat compte sur le civisme de chacun et donc nous infantiliser : pas plus de 6 personnes à domicile, à table. Pour gouverner, il faut savoir décider, les décisions du président MACRON, notamment en matière de gestion de cette pandémie étant floues. Or, le virus circulant activement, et ces mesures auront un impact, mais à la marge.

 Par conséquent, une bonne gestion de la pandémie, c’est le sujet majeur. Quand on veut noyer le poisson, on créé «une affaire dans l’affaire» suivant une formule célèbre de Charles PASQUA. Ce projet de loi fasciste, islamophobe, négrophobe et raciste sur le séparatisme, ainsi que cette tentative de ramener tous les problèmes fondamentaux de ce pays aux questions des banlieues, de terrorisme et d’islamisme, alors que ces thématiques avaient disparu, comme par hasard, pendant le confinement, tout cela n'est qu'enfumage et fumisterie.

La gestion de cette pandémie que le président MACRON avait lui-même qualifié de «guerre», en l'absence d'un vaccin, est le sujet majeur de notre temps. Sans la santé rien ne va. Si le moral est dans les chaussettes les bourses plongent et le chômage grimpe. Même si l'histoire ne se répète pas, elle peut bégayer. Ainsi, Adolphe HITLER est arrivé au pouvoir, légalement, à la suite de la crise de 1929 ayant provoqué un chômage de masse, et donc son succès électoral en 1933. Au début, Adolphe HITLER avait réprimé, durement, communistes qui avaient brûlé le Reichstag, et tout le monde a trouvé cela normal. Et par la suite, en trois jours, ce qu'on a pu appeler «nuit des longs couteux», il a liquidé, froidement, certains de ses alliés lui faisant de l'ombre, dont Ernest ROHM (1887-1934), chef d’un groupe paramilitaire. Les autres, et qui sont les premiers, ont été envoyés en camp de concentration, bien avant les Juifs, pour un complot n'ayant germé que dans la tête de ce dictateur. Il y a eu bien sûr, la Solution finale et les expériences criminelles du docteur MINGUELET, contre les Juifs.

 En France, quand notre Police, jusqu'à maintenant jugée irréprochable et au-dessus de tout soupçon a aidé à déporter les Juifs. Jusqu'à présent, le déni de ce crime contre l'humanité n'a pas été admis : «on ne savait pas. On n'a rien vu». Aujourd'hui encore les coupables sont désignés. De nos jours, les ennemis de la haute finance, ce sont les racisés, les islamistes, les terroristes, les Gilets jaunes, le personnel soignant et les étudiants étrangers. Cette théorie du complot fonctionne à longueur de journée sur les chaînes d'information continue. L'économie, au ralenti, est perfusée à coup de subventions, les profits sont distribués et les licenciements pleuvent. Peu importe le nombre de malades ou de morts, le cri de détresse des personnels soignants ! Pourtant «nos vies valent bien vos millions», comme le dirait l'autre.

Or, la gestion de la première vague du Coronavirus par la Macronie a été désastreuse, par ses dissimulations et ses mensonges. Sans l'accabler outre mesure, on se souvient de ces larmes et de ces déclarations fracassantes de Mme Agnès BYZUN, ancienne ministre de la santé et sa candidature malheureuse à la ville de Paris ; elle n'était au courant de rien.

Au lieu de nous dire que ce grand pays n'avait pas suffisamment de masques, d'appareils respiratoires et d'équipements de protection du personnel médical ; ce qu'on aurait compris, on nous a raconté des sornettes. Pire, le corps médical a été envoyé, sur le champ de «guerre», sans les armes indispensables contre ce tueur invisible. Des personnels soignants sont morts en raison de ces forfaitures. Par ailleurs, dès que des tests en grandeur nature sont engagés tout le monde a pu constater l'extraordinaire fiasco des délais d'attente. Pendant ce temps le tueur invisible continue de faucher des vies.

Dans son «quoi qu'il en coûte» et ses bonnes résolutions d'élaborer un projet de concertation avec tous d'un «monde d'après», plus juste, que reste-t-il des vœux pieux de la Macronie ?

Si le chômage partiel a été une bonne chose qu'il faudrait saluer, il ne faudrait pas non plus oublier que les collectivités locales n'ont pas été remboursées des dépenses de personnels liées au confinement. En particulier, les personnels des caisses des écoles ont été mobilisés pour la restauration des enfants des soignants, à la demande expresse du gouvernement. Les salariés, pour le pouvoir d'achat, ont été les grands oubliés de ce président des riches. Tout pour les entreprises et les actionnaires de grands groupes. L'armée devrait être épargnée de ces guerres locales coûteuses et inefficaces qui ne nous rapportent que des cercueils de jeunes ne demandant qu'à vivre. Et dire que jusqu'à un temps récent, l'armée était choyée et nos soldats avaient même "une prime du slip", 15 euros par mois.

Un grand plan pour l'hôpital a été annoncé, mais avec seulement une revalorisation de 186 euros pour le personnel soignant, ces grands héros qu'on applaudissait, chaque soir, pendant le confinement à 20 h. Des problèmes majeurs demeurent. C'est d'une part l'attractivité de l'hôpital et la crise de vocation, avec un personnel fortement démotivé, épuisé et abandonnant l'hôpital public. D’autre part, c'est Jean CASTEX, cet actuel premier ministre sarkozyste, qui avait, il y a de cela 15 ans, saccagé l'hôpital public, en y introduisant une logique de rentabilité (La tarification à l'activité : la TR2) ainsi qu'une suppression massive de lits.

Quant au «monde d'après» annoncé qu'en est-il exactement ?

La stratégie électoraliste du président MACRON est bien claire : c'est de vouloir, par une lepénisation des esprits, affronter Marine LE PEN au 2ème tour des présidentielles de 2022. Après sa cuisante défaite aux municipales, au lieu d'un virage à gauche, le président MACRON a nommé un sarkozyste, Jean CASTEX premier ministre et Moussa DARMANI, ministre de l'intérieur, avec une rhétorique assumée d'extrême-droite. Dans ce jeu politicien, le président MACRON a sacrifié ou marginalisé «les Mormons», ses fidèles partisans de la première heure.

En particulier, et s'agissant de la lutte contre la pandémie, les réformes injustes (retraites, hôpital, chômage, loi sur l'immigration et revendications des Gilets jaunes, etc.) ne sont que suspendues. Elles devraient être abrogées. La Macronie avait recruté un préfet féroce, Didier LALLEMANT pour matraquer les personnels soignants.

Le point crucial, c'est que devant l'avancée grave du virus, nécessitant des mesures plus énergiques. Or, la Macronie a manifestement choisi l'économie au détriment de la santé et de la vie de nos concitoyens. Par ailleurs, les mesures tatillonnes, et souvent contradictoires, ne font que reculer l'échéance du reconfinement, sans que l'hôpital ne soit vraiment bien préparé pour cette seconde vague.

Jusqu'ici, les mesures prises ne sont pas lisibles, avant le masque était inutile, le voilà maintenant érigé en religion de la distanciation sociale, quoique parfois d'une rue à l'autre,  ou dans la même ville les restrictions prises peut varier. Les bars sont fermés, mais les restaurants peuvent ouvrir. Allez y comprendre quelque chose.

Très souvent les mesures prises, la veille pour le lendemain, notamment pour la restauration scolaire, évoluent sans cesse ; c'est du pifomètre. Dans les métros bondés comment assurer la distanciation sociale ?

 La seule alternative trouvée par la Macronie, c'est de nous culpabiliser. Avant personne ne savait mettre correctement son masque ; maintenant, il faudrait fuir les réunions familiales. Eux, on connait la formule : «responsable mais pas coupable».

Que faire maintenant ?

Il existe certes un sentiment réel de défiance à l'égard de la classe politique. Le 21 avril 2002, bien des racisés qui avaient refusé d'aller voter Lionel JOSPIN sont venus par la suite à la manifestation de la Place de la République, noire de monde, c'est le cas de le dire, pour tenter de acte de contrition Mais le mal est fait. «Plus jamais cela» disait-on. Depuis lors, par leur inconscience les Républicains et les racisés en particulier, se sont résignés à l'idée que le Rassemblement national, légitimement et légalement ferait partie du jeu démocratique. Or, les idées racistes ont dépassé ce parti xénophobe et infecté comme un virus, la Macronie qui ne s'en cache plus.

Quand on est un citoyen de la République et qu'on vous calomnie et vous insulte, en vous ramenant au statut d'indigènes de la République, en vous cataloguant de «séparatistes», il faudrait quitter le terrain du commentaire en utilisant les extraordinaires armes de la démocratie.

Si tout cela est possible c'est parce qu’une bonne partie des racisés a choisi de courber l'échine, comme au temps de l’esclavage, en acceptant cette servitude permanente. Nous avons des obligations et le devoir de choisir le chemin de l'excellence, mais le droit de défendre notre honneur et notre indignité quand elle est bafouée, comme c'est le cas.

En définitive pour ces graves fautes commises dans la gestion la pandémie la sanction sera encore plus sévère aux régionales de mars 2021 et aux présidentielles de 2022.

Paris, le 14 octobre 2020, par Amadou Bal BA - 

 

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