"Attentat suprémaciste en Nouvelle-Zélande" par Amadou Bal BA

cet attentat perpétré par un suprémaciste atteste, plus que jamais, il y a des mots qui tuent. Défendons la République et battons-nous pour un monde plus juste et plus fraternel.

Ce vendredi 15 mars 2019, un extrémiste blanc, de 28 ans, de sang-froid, a exécuté 49 personnes, avec de nombreux blessés, de confession musulmane dans deux mosquées.

Avant ce geste horrible, il a pris soin d'exposer ses idées racistes, dans un long tweet de 85 pages. Il fait référence, notamment aux élections françaises de 2017 au cours desquelles, le Front national a perdu, pour la seconde fois, ce scrutin.

L'assassin avait une caméra, et a filmé son forfait pendant 17 minutes. On le voit tirer calmement, et revenir sur ses pas pour achever, de sang-froid, des personnes déjà blessées et à terre.

C'est un acte prémédité, depuis deux plus de 2 ans, dirigé contre les immigrants et les musulmans qui faisaient, tranquillement, la prière du vendredi. On se rappelle de ce norvégien, Anders BREIVIK, qui avait tué 77 immigrants et blessés 151 personnes, le 22 juillet 2011.

La première ministre, Jacinda ARDERN, de Nouvelle-Zélande a fermement condamné cet attentat fondé sur la haine et le racisme. "Ceux qui professent le racisme ne sont pas des nôtres" dit Mme ARDERN.

Une prière des morts a été dite ce vendredi à la Mosquée de Paris. Mais aucun appel à manifester à la Place de la République contre ce geste ignoble.

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Ma réaction rapide, c'est de dire que face la montée des populismes, il y a des mots qui tuent. Dans les pays occidentaux, de plus en plus, les partis professant la haine, loin d'être combattus, sont de plus en plus récompensés, dans les scrutins électoraux (Italie, Hongrie, États-Unis, Brésil et le BREXIT en Grande-Bretagne). Ceux qui font l’apologie, sans cesse, la haine, ont une responsabilité importante dans ces drames. Il faut donc défendre, plus énergiquement, la République.

En France, je redis, fermement, que c'est une erreur tragique que d'avoir reconnu, comme parti respectable, le Front national, devenu Rassemblement national. Ce parti faisant de l'immigration et le racisme son fonds de commerce, ne fait pas partie de la République, fondée sur l'égalité et la fraternité. Il faudrait rester, plus que jamais, vigilant pour ces élections européennes du 26 mai 2019 ainsi que pour les municipales de 2020.

Par ailleurs, ces politiques libérales, et cette lepénisation des esprits grandissantes, fondées sur des logiques de violence et de prédation, ainsi qu'une instrumentation des peurs irrationnelles, portent une part de responsabilité dans la situation. Les mensonges de nos dirigeants politiques sont au coeur de l'affaiblissement des valeurs républicaines et du désengagement des républicains.

Enfin, ces guerres locales injustes contre le tiers-monde, fondées sur des motifs fallacieux et sans objectifs atteignables, ainsi ces relations internationales inéquitables, alimentent l'immigration et les peurs irrationnelles. Des pays, jadis stables, sont en champ de ruines, jetant ainsi dans le désespoir une masse importante de population sur le chemin de l’exil ; c'est là un plus grand crime contre l'humanité de notre temps.

Plus que jamais luttons pour un monde fondé sur le multilatéralisme, la justice et la fraternité et défendons la République contre les racistes, les menteurs et les imposteurs.


Paris le 15 mars 2019, par Amadou Bal
BA.

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