«Aretha Franklin (1942-2018), Divine Soul Sister», par Amadou Bal BA

La chanteuse américaine Aretha Flanklin qui luttait contre un cancer depuis de nombreuses années, vient de s'éteindre à Détroit à l'âge de 76 ans. Hommage à la reine de la soul.

Aretha ce n’était pas l’artiste qui se battait à coup de poings, dans les halls de l’aéroport d’Orly. Contrairement à ces brutes écervelées avec leur spectacle pitoyable, les batailles d’Aretha, outre l’amour pour son art en portant la Soul music au niveau le plus élevé, concernaient, avant tout, des valeurs comme l’égalité et la promotion des Noirs aux Etats-Unis, le bien-vivre ensemble. Venant d’un milieu très modeste, Aretha a donc mené une lutte acharnée, face aux adversités de la vie pour s’en sortir, et surtout pour améliorer la condition de vie des Noirs. «They are stories about the power and resilience of the human spirit» écrit Toyomi IGIS. Sébastian DANCHIN a tort de considérer qu’Aretha n’était pas politisée : «Je pense qu'une des raisons de son grand succès est sans doute le fait qu'elle n'ait jamais été politisée. Quand on a une conscience politique, et quand on traite des sujets qui sortent de l'espace privé, les producteurs et les gens qui écoutent sont un peu effrayés. C'est pour la même raison que Billie Holiday a eu des problèmes. [...] Aretha n'aborde pas ces sujets dans ses chansons, elle chante sa propre vie, et son contexte immédiat. (…). Elle a une conscience sociale, mais pas politique» écrit ce biographe, avec aussi des théories contestables sur la tyrannie du père d’Aretha, qui l’a en fait soutenue dans son ascension. En réalité, toute l’attitude d’Aretha contredit ces théories fumeuses. Aretha, du temps de la ségrégation raciale, refusait de se produire dans les lieux de spectacle où les Noirs étaient exclus. Aretha, comme son père, ont été, dès le départ, aux côtés de Martin Luther KING (1929-1968) ; ce qui aurait pu gêner sa carrière, le pouvoir économique étant détenu par les ségrégationnistes. Or, le 9 avril 1968, Aretha chante «Precious Lord, Take my Hand» aux obsèques de Martin Luther KING, un ami personnel de son père, qui a été assassiné  ; en 1968, Martin Luther était venu soutenir à Memphis, la ville natale d’Aretha, des éboueurs en grève contre leurs mauvaises conditions de travail ; ils scandaient : «I am a Man». Cette musique liturgique accompagne ainsi la douleur et la foi immense de ceux qui pleurent le rêve d’une Amérique fraternelle brisé. Ainsi, quand,  Martin Luther KING était venu à Détroit, en 1963, c’est le père d’Aretha qui avait organisé cette marche, Aretha chantera à la rencontre, pour récolter des fonds. Aretha chantera également cette chanson gospel, en 1972 plus tard à l’enterrement de Mahalia JACKSON (1911-1972), une égérie de la lutte des droits civiques, avec sa chanson devenue célèbre à tous les meetings de Martin Luther KING : «We Shall overcome» (Nous vaincrons). C’est dans les hymnes, entre Gospel et Rythm and blues, entre sacré et profane, qu’Aretha trouve ses plus beaux accents, comme pour «I say a little prayer». L’album «Amazing Grace» enregistré en 1972 dans un temple baptiste de Los Angeles la porte encore plus haut. Aretha, une chanteuse qui a démarré pourtant en pleine ségrégation raciale, par son art, a pu conquérir tous les publics ; Aretha a donc, de ce fait, abattu, une partie des barrières raciales, non pas à coups de hache, mais par ses chansons envoutantes. Des chanteurs blancs, comme Elvis, commencent alors à imiter la musique noire qui a conquis toute l'Amérique.

Aretha  n’a jamais oublié qu’elle venait du Sud plombé par la misère et le racisme, et ses combats pour la dignité de l’Homme noir, ont été menés, sans concession, jusqu’au bout.  En effet, Aretha est la première à soutenir publiquement Angela DAVIS, des «Blacks Panthers», au moment où c'était risqué de le faire. La musique sensuelle d’Aretha, c’est le son de la conquête des droits ­civiques, du Black Power, ce ­mélange de joie, de Blackness, ce sens de la fierté, notre héritage afro-amé­ricain. Elle a su trans­mettre cette beauté intérieure dans ses chansons qui sont devenues un puissant message dans la lutte contre la ségrégation raciale : «Aretha, for many people, just hearing her name brings powerful music to mind. Her music played a powerful part during a time of change and struggle in American history», écrit Rivera URSULA, une de ses biographes. «Respect» est interprété en 1967, une année importante pour la lutte contre la ségrégation raciale, une année du «Long, Hot Summer», avec une série d’émeutes raciales. La chanson «Respect» est devenue instantanément, «The New Negro national anthem», suivant Toyomi IGIS, un signe de ralliement pour les droits civiques, pour l’émancipation des Noirs, et le mouvement féministe. Sa chanson, «Natural Woman», invite les femmes noires à se libérer de leur complexe qui les inhibe ; les Noirs n’ont plus besoin de s’excuser pour exister. «It’s not cool to be Negro, or Jewish or Italian, or anything else. It’s just cool to be alive, to be around. You don’t have to be a negro to have soul» dit Aretha.  Dans son look et sa manière d’être, Aretha assume son africanité, son identité noire, et a montré, dans les années 70, une image plus afrocentriste, avec des tenues plus sobres et une coiffure afro. En 1964, Aretha déclare au magazine Ebony : «Ils savent, et ils savent que je sais, qu'ils n'ont pas mis tout leur poids derrière moi comme ils l'ont fait pour Barbara Streisand». Influencée par la musique de  deux grandes artistes de gospel, Clara WARD (1924-1973) et Mahalia JACKSON, tout au long de sa carrière, Aretha rendra hommage à Clara WARD en venant chanter, à ses funérailles, «The Day is Past and Gone». Aretha démocratise le «Rythm and Blues», sans pour autant renoncer à son identité noire, démontrant ainsi que la musique peut être un outil pour le combat culturel et politique, pour l’égalité réelle, c’est un signe de révolte et de protestation contre la ségrégation raciale.

Aretha est restée solidaire avec les forces du progrès, notamment à l’occasion de grandes manifestations politiques. Ainsi, Aretha chantera «God Bless America» pour l’investiture du président Jimmy CARTER en 1977, «I dreamed a dream» pour celle de Bill Clinton en 1993. Le président George W. BUSH lui remettra, en 2005 la médaille de la Liberté, la plus haute distinction américaine pour un civil. Présentée comme «The World-Renowned musical artist», nous avons encore en mémoire, le 20 janvier 2009 quand elle est venue chanter, «My Country Tis of Thee», à l’Inauguration Day, pour le nouveau, et premier président noir des Etats-Unis, Barack OBAMA, qui en a été ému jusqu’aux larmes. Après cette performance, les Rolling Stones ont considéré alors qu’Aretha est «one of the most influential and important voices in the history of popular music». Barack OBAMA a salué la mémoire d’Aretha, la «Divine», dans son rôle pour «façonner l'Amérique. Dans sa voix, nous pouvions lire notre histoire, dans son entièreté et dans toutes ses nuances : notre puissance et nos peines, notre côté sombre et notre lumière, notre quête de la rédemption et le respect gagné difficilement» dit l’ancien Président. Les hommages sont unanimes. Pour Bill CLINTON, Aretha, c’est «l'un des plus grands trésors nationaux américains. Elle a remué nos âmes pendant plus de 50 ans. Elle était élégante, gracieuse et fermement intransigeante dans son travail artistique (...) Elle sera à jamais la reine de la soul et beaucoup plus pour tous ceux qui la connaissaient personnellement et à travers sa musique». Hillary CLINTON estime aussi qu’elle «ne mérite pas seulement notre RESPECT, mais également notre reconnaissance éternelle pour avoir ouvert nos yeux, nos oreilles et nos cœurs».

Aretha, Louise FRANKLIN est née le 25 mars 1942 à Memphis, dans le Tennessee. Elle porte les prénoms de deux sœurs de son père. C’est la quatrième enfant de Clarence LaVaughn (1915-1984) et de Barbara Siggers (1936-1952). La musique a une grande importance dans sa famille, son père étant un curé qui officie dans une campagne du Sud corrompue par l’esclavage, la misère et le racisme. En effet, le révérend FRANKLIN était connu pour ses sermons passionnés, et son goût raffiné pour la musique : «The man with Million-dollar voice». Son père était aussi un grand communicateur, il a été le premier à utiliser la radio, pour que son message soit largement diffusé auprès des Noirs isolés dans la campagne du Sud. Quand la famille déménagea, en 1944, à Buffalo, à New York, il créa un nouveau show : «Voice of Friendship», et chante, lors de ses sermons enflammés, encore plus que jamais le gospel. Tout est musique chez son père : «He talked like he was singing. He talked» dira Aretha. Il devint une personnalité connue et reconnue dans la communauté noire, en raison de son engagement contre le racisme. Homme d’église progressiste et engagé aux côtés des pauvres, C.L. FRANKLIN, célèbre au plan national, a aussi été aux côtés du révérend Martin Luther KING dans sa lutte pour les droits civiques.

Aretha passe l’essentiel de sa vie à Détroit, dans le Michigan, et réside à Bloomfield Hill, une proche banlieue boisée de Détroit. Ce qui domine l’enfance et l’adolescence d’Aretha, c’est la figure écrasante et imposante du père, homme d'église, homme d'affaires et homme à femmes, qui lui inculqua un sens rétrograde de la hiérarchie entre les sexes tout en prêchant la tolérance raciale, mais c’est le père qui  lui a aussi apprise à aimer la musique et à ne pas subir l’oppression. Ce père, à la forte personnalité, parfois étouffante, a généré chez Aretha des inhibitions, des complexes, de la timidité, voire des dépressions, mais Aretha a fini par s’affirmer et vaincre tous ces obstacles. En effet, son père, le révérend C.L. FRANKLIN, devient, en 1946, le curé de la New Bethel Baptist Church, fondée en 1932, à Détroit. Son père était ouvert à toutes les catégories de musique (Jazz, Blues, Rythm and Blues, Gospel), il estimait qu’il n’y avait ni musique sacrée, ni musique profane, toutes les musiques viennent de Dieu. Il fut surnommé «The Jazz Preacher». De prestigieux artistes venaient rendre visite à son père, outre Clara WARD et Mahalia JACKSON qui l’ont encouragée et soutenue pour devenir musicienne, il y avait notamment Dinah WASHINGTON (1924-1963), une chanteuse de Jazz, Blues et Gospel, et B.B. KING (1925-2015), un musicien de Blues, Marvin GAYE (1939-1984), Lionel HAMPTON (1908-2002), etc. Aussi, la jeune Aretha, encore adolescente et à 9 ans, démarre dans la musique en accompagnant son père à l’église et dans ses tournées. Son père collectait des fonds pour Martin Luther KING, mais en pleine ségrégation raciale, il n’était pas facile de trouver un restaurant ou un hôtel, lors des déplacements. Chess Records, qui a enregistré les sermons du père, accepte de sortir, en 1956, le premier album de 9 chansons d’Aretha, tirées du gospel. Aretha est alors influencée par Sam COOKE (1931-1964), un musicien de gospel, sur lequel elle fantasmait ; dans sa grande sensualité et sa volupté, ses chansons sont pleines d’allusions sexuelles. Aretha n’a jamais appris à lire la musique, mais elle sait jouer du piano. Dans une famille de musiciens, Aretha se passionne, dès son enfance pour le gospel, et aime aussi le Rythm and Blues ainsi que le Jazz. De sa foi, elle tire l’énergie de son chant. À l’instinct, Aretha maîtrise le crescendo, sait jouer du silence et du cri, trouve les rythmes et les ruptures qui transcendent son chant, et la ferveur qui prend aux tripes. Aretha a tout, tout de suite : un timbre de voix hors norme qu’elle conservera toute sa vie durant, une oreille absolue, une technique saisissante dès l’enfance, une voix de quatre octaves, une capacité à maîtriser la dramaturgie du gospel et à en répandre l’émotion sacrée. A 9 ans, Aretha enregistre deux disques, en choriste de son père, chez Gotham Records, et à 11 ans, elle devient soliste dans la chorale de son église.

Aretha sait ce qu’elle veut et se donne les moyens pour atteindre ses objectifs : «What you want/Baby, I got it». À 18 ans, en 1960, Aretha confie ses deux fils à sa grand-mère, et part à New York, pour rejoindre un manager, John HAMMOND qui a découvert Billie HOLIDAY et Count BASIE, et la fait signer un contrat chez Columbia. Aretha sort son premier disque important, «The Great Aretha Franklin». Mais Columbia veut la cantonner dans le répertoire du Jazz, Blues ou Pop, où elle a du mal à décoller, même après plus de 12 albums. Aretha, elle-même croyait que la Soul, c'est «juste vivre et se débrouiller». Il est vrai qu’à cette époque, même l’industrie de la musique est pourrie par la ségrégation raciale, avec un hit-parade pour les Blancs et un autre pour les Noirs. Les arrangements étaient censés être adaptés aux goûts de chaque groupe ethnique, et aucune liberté n’était laissée à Aretha chez Columbia. «Ça ne marche pas si mal, mais ça n'est pas une superstar, on a voulu en faire une chanteuse de jazz de cabaret. Ce qu'elle est capable de faire, ce qu'elle a envie de faire parce que le jazz, pour quelqu'un de sa génération et de sa communauté, c'est la musique de l'élite, une musique intellectuelle, et donc quelque chose de prestigieux. Mais il faut voir qu'à l'intérieur de la communauté noire il y a des gradations presque sociales dans les musiques. [...] Il y a toujours ce complexe des musiciens de jazz face aux classiques. Le gospel, ça c'est accepté par tout le monde, c'est l'âme de cette communauté, mais à partir du moment où l'on devient une chanteuse profane, une chanteuse de jazz comme Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, ça c'est prestigieux. Mais ça lui attire quoi comme public ? Très peu de gens dans sa communauté. Donc elle va changer de maison de disques» écrit Sébastien DANCHIN, un de ses biographes.

Avec l’aide de son mari devenu son manager, Ted WHITE, Aretha finira par rejoindre la maison de disque Atlantic, une petite maison de disques indépendante, spécialisée dans la musique noire. Le producteur discographique, Jerry WEXLER (1917-2008), est un Blanc né dans le Bronx, un quartier noir à New York, et qui, contrairement aux méthodes rigides de Columbia, donne, désormais, à Aretha une certaine autonomie, notamment la liber de choisir ses instruments, ses chansons et de les arranger. Aretha va donc s’investir dans la Soul Music, registre dans lequel elle s’impose comme un phénomène talentueux, génial, triomphant, insolent, avec un mélange de gospel et de Pop. Son premier single, «I Never Loved a Man the Way I Love You», une histoire de femme qui ne pouvait pas se résoudre à abandonner un homme pourtant tyrannique ; ce tube chez Atlantic, largement diffusé à la radio, s’est vendu, en 2 semaines, à plus de 250 000 exemplaires. L’album comptait 5 chansons, dont «Respect» une chanson d’Otis REDDING (1941-1967), disparu la même année, ce tube devient un hymne de libération, d’affirmation féministe et de provocation sexuelle. En réaction à ce succès, Otis REDDING avait dit «J’ai perdu ma chanson, cette fille me l’a prise». En cette année 1967, la situation est encore dure pour la jeunesse noire, discriminée, sans éducation ni emploi et les émeutes raciales se multiplient. Cette chanson, c’est le cri d’une femme noire, le son d’une époque. Dans «Respect» elle se fait l'avocate du droit des femmes «tout ce que je te demande, mon chéri, quand tu reviens à la maison, c'est de me respecter», chante-t-elle en direction de son premier mari qui la battait. Aretha veut aussi que les Noirs soient respectés dans leur dignité et leur authenticité d’hommes. Ce succès qui lui rapporte un Grammy Award, c’est aussi le timbre de sa voix exceptionnelle qu’elle a toujours conservé. Le New York Times a qualifié cette voix captivante de : «One of the glories of american music». En 1968, elle sort «Lady Soul». Le maire de Détroit déclare, pour sa ville, le 16 février 1968, une journée pour Aretha FRANKLIN qui a donné, en soirée, un concert à guichet fermé, tous les billets étant vendus. Martin Luther KING a assisté à ce concert, et demandé à écouter «Precious Lord». Cette même année, Aretha entame une tournée dans 5 pays européens (France, Allemagne, Hollande, Suède et Italie) et fait un triomphe à l’Opéra de Paris. En août 1968, en raison de sa notoriété et des combats pour l’égalité, elle chante à la convention du Parti démocrate américain. Une des conditions de sa percée, c’est d’avoir une bonne composition et une chanson qui a du sens, puis elle s’adapte : “I look for a good lyric, a good melody, something meaningful. When I get into the studio, I put everything in it. Even the kitchen sink. I’m a very versatile vocalist. That’s why I think, I singer should be. What ever it is, I can sing it”.

Aretha sort de l’anonymat et de sa timidité, devient célèbre, prend confiance en elle-même, et enchaîne avec des tubes à succès comme : «Respect», «Think», «The Chain of Fools». Aretha vend plus de 6 millions de single, et par 20 fois, elle caracole au sommet des Hits. Dans sa carrière, Aretha a remporté 21 disques d’or et 18 Grammy Awards. Aretha reste, aujourd'hui encore, la chanteuse a avoir vendu le plus de disques vinyles de tous les temps. On lui affuble, alors, le surnom de «Queen of Soul». La comédie musicale, «Les Blues Brothers», en 1980, l’a rendue encore plus célèbre. En 1999, dans son autobiographie, elle s’estimait comblée par Dieu, et qu’elle avait des projets, et que le meilleur est encore à venir : «I have dreams for the future. God has been good to me ; my life has been and is rewarding, exciting, and creative. And surely, is yet to come. There are many songs that I want to sing. And sing». Pourtant, Aretha, dans sa vie a affronté, victorieusement, différents obstacles. Ses parents se sont séparés quand elle avait 6 ans, sa mère, installée alors à Buffalo, est décédée relativement jeune, en 1952, d’un infarctus du myocarde. La vie amoureuse d’Aretha a été particulièrement chaotique ;  elle a été mère célibataire de deux garçons à partir de ses 14 ans. Mariée, en 1961, Ted WHITE, rencontré à Détroit, chez Dinah WASHINGTON, mais un homme à femmes, dépendant de l’alcool, qui la battait. Elle divorce de Ted WHITE en 1969. En juin 1968, Times Magazine lui consacre la une, mais avec des indiscrétions blessantes sur sa vie privée (Obésité, addictions, dépression et violences conjugales). Le 11 avril 1978, Aretha quitte Ken CUNNINGHAM pour se marier avec Glynn TURMAN (né en 1947), un artiste qui travaille pour le cinéma et la télévision rencontré à Los Angeles. Ce qui donnera l’opportunité à Aretha de jouer en 1980, dans le film «Les Blues Brothers». Son père, C.L FRANKLIN, confronté à des addictions (alcool et drogue), victime d’une attaque armée d’un voleur, le 10 juin 1979, restera dans le coma pendant 5 ans, et décédera le 27 juillet 1984. En 1981, Aretha remporte un Grammy Award  pour sa chanson «Hold I am coming» ; ce qui restaure son moral. En 1982, son mariage avec Glenn TRUMAN battait de l’aile, Aretha quitte Los Angeles pour se réinstaller à Détroit. En 1984, Aretha signe un contrat pour une tournée autour des chansons de Mahalia JACKSON, mais n’ayant pas honoré son engagement,  elle sera obligée de payer une pénalité de 200 000 dollars au producteur. Mais en 1985, Aretha a su rebondir, grâce au producteur Narada Michael WALDEN autour d’un album «Who’s Zoomin’ Who ?» et chante en duo, avec Annie LENNOX du groupe Eurythmics, «Sisters are doing it for Themselves». En 1987, Aretha remporte un Grammy Award sur un duo, avec George MICHAEL, «I Know you were waiting for Me». Sa soeur Carolyn, décède d’un cancer le 25 avril 1988. Son frère, Cecil, aussi disparait en décembre 1989, en raison de cette maladie. Aretha fera un exceptionnel concert, salué par tous les critiques, comme une réussite, à la radio City Music Hall, à New York. En 1994, Aretha est récompensée du Grammy Lifetime Achievement.

Depuis 2010, Aretha s’est battue, jusqu’au bout, courageusement, dignement et honorablement, contre cette maladie monstrueuse. Le 29 décembre 2015, celle que l'on surnommait «la reine de la soul», était montée sur la scène des Kennedy Center Honors de Washington, qui célébrait alors la carrière de cinq artistes dont Rita MORENO, George LUCAS et Carole KING. Installée derrière son piano elle avait interprété «You Make Me Feel Like a Natural Woman». Atteinte d’un cancer du pancréas, comme sa sœur et son frère, elle est morte le 16 août 2018. The day is past and gone. The evening shades appears.  O, may we all remember well the night of death draws near” (Le jour est passé, puis parti. Les ombres du soir apparaissent. O pouvons-nous tous bien nous souvenir que la nuit de la mort approche), chantait Aretha, en 1965, «The Day is Past and Gone».

We pray for our Soul Sister : Respect and Rest in Peace !

Bibliographie sélective

1 – Ouvrages de Aretha Franklin

FRANKLIN (Aretha), HAAG (John, L), Aretha Franklin, the Queen of Soul, Creative Concept, 1994, 96 pages ;

FRANKLIN (Aretha), RITZ (David), Aretha : From these Roots, New York, Wilard, 1999, 298 pages.

2 – Critiques de Aretha Franklin

BARNARD (Stephen), Aretha Franklin, Unanimous, 2001, 144 pages ;

BEGO (Mark), Aretha Franklin, The Queen of Soul, New York, Saint Martin’s Press, 1989, 378 pages ;

CARROLL (Jillian), Aretha Franklin, Chicago, Raintree, 2004, 64 pages ;

DANCHIN (Sébastian), Aretha Franklin : portrait d’une natural woman, Paris, Buchet-Chastel,  2005, 417 pages ;

GOURSE (Leslie), Aretha Franklin : Lady Soul, New York, F. Watts, 1995, 170 pages ;

HASKINS (James), Black Music in America, a History from the People, New York, T.W Crowell, 1987, 198 pages ;

IGIS (Toyomi), FREEMAN ELLIS (Veronica), WILSON WESLEY (Valerie), Great Women in the Struggle, préface de Collection Book of Black Heroes, vol. 10, 107 pages, spéc 9 pages 60-61 ;

LEHR WAGNER (Heather), Aretha Franklin : Singer, Chelsea House Publishers, 2010, 105 pages ;

MacAVOY (Jim), Aretha Franklin, Chelsea House Publishers, 2002, 112 pages ;

MEDINA (Nico), Who is Aretha Franklin ?, New York, Penguin, 2018, 112 pages ;

OLSEN (James, T.), Aretha Franklin, Creative Education, 1974, 27 pages ;

RITZ (David), Respect : The Life of Aretha Franklin, Hachette UK, 2014, 528 pages ;

RIVERA (Ursula), Aretha Franklin, New York, Rosen central, 2003, 112 pages ;

SHEAFER (Silvia, Ann), Aretha Franklin : Motown Superstar, Springfield, NJ, Enslow, 1996, 138 pages ;

WARNER (Jenifer), Respect : The Life and Times of Aretha Franklin, BookCaps Study Guide, 2014, 70 pages.

Paris, le 16 août 2018, par M. Amadou Bal BA.

 

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