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Billet de blog 19 oct. 2021

"Colin POWELL, l'Irak, une tache" par Amadou Bal BA

Colin POWELL (1937-2021), chef d'Etat major, 1er Noir Sécrétaire d'Etat aux Etats-Unis, portait également en lui une grande part d'ombre pour ses actions au Vietnam, au Panama, ses fausses armes chimiques en Irak. Une faute grave qu'il a admise, "une tache" dans son existence. Jacques CHIRAC a refusé cette guerre injuste.

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«Colin POWELL (1937-2021) : que faudrait-il retenir de Lui ?» par Amadou Bal BA - 

Disparu le 18 octobre 2021, Colin POWELL, chef d'Etat major des armées américaines, est le premier Secrétaire d'Etat noir aux États-Unis, en 200 ans d'indépendance. Il a donc ouvert la voie à d'autres personnes talentueuses, mais souvent écrasées par les préjugés. Colin POWELL est un enfant d'immigrants jamaïcains défavorisés. Son père, Luther Theophilis POWELL (1898-1978), né en Jamaïque, issu d’une famille nombreuse, immigre aux Etats-Unis ; il était d’abord employé comme jardinier dans de riches propriétés du Connecticut, puis concierge à Manhattan, et deviendra, par la suite, contremaître chez Ginsburg, un fabricant de vêtements. Sa mère, Maud ARIEL, dite «Arie» (1901-1984), aînée d’une fratrie de neuf enfants, a terminé ses études secondaires ; elle était sténographe dans un cabinet d’avocats en Jamaïque. Sa grand-mère maternelle, Gram Alice McKOY, née COOTE (1877-1956), une mulâtre issue de divers mélanges de sang africain, anglais, juif, irlandais et arawak, après son divorce, a pris la décision d’immigrer, avec toute sa famille, d’abord au Panama, puis à Cuba et enfin aux Etats-Unis. Tous ses deux parents sont Démocrates et sa mère, une couturière, est membre du syndicat du vêtement.

Colin POWELL est né le 5 avril 1937, à Morningside Avenue, à Harlem, (New York). Il a une grande sœur, plus âgée que lui de 5 ans, Marilyn POWELL BERNS (1931-2005). En 1941, ses parents déménagent dans le Sud de Bronx, appelé Hunts Point. Le jeune Colin, gardé par sa grand-mère, a connu la jungle de la rue. Ce quartier de Bronx passe pour «un vrai dépotoir urbain, avec des rues entières de maisons calcinées, des trottoirs jonchés d’ordures, des parkings envahis de mauvaises herbes, les junkies, les proxénètes, les prostituées, les fous dangereux, les tueurs de flics» écrit Colin POWELL dans ses mémoires «un enfant du Bronx». Ce qui dominait dans son quartier, c’était une tolérance raciale. La majeure partie des familles noires se connaissaient ; ce sont des immigrants venus de la Jamaïque, de Trinidad ou de la Barbade. Plus tard, le jeune Colin connaîtra, pour la première fois, un sentiment d’identité raciale, une conscience d’appartenir à une minorité. Cependant, le monde dans lequel il vivait était celui du melting-pot. Il n’y avait pas de majorité. Chacun appartenait à la minorité. Les règlements de compte se traduisaient, souvent, par un besoin de venger une insulte ou une blague raciste. Il trouve que les Noirs originaires des Antilles sont snobs et arrogants ; ils étaient mieux éduqués que les autres. Colin POWELL n’a pas le même rapport à l’esclavage que les Noirs américains descendants d’Afrique «Mon père et ma mère ont choisi de venir ici (Amérique) pour les mêmes raisons qui ont poussé les Italiens, les Irlandais ou les Hongrois ; parce qu’ils voulaient de meilleures conditions de vie pour eux et leurs enfants» écrit-il. On comprend mieux ses idées conservatrices.

En dépit de ses origines particulièrement modestes, Colin POWELL a su se hisser au sommet de l'Etat et de l'armée ; il a donc gravi la montagne raciale, «The racial Mountain», comme le dirait le poète américain, Langston HUGHES.

Mais est-ce suffisant ?

Dans la vie d'un Homme, il y a souvent quelque chose de positif ou de négatif qui cristallise son existence, pour en faire un héros ou un paria.

Le Vietnam, le Nicaragua et le Panama n’ont rien de glorieux dans ces combats de l'Oncle Tom.

Colin POWELL a menti, devant le Conseil de sécurité, le 5 février 2003, en exhibant de fausses preuves sur des prétendues armes chimiques en Irak. En effet, Colin POWELL a reconnu, dans ses mémoires, que ce gros mensonge est une tache indélébile dans l'histoire de sa vie. Il prétend qu'il aurait été abusé par les services qui lui auraient remis des rapports falsifiés. Dans tous les cas, ou bien il a été naïf ou bien il a accepté d'être abusé ; ce qui n'est pas glorieux.

Saddam HUSSEIN a été pendu, son pays ravagé et les Occidentaux continuent à invoquer des menaces fallacieuses de terrorisme ou d'islamisme pour mener des guerres locales injustes. Le plus souvent il s'agit de guerres du pétrole. En dépit de leurs moyens militaires, financiers et humains, ainsi qu’une savante propagande, les Occidentaux, dans leur guérilla contre les faibles, n'ont jamais gagné aucune de ces guerres coloniales, fort injustes et immorales. Pourquoi donc tant de larmes, de sang, de vies gâchées et d'argent gaspillé, pour des résultats médiocres ?

Pourtant, «Pas de guerre, sans but préalablement défini» écrit Colin POWELL dans ses mémoires, à la suite du fiasco au Vietnam. Il était, en 1963, capitaine pour conseiller les Vietcongs. Le Vietnam se révélera un enfer pour les Américains. 

Par conséquent, je ne comprends pas ce besoin irrépressible des forces du Chaos de «surveiller et punir», en référence au titre d'un ouvrage de Michel FOUCAULT, un philosophe français (voir mon article).

Tout cet argent aurait pu servir à des projets utiles pour la société (logements, infrastructures, santé publique, énergies renouvelables, réindustrialisation, recherches scientifiques, pouvoir d'achat).

Marié, en 1962, à Alma Vivian JOHNSON, originaire de l'Alabama, Colin POWELL a eu trois enfants : un fils, Michael et deux filles : Linda et Annemarie.

Colin POWELL écrivait dans ses mémoires «J’ai eu une belle vie, grande et remplie vie».

 Référence

POWELL (Colin), Enfant du Bronx, avec la collaboration de Joseph E Persico, Paris, Odile Jacob, 1995, 550 pages.


Paris, le 19 octobre 2021 par Amadou Bal BA - 

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