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Billet de blog 22 oct. 2021

"Georges BRASSENS, libertaire, chanteur" par Amadou Bal BA

Georges BRASSENS, libertaire, autodidacte avait une ambition littéraire. Il finira par composer ses chansons pour le petit peuple. C'est le cabaret de Patachou et sa chanson, "Gare aux Gorilles qui le révèlent. En ce 22 octobre 2021, Georges BRASSENS aurait eu 100 ans. La mairie du XIVème ardt lui rend hommage.

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«Georges BRASSENS (1921-1981) un musicien libertaire qui voulait être homme de lettres» par Amadou Bal BA - 

Georges BRASSENS aurait eu 100 ans le 22 octobre à Sète (Hérault, Occitanie) et mort le 29 octobre 1981 à Saint-Gély-du-Fesc (Hérault). Son père Jean-Louis BRASSENS (1881-1965), originaire Castelnaudary (Aude, Occitanie), était maçon. Issu d’une famille originaire de Castelnaudary son grand-père, Jules BRASSENS (1851-1940), comme son arrière-grand-père, Louis BRASSENS (1818-1890), étant issus d’une famille de tuiliers et de plâtriers, son père voulait que Georges BRASSENS continua ce métier. Sa mère, Elvira DAGROSA (1887-1962), née et morte à Sète, avait une fille, Simone DAGROSA (1912-1994) de son précédent mariage avec Adolphe COMTE. Sa mère, la fille d’un Italien d’origine napolitaine, Michel DRAGOSA (1856-1916), l’a initié à la chanson italienne «Elle chantait d'abord des chansons italiennes, elle était napolitaine ma mère. J'avais ce répertoire des chansons italiennes. Et en ce temps-là, tout le monde chantait» dit-il dans un entretien, en 1979, à France Culture. Sa mère, repasseuse et très pieuse, «adorait la musique» mais «ne voulait pas du tout voir son fils devenir musicien» dit Georges BRASSENS ; aussi elle n'a jamais assisté à ses concerts.

Autodidacte et libertaire, Georges BRASSENS est attaché à la liberté au refus de toute soumission, à l’Eglise, aux militaires, et surtout à l’ordre politique. «Les militaires obéissent, sans chercher à comprendre, moi je désobéis, sans chercher à comprendre» dit BRASSENS, un athée et rebelle. «C'est un anarchiste pour rire !» écrit Jean-Claude LAMY. C’est un artiste solitaire refusant les mondanités «Je suis un ours, un type qui envoie promener tout le monde. Je n’ai pas envie d’aller à droite ou à gauche. On en a déduit que j’étais un ours, un sauvage» dit-il. Selon son biographe, Georges BRASSENS est un faux sauvage, fruste et intellectuel à la fois, antimilitariste et patriote, anticlérical et respectueux de la religion, «il dissimulait en effet un croyant malgré lui»  écrit Jean-Claude LAMY. En effet, Georges BRASSENS partage des valeurs profondément humanistes à connotations chrétiennes, au nom d'une foi qui dépasse la dimension religieuse et le rend plus chrétien que les vrais Chrétiens. «Pour moi, l’anarchie, c’est le respect des autres ; une certaine attitude morale. Je n’ai pas de solution, ni d’idéal, ni de solution collective surtout» dit-il à Jacques CHANCEL dans «Radioscopie» du 20 novembre 1971.

Georges BRASSENS avait une religion de l’amitié. En effet, «Gibraltar», ou Pierre Onténiente, qui aura été non seulement, de tous les proches de l'artiste, l'ami par excellence, mais aussi le «copain d'abord», celui qui ne l'a jamais quitté d'une semelle du jour où ils se sont connus, en 1943, au camp de Basdorf en Allemagne, où les deux hommes avaient été enrôlés dans le Service du travail obligatoire, jusqu'à celui de la mort de l’artiste. Pudique et généreux, extrêmement cultivé et tourmenté jusqu'à ses derniers jours par une angoisse métaphysique. Georges BRASSENS, d'une grande noblesse d'esprit, était «un mécréant de Dieu» écrit Jacques VASSAL.

Georges BRASSENS avait pour ambition d'être un homme de lettres. Résidant une impasse dans le XIVème arrondissement de Paris, convaincu de son talent littéraire, Georges BRASSENS écrit et chante, mais personne ne fait attention à lui. Refusant de se marier et n'ayant pas encore de travail rémunéré, Georges BRASSENS avait choisi de dépendre financièrement de femmes mariées qu'il courtisaient.

Georges BRASSENS a fini par comprendre que les mots ont également une puissance inégalée en musique. Celui que l’on surnommait «le Hursite» savait mélanger l’ancien et le moderne. En 1952, c'est au cabaret de Henriette RAGON, dite Patachou (1918-2015), à Montmartre, à Paris, qu'il entamera sa carrière musicale et pourra désormais vivre de son art. «Au début Brassens chantait une chanson, puis deux, et petit à petit, il s’est habitué à la scène» dit Patachou. En fait, Georges BRASSENS est un grand timide «J’aime chanter surtout quand je ne suis pas en scène, parce que j’ai assez le trac» avoue-t-il.

Sa chanson, «gare au gorille», une allusion à un slogan anarchiste suivant lequel la France d'en bas baiserait la bourgeoisie et tout ce qui représenterait l'autorité a choqué les âmes prudes. «Je t’écris parce que par ta voix, j’ai entendu Satan. J’ai eu peine à en croire à mes oreilles» lui écrit une protestataire. «Que tu nous emmerdes, nous les croquants, les bourgeois, les calotins, les gendarmes et les braves gens, cela est ma foi tout naturel, et ne nous étonnes pas ! Par qui, par quoi peut-on être emmerdé autrement que par la merde» écrit une autre personne. En effet, à cette époque-là France conservatrice le combattait pour son langage jugé peu châtié. Il fut interdit d'antenne et ostracisé. La reconnaissance viendra du petit peuple qui s'est reconnu dans sa croisade contre l'autorité et son insoumission.

Sa salle de spectacle fétiche sera Bobino où il se produira plus de 12 fois. La maison de disque, Philipps booste sa carrière et assure la carrière d'un artiste refusant les mondanités.

Georges BRASSENS disparaît des suites d’une cancer, le 29 octobre 1981, à l’âge de 58 ans. Il est enterré sa ville natale, Sète «J’aime beaucoup Sète ; c’est la ville où je suis né. Si j’avais à choisir une ville après Paris, je choisirai Sète» dit-il.

Références

 BATTISTA (Eric), Georges Brassens, souvenirs, entretiens et ressouvenirs, Paris, éditions Equinoxe, 2011, 433 pages ;

BONAFE (Alphonse), Georges Brassens, poète d’aujourd’hui, Paris, Seghers, 2007, 269 pages ;

BOVAY (Gilbert), Georges Brassens, une mauvaise réputation, Paris, Consart, 2011, 97 pages ;

ECLIMONT (Christian-Louis), Georges Brassens, par ses chansons, Paris, Presses de la Cité, 2011, 273 pages ;

LAMY (Jean-Claude), Brassens, le mécréant de Dieu, Paris, Albin Michel, 2004, 320 pages ;

ROCHARD (Loïc), Brassens par Brassens, préface de René Fallet, Paris, Le Cherche Midi, 2005 et 2021, 269 pages ;

VASSAL (Jacques), Brassens, le regard de Gibraltar, Paris, Fayard-Chorus, 2006, 293 pages.

Paris, le 22 octobre 2021 par Amadou Bal BA -

«Georges BRASSENS (1921-1981) un musicien libertaire qui voulait être homme de lettres» par Amadou Bal BA - 

Georges BRASSENS aurait eu 100 ans le 22 octobre à Sète (Hérault, Occitanie) et mort le 29 octobre 1981 à Saint-Gély-du-Fesc (Hérault). Son père Jean-Louis BRASSENS (1881-1965), originaire Castelnaudary (Aude, Occitanie), était maçon. Issu d’une famille originaire de Castelnaudary son grand-père, Jules BRASSENS (1851-1940), comme son arrière-grand-père, Louis BRASSENS (1818-1890), étant issus d’une famille de tuiliers et de plâtriers, son père voulait que Georges BRASSENS continua ce métier. Sa mère, Elvira DAGROSA (1887-1962), née et morte à Sète, avait une fille, Simone DAGROSA (1912-1994) de son précédent mariage avec Adolphe COMTE. Sa mère, la fille d’un Italien d’origine napolitaine, Michel DRAGOSA (1856-1916), l’a initié à la chanson italienne «Elle chantait d'abord des chansons italiennes, elle était napolitaine ma mère. J'avais ce répertoire des chansons italiennes. Et en ce temps-là, tout le monde chantait» dit-il dans un entretien, en 1979, à France Culture. Sa mère, repasseuse et très pieuse, «adorait la musique» mais «ne voulait pas du tout voir son fils devenir musicien» dit Georges BRASSENS ; aussi elle n'a jamais assisté à ses concerts.

Autodidacte et libertaire, Georges BRASSENS est attaché à la liberté au refus de toute soumission, à l’Eglise, aux militaires, et surtout à l’ordre politique. «Les militaires obéissent, sans chercher à comprendre, moi je désobéis, sans chercher à comprendre» dit BRASSENS, un athée et rebelle. «C'est un anarchiste pour rire !» écrit Jean-Claude LAMY. C’est un artiste solitaire refusant les mondanités «Je suis un ours, un type qui envoie promener tout le monde. Je n’ai pas envie d’aller à droite ou à gauche. On en a déduit que j’étais un ours, un sauvage» dit-il. Selon son biographe, Georges BRASSENS est un faux sauvage, fruste et intellectuel à la fois, antimilitariste et patriote, anticlérical et respectueux de la religion, «il dissimulait en effet un croyant malgré lui»  écrit Jean-Claude LAMY. En effet, Georges BRASSENS partage des valeurs profondément humanistes à connotations chrétiennes, au nom d'une foi qui dépasse la dimension religieuse et le rend plus chrétien que les vrais Chrétiens. «Pour moi, l’anarchie, c’est le respect des autres ; une certaine attitude morale. Je n’ai pas de solution, ni d’idéal, ni de solution collective surtout» dit-il à Jacques CHANCEL dans «Radioscopie» du 20 novembre 1971.

Georges BRASSENS avait une religion de l’amitié. En effet, «Gibraltar», ou Pierre Onténiente, qui aura été non seulement, de tous les proches de l'artiste, l'ami par excellence, mais aussi le «copain d'abord», celui qui ne l'a jamais quitté d'une semelle du jour où ils se sont connus, en 1943, au camp de Basdorf en Allemagne, où les deux hommes avaient été enrôlés dans le Service du travail obligatoire, jusqu'à celui de la mort de l’artiste. Pudique et généreux, extrêmement cultivé et tourmenté jusqu'à ses derniers jours par une angoisse métaphysique. Georges BRASSENS, d'une grande noblesse d'esprit, était «un mécréant de Dieu» écrit Jacques VASSAL.

Georges BRASSENS avait pour ambition d'être un homme de lettres. Résidant une impasse dans le XIVème arrondissement de Paris, convaincu de son talent littéraire, Georges BRASSENS écrit et chante, mais personne ne fait attention à lui. Refusant de se marier et n'ayant pas encore de travail rémunéré, Georges BRASSENS avait choisi de dépendre financièrement de femmes mariées qu'il courtisaient.

Georges BRASSENS a fini par comprendre que les mots ont également une puissance inégalée en musique. Celui que l’on surnommait «le Hursite» savait mélanger l’ancien et le moderne. En 1952, c'est au cabaret de Henriette RAGON, dite Patachou (1918-2015), à Montmartre, à Paris, qu'il entamera sa carrière musicale et pourra désormais vivre de son art. «Au début Brassens chantait une chanson, puis deux, et petit à petit, il s’est habitué à la scène» dit Patachou. En fait, Georges BRASSENS est un grand timide «J’aime chanter surtout quand je ne suis pas en scène, parce que j’ai assez le trac» avoue-t-il.

Sa chanson, «gare au gorille», une allusion à un slogan anarchiste suivant lequel la France d'en bas baiserait la bourgeoisie et tout ce qui représenterait l'autorité a choqué les âmes prudes. «Je t’écris parce que par ta voix, j’ai entendu Satan. J’ai eu peine à en croire à mes oreilles» lui écrit une protestataire. «Que tu nous emmerdes, nous les croquants, les bourgeois, les calotins, les gendarmes et les braves gens, cela est ma foi tout naturel, et ne nous étonnes pas ! Par qui, par quoi peut-on être emmerdé autrement que par la merde» écrit une autre personne. En effet, à cette époque-là France conservatrice le combattait pour son langage jugé peu châtié. Il fut interdit d'antenne et ostracisé. La reconnaissance viendra du petit peuple qui s'est reconnu dans sa croisade contre l'autorité et son insoumission.

Sa salle de spectacle fétiche sera Bobino où il se produira plus de 12 fois. La maison de disque, Philipps booste sa carrière et assure la carrière d'un artiste refusant les mondanités.

Georges BRASSENS disparaît des suites d’une cancer, le 29 octobre 1981, à l’âge de 58 ans. Il est enterré sa ville natale, Sète «J’aime beaucoup Sète ; c’est la ville où je suis né. Si j’avais à choisir une ville après Paris, je choisirai Sète» dit-il.

Références

 BATTISTA (Eric), Georges Brassens, souvenirs, entretiens et ressouvenirs, Paris, éditions Equinoxe, 2011, 433 pages ;

 BONAFE (Alphonse), Georges Brassens, poète d’aujourd’hui, Paris, Seghers, 2007, 269 pages ;

 BOVAY (Gilbert), Georges Brassens, une mauvaise réputation, Paris, Consart, 2011, 97 pages ;

 ECLIMONT (Christian-Louis), Georges Brassens, par ses chansons, Paris, Presses de la Cité, 2011, 273 pages ;

 LAMY (Jean-Claude), Brassens, le mécréant de Dieu, Paris, Albin Michel, 2004, 320 pages ;

 ROCHARD (Loïc), Brassens par Brassens, préface de René Fallet, Paris, Le Cherche Midi, 2005 et 2021, 269 pages ;

 VASSAL (Jacques), Brassens, le regard de Gibraltar, Paris, Fayard-Chorus, 2006, 293 pages.

 Paris, le 22 octobre 2021 par Amadou Bal BA - 

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