«Génocide des Peuls en Afrique» par M. Amadou Bal BA

«Le génocide des Peuls en Afrique : un crime contre l’humanité» par M. Amadou Bal BA

 

Quand François HOLLANDE, attiré par l'uranium et l'odeur des matières premières précieuses, se targue d'avoir sauvé le Mali de l'avancée des jihadistes, il a menti par omission. Ce qu'on appelle, au Mali, l'islamisme c'est purement et simplement le massacre des Peuls soit par l'armée, soit par les Dogons, comme ce week-end avec 135 personnes tuées. Il faut arrêter ce massacre ; nous en appelons à la communauté internationale et au président Macky SALL, en particulier.

Les Peuls, 65 millions de personnes, sans doute venus d'Égypte, sont présents dans plus de 30 pays africains ; mais ils sont souvent victimes d'odieux crimes, dans l'indifférence totale. Ainsi en Guinée, sous Sékou TOURE, ce dictateur ayant échappé à quatre attentats de la Françafrique, avait inventé le concept de «complot Peul». Sékou TOURE avait ainsi liquidé ses opposants Peuls, dont le Secrétaire général de l'OUA, Boubacar DIALLO Telli (1925-1977). Les autres ont été détenus dans le sinistre camp BOIRO.

Le président Alpha CONDÉ de la Guinée, celui a déroulé le tapis rouge au putschiste Abdoulaye WADE, est connu pour ses nombreux massacres de Peuls. En difficulté devant Cellou Dalein DIALLO, aux élections de 2010 qui avait eu 47% des voix au 1er tour, Alpha CONDÉ n'a dû sa victoire qu'avec l'appui de la Françafrique, et en particulier de Vincent BOLLORÉ depuis lors mis en examen en France. Alpha CONDÉ ne connaît que le crime comme seule réponse à une demande de démocratie sincère et authentique.

La Mauritanie, cet Etat esclavagiste et raciste, avait, en 1989, massacré des Peuls et expulsé 70 000 autres au Sénégal. Cet État n'hésite pas de tirer sur nos pêcheurs ou de les expulser massivement.

En République centrafricaine, au Nigéria au Tchad, et pendant longtemps en Gambie, sous prétexte de lutte contre le fondamentalisme, au Niger, au Togo, au Bénin, en Côte-d’Ivoire partout les Peuls sont encore pourchassés et massacrés.

Au Sénégal où l'opposition est souvent bavarde et pleurnicharde, enfermée dans des débats oiseux, préférant dénoncer à-tout-va : «le Neddo Ko Bandoum», est devenue subitement silencieuse, face à ces crimes odieux contre l'humanité. Mais il y a des mots qui tuent, des silences complices et coupables. Notre Sénégal harmonieux et tolérant mériterait bien d'être défendu, plus énergiquement, contre toute tentation d’ethnicité, de populisme et de démagogie.

Dans les pays occidentaux, quand ce sont des gens du tiers-monde qui meurent la Tour Eiffel n'est pas éteinte, les chaînes de télévision d'information continue s'en foutent carrément, et aucun politicien ou associatif repu de subventions n'appellent à manifester à la Place de la République. C'est toujours cette indignation sélective et cette défense des droits de l'homme à géométrie variable, comme s'il y avait encore une hiérarchie de la valeur des vies : les sacrées et celles qui seraient quantité négligeable. On en revient à cette conception esclavagiste, colonialiste et ethnique de la démocratie.

Face à ces massacres répétitifs, impunis : Trop c'est trop.

Il est temps d'arrêter ces massacres, de dénoncer ces criminels et de les traduire devant la justice internationale pour crime contre l'humanité.

Pour un bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel !

Paris, le 24 mars 2019, par Amadou Bal BA

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