"Ruth GINSBURG, Politique et mort d'une Juge " par Amadou Bal BA

La disparition de la juge Ruth GINSBURG (1933-2020) et ses lourdes conséquences politiques aux Etats-Unis. Si Donald TRUMP nommait un juge conservateur à la Cour suprême, cela aurait des conséquences graves sur les droits des minorités, le système de santé ou la défense de l'environnement ou l'arbitrage des élections du 3 novembre.

La disparition de la juge Ruth GINSBURG (1933-2020) et ses lourdes conséquences politiques aux Etats-Unis

Juste avant de disparaître, la juge à la Cour suprême des États-Unis, Ruth Bader GINSBURG formulait un puissant souhait, à savoir que son remplaçant soit nommé après les élections du 3 novembre 2020. « Mon souhait le plus cher est que je ne sois pas remplacée avant qu'un nouveau Président soit en poste» avait-elle dit à sa petite-fille, Clara SPERA. La juge GINSBURG estime que l'Amérique est entrée, sous Donald TRUMP, dans une grave turbulence et que ce président démagogue n'est pas disposé à accepter son éventuelle défaite. Donald TRUMP est perçu comme une menace pour la démocratie américaine, il n’acceptera le résultats des présidentielles du 3 novembre 2020 que s’il lui est favorable.

C’est la première fois qu’un juge à la Cour suprême décède à une échéance très proche des élections présidentielles américaines, soit à 45 jours ; ce qui déclenche une bataille politique et médiatique, sans précédent. Par conséquent, les questions de la pandémie, avec ses 200 000 morts ainsi que la perspective d’un chômage massif ou les violences policières persistante ont été subitement éclipsées par la disparition, le 18 septembre 2020, de la juge, Ruth GINSBURG. La question juridique est la suivante : pendant la campagne électorale, un président en exercice doit-il se limiter à l’expédition d’affaires courantes ou peut-il prendre des décisions substantielle, pouvant influer notamment sur un contentieux électoral éventuel, à venir  ?

Donald TRUMP, disposant d'une majorité à la Chambre des représentants, veut passer en force, en faisant remplacer immédiatement la juge GINSBURG. Les juges américains, à la Cour suprême, sont nommés à vie. Un cas similaire s’était produit lors de la mort d’un autre juge de la Cour suprême pendant le mandat de Barack OBAMA et bien de Républicains avaient dit que ce n’était pas à lui de choisir le successeur ; on était à 237 jours des présidentielles américaines.

Or, deuxième femme nommée à la Cour suprême, en 1993 par Bill CLINTON, la juge Ruth GINSBURG était engagée très fortement dans la défense pour l'égalité réelle en faveur des minorités. La Cour suprême des Etats-Unis, avec ses 9 jours, est composée avant la mort de Ruth Bader GINSBURG, de cinq juges conservateurs et quatre juges progressistes, dont la juge GINSBURG. Une éventuelle nomination à la Cour suprême par Donald TRUMP, avant les élections du 3 novembre 2020, accentuerait la balance vers un grand conservatisme, notamment que ce qui concerne les droits des minorités (femmes, immigrés, LGBT), l’assurance maladie avec l’Obama Care, la défense de l’environnement et le droit à l’avortement. «Un système dans lequel la mort d’une seule personne, dans un pays de 320 millions de personnes, peut bouleverser la vie de ces personnes pendant des décennies, est un système qui a de graves problèmes» dit John PFAFF, un professeur de droit.

Les «Early Votes», votes par correspondance, ont déjà démarré et cette grande tension politique, pour l'instant, est à l'avantage des démocrates qui ont engrangé beaucoup d'adhésions et de soutiens financiers. Justement, Donald TRUMP conteste ce système.

Le grand journaliste américain, Bob WOODWARD, celui avait enquêté sur le scandale du Watergate, estime que Donald TRUMP «is the wrong man to the wrong role». Bref, il a tout foiré et ne fera qu'un seul mandat.

Paris, le 19 septembre 2020, par Amadou Bal BA - 

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