"Européennes : Je ne rendrai pas les armes" par Amadou Bal BA

Le Rassemblement national est aux portes du pouvoir : nous refuserons de rendre les armes. Il est encore temps de défendre, plus énergiquement la République, pour le Bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel.

D'élections en élections, les partisans de la haine, de la Discorde nationale, ne cessent de progresser dans ce pays des droits de l'homme, au point de devenir la première force politique. Le Rassemblement national n'est plus un parti protestataire infréquentable. Maintenant un parti respectable, sur tous les plateaux de télévision, le Rassemblement national est à la porte du pouvoir. Pourtant au cœur de la République, nous avons encore gravés en lettres d’or les principes d’égalité et de fraternité. En dépit de cette prétention universaliste des droits de l’homme et en raison d’un lourd héritage colonialiste et esclavagiste, de la trahison des partis traditionnels, et surtout de l’indifférence des Français issus de l’immigration, la France est devenue une démocratie ethnique, et l’assume, fièrement. En effet, les résultats des élections montre qu’aucun Français issu de l’immigration n’a été élu ; les rares candidats ont été relégués à des places inéligibles ; c’est cela en fait un Apartheid institutionnalisé, une valeur partagée par toute la classe politique : «Lorsque je jette mon regard tout autour, je rencontre les ruines d’une orgueilleuse civilisation qui s’écroulent et s’éparpillent en vastes amas de futilité. Pourtant, je ne céderai pas au péché mortel de perdre confiance en l’homme : je fixerai plutôt mon regard vers le prologue d’un nouveau chapitre dans son histoire, une fois que le cataclysme sera terminé et que l’atmosphère sera rendue limpide avec l’esprit de service et de sacrifice. Ce nouveau jour pointera peut-être sur cet horizon, à l’Est, où se lève le soleil. Un jour viendra où l’homme, cet insoumis, retracera sa marche de conquête malgré toutes les barrières afin de retrouver son héritage humain égaré» écrit Rabindranath TAGORE son discours sur la «crise de civilisation».

La haine est devenue une valeur politique respectable, dans ce monde où l'hypocrisie s'est évanouie. Plus personne n'a honte de revendiquer, publiquement, son appartenance au Rassemblement national. Fini, dans les années 80 où au moins rassemblement du FN, les militants de gauche venaient protester, bruyamment. La capacité d'indignation s'est évanouie. A ce résultat du 26 mai 2019, personne n’a appelé à un rassemblement à la Place de la République. Tout le monde est convaincu qu’il n’y aucune menace de la démocratie, dès l’instant que ce sont les Arabes et les Nègres qui sont seulement vilipendés. Pourtant, et je le dis à mes potes les Juifs, qui sont ménagés par Marine LE PEN, on n’est ou n’est pas raciste. Personne n’est raciste à 50%. C’est comme ces salopards, qui vous disent «toi, un homme formidable, tu n’es pas comme les autres Nègres. Je t’aime bien». Pourtant, la France est devenue multiculturelle ; il faut apprendre à vivre ensemble, dans le respect mutuel : «Restez humains en vous-mêmes, en votre âme et conscience. Ne devenez pas des choses, des choses humaines qui se plient à la volonté des masses et battent des pieds et des mains à leur mesure !» avait dit Albert SCHWEITZER.

Le président MACRON, qui avait agité les peurs irrationnelles, espérant un vote pour lui par défaut, a été sévèrement sanctionné. En président des riches, sourd à la colère qui gronde dans ce pays, le président MACRON, droit dans ses bottes, entend poursuivre sa politique de casse sociale. Bien fait pour lui, en attendant qu'il dégage, le plus vite possible !

Dans ces européennes du 26 mai 2019, un tournant majeur dans la vie politique français, mais accueilli avec indifférence, si les Verts s'en tirent bien, globalement les partis traditionnels, de droite comme de gauche, ont été conte-performants.

Les Républicains, lepénisés par leur dirigeant, Laurent WAUQUIEZ, ayant donc vendu leur âme au diable, ont sombré dans le déshonneur. «Je préfère l’original à la photocopie» avait fort justement, Jean-Marie LE PEN. Les ténors de la droite ont sorti les couteaux. Entre la tentation d'une droite dure ou forte et une droite modérée dont le créneau est occupé par le machinisme quelle ligne politique audible ?

Les partis de gauche, divisés, atomisés, doivent cesser de nous mentir, en permanence : ils doivent ce qu'ils font et faire ce qu'ils disent, dans le respect de la diversité française, tant niée et redoutée. On parle d’égalité et de République, mais pour nous un projet de déchéance de la nationalité, ainsi que le bébé MACRON. Il faut abandonner ces politiques libérales qui font souffrir les plus démunis.

Merci à François HOLLANDE, le liquidateur du Parti socialiste et à Manuel VALLS qui a ramassé une gamelle à Barcelone avec 13%. Il y a des places pour les frontistes aux prochaines municipales. Peut-être que VALLS reviendra en France.

Lutteur dans l'arène, je reste éternellement habité par l'espoir et l'espérance que la République est plus forte que tout. Face à l’avancée importante du populisme, les Français issus de l’immigration ont choisi de se désintéresser de la vie publique. Or si on ne s’occupe pas de la politique, la politique s’occupera de vous. Comme Antonio GRAMSCI, ce philosophe italien, je hais l’indifférence : : «Je hais les indifférents.  Je crois que «vivre signifie être partisans». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents. (..) Je vis, je suis partisan. C’est pourquoi je hais qui ne prend pas parti. Je hais les indifférents», écrit GRAMSCI.

Face à ce désastre électoral, je ne rendrai pas les armes, je continuerai à réclamer, avec chacun d'entre d'entre-vous, la défense la République, le bien-vivre ensemble, dans le respect ensemble.

Qu'attendent donc les Français issus pour s'organiser et se défendre contre cette montée du racisme et pour le bien-vivre ensemble ?

Paris, le 26 mai 2019, par Amadou Bal BA.

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