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Billet de blog 28 nov. 2021

"Paris et son riche agenda littéraire" par Amadou Bal BA

Paris capitale culturelle de l’Afrique et son riche agenda littéraire : Centenaire du Goncourt de René MARAN, 20 ans de la mort de SENGHOR, Panthéonisation de Joséphine BAKER, tout converge vers Paris. Il est urgent d'avoir une Maison d'Afrique, lieu d'apprentissage du bien-vivre ensemble, mais aussi de centralisation et diffusion d'informations.

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«Paris capitale culturelle de l’Afrique et son riche agenda littéraire : Centenaire du Goncourt de René MARAN, 20 ans de la mort de SENGHOR, Panthéonisation de Joséphine BAKER» par Amadou Bal BA - 

L’agenda littéraire est particulièrement riche et confirme que Paris est bien, et depuis les années 20, est bien la capitale culturelle de l’Afrique. Jadis, et durant les «Folles années», et en dépit de la grippe espagnole, les tenants du mouvement «Harlem Renaissance», (Le poète, Langston HUGUES, l’artiste Joséphine BAKER). Du 19 au 22 février 1919, Blaise DIAGNE (1872-1934), député du Sénégal (voir mon article) avait convoqué, avec l’appui de Georges CLEMENCEAU (1841-1929) premier congrès mondial panafricain, auquel avait assisté, William DU BOIS (1868-1963), auteur des «âmes du peuple noir» (voir mon article).

Le président Emmanuel MACRON a décidé de panthéoniser, à travers une plaque, Joséphine BAKER (voir mon article), artiste du mouvement Harlem Renaissance, militante des droits civiques auprès de Martin Luther, résistance, et partisane du multiculturalisme, avec sa «Tribu arc-en-ciel». Le reste de Joséphine BAKER seront maintenus au cimetière de Monaco. Régis DEBRAY avait l’initiative de cette panthéonisation, mais le président socialiste, François HOLLANDE, l’avait bottée en touche, l’opinion publique ne serait pas prête. En 2008, Mme Ségolène ROYAL avait suggéré de transférer, au Panthéon, les cendres, de Aimé CESAIRE (1913-2008), mort le 17 avril 2008. Le président Nicolas SARKOZY a repris cette idée, le 6 avril 2011, quelques années après la fameuse grève de 44 jours de Elie DOMOTA aux Antilles, en faisant apposer, après accord avec la famille, «une plaque à la mémoire du grand intellectuel et de l'homme engagé de la Martinique sera scellée au cœur». Serge LETCHIMY, député de la Martinique, a rappelé que Aimé CESAIRE est rétif aux honneurs et aux célébrations, mais que cette panthéonisation «est un geste symbolique important envers le poète, l'humaniste, l'éveilleur de conscience».

Si la Gauche fait panthéoniser, son bilan, pour les racisés, est resté maigre et particulièrement décevant. Pire, Lionel JOSPIN, alors qu’il était premier socialiste, avait même choisi de bouder les obsèques du président SENGHOR, (1906-2021), une grave faute politique que nous n’oublierons jamais. Aussi, à l’occasion de ces 20 ans de la disparition du poète-président, nous réclamons, à notre candidate, Mme Anne HIDALGO, des funérailles symboliques à Paris, En effet, son adjoint, M. Arnaud NGATCHA, était venu  prononcer une discours au colloque sur SENGHOR, à la Sorbonne du 5 novembre 2021, organisé par M. Foulo BASSE, ancien DGS de l’université d’Evry et M. Hamidou SAMAKE, adjoint à la maire de Paris. Le 18 décembre 2021, à Dakar, le Sénégal, célèbrera le 20ème anniversaire de la disparition du président SENGHOR, et la maire de Verson (Calvados, ville de Colette SENGHOR (1925-2019, voir mon article), et lieu de décès le 20 décembre 2021, du poète), a invité Mohamed M’Bougar SARR, prix Goncourt, à une conférence.

C’est le 100ème anniversaire du Prix Goncourt de René MARAN (voir mes articles) et après le prix Goncourt de M. Patrick CHAMOISEAU, pour «Texaco» en 1992, et le Prix Goncourt de Marie N’DIAYE, en 2009, pour ses «Trois femmes puissantes» qui polarise également. Beaucoup d’initiatives particulièrement louables, mais peu coordonnées, entre Paris, La Guyane, Dakar et bien sûr la République centrafricaine. Dans un contexte d’une 5ème vague brouillant tout, j’essaie de vous livrer les éléments en possession, et m’engage à vous tenir informés, dès que j’aurai des éléments plus précis.

Le roman, «Batouala, véritable roman nègre» a été écrit René MARAN (1887-1960), alors qu’il était encore fonctionnaire colonial en Oubangui-Chari, actuelle République centrafricaine. Il parlait le Banda, une langue du pays Grimari. Il ressort de la conférence à Paris, le samedi 27 novembre 2021, à la maison des associations, du XVIIIème arrondissement, dont j’ai été l’un des animateurs, que M. Jean-Pierre MARA, président d’un COPIL, en relation avec l’Alliance Française, va organiser, le 16 décembre 2021, un colloque en hommage à René MARAN (bande dessinée, pièce de théâtre, conférence).

A Paris, la Ville de Paris, sur vœu présenté par M. Hamidou SAMAKE, adjoint à la maire de Paris, Mme Anne HIDALGO a réaffirmé «afin de célébrer, dignement, le centenaire de cette œuvre précurseure et de son prix (Batouala de René MARAN) qu’un lieu culturel parisien, comme par exemple une bibliothèque, puisse porter le nom de René MARAN».

Toujours à Paris et en relation avec M. Jacques MARTIAL, conseiller-délégué en charge des Outre-mer et élu d’un merveilleux arrondissement, le 12ème , probablement une plaque sera apposée devant le 26 rue Bonaparte, à Paris VIème, là où résidait René MARAN.

La Ville de Paris envisage une table ronde, vers le 7 janvier 2022, sous la direction de M. Romuald FONKUA, professeur à la Sorbonne, sur «Batouala et René Maran du point d vue de l’histoire littéraire et politique». Diverses consultations sont en cours pour finaliser et préciser ce projet.

A Paris, une soirée de témoignage est organisée à Bibliothèque François Mitterrand, le mercredi 1er décembre 2021, de 17 h à 20 h, sur le thème «René Maran, précurseur de la Négritude», un travail coordonné par Mme Monique CALINON, avec de nombreux invités (M. Didier DECOIN, Mohamed M’Bougar SARR, Mme George PAU-LANGEVIN, etc.) Entrée libre, mais il est préférable de faire une réservation sur le site de la BNF.

Il est probable que le Sénégal, avec son Musée des civilisations noires, n’oubliera pas René MARAN, un des précurseurs de la Négritude, et ami personnel du président SENGHOR. En effet, René MARAN, à la suite de son Goncourt, a fait l’objet d’un grave lynchage, un harcèlement moral des coloniaux qui l’ont contraint à la démission de l’administration. Aussi, à sa disparition en 1960, le président SENGHOR a continué de venir en aide à sa famille, à sa veuve, Camille MARAN.

En Guyane, une autre initiative est en cours, avec un colloque à Cayenne. Je n’ai pas encore assez d’éléments précis à ce sujet. C’est, une rencontre aura lieu, et en collaboration étroite, avec son petit-fils Bernard Michel MARAN, un habitant du 20ème arrondissement de Paris, et agent de la fonction publique hospitalière. Je rappelle qu’un colloque a déjà eu lieu du 16 au 18 juin 2021 au Brésil sur «René Maran et la Guyanité». Le vendredi 5 novembre 2021 au Sénat français et à l’occasion de son 134ème anniversaire, René MARAN a été honoré.

Compte tenu des éléments glanés ici et là, il est donc plus jamais urgent et nécessaire d’avoir une Maison d’Afrique à Paris, pour engager d’énergiques actions pour la promotion du bien-vivre ensemble, coordonner diverses informations concernant les racisés et les sensibiliser à toute initiative faisant avancer la cause républicaine. On répand vite les calomnies et les dénigrements, mais s’agissant des éléments valorisants concernant l’héritage culturel africain, tout reste une affaire d’initiés, de clubs entre amis, avec des retours d’ascenseurs.

Je rappelle que les journées du 19 au 22 octobre 2021, à l’occasion du 30ème anniversaire de la disparition de Amadou Hampâté BA (1901-1991), à l’université d’Evry Paris Saclay, organisées par Messieurs Abdoul Hamet BA, maître de conférences et chef du département d’histoire et M Foulo BASSE, ancien DGS de cette université, en présence de Mme Roukiatou BA, présidente de la Fondation Amadou Hampâté BA, ont montré l’utilité de développer les études africaines, dans les universités françaises. Le président de l’université d’Evry s’y est engagé, avec enthousiasme.

Paris, le 28 novembre 2021 par Amadou Bal BA - 

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