"Solidarité avec Danièle OBONO" par Amadou Bal BA

Solidarité avec Mme la Députée, Danièle OBONO, contre ce racisme institutionnel et systémique, et pour un bien-vivre ensemble. Une partie de la classe politique, loin du débat de fond, ne connait que les calomnies, les stigmatisations et les injures. Rvd le 5 septembre 2020 à 14 h devant le siège de Valeurs actuelles, 24 rue Georges Bizet Paris 16ème, métro Georges V.

Solidarité avec Danièle OBONO : pour l’égalité réelle et contre ce racisme institutionnel et systémique

Je demandais dans mon post du 8 juin 2020, que tous les Républicains sincères dénoncent ce racisme institutionnel et systémique, ainsi que cette mentalité colonialiste et esclavagiste. Le dire, ce n’est pas mettre en cause tous nos Ancêtres les Gaulois. Loin de là. Les racistes ne sont pas nombreux, mais ils font beaucoup de bruit. Pour cette vaste majorité silencieuse de bons Républicains, ne rien dire, c'est être complice de ces crimes et délits : «A la fin, nous ne nous rappellerons pas les mots de nos ennemis, mais le silence de nos amis» avait dit, fort justement, Martin Luther KING.

Une partie de la classe politique ou de certains médias, loin du débat de fond, excelle dans les invectives, les insultes et les stigmatisations à l’égard des racisés, afin de créer un buzz, pour en récolte le profit politique. Le racisme, seulement à l’égard des Noirs et des Arabes, est donc devenu, dans cette France républicaine, non seulement une banalité, mais surtout un gigantesque fonds de commerce, sans que cela ne choque les bonnes âmes. La députée de la France Insoumise, Mme Danièle OBONO, vient d’en être la énième victime de ce lynchage digne de «Strange Fruit». Or, le racisme n'est pas une opinion, mais un crime, légitimant les violences policières ayant tué 113 de nos jeunes et 53 personnes ont été brûlées vives, dans des squats, à Paris entre 1983 et 2005, sans aucune enquête sérieuse. Par conséquent, il y a bien des mots qui tuent. Aux États-Unis, des suprématistes, amis de Donald TRUMP, avaient assassiné des Juifs pendant des offices religieux. Tout récemment, dans l'affaire du 23 août 2020, à Kenosha, dans le Wisconsin où, Jacob BLAKE, un jeune Noir a reçu 7 balles dans le dos, c'est un jeune partisan de Donald TRUMP qui a tué avec une arme de guerre 2 manifestants. Pas un seul mot de compassion de Donald TRUMP qui a passé son temps à dénigrer les manifestants qui réclamaient Justice. Pour lui, comme pour la Macronie et tous les esprits lepénisés, même quand nous sommes victimes de graves crimes, filmés et diffusés dans le monde entier, nous serions tous que des délinquants, des séparatistes.

En France, depuis l’affaire George FLOYD, on essaie de nous convaincre que la ségrégation raciale n'existerait qu'aux États-Unis ; car la France, pays des droits de l'homme avec son message universel, serait au-dessus de tout cela. Force est de constater que nous vivons dans une démocratie ethnique. La première barrière à tomber est la reconnaissance du Rassemblement national, comme parti respectable et qui inocule son venin de la haine à longueur de journée. Le plus grave est que cette libération de la parole raciste, s'est accompagnée d'un déni permanent de ce fléau, mais aussi de calomnies permanentes à l'égard des racisés. Des journaux satiriques se moquent de nous et de nos prophètes, mais ce n’est que l’humour, la liberté d’expression ou la défense de la laïcité.  Quand on nous insulte, on doit nous taire, et peut-être dire Amen. Ainsi, quand Lilian THURAM avait protesté contre ceux qui nous traitaient de singe dans les événements sportifs, il a tout de suite été qualifié de «raciste antiblanc». C'est le monde à l'envers. La députée, Danièle OBONO, faisant souvent l’objet d’attaques racistes en raison de son engagement pour la Justice et l’égalité réelle, a été aussi affublé du qualificatif de «singe bonobo», une attaque gratuite purement raciste : «Je reçois des insultes, des injures, mon nom est traîné dans la boue, à la moindre occasion. A chaque fois, il ne s’agit jamais de désaccords politiques. Jamais ces attaques n’ont porté sur le fond. Je suis constamment stigmatisée, dégradée et diffamée» dit Mme la Députée, Danièle OBONO.

Je n'oublierai jamais ce projet de loi sur la déchéance de la nationalité qu'avait initié François HOLLANDE, dont la responsabilité dans la dégradation des valeurs républicaines est lourde. Maintenant tout le monde nous tape dessus, sans retenue et sans aucune honte. Certains médias d'information continue, comme BFMTV et CNews, à longueur de journée, nous bavent dessus. Même si BFMTV a fait un sérieux et républicain effort d’investigation et de traitement équilibré de l’information, dans ces attaques ignobles contre la députée Danièle OBONO, qu’il faut saluer. «Le Point» et «Valeurs actuelles» ça pue le racisme. Oseraient-il, un seul instant, insulter ainsi la communauté juive ?

Pour le Directeur de «Valeurs actuelles», la stratégie était de montrer que  «les indigénistes», comme la députée Mme OBONO, cacheraient la responsabilité des Africains dans la traite des esclaves : «C’est le désarroi d’une certaine France, son incapacité à endosser les ombres de son histoire, sans tenter d’en transférer sur d’autres la responsabilité» écrit Léonora MIANO. En effet, ces écrits de «Valeurs actuelles», présentant Mme Danièle OBONO, comme une esclave, constituent une forme d’acquittement au bénéfice du doute du commerce triangulaire organisé par les Occidentaux, et au nom de la Chrétienté, de la supériorité de la culture européenne, «Valeurs actuelles» étant un journal d’extrême-droite, assumé. «Cette image (de Valeurs actuelles) est blessante ; c’est une souillure. Au-delà de ma personne qui est salie, c’est une certaine idée du débat républicain, qui n’a jamais eu lieu, qui est sali. Aujourd’hui, on se contente d’attaques, de mauvaises polémiques. Mon sentiment, au départ, est celui de la colère, mais aussi celui de la détermination. C’est précisément ce que nous combattons. Nous nous mobilisons pour un débat de fond dans ce pays, contre le racisme, la stigmatisation, la symbolique visuelle, d’une partie de la population» dit la Députée, Mme Danièle OBONO. En effet, cette députée de la France Insoumise s’est toujours située dans le débat de fond, et contre les attaques personnelles. «C’est une insulte à mes ancêtres, à la République. Je suis députée de la République. Une ligne rouge a été franchie» dit Mme Danièle OBONO.

Devant ce procès d’intention manifestement raciste, la condamnation de la classe politique est unanime, même le président MACRON qui avait cajolé Eric ZEMMOUR, a finalement téléphoné à Mme Danièle OBONO. Horrifié par son crime contre la République, le Directeur de Valeurs actuelles a présenté des excuses à la Députée Mme Danièle OBONO, mais le mal est déjà fait «J’ai l’impression que du côté de la Droite-extrême, on a perdu tous les repères des valeurs républicaines. Comment peut-on, quand on parle de l’esclavage, mettre une députée de la République en esclave ? On ne peut pas s’imaginer, quand on regarde la maquette, que cela va être l’humiliation, une blessure, quelque chose de terrible, pour l’intéressée ? C’est un retour en arrière. Il y a des limites au débat. Trop souvent, on a franchi les limites. Il y a une «trumpisation» du débat en France. C’est un retour en arrière» dit Laurent JOFFRIN, journaliste.

Je suis surtout scandalisé par la stratégie du président MACRON, élu en 2017 face à Marine LE PEN pour sauver la République, au lieu de rassembler, fait maintenant du LE PEN sans LE PEN, avec des calomnies et des stigmatisations. Le Gardien du temple républicain est devenu son profanateur. Son Ministre de l’Intérieur, Moussa DARMANI pourtant accusé de viol, parle «d’ensauvagement de la société». Il y a des criminels dans tous les camps dont peut-être le Ministre de l’Intérieur on verra à l’issue des procédures judiciaires, mais c’est une responsabilité individuelle. En effet, la majorité des racisés que je connais sont de bons citoyens, travailleurs et respectueux des lois républicaines, mais qui ont été écartés injustement, en raison de préjugés raciaux, de tous les lieux de décisions. Nous avons du mal, parfois, à franchir «cette montagne raciale» en référence à une expression d’un écrivain américain, Langston HUGUES (1902-1967) Même quand, ils atteignent les hautes sphères de l’Etat, les racisés sont en permanence lynchés ou menacés à mort, comme au temps de l’esclavage (Danièle OBONO, Christiane TAUBIRA Sibeth N’DIAYE, Joseph MBAYE). Nous attendons avec détermination son projet de loi sur le «séparatisme» annoncé par le premier ministre sarkozyste, Jean CASTEX. Pour notre président Emmanuel MACRON, qui participe à ce lynchage, ceux qui réclament l’égalité et la Justice, ne seraient des adversaires dans sa démocratie ethnique, que des «séparatistes». Pourtant nos revendications sont purement républicaines. Ni «indigénistes» ni indigènes de la République,  ce que nous réclamons est simple : c’est notre juste place dans cette société à égalité de droits et d’obligations, en qualité de citoyens de la République. Ni plus, mais ni moins. La promesse républicaine d’égalité réelle a été trahie. En raison du principe d’égalité inscrit dans la Déclaration de 1789, que le président MACRON, gardien de la Constitution, ferait mieux de défendre au lieu de stigmatiser les racisés : «Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les Hommes naissent égaux. Je rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une Nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais à la mesure de leur caractère. Nous ne sommes pas satisfaits et nous ne serons satisfaits que le jour où la justice se déversera comme un torrent et la droiture comme un fleuve puissant» avait dit Martin Luther KING (1929-1968).  

L’assimilation, ou la renonciation à notre identité, est largement, un concept colonial de hiérarchisation des cultures. Si l’assimilation veut dire prendre les bonnes choses de cette France républicaine, c’est le bon sens qui le commande. Si l’assimilation signifie, et ce que défendent les conservateurs et les racistes, rendre le tablier et dénigrer notre identité, c’est une hiérarchisation des cultures inacceptable que nous refuserons toujours. En effet, nous ne renonceront jamais à notre héritage culturel africain. Ce pays s’est enrichi de l’esclavage, de la colonisation, de la contribution décisive des Tirailleurs sénégalais à sa liberté, et de l’apport au sortir de la Guerre et pendant les Trente Glorieuses, pour sa survie et son redémarrage économique, des immigrants, qualifiés péjorativement, «d’indigénistes». La plupart des gens que je connais, et particulièrement, pendant cette pandémie, sont dans les hôpitaux, les écoles, les maisons de retraite, et assurent comme les autres la survie de la Nation, dans un contexte difficile.

La diversité culturelle, dans le respect mutuel et la rencontre avec l’autre, est une richesse. Le bien-vivre ensemble n’est pas la confrontation, la stigmatisation, les calomnies et les injures permanentes, mais la recherche, constante, inaliénable, de l’égalité réelle, dans la Justice, la Fraternité et la Solidarité.

On connaît le titre de cet ouvrage de James BALDWIN «La prochaine fois le feu». Il n'y aura pas de paix dans la société sans la Justice. Nous sommes décidés, dans le cadre des lois républicaines et pacifiquement, à faire valoir nos droits de citoyens. Nous ne sommes pas des esclaves, comme le dit explicitement, Valeurs actuelles, à l’égard de la députée Mme Danièle OBONO. Finalement, cette représentation de Valeurs actuelles de Danièle OBONO, en esclave enchaîné, a eu au moins un grand mérite de nommer la chose : aux yeux de certains nous sommes encore des colonisés et des esclaves. C'est sans doute le sens profond de ce projet de loi sur le séparatisme de la Macronie, que dénonce Danièle OBONO dans l'interview qu'elle m'avait accordé le 16 juillet 2020, 4 ans après la mort d'Adama TRAORÉ. Nos jeunes on peut les tuer sans aucune conséquence, sans Justice, et c'est nous les séparatistes.

Si ces attaques racistes et ces meurtres impunis sont possibles, dans ce pays des droits de l’Homme, c’est que les racisés sont encore faibles dans la défense de leurs droits, sont fortement divisés et inorganisés, sont encore restés dans le verbiage et l’incantation. Par les mobilisations qu’elle a soulevées, Assa TRAORE a montré le chemin. Seule une démarche citoyenne résolue, peut contraindre les fachos à nous respecter. Aussi, une manifestation est prévue le samedi 5 septembre 2020, à 14 heures, devant le siège de Valeurs actuelles, 24 rue Georges Bizet, à Paris 16ème, métro Georges V, ligne 1.  Il faudrait aussi commencer à engager une action résolue contre CNEWS avec les prêches racistes d’Eric ZEMMOUR. Mme Danièle OBONO va engager une action judiciaire contre «Valeurs actuelles», tout le monde sera sur les ponts pour la soutenir, matériellement et moralement.

Pourquoi tant de haine et d’injustices à l’égard des racisés et des faibles ?

Si le privilège de l’Homme blanc perdure, c’est que le racisé n’a pas encore fait sa révolution mentale ; il a, en raison de son autolimitation, intégré cette mentalité colonialiste et esclavagiste qui le diminue : «L’obstacle dressé par l’hégémonie culturelle des Blancs est donc aussi intérieur : c’est un regard aliénant imprimé au fond de soi et dont il faut se défaire, ce qui exige une révolution mentale qu’il apparente à la difficile ascension d’une montagne escarpée» avait dit Langston HUGUES, dans son fameux article de 1926, sur «The Negro Artist and the Racial Mountain».

Albert MEMMI (1920-2020), un extraordinaire défenseur des opprimés et des dominés, et qui vient de nous quitter, a établi une relation très étroite entre le racisme et l’oppression, notamment coloniale : «Le racisme est la dévalorisation profitable d'une différence» ou, plus techniquement, «le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences réelles ou imaginaires, au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de légitimer une agression», écrit Albert MEMMI. En effet, le Ministre de l’intérieur, Moussa DARMANI, dans ses outrances verbales, devenu VRP du Rassemblement national, et pourtant accusé de viol, et pour se faire oublier, évoque «l’ensauvagement de la société». Lui, dont les ancêtres sont Algériens, n’a-t-il pas honte d’utiliser le vocabulaire des fachos ?

Il va falloir lutter pour une Maison d’Afrique à Paris afin d’accompagner les racisés sur les chemins de l’excellence, de sortir de l’exclusion et de la marginalisation. Aussi, je demande plus que jamais à tous les jeunes de s'inscrire sur les listes électorales. 2021 c'est l'année des régionales et 2022 c'est les présidentielles. Il faudrait combattre sans relâche ce racisme institutionnel et systémique ainsi que ces violences policières. «Tant qu’un homme n’a pas découvert quelque chose pour laquelle il est prêt à mourir, il ne mériterait pas de vivre» disait Martin Luther KING. L’art doit être un moyen d’expression personnelle et un chemin vers l’élévation de l’esprit tandis que la propagande des dominants «perpétue la position d’infériorité d’un groupe alors même qu’elle la combat en ce qu’elle s’exprime dans l’ombre d’une majorité dominante qu’elle apostrophe, cajole, menace ou supplie» écrit Alain LOCKE dans son livre «Le rôle du Nègre dans la culture des Amériques».Par conséquent, nous ne plierons pas, nous ne céderons pas, nous ne rendrons pas les armes, devant nos exigences légitimes, pour l’égalité réelle, la Justice, la Fraternité, la Solidarité et le bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel. 

En fait, cet acharnement permanent contre les racisés occulte, gravement, les enjeux majeurs de notre temps, à savoir la violence et la prédation des gens du château à l’encontre de tous les faibles. Il n’y a pas si longtemps que cela, dans les différents mouvements sociaux, des Gilets Jaunes, pour la défense des retraités et des chômeurs, la Macronie inauthentique, dans ses réformes injustes, voulait davantage fragiliser les pauvres et cajoler les riches. Et voila qu’avec cette pandémie, les valeurs essentielles de la vie et la santé triomphent et les milliards, comme par enchantement sortent, à profusion. Plus de limites au déficit budgétaire !

Par conséquent, le vrai problème de notre temps, loin d’être les immigrés, les pauvres et les racisés, est celui de la construction d’une société plus juste, fraternelle, et harmonieuse, sans laquelle leurs profits s’envoleront, comme de la fumée. Nous avons donc, tous ensemble, de grands défis à relever dans cette belle France républicaine :

- vaincre cette cochonnerie qui menace la vie, la santé, l’économie et le risque de re-confinement, avec 12 millions d’enfants dans les écoles est grand avec un chômage de masse ; HITLER était venu au pouvoir en 1933, à la suite de la dépression de 1929, à l’époque les boucs-émissaires étaient les communistes, les invertis, les francs-maçons et les Juifs ;

- sauver l'économie et réindustrialiser ce pays en relocalisant les entreprises et aider à une agriculture performante, défendre et promouvoir l’environnement ; c'est dans ce contexte que la régularisation des sans-papiers a un sens. Cette crise a montré que ce pays ne pouvait pas produire, suffisamment, des masques, des produits hydroalcooliques, les respirateurs manquent dans les hôpitaux et les laboratoires pour les tests du COVID-19 sont débordés ;

- abroger toutes ces réformes injustes qui ne sont que suspendues ; Notre vie et notre santé vaut mieux que leurs millions ;

- mettre fin à ces guerres locales et coloniales ruineuses et injustes ; le cas du Mali est édifiant, l'opération Barkhane n'a fait que plonger davantage ce pays dans le Chaos ;

- réorienter la politique africaine de la France en Afrique dans le sens d'une coopération mutuellement avantageuse et en cessant de soutenir ces régimes monarchiques et préhistoriques qui font monter un sentiment antifrançais en Afrique. La France, concurrencée par la Chine, est un partenaire historique de l'Afrique et doit y rester ;

- promouvoir le bien-vivre ensemble dans le respect mutuel ; le multiculturalisme est une donnée majeure de notre temps. On ne partira pas, autant vivre ensemble harmonieusement.

Paris le 29 août 2020 par Amadou Bal BA 

  

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