Jean-Marie Ogandaga, "que de chemin parcouru " depuis Feu Omar Bongo Ondimba

JEAN MARIE OGANDAGA JEAN MARIE OGANDAGA
Pas de répit pour le petit fonctionnaire

Décidément, l’aversion pour le petit fonctionnaire, celui qui n’est que le petit chaînon, mais combien important dans l’administration, sous le 1er ministre Emmanuel Issoze Ngondet se confirme après décision gouvernementale.

Le ministre de la Fonction publique Jean-Marie Ogandaga a fait prendre le vendredi 23 février 2018 en conseil des ministres, une série de mesures visant le portefeuille des fonctionnaires. Parmi elles, la fin des indemnités pour service rendu et le passage du 25 au 30 du paiement des salaires.

Le ministre gabonais de la Fonction Publique, de la Modernisation du Service Public, chargé de la Réforme de l’Etat a fait adopté en conseil des ministres le vendredi 23 février 2018, un projet d’ordonnance qui va impacter la vie de nombreux fonctionnaires gabonais.

Jean-Marie Ogandaga vise ainsi certaines dispositions de la loi n° 1/2005 du 4 février 2005 portant statut général de la Fonction publique (les articles 14, 78, 79, 81, 82, 101, 105, 106, 126, 153, 155 et 167).

Avec les parlottes habituelles, le ministre va d’administration en administration avec son escorte, expliquer aux gens, présenter comme des mesures "d’innovation" selon lui : la réduction du nombre de groupes d’emplois ouverts aux agents publics non permanents, la suppression de l’indemnité de services rendus, la suppression de l’unicité des grilles salariales, l’instauration du paiement au trentième jour du mois pour que le versement de la rémunération se fasse désormais au prorata du nombre de jours travaillés".

Sept mesures qui viennent s’ajouter à celles décidées par son collègue du Budget et des Comptes publics de procéder à titre « curatif » à la réduction de "la charge des condamnations financières supportées par l’Etat, en la répercutant sur les agents fautifs lorsque leur comportement est à l’origine du dommage".

Il y’a aussi cette petite histoire "d’avancement au mérite", parlons-en !

Il était une fois, Un jeune fonctionnaire Gabonais d’ethnie Benga du cap Estérias, localité très très voisine à l’ile de Corisco, aujourd’hui membre influent de la galaxie Ali Bongo Ondimba;

Plusieurs fois ministre, il doit son ascension fulgurante à un homme, Omar Bongo Ondimba père de l’actuel Président qui, usant de l’article 23 de la loi 8/91 du 26 septembre 1991 portant statut général des fonctionnaires, et de décrets portant promotion à titre exceptionnel, fit de lui un haut cadre de l’administration public.

Pour information, ce type d’avancement exceptionnel repose sur des critères discrétionnaires du Chef de l’Etat et non d’un quelconque diplôme ou concours. 

A suivre, Gabon, maison de verre !
Jean-Marie OGANDAGA Ministre de la Fonction Publique, de la Modernisation du Service Public, Chargé de la Réforme de l'Etat

Décret Portant promotion à titre exceptionnel – N° 00362/PR/23 AVRIL 2002.

Le début d'une nouvelle vie pour OGANDAGA Jean Marie, matricule N° 112 626/V – Administrateur des services économiques et financiers de 3ème classe -2ème échelon

Après le décret portant promotion à titre exceptionnel, le petit fonctionnaire devient Inspecteur Général des finances, 3ème échelon. Omar Bongo Ondimba disait « qu’il pouvait faire d’un chien un ministre ».

Avec un tel parcours rafistolé, comment expliquer le peu d’égard que Jean-Marie Ogandaga manifeste vis à vis de ceux qui auraient pu être ses collègues si le destin n’avait pas été plus que charitable pour lui, à en juger par son propre pedigree?

La fausse idée d’avancement au mérite n’est qu’une invite à toutes sortes d’abus et de harcèlement de la part de ceux qui sont au-dessus, dans un pays où les mœurs sont à questionner et l’arbitraire la norme.

Décret Portant promotion à titre exceptionnel – N° 00362/PR/23 AVRIL 2002 Décret Portant promotion à titre exceptionnel – N° 00362/PR/23 AVRIL 2002 Décret Portant promotion à titre exceptionnel – N° 00362/PR/23 AVRIL 2002.

Des réformes bancales !

Depuis un moment, les élites en charge du bon fonctionnement de l’Etat s’improvisent " apprentis-magiciens ".

Le besoin de bomber le torse et d’être le ministre qui compte a poussé cette race d’intouchables de la République à pondre des reformes sans queue ni tête et qui à la fin font Pschitt !

Souvenons-nous de la réforme du système de rétribution des agents de l’Etat qui a abouti à la mise en place de la Prime d’Incitation à la Performance (PIP). Après tout le patacaisse de tonnerre, où en est-on avec cette réforme?

On ne fait pas d’économies sur ceux qui n’ont rien.

Etant donné que la banque Mondiale et le FMI qui soutiennent le Plan de Relance de l'Economie (PRE) exigent des efforts budgétaires, ce n’est pas, en toute honnêteté, sur le petit fonctionnaire que la réduction des charges doit s’appliquer en priorité, mais plutôt sur les hauts cadres avec leurs extravagances, ainsi que sur la pléthore d’institutions budgétivores sans commune mesure avec la taille de l’Etat.

 

Anne Marie DWORACZEK-BENDOME
05/03/2018

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