Gabon/Omar Bongo nomme : dix ans déjà ?

Omar Bongo Ondimba (OBO), dont l’œuvre multidimensionnelle a profondément marqué l’histoire de notre pays, le Gabon, voire l’Afrique dans son ensemble, nous a quittés le 8 juin 2009, à l’âge de 74 ans. Ce 8 juin 2019, qui marque le 10e anniversaire de son décès, il aurait eu 84 ans.

Gabon/Omar Bongo Ondimba : dix ans déjà

Omar et Lucie-Edith BONGO ONDIMBA

Président de la République gabonaise, de 1967 à 2009, Omar Bongo Ondimba fut un leader politique exceptionnel. Il le fallait pour être chef de l’Etat à l’âge de 32 ans. Il venait de succéder, à la faveur du jeu constitutionnel, à feu le président Léon Mba, père de l’indépendance gabonaise, son père spirituel.

Les deux hommes s’étaient rencontrés à Brazzaville, avant les indépendances africaines, où le jeune Albert Bernard Bongo (ABB, il ne s’était pas encore converti à l’islam) résidait. Militant socialiste très actif de la SFIO, vif et intelligent, il séduisit tout naturellement le Vieux Léon Mba, pourtant proche de la mouvance gaulliste. Celui-ci en fera un allié.


Le Gabon devenu indépendant le 17 août 1960, Léon Mba accède à la magistrature suprême, Albert Bernard Bongo intègre son cabinet, où il franchit petit à petit tous les échelons, jusqu’à en devenir l’incontournable directeur. Avant d’entrer au gouvernement comme ministre, vice-président du gouvernement puis vice-président de la République.


Foudroyé par un cancer irréversible, Léon Mba meurt à Paris, en novembre 1967, ABB lui succède à la tête du Gabon, le 2 décembre 1967. Les Gabonais sont fascinés par ce jeune à l’énergie débordante, proche du peuple, qu’il couve de son regard paternel. Il sait pester contre le travail un peu en deçà d’un collaborateur, mais aussi pardonner, rassurer, convaincre et mettre de la bonne humeur.


La démocratie des tropiques mal assimilée a
, depuis l’indépendance du Gabon, dangereusement divisé le pays. Le multipartisme intégral, au lieu d’être une force de progrès au service du développement, a tribalisé le débat politique, fragilisant ainsi l’unité et la stabilité du jeune Etat naissant. Albert Bernard Bongo met fin au multipartisme et crée le 12 mars 1968, le Parti Démocratique Gabonais (PDG), parti unique, pour mettre fin aux antagonismes politiques, fédérer les énergies, réconcilier les frères ennemis de la politique locale.

L’expérience du monopartisme prend fin en 1990. Le syndrome Nicolae Ceausescu a eu raison du monopartisme en Afrique, les partis uniques sont balayés, pour faire place à la vague des démocraties multipartites. Le régime d’Omar Bongo Ondimba vacille mais ne rompt pas. Les liens de toute nature qu’il a tissés avec les uns et les autres sur la scène nationale et internationale ont été un atout indéniable pour sortir de cette bourrasque historique, qui a emporté bien des régimes à parti unique en Afrique.

Leader charismatique hors normes, OBO devint au fil des années de son long règne, un interlocuteur recherché et privilégié. Son humanité, sa générosité, son érudition politique ont dépassé les frontières du Gabon. Nombreux sont ceux qui vinrent à Libreville pour solliciter ses conseils avisés.

Apôtre du et de la paix, il réconcilie les frères ennemis, résout de nombreux conflits, qui frappent des pays frères gravement perturbés par des guerres civiles à répétition : Tchad, République centrafricaine, Congo Brazzaville, Angola, Burundi, etc. Les leaders des pays qui mènent des luttes de libération sont également des hôtes réguliers du Palais Rénovation : Zimbabwe, Namibie, Afrique du Sud, Sao Tome et Principe

 

OBO avait l’art de mettre son interlocuteur à l’aise. Il l’écoutait longuement sans l’interrompre. Il rassurait ceux qui, grands ou petits, réussissaient à franchir la lourde porte de son bureau de travail. Jamais cassant, ayant toujours un mot bienveillant pour chacun de ses visiteurs, il parlait avec courtoisie même quand il n’était pas content.

 

 La notoriété de son statut de chef de l’Etat ne lui est jamais montée à la tête. Apôtre du dialogue et du compromis, à la recherche perpétuelle du bonheur de son peuple, Omar Bongo Ondimba a laissé à sa mort un pays stable où il fait bon vivre.

Gabon/Omar Bongo Ondimba : dix ans déjà
La famille Bongo Ondimba et enfants

C’est à cet homme exceptionnel que le Gabon tout entier rend un hommage mérité, à la hauteur de son talent politique et de son œuvre immense, ce 8 juin 2019.

 

 

Rédaction : DBNEWS
08 JUIN 2019

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