Faute de couverture maladie par son pays, un diplomate Gabonais décède au Brésil.

@DworaczekBendom | 14 Août 2020

La diplomatie gabonaise traverse les moments sombres, et chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles. Après les problèmes récurrents d’arriérés de salaires, de loyers impayés et manque de frais de fonctionnement que rencontrent de très nombreuses chancelleries, il faut ajouter désormais la fin tragique de Monsieur Philippe Martial Yenot, Premier conseiller à l'Ambassade du Gabon au Brésil. Le Diplomate qui avait des ennuis santé, est décédé il y a quelques jours, faute de prise en charge par son pays le Gabon. Cette importante révélation a été faite par son ami et diplomate comme lui, Monsieur Ben Willy NDUNDJI MUNDUNGUE, Premier Conseiller à l'Ambassade du Gabon en Angola. À travers son déchirant et émouvant cri de révolte, on découvre les conditions de vie  désastreuses des diplomates gabonais à l’étranger et leurs familles.

Philippe Martial Yenot, Premier conseiller à l'Ambassade du Gabon au Brésil. Philippe Martial Yenot, Premier conseiller à l'Ambassade du Gabon au Brésil.

Cri de cœur !

Hier soir seulement j'étais en joie et je dansais sur la qualification du Paris Saint Germain pour les demi-finales de la LDC, mais ce matin je viens de perdre un ami, un frère et surtout un collègue diplomate, Premier Conseiller comme moi mais à l'Ambassade du Gabon au Brésil en la personne de Monsieur YENOT PHILIPPE MARTIAL.

 Un proverbe "gisir" dit que " lorsque le tibia est massacré, toi la cuisse ne rit pas", ce qui est arrivé à mon frère, ami et collègue peut arriver à tous ceux qui sont en postes dans nos Missions Diplomatiques et Postes Consulaires. Ce qui est inadmissible et révoltant dans cette perte tragique, c'est le fait de mourir par faute de prise en charge pour un diplomate.

 Oui, les diplomates gabonais et leurs familles sont sans assurances maladies depuis des années.Plus de couvertures médicales, plus de frais médicaux. Il est humainement souhaitable que la "Régie santé" soit mise en place à temps pour sécuriser la vie des diplomates et leurs familles.

 Dans le cas de mon frère YENOT PHILIPPE MARTIAL, il fallait payer de 600 000 F.CFA par jour d'hospitalisation. Généralement les structures sanitaires des pays d'accueils ne parviennent pas à juguler la forte demande de soins des nationaux, les files d'attentes sont interminables. Les diplomates sont alors obligés de se tourner vers les cliniques privées qui pratiquent des tarifs extrêmement prohibitifs même pour des pathologies les plus simples. En ce moment du COVID-19, les diplomates gabonais sont encore devenus plus vulnérables, il n'y a que Dieu qui nous garde.

 Que nos autorités prennent cette question en considération pour une fois.

 
Ben Willy NDUNDJI MUNDUNGUE, Conseiller des Affaires Étrangères
Diplômé de l'ENA promotion 2002, Premier Conseiller à l'Ambassade du Gabon en Angola

Philippe Martial Yenot, Premier conseiller à l'Ambassade du Gabon au Brésil. Philippe Martial Yenot, Premier conseiller à l'Ambassade du Gabon au Brésil.

Inconséquence !

Le Coordinateur général des affaires présidentielles, Noureddin Bongo Valentin ; le ministre des Affaires étrangères, Pacôme Moubelet Boubeya ; le ministre du Budget et des Comptes publics, Sosthène OSSOUNGOU NDIBANGOYE ; et le Chef de l’État lui-même, Ali Bongo Ondimba ont abandonné leurs diplomates en terre étrangère, comment peuvent-ils prétendre être des gouvernants responsables ?

 

DBNEWS

 

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