Gabon : Paul Mba Abessole répond à ALAIN-CLAUDE BILIE-BY-NZE

Après des propos peu aimables contre sa personne tenus par l’actuel ministre d’Etat, ALAIN-CLAUDE BILIE-BY-NZE. Réponse cinglante via le réseau le Facebook de M. Paul Mba-Abessole, ancien opposant au régime du feu Omar Bongo Ondimba, acteur principal de l’avènement de la démocratie au Gabon et ex-président du parti politique "Rassemblement pour le Gabon (RPG)"

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Paul Mba-Abessole, versatile !
Mes détracteurs, depuis 1990, en tête desquels André Mba-Obame et Ali Bongo ont cherché, par tous les moyens, à faire passer de moi une image d’homme changeant, versatile. Ils se sont fait pour cela des amis dans les camps de la majorité, de l’opposition et même dans l’Eglise comme à l’étranger avec M. Ananie Bindji, le Camerounais. Leur objectif était de me discréditer à tout prix. Ils ont toujours vu en moi un concurrent gênant. Je savais qu’ils avaient tous les deux des ambitions présidentielles.

Leur manœuvre a commencé à la Conférence Nationale après que j’avais proclamé le Rassemblement Social-Démocrate Gabonais (RSDG) caduc. Le coup avait été monté par un petit groupe dont l’objectif était de se débarrasser de moi. Il fallait montrer que je n’étais pas fiable, par conséquent, il fallait pousser l’opinion contre tout ce que je pouvais faire ou proposer.

Lors des négociations entre le pouvoir et le MORENA, ensemble nous avions adopté le Rassemblement Social-Démocrate Gabonais (RSDG) comme cadre-laboratoire obligatoire dont nous allions adopter les statuts lors de la Conférence Nationale. Tout le monde est tombé d’accord sur cela. La Conférence Nationale a été ouverte avec ce principe à la base. Or, par derrière, MM. André Mba-Obame et Ali Bongo, certainement soutenus par Me Pierre-Louis Agondjo et les membres du MORENA dirigé par Jean-Pierre Nzoghe-Nguema, sont allés voir le Président Omar Bongo pour lui dire de changer la règle de base du jeu, parce que, à leurs yeux, il n’était pas démocratique de contraindre tout le monde à se soumettre au principe retenu pendant les négociations.

Et le Président de leur demander s’ils en avaient discuté avec mon groupe. Lui ayant répondu que oui- ce qui était totalement faux- le Président donna le feu vert à l’option de la liberté d’adhésion. Et lorsque cette décision fut communiquée dans la salle, mes amis et moi fûmes choqués. Pour répliquer, le 4 avril, je fis la fameuse déclaration relative à la caducité du RSDG. Voici exactement ce que j’avais dit, le 4 avril 1990 : « Nous avions cru bon, dans un premier temps, de passer par l’étape d’un Rassemblement pour permettre à toutes les formations politiques de s’enraciner dans le pays. Or, il s’avère que, devant les nouvelles données, ce Rassemblement est caduc…

La Conférence a adopté deux groupes de réflexion, l’un pour ceux qui sont pour le Rassemblement, l’autre pour ceux qui y sont opposés. Il y a là une incohérence. Il ne peut y avoir des statuts pour ceux qui sont contre le Rassemblement et des statuts pour ceux qui y sont favorables. On ne peut pas accepter une République à deux vitesses. Si nous avons admis des groupes pour et contre le Rassemblement, nous nous trouvons de facto dans le multipartisme intégral ».


"Ce n’est pas à vieux singe que l’on apprend à faire des grimaces ! "
En réalité, MM. André Mba-Obame et Ali Bongo voulaient me piéger en marge de la Conférence : d’un côté, si je me rangeais à cette nouvelle idée de l’adhésion libre au Rassemblement, je me mettais en contradiction avec mon idée de la nécessité d’une structure commune avant d’arriver au multipartisme ; dans ce cas, ils m’auraient accusé de renoncer au multipartisme immédiat, comme le souhaitait la majorité des Gabonais ; de l’autre, ils voulaient me mettre en porte à faux avec mes amis qui n’auraient pas accepté de se soumettre sans discussion préalable à une orientation étrangère aux négociations que nous avions menées.

Je perçus immédiatement le piège. Et pour les prendre à contre-pied, je leur servis une déclaration où je leur montrais que mes amis et moi étions des hommes et des femmes libres et que, de ce fait, nous refusions toute décision qui ne respectait pas le principe de la démocratie participative ; de plus, je profitai de cette occasion pour être le premier à affirmer que nous étions de facto, dans le multipartisme intégral. Cela, par la suite, ne fut mis en cause par qui que ce soit. Voilà comment nous sommes entrés dans le multipartisme. Si on est objectif, on peut dire que c’est Mba-Abessole qui a proclamé la démocratie multipartite au Gabon.

 Alors les deux cités plus haut et mes détracteurs, honteux d’avoir été « entubés » comme on dit, crurent se racheter en faisant passer, auprès d’une population habituée à gober et à répéter bêtement des idées sans fondement, que j’étais versatile. Ils ont confié leur travail d’intoxication au journal « La Griffe » qui était à leur service. C’est ainsi que jusqu’aujourd’hui mes détracteurs véhiculent cette idée afin que les esprits en soient bien imprégnés. L’un des plus déterminés dans ce travail d’intoxication est certainement M. Alain-Claude Bilie-by-Nze, Ministre d’Etat d’Ali Bongo Ondimba. Qu’on me permette de m’arrêter un moment sur cet individu.


Un proverbe africain dit :  "La gueule d’un canon est moins dangereuse que le bouche d’un calomniateur "
Alain-Claude Bilie-By-Nze est de la province de l’Ogooué-Ivindo, originaire du village Afoumadzo, dans le canton DZOUE. Il est neveu du village Ekowong. Je signale que, dans ce dernier village, une famille était farouchement contre moi quand j’étais missionnaire dans cette province, la famille Fabien Menye m’Oyone, parce que je dénonçais ses pratiques bwitistes qui faisaient, à cette époque-là, que les enfants se désintéressaient de l’école. Curieusement ce sont des enfants de ce village qui ont le plus bénéficié de ma politique du RPG, citons-les :

- Sylvère Obame-Anguere : mon Directeur de Cabinet, puis Député du canton Ntang-Louli ;
- Alain-Claude Bilie-By-Nze : mon Directeur de la Communication à la Mairie Centrale de Libreville, puis Député de Ntang-Louli et Ministre nommé sur ma proposition ;
- André Nkoghe-Ella : Mairie Centrale de la Commune de Makokou, puis Sénateur ;
- Emane Anguere : Maire-Adjoint du 2ème Arrondissement de la Commune de Makokou ;
- Emile-Parfait Ndong Ngningone : Directeur de Cabinet du ministre Pierre Amoughe-Mba. L’histoire retiendra qu’ils ont tous trahi le RPG et son Président.

Je n’ai pas connu Alain-Claude Bilie-By-Nze ni sa famille plutôt de foi protestante, lors de mon séjour missionnaire dans l’Ogooué-Ivindo. Mais on a fait courir le bruit, probablement avec sa complicité, que j’étais son géniteur, ce qui, évidemment, est totalement faux. Je signale que je suis arrivé à Makokou, dans la Paroisse Notre Dame des Victoires, le 25 septembre 1969. Lui, il est né, le 16 septembre 1967. D’autres croient qu’il est parent de ma compagne Marie-Rose Melighe-me-Ngwa, ce qui est également faux.

Comment ai-je connu M. Alain-Claude Bilie-By-Nze ? J’étais Maire de Libreville lorsque le Ministre Paul Toungui, l’un des ministres en qui le Président Omar Bongo Ondimba avait le plus confiance, non pas parce qu’il était son beau-fils, mais à cause de son intelligence et de sa discrétion, vint me voir à mon bureau à la Mairie avec une lettre manuscrite du Président lui-même. Je n’en ai pas conservé une copie, parce que le Président m’avait prié de la déchirer après lecture afin d’éviter que quelqu’un d’autre n’en prît connaissance et n’en conclût que le Président avait utilisé cet énergumène contre les autorités universitaires.

 J’appris, en effet, par la suite, qu’il avait fait voir de toutes les couleurs à M. Daniel Ona Ondo, alors Recteur de l’Université Omar Bongo. C’est à la suite de sa mauvaise conduite que toutes les possibilités de continuer ses études lui avaient été fermées. Son niveau actuel, à ma connaissance, est Bac+1. Dans cette lettre, le Président de la République me « priait» - c’est vraiment le terme employé par lui-même. Il s’est fait tout petit pour ce cas, à ses yeux désespéré- de l’aider à résoudre le problème Alain-Claude Bilie-By-Nze. C’était une épine dans son pied.

Naturellement j’accédai à la demande du Président de la République et je nommai Alain-Claude Bile-By-Nze chargé de la Communication. Mais des rumeurs me parvinrent assez rapidement sur son jeu d’agent double : il prenait des informations auprès de moi et les livrait au PDG et notamment à Mba-Obame. Je n’y fis pas trop attention au début, sachant que les gabonais en racontent tellement sur les autres. Je n’avais pas à avoir tellement peur non plus, n’ayant pas de secrets particuliers à garder. J’ai toujours exprimé ma pensée à qui voulait bien m’entendre.


Se tromper est humain, persister dans son erreur est diabolique "
Puis, devant la persistance de certains bruits d’abus de confiance, toujours les mêmes, je décidai, dans le silence de mon cœur, de l’envoyer au gouvernement à la première occasion. C’est ainsi que, quelque temps après, il y eut un remaniement ministériel. Je sautai donc sur l’occasion pour le faire nommer ministre, à son grand étonnement d’ailleurs. Je me disais que s’il était un pétard à retardement qu’Omar m’avait posé, je devais le lui renvoyer. Il fallait absolument éviter qu’il explosât dans le RPG.

 Après cette nomination, je fus étonné d’une réflexion du Président à mon adresse : « Es-tu sûr d’avoir fait un bon choix ? » Je ne répondis rien, mais je compris, à partir de ma connaissance de la dialectique téké… que mon choix n’avait pas été des plus heureux. Mais je continuai à me comporter comme si j’avais totalement confiance en M. Alain-Claude Bilie-By-Nze. J’ajoute que tout au long de son exercice, le Président n’a cessé de me dire que mon jeune ministre avait quelques problèmes avec l’argent. Je faisais la sourde oreille à ces propos qui, malheureusement, se sont avérés fondés, comme on le verra par la suite.

 Au gouvernement, M. Alain-Claude Bilie-By-Nze est devenu arrogant, insolent, irrespectueux, sans retenue comme tout enfant ayant grandi chez ses oncles maternels. Au cours de la demi-année passée à l’université en grève, son arrogance était connue de ses camarades. Il était qualifié d’anarchiste. Tout le monde se plaignait de la légèreté avec laquelle il traitait les gens, ses aînés comme ceux de sa génération.
Depuis ce temps-là, il était connu comme un amoureux de l’argent. Il n’en avait jamais assez. Il a laissé quelques traces de son défaut dans une banque BGFI et peut-être dans plusieurs magasins. Pour preuve : des chèques sans provision :

- A Mme Blandine Mbadinga BGFI chèque n° 00915489 de sept millions (7 000 000) FCFA, daté du 20 février 2007 ;
- A Mehze Meye Jihad : deux chèques : n°01229854 de quinze millions (15 000 000) et n°1229855 de dix-huit millions (18 000 000) FCFA, signés le 10 mars 2007 ;
- Il doit toujours Cent mille (100 000) FCFA à Nnaomi Progress ;
- Il a probablement d’autres contentieux que nous ignorons et qui vont être dévoilés en leur temps.
Je n’insiste pas. Concluons qu’à sa sortie du gouvernement, il a été condamné à trois mois d’emprisonnement ferme et à un million (1 000 000) de FCFA d’amende.


Ingratitude
C’est cet Alain-Claude Bilie-By-Nze qui dit de Paul Mba-Abessole ce qui va suivre« Paul Mba-Abessole ? - Un homme constant dans son inconstance. Voici un homme politique qui a marqué à sa façon le Gabon, positivement dans les années 90, lorsqu’il se battait avec ses amis du MORENA pour la démocratie. Négativement depuis plus d’une décennie en cherchant à tout prix à revenir pour jouer un rôle politique important, alors qu’il est désormais seul, abandonné par ses troupes…Mais Mba-Abessole n’est plus Mba-Abessole. Il a fini par ennuyer la plupart des gabonais. Son oscillation entre l’opposition et la majorité selon ses désirs et ses intérêts du moment a fini par lasser ses soutiens…Vous savez, s’il y a une chose qu’il faut reconnaître au père Mba-Abessole, c’est qu’il est constant dans son inconstance et que là il fait du Mba-Abessole pur jus… C’est tout ce que je puis vous dire. C’est du Mba-Abessole dans le texte : un jour ici, le lendemain là. Un jour dans la majorité, le lendemain dans l’opposition. Capable d’exclure un député de son parti pour avoir soutenu la majorité et ralliant la même majorité deux semaines après ». Cette déclaration a dû lui rapporter de l’argent ! Car il faut savoir qu’il ne fait rien pour rien.

Ces propos d’adolescent en dérive de M. Alain-Claude Bilie-By-Nze montrent bien que leur auteur n’a rien compris de mon projet politique, bien qu’il ait fait un stage de redressement à mes côtés, pendant quelques années. Pourtant ma déclaration, lors de la Conférence Nationale, le 4 avril 1990, était assez claire. Voici ce que je disais : « L’unité nationale gabonaise a comme préalable aujourd’hui le PARDON. Le Pardon est, en effet, pour nous actuellement une nécessité politique.

Nous ne pouvons pas faire avancer notre pays si nous ne commençons pas par passer l’éponge sur un certain nombre de choses. Nous avons à nous libérer de la peur, des préjugés, des soupçons, afin de travailler dans la sérénité pour l’avènement d’un multipartisme responsable. Car la peur provoque l’agressivité et la violence, toutes deux dévastatrices des communautés humaines ».

Pendant son stage de redressement, au lieu de profiter de l’enseignement qui lui était donné, le fils de Sarah Nnoh Nze a préféré jouer un rôle semblable à celui de Judas entre Jésus et les chefs religieux d’Israël. Je signale, en passant, que Judas, le traître, s’est suicidé et qu’il est mort avant Jésus, après avoir abandonné la rançon de sa trahison. A tous ceux qui ont ce même comportement, je dis « Vos enfants iront cracher sur vos tombes ».



Quand l’Ordre et discipline font défaut …
Alain-Claude Bilie-By-Nze, actuellement Ministre d’Etat, n’a jamais compris que tout groupement humain marche avec une discipline, ni intégré le fait qu’il a été exclu conformément aux statuts du RPG et non par la volonté du Président de ce parti, Paul Mba-Abessole. Il a oublié qu’après son exclusion du RPG, en un temps record, il a adhéré à deux partis différents : le RDP et le PDG. Monsieur le Ministre d’Etat peut-il se prendre pour un homme stable, après avoir dansé cette salsa ? Ses collègues du Gouvernement qui le connaissent bien maintenant doivent rire de ses analyses. Bref, je laisse à sa réflexion la maxime suivante : « Les inconstants sont toujours ingrats. Leur reconnaissance dure tant qu’ils espèrent et leur ingratitude se montre dès qu’ils ont tout obtenu ».

 

Il faut connaître l’histoire du peuple pour lequel on se bat ainsi que celle de ses citoyens
Maintenant, à l’adresse de la cohorte des gens, surtout des jeunes qui veulent bien comprendre les choses. Je leur dis que pour bien mener une lutte politique responsable, il faut connaître l’histoire du peuple pour lequel on se bat ainsi que celle de ses citoyens. En tout cas, en m’engageant en politique, je me suis personnellement efforcé de me renseigner sur l’histoire politique du Gabon. Pendant des années, j’ai consulté beaucoup d’ouvrages aussi bien favorables que défavorables aux gabonais.

Je me suis également appliqué à avoir le maximum d’informations sur mes adversaires, pas ennemis politiques, pour tenir toujours un discours responsable. Mon principe a toujours été, en référence à mes ancêtres, celui d’un chasseur qui vise un singe perché sur une branche ; mais en sachant que si ce dernier change de branche, un chasseur intelligent est obligé de changer de position. Il est bien évident qu’un chasseur qui vise un singe perché sur une branche x continue à viser en direction de cette branche x.

 Élémentaire ! Celui qui ne peut pas comprendre cela est en-dessous du niveau d’un débile mental. Parce que j’ai appliqué ce principe, les débiles mentaux ont dit que Paul Mba-Abessole est changeant ou versatile. Je précise que « versatile » en français veut dire « qui change facilement de parti, d’opinion, qui se montre instable dans ses avis, indécis ». Qu’on me dise combien de fois j’ai changé de parti politique, d’opinion depuis mon retour au Gabon. Ceux qui ne sont pas atteints d’amnésie savent que je tiens le même discours depuis mon engagement en politique, le 31 octobre 1982, à Paris, après une réunion à l’hôtel Orléans Palace, à la Porte d’Orléans.

Mon programme est resté le même ; il est, du reste, le seul que l’on connaisse au Gabon depuis 1990. Tous les autres n’en sont que des succédanés. Qu’on compare mon discours à ma première conférence de presse, dans la salle Wagram à Paris, le 8 août 1983, et tous les discours que j’ai tenus depuis ce temps-là.
Je pardonne à M. Alain-Claude Bilie-By-Nze tous ses délires. Il ne faut pas trop demander à un garçon de première année d’université. Il faut comprendre qu’il ne puisse pas avoir une vision adulte des problèmes complexes qui dépassent son niveau (Bac+1).

 

Libreville, le 12 novembre 2018
PAUL MBA-ABESSOLE


REDACTION@DBNEWS
14/11/2018

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