POROSITE IMMORALE AVEC ALI BONGO & CIE : L’AMBIGUÏTÉ JEAN EYEGHE NDONG

Gabon, le ‘‘dernier Premier ministre de feu Omar Bongo Ondimba’’ et cousin germain du ‘‘1er Président du Gabon, feu Léon Mba Minko-Mi-Edang’’, l’opposant et homme politique, Jean Eyeghe Ndong, bras droit de Jean Ping, à sa demande, a été reçu en audience au palais présidentiel, le 9 juin dernier, par le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba.

Contrairement à la fable distillée ci et là, par de l’ancien Sénateur de Nkembo, c’était la 2ème rencontre officielle (hors famille) entre lui et Ali Bongo. La première a eu lieu le jeudi 22 août 2013, même endroit, avant les élections locales de novembre de la même année que l’opposition menaçait de boycotter. Il fallait donc aligner quelques challengers de poids et non du menu fretin, comme on en a fabrique souvent au moment des élections et financent discrètement.

Déjà à l’époque, Jean Eyeghe Ndong, nourrissait l’ambition de devenir ‘‘Maire de Libreville’. Il précisait d’ailleurs à ce sujet dans un interview, ‘‘Ma démarche n’a rien d’un acte de franc-tireur. Mais elle est plutôt le fruit d’une réflexion longuement menée avec beaucoup d’autres compatriotes de tous bords ! De tous bords ! ’’ – Jean Eyeghe Ndong ira aux élections, il sera élu, non pas, Maire de la capitale, mais de son arrondissement,  « Nkembo », poste qu’il donnera à son fils, et lui deviendra sénateur quelques temps après.

09 juin 2021 | OPPOSITION | POROSITE IMMORALE AVEC ALI BONGO & CIE : L’AMBIGUÏTÉ JEAN EYEGHE NDONG/ – JEAN EYEGHE NDONG (à gauche) NOUREDDINBONGO VALENTIND (à droite) – ALI BONGO (au centre) /BNEWS 09 juin 2021 | OPPOSITION | POROSITE IMMORALE AVEC ALI BONGO & CIE : L’AMBIGUÏTÉ JEAN EYEGHE NDONG/ – JEAN EYEGHE NDONG (à gauche) NOUREDDINBONGO VALENTIND (à droite) – ALI BONGO (au centre) /BNEWS

Malgré une confusion savamment entretenue, à quel fin ? on ne sait pas ! – De nombreux Gabonais sont effarés par la porosité irresponsable et amorale qui existe ces derniers temps entre le pouvoir d’Ali Bongo et ceux qui se présentent comme des opposants à son système.

Au fur à mesure des désertions, migrations ou retours vers la majorité et son parti État, le Parti démocratique gabonais (PDG), il y a comme un goût amer de s’être fait avoir par des olibrius. La confiance s’érode peu à peu et les motivations de certains apparaissent mercantiles, sombres et très personnels. L’intérêt général attendra !

Atomiser l’opposition avant les élections présidentielles de 2023 ou avant !

Une fois l’euphorie de  ‘‘Jean Ping Président, passée !’’, beaucoup ont vite compris qu’il n’y avait plus rien à attendre. Le palais du bord de mer, résidence officielle du Chef de l’état Gabonais ne changerait pas de locataire. ils ont été à la mangeoire tout de suite. L’argent et les promesses de nominations ont fait le reste. Donnant ainsi raison au président Ali Bongo et aux faucons du pouvoir. Le dialogue politique d’Angondjé en 2017, à cet égard, avec la présence de grands ténors de l’opposition fut un exemple patent. Et encore plus récemment, on a assisté à des retours spectaculaires ou des clarifications de la part de certains autres.

Et cas  le cas ‘‘Jean Eyeghe Ndong’’ dans tout ça ? –  l’homme du fameux discours posthume enflammé devant le cercueil du feu président en 2009, je fais confiance au journal en ligne ‘‘lalibreville.com’’, qui a écrit : ‘‘À sa demande, l’ancien premier ministre a été reçu ce mercredi 9 juin au Palais du Bord de mer par le président Ali Bongo Ondimba. Non, comme il a tenté de manière alambiquée de s’en expliquer, pour lui parler de ses arriérés d’émoluments au titre de ses précédentes fonctions, mais bel et bien de politique.’’ – et de poursuivre : ‘‘Après René Ndemezo’o Obiang, Frédéric Massavala et tant d’autres, cet ancien baron du PDG a, à son tour, accepté la main tendue par le président de la République dont il reconnait de fait la légitimité.’’

 

Gabon, Libreville, 9 JUIN 2021 - Audience - Ali Bongo  & Jean Eyeghe Ndong Gabon, Libreville, 9 JUIN 2021 - Audience - Ali Bongo & Jean Eyeghe Ndong

‘‘JEAN EYEGHE NDONG n’est pas un bleu !’’

Aucune explication plausible ne peut disculper le bras droit de Jean Ping et battre en brèche les soupçons de ‘‘deal’’ avec Ali Bongo Ondimba depuis  de leur vis-à-vis du 9 juin. Jean Eyeghe Ndong n’est pas un novice en politique. Il savait pertinemment où il mettait les pieds.

Une audience avec le Chef de l’État ne se prépare pas en une journée, elle est la finalité d’un long travail effectué en  amont entre les deux parties.  Le rencontre effective n’est que symbolique et protocolaire. 

Si le Gabon était réellement un état démocratique et respectueux des droits humains, et « non, une République-Royaume« , dont  les principaux acteurs sont les membres d’une seule famille et apparentés, personne ne trouverait à redire en cas de rencontre ou d’échange entre les acteurs qui concourent à la bonne marche de la nation.  Malheureusement, le pays évolue en marge de cette logique.

Toute personne qui émet une opinion divergente, ou que l’on soupçonne de ne pas être en parfaite osmose avec les pratiques despotiques au sommet de l’État, il/elle devient le personnage à abattre, à humilier, à descendre plus bas que terre, à retirer les marchés, l’emploi et à mettre au banc de la société.

Le sadisme du régime gabonais n'a rien envié aux procédés en vigueur au sein du parti communisme Chinois. Faire descendre l’infortuné du moment de son piédestal et attendre qu’il revienne râpant comme un serpent, la faim au ventre, désargenté, le pardon et les excuses les plus plates aux lèvres comme un pauvre bougre. L’avilissement pratiqué depuis cinq décennies comme un modèle de gouvernance, permet à la famille au commande du pays, d’avoir le dernier mot sur tout le monde, où la célèbre phrase du père fondateur de la dynastie, Omar Bongo Ondimba himself : « Je peux faire d’un chien un ministre et d’un ministre un chien« . L’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo, Brice Laccruche Alihanga en fait l’expérience actuellement, incarcéré le 13 décembre 2019, l’homme qui sauva le fauteuil présidentiel, est en isolement depuis 18 mois, à la prison centrale de Libreville. L'inhumanité dans toute sa splendeur ! 

Gabon – Jean Eyeghe Ndong- Homme politique/DBNEWS-17 JUIN 2021 Gabon – Jean Eyeghe Ndong- Homme politique/DBNEWS-17 JUIN 2021

Le prétexte des émoluments non versés depuis 2010

On marche sur la tête ! Jean Eyeghe Ndong ne devrait pas  être obligé d’adopter la posture de quémandeur pour percevoir ce dont il a droit comme le prévoit la loi, concernant  les anciens serviteurs de l’État. De 2010 à ce jour, en raison de 70 millions de francs annuels, l’Etat Gabonais lui doit la bagatelle somme de 700 millions de francs-CFA.

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient !

Tous les Gabonais ne sont pas manipulables, tous les Gabonais ne sont pas atteints d’amnésie.  Le jeudi 22 aout 2013, avant les élections locales, comme écrit en introduction, Jean Eyeghe Ndong, avait rencontré le président de la République, Ali Bongo Ondimba, « pour en autre parler du non-versement de ses émoluments« . Puisqu’Ali Bongo Ondimba n’a pas tenu  parole depuis, et donner des instructions pour débloquer son dossier, huit (8) ans après, qu’est-ce qui garantit que cette fois, il respectera sa promesse ? 

Cher Nzamfé  (surnom de Jean Eyeghe Ndong), « si l’oiseau oublie le piège, mais le piège n’oublie pas l’oiseau’’ ! 

Personne d’autres, ni les anciens  premiers ministres, ni la nouvelle  première ministre, Mme Rose OSSOUKA RAPONDA,  ne sont responsables du non traitement de l’affaire des émoluments de Jean Eyeghe Ndong depuis 10 ans. Le stand-by, la décision de ne pas donner de suite vient d’Ali Bongo Ondimba lui-même. 

RFI – jeudi 22 aout 2013 – Rencontre à la présidence de la république – Ali Bongo & Jean Eyeghe Ndong RFI – jeudi 22 aout 2013 – Rencontre à la présidence de la république – Ali Bongo & Jean Eyeghe Ndong

Il n’y a que des ‘‘mais’’

Ni dénonciations ni anathèmes, juste le constat d’un  « faute politique inqualifiable et impardonnable ».

Le mensonge d’État tendant à faire croire quAli Bongo jouit d’une bonne santé, a été mis en mal grace aux  images venues de Londres le mois dernier.  La mascarade a pris du plomb dans l’aile.

Le pouvoir a besoin de convaincre à travers les capitulations successives au sein des oppositions, qu’il est seul capable de diriger le pays, vous avez prêté le flanc  à ce mensonge éhonté. Une chose est sûre, la ‘’famille Bongo-Valentin’’, ne compte pas perdre sa mainmise sur le Gabon, les enjeux financiers sont extrêmement importants pour elle.

Par conséquent, ils restent dans leur logique, et s’échinent à contrecarrer toute décision qui aboutirait à la vacance de pouvoir et conduirait logiquement à l’avènement d’une nouvelle personne à la tête du pays.

M. Eyeghe Ndong, « Les difficultés épurent  l’âme« . En tant qu’ancien Sénateur, vous avez de quoi pour vivre correctement, vous n’aviez pas besoin d’écorner votre image. Quelles que soient vos explications bancales. on retient juste que vous avez accepté de « jouer les sous-marins » pour la pérennisation du pouvoir « BONGO-VALENTIN & Cie », en échange de quoi ? – Gabon maison de verre, on le saura bien assez tôt !


18 JUIN 2021

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