Unesco / Plan d’Action de Kazan : Discours du Prof. Ibrahim ALBALAWI

10-13 septembre 2019, s’est tenue à Antananarivo (Madagascar), centre de conférence internationale Ivato, la Première conférence régionale des ministres africains sur la mise en œuvre en Afrique du Plan d’Action de Kazan (PAK) : un plaidoyer régional visant au développement durable d’une Afrique pacifique, éthique, saine et active. Le plan d’Action de Kazan (PAK) est une initiative de l’UNESCO pour faire de l’éducation physique et sportive un vecteur de la consolidation de la paix et du développement durable. Discours prononcé par le Prof. Ibrahim ALBALAWI, Ambassadeur, Délégué permanent du Royaume d’Arabie Saoudite auprès de l’UNESCO, présent à cette rencontre.

Antananarivo, Madagascar - Centre de Conférence Internationale Ivato - le Prof. Ibrahim ALBALAWI (1er à gauche de la photo), Ambassadeur, Délégué permanent du Royaume d’Arabie Saoudite auprès de l’UNESCO Antananarivo, Madagascar - Centre de Conférence Internationale Ivato - le Prof. Ibrahim ALBALAWI (1er à gauche de la photo), Ambassadeur, Délégué permanent du Royaume d’Arabie Saoudite auprès de l’UNESCO

Après l'expiration du Cadre d'action pour le développement durable du sport en Afrique (2008-2018), la mise en œuvre du Plan d'action de Kazan, représente une occasion unique afin de poursuivre les efforts visant à développer le continent africain et à réaliser l'Agenda 2063 à travers l'éducation physique, l'activité physique et le sport.

Antananarivo, Madagascar - Centre de Conférence Internationale Ivato -  LANCEMENT DU PLAN D’ACTION KAZAN PAR LE PRÉSIDENT ANDRY RAJOELINA Antananarivo, Madagascar - Centre de Conférence Internationale Ivato - LANCEMENT DU PLAN D’ACTION KAZAN PAR LE PRÉSIDENT ANDRY RAJOELINA

Centre de Conférence Internationale Ivato, Antananarivo, Madagascar. Discours du le Prof. Ibrahim ALBALAWI
10 septembre 2019.

 

Excellence,
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais exprimer ma profonde gratitude et mes vifs remerciements à la République de Madagascar et aux organisateurs de m’avoir invité à cette Conférence très importante à laquelle j’ai l’honneur et le plaisir de participer.

La mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies (ODD) progresse lentement. Selon la Déclaration de Bruxelles, qui a fait suite à la réunion mondiale sur l’éducation, en décembre 2018, malgré quelques progrès à l’échelle mondiale, nous ne sommes pas en bonne voie pour atteindre la mise en œuvre l’Objectif de Développement Durable 4 (ODD4) d’ici 2030. Or, la réalisation de l’ODD 4 est fondamentale pour réussir efficacement les autres Objectifs de Développement Durable. Et Il est impératif d’avancer pour répondre aux nombreux défis auxquels est confronté le monde, avec le changement climatique, la transformation numérique, les inégalités économiques et sociales, et le défi migratoire. Ces facteurs menacent la stabilité et la cohésion sociale.

Concernant l’Afrique, les enjeux sont nombreux et les défis importants. Le Plan d’action de Kazan, comme l’indique son document conceptuel, constitue un cadre adéquat pour y répondre. C’est un outil qui lie les politiques dans le domaine du sport et les Objectifs de Développement Durable de l’ONU et de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. Développer l’éducation physique sportive contribue à l’éducation de qualité et à la réalisation des ODD. L’Afrique a les atouts pour relever les défis qui s’imposent à elle, forte comme elle l’est de ses richesses naturelles et de ses ressources humaines, notamment sa jeunesse.



Excellences,

Mesdames, Messieurs

Le premier atout de l’Afrique, sans doute le plus précieux, est en effet sa jeunesse. Il est primordial de développer son domaine pour lui permettre d’exprimer ses compétences et talents. Ce qui va la prémunir contre l’ignorance, le chômage, les mirages migratoires, la délinquance et la violence. Elle exprimera pleinement ses moyens et utilisera ses atouts dans ses domaines de prédilection comme l’entreprenariat, le sport, les technologies, le volontariat, la culture, etc. Pour les jeunes, le sport est un moyen d’inclusion et de promotion sociale.

Les jeunes ont besoin de le pratiquer, d’exercer des activités d’animation, d’encadrement, de formation, ou tout autre pratique par laquelle chacun développe des compétences, acquiert des expériences et trouve sa place dans la société. Puis, comme le dit le dicton, le sport forme « un esprit saint dans un corps saint ». Par le sport l’individu construit son équilibre, apprend la maitrise de soi, le goût de l’effort et de l’exigence envers soi-même.

En même temps, tout en permettant aux individus de se construire, le sport renforce les relations sociales. Il agrège les énergies, forme les synergies, rassemble les différences, rapproche entre les appartenances, relie les identités et structure la société. Le sport exalte l’esprit de groupe, l’effort collectif, l’entraide. Il cultive l’éthique, l’altérité, la fraternité, le respect de l’autre.

Organiser des manifestations sportives permet d’entretenir des valeurs et des idéaux partagés, de renforcer le tissu socioculturel et la cohésion sociale. Par le sport on sème les ingrédients de la paix sociale. Tout pays a besoin de développer des programmes et des évènements sportifs pour renforcer sa société et ses relations avec les autres pays. Les jeux sportifs sont des moyens pour instaurer le dialogue des cultures, rapprocher les peuples et pérenniser la paix.

Le 12 aout est désigné par les Nations Unies comme journée internationale de la jeunesse en 1999, pour célébrer annuellement le rôle de jeunes comme partenaires essentiels du changement. Le thème de 2019, « Transformer l’éducation », a mis « l’accent sur les efforts visant à rendre l’éducation plus inclusive et plus accessible pour tous les jeunes, y compris les efforts des jeunes eux-mêmes ». Il est nécessaire, comme le préconise l’UNESCO, de consolider le temps consacré à l’éducation physique sportive dans l’éducation. C’est fondamental pour fournir aux jeunes un cadre dans lequel ils inscrivent leurs trajectoires personnelles et développer leur insertion sociale.

Le monde d’aujourd’hui exige d’accorder une place importante à l’éducation physique sportive et aux jeux sportifs traditionnels dans l’enseignement fondamental. Cela permet de dispenser une éducation qui inculque dès l’enfance la culture du développement durable. Cela permet aussi de consolider les valeurs sociales qui sont perturbées par l’impact des technologies, l’influence d’Internet et des médias sociaux.

L’éducation physique sportive et les jeux sportifs traditionnels sont aussi des moyens de médiation. Ils permettent de prévenir et de traiter les problèmes de la jeunesse, les conflits, la délinquance et la violence. Le sport forme les jeunes à la vie sociale et civique. Quand ils sont bien accompagnés par les services d’éducation et la société civile, les jeunes acquièrent les moyens de naviguer dans la vie et d’arriver à bon port.

Dans un contexte où la médiatisation favorise le culte de la performance, il est important aussi de lier la couverture médiatique des évènements sportifs à une formation aux médias. Ce sont des occasions pour informer, prévenir et lutter contre la violence et le dopage, et tout autre fléau qui menace la société.

Le domaine du sport s’est considérablement professionnalisé ces dernières décennies, connaissant une croissance formidable. Il a suscité l’intérêt des industries médiatiques, devenant l’objet d’enjeux économiques colossaux. Mais cette modernisation du sport a occulté les jeux sportifs traditionnels qui n’intéressent pas les médias et ne bénéficient pas de promotion. Or, les jeux sportifs traditionnels jouent un rôle important dans la transmission des connaissances et des valeurs traditionnelles. Ils permettent de valoriser leur identité et de se construire.

Les pratiques sportives permettent aux jeunes de promouvoir leurs localités et de leur donner une visibilité. Ce qui peut attirer l’attention des investisseurs. Faire connaitre les parties ignorées du monde par le sport favorise leur visibilité, leurs atouts économiques, promeut le patrimoine et les cultures locales.

Dans tous ces domaines, l’Afrique, forte de sa jeunesse et de ses atouts, offre au monde des possibilités illimitées de coopération et de générosité. L’Afrique nous invite aujourd’hui à mutualiser les efforts pour réaliser les ODD et construire, notamment par l’éducation, un développement humain et durable qui permet de lier la prospérité et l’inclusion, de garantir la stabilité et de construire la paix.



Excellences,
Mesdames, Messieurs

La « Vision 2030 du Royaume d’Arabie Saoudite » et le « Plan de transformation national » qui la met en œuvre depuis 2016, accordent une place prépondérante à la jeunesse pour lui permettre d’exprimer ses compétences et ses talents. Le but est de réformer l’économie, de la diversifier, d’encourager l’investissement et du partenariat public-privé. Le plan renforce l’inclusion économique et sociale, notamment des femmes. Une réforme importante du système d’enseignement est lancée. Elle vise à améliorer les apprentissages, à doter les jeunes en compétences selon les besoins de l’économie, à renforcer la formation tout au long de la vie et à généraliser l’utilisation des moyens numériques. La réforme développe aussi les domaines de la culture, du patrimoine, du tourisme, de l’art, du spectacle et du divertissement.

La fondation « Misk » place la jeunesse au centre de ses occupations. La fondation a soutenu le 9ème Forum des jeunes de l’UNESCO en 2015 et a signé un accord-cadre avec l’Organisation pour agir ensemble dans les domaines de la jeunesse, de l’éducation, des nouvelles technologies, de la science et de la culture ». Ce partenariat a permis d’organiser à Riyad, en mai 2017, le 7ème forum international des ONG partenaires officiels de l’UNESCO sur le thème de « la jeunesse et son impact social ».

Le Centre du Roi Salman pour le secours et l’action humanitaire agit dans différents endroits du monde, notamment, en faveur des populations réfugiées, des personnes déplacées, en cas de conflit et de catastrophe naturelle, pour rétablir des situations de vie, des services de santé et d’éducation. En même temps, l’Arabie Saoudite accorde une place importante au dialogue des cultures et des civilisations, par ses programmes nationaux et internationaux, comme le Programme du Roi Abdullah pour le dialogue, la culture de la paix et l’entente entre les peuples.

Je voudrais conclure en saluant l’accord sur un projet de partenariat qui a été conçu en juillet 2019, lors d’une réunion à l’UNESCO entre la Délégation Permanente du Royaume d’Arabie Saoudite et des pays membres du Groupe Afrique de l’UNESCO. En cours d’élaboration, ce partenariat peut être mis en œuvre dans différents domaines, notamment l’éducation, la culture, le patrimoine, l’économie, l’inclusion des femmes, la jeunesse, le sport. Par ce partenariat, qui insiste sur le principe de réciprocité, l’Arabie Saoudite entend développer ses échanges avec les pays d’Afrique. C’est tout naturellement qu’elle soutient cette conférence et le Plan de Kazan. Ce Plan constitue un outil fondamental dans la mise en œuvre du développement durable en Afrique, pour assurer la prospérité, la stabilité et la préserver le patrimoine culturel.

Je vous remercie.

 

Prof. Ibrahim ALBALAWI. Ambassadeur, Délégué permanent du Royaume d’Arabie Saoudite auprès de l’UNESCO,Docteur en sociolinguistique, Rédacteur en chef de la revue scientifique Synergies Monde Arabe et professeur des universités à l'Université du Roi Saoud à Riyad. Prof. Ibrahim ALBALAWI. Ambassadeur, Délégué permanent du Royaume d’Arabie Saoudite auprès de l’UNESCO,Docteur en sociolinguistique, Rédacteur en chef de la revue scientifique Synergies Monde Arabe et professeur des universités à l'Université du Roi Saoud à Riyad.
Ibrahim ALBALAWI
Ambassadeur, Délégué Permanent du Royaume d’Arabie Saoudite auprès de l’UNESCO



AM DWORACZEK-BENDOME
23 septembre 2019

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