Gabon : Hermann Kamonamono, le FNAS est son paillasson

HERMANN KAMONAMONO, DG de la SNI et DG du FNAS HERMANN KAMONAMONO, DG de la SNI et DG du FNAS


Nommé le 28 septembre 2017 en Conseil des ministres Directeur Général du Fonds National d'Aide Sociale (FNAS), Hermann Kamonamono, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été renommé quatre mois plus tard par son ami Brice Laccruche, Directeur de cabinet président de la République, et avec l’accord de ce dernier, je suppose, Directeur Général de la Société Nationale Immobilière (SNI), vendredi 23 février 2018. Depuis, la première structure citée en début d'article périclite. Le Fonds National d'Aide Sociale (FNAS) est traité par-dessus la jambe par ce monsieur qui le juge désormais sans intérêt pour sa noble personne. Comme quoi, au Gabon, le chômage ne touche pas tout le monde malgré les fermetures d’entreprises et son lot quotidien de malheureux  car d’autres bienheureux sont des CUMULARDS.

L’oiseau "rare" nommé Hermann Kamonamono !

Quand Herman Kamonamono prend la tête du fonds national d’Aide Sociale Gabonais (FNAS), en remplacement de M.  Albert Ollo, un proche du ministre d’Etat Paul Biyoghe Mba, le personnel crie un grand "ouf" de soulagement. En effet, M.  Albert Ollo avait mis en léthargie cette structure d’Etat censée traduire en actions concrètes la politique sociale du président de la république Ali Bongo Ondimba envers les plus démunis et les laissés pour compte du mirage Gabonais. En quelques mois, et grâce à des appuis personnels au plus haut niveau de la république, le FNAS avait repris des couleurs sous la houlette du nouveau DG (Herman Kamonamono).

Hermann Kamonamono, le pompier devenu pyromane !

Le succulent "gâteau SNI" aidant, le toujours Directeur Général du Fonds National d'Aide Sociale (FNAS), Hermann Kamonamono, traine les pieds pour conduire les affaires liées au FNAS comme au début. Au passage, en partant de la Société nationale immobilière (SNI), Hermann Kamonamono a amené avec lui deux membres du FNAS dévoués à son auguste personne: "sa très attachée" Mme Colette Amorissani et "son bon petit", M. Ismaël Borobo. Le reste du personnel n’est apparemment pas son souci premier et, les 40% des gabonais qui vivent sous le seuil de pauvreté encore moins.

Colette AMORISSANI, salariée à la SNI et au FNAS Colette AMORISSANI, salariée à la SNI et au FNAS
Ismaël Borobo, salarié à la SNI et au FNAS Ismaël Borobo, salarié à la SNI et au FNAS
Cumuls des salaires et des avantages

En gabonais prévaricateur du système et fossoyeur de la république, si le Fonds National d'Aide Sociale (FNAS), est devenu chose négligeable et sans intérêt aux yeux de ces trois personnes, les salaires et autres avantages qui y sont liés cependant, conservent leurs attraits, puisqu’ils en bénéficient jusqu’à ce jour.


Le FNAS

Le prodigue Hermann Kamonamono - Les nominations aux plus hautes fonctions de l’Etat relèvent du choix discrétionnaire du Directeur de cabinet du Président de la république, M. Brice Laccruche Alihanga; c’est ce dernier qui décide comme l’affirme Herman Kamonamono au personnel du FNAS qui ose se plaindre de son nouveau comportement empreint de désinvolture. Et voilà depuis là, le personnel peine à faire signer le moindre document ou faire prendre la moindre décision car désormais, seul le poste de directeur général de la Société nationale immobilière (SNI) retient l’attention de l’oiseau rare nommé Hermann Kamonamono. La raison de cette balance qui penche plus d’un côté que de l’autre est facile à deviner; au FNAS, on survit avec des clopinettes, alors qu’à la SNI, l’argent, le "vrai", le "lourd", coule à flot.

 Ne mettant presque plus les pieds au FNAS, l’homme se sert de sa" très attachée" Mme Colette Amorissani pour faire l’interface entre lui et cette chose nommée Fonds National d’Aide Sociale qui l’ennuie gravement.

Comme le plus clair de son temps est occupé ailleurs, c’est à son domicile entre discussions par ci et là que le personnel qui amène le parapheur avec supplication peut espérer que ce dernier, s’il est l’humeur badin, appose sa précieuse signature sur quelques documents.

 Face à cette réalité, certains lui ont gentiment demandé de déléguer sa signature à son adjoint, le temps que le gouvernement nomme une nouvelle personne. Refus catégorique de M. Herman Kamonamono que je cite: "si le gouvernement avait trouvé une personne capable de me remplacer, vous ne croyez pas qu’il l’aurait fait ? – Foutez-moi la paix". Que dire après cette réponse lapidaire ? - On ferme sa bouche !

Abus d'autorité

Non !  - Dans ce Gabon, certains abusent et en usent, Ainsi depuis, le 23 février 2018, date à laquelle, M. Hermann Kamonamono a été désigné Directeur général de la Société nationale immobilière (SNI), il se permet tout. L’homme était d’ordinaire capricieux et orgueilleux; sa nouvelle position sociale n’a fait que renforcé ces deux traits de caractère. Alors que le comité Directeur (CODIR) du FNAS doit se tenir ce lundi 30 avril 2018, M. Hermann Kamonamono a prévenu le personnel du FNAS vendredi 27 avril: "je serai là lundi et si vous croyez pouvoir dire quoi que ce soit contre moi, je vous préviens, celui ou ceux qui oseront, le regretteront amèrement…" Au 21e siècle et dans un Gabon en souffrance, voici le langage d’un choyé de la république envers ses subordonnés. La proximité dont se targue Hermann Kamonamono avec le Chef de l’Etat, donne-t-elle droit d’office à un tel dédain envers des honnêtes pères et mères de famille ? - L’ami de Brice Laccruche Alihanga et membre de l’AJEV ne doit –il aucun respect à ses subalternes ?

Ali Bongo Ondimba, où est passé votre souci du bien être des gabonais ?

Lors de son discours d’investiture en 2009, le président Ali Bongo Ondimba avait déclaré : "Je ne serai heureux que si je sais que le peuple gabonais est heureux, je ne serai fière de ma politique que si je sais qu’elle apporte à chacun et à tous un mieux-être dans son quotidien, je ne serai en paix que si je sais que le pays vit en paix".  Neuf années après, les gabonais sont plus malheureux, tandis qu’un infime nombre de personnes pavoise et fumiste le reste des gabonais.

Monsieur Le Président, quand une personne qui se réclame de votre protection personnelle, pour ne pas dire plus, se comporte si cavalièrement avec un personnel en charge d’un outil d’état né de votre vision politique, que doit-on en déduire ?

 Les institutions financières qui accompagnent le Gabon actuellement, le font en priorité  à cause des 40% du taux de pauvreté qui règne dans le pays ; 40% de gabonais manquent de l’essentiels ; ils le font parce que ce qu’ils constatent est inadmissible pour un pays au sol riche et de surcroît producteur de pétrole; il le font par respect des droits humains, de la dignité humaine et pour le développement harmonieux du pays ; ils le font parce qu’ils ont eux, pitié des 40% des gabonais qui croupissent dans la pauvreté.

Tandis que des étrangers font preuve d’apathie et de compassion, le comportement du même type est impossible chez l’un de ceux que vous avez mis sur un piédestal avec l’aide de votre Directeur de cabinet. 

Brice Laccruche Alihanga face à ces choix

Brice Laccruche, Directeur de cabinet Président Ali Bongo Ondimba Brice Laccruche, Directeur de cabinet Président Ali Bongo Ondimba
"Publié sur la page officielle du Facebook, de M. Brice Laccruche Alihanga, le 27 avril 2018
Publication de Brice Laccruche. La différence entre hier et aujourd’hui tient au fait qu’être un jeune, une femme ou venir d’une association ou d’une entreprise n’est plus un handicap pour prétendre exercer des responsabilités au sein du secteur public. C’est cela l’ÉGALITÉ DES CHANCES, c’est cela la MÉRITOCRATIE’’. Poursuivant son propos comme en réponse à sa politique axée sur le jeunisme, il se répand:  "A ceux qui font courir ces bruits (dont je sais pertinemment d’où ils viennent), je leur conseillerais de se garder de tout procès d’intention. Comme le dit le proverbe, « c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses ». Autrement dit, ce n’est pas au bout de quelques mois, voire de quelques semaines, que l’on peut faire le bilan d’une action au long cours, qui a vocation à être menée durant plusieurs années. Au passage, je remarque que ceux qui sont prompts à faire le procès des « nouveaux » se dispensent bien de faire celui des « anciens » …"

Monsieur le directeur de cabinet, faudra-t-il attendre que le fonds soit mis à terre, le personnel au chômage, les 40% des gabonais qui vivent sous le seuil de pauvreté et qui ont besoin de cette entité pour les aider et les accompagner soient en détresse, pour revoir vos choix et votre approche?

 Omar Bongo Ondimba avait dit dans son discours testamentaire :  « Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire. Il nous observe, il dit amusez-vous ! Mais, le jour où il voudra aussi nous sanctionner, il le fera ! ».

Un proverbe dit « Le bossu ne voit jamais sa bosse ».
Même ceux qui souffrent d’autisme savent se remettre en cause;
Il faut accepter la critique et l’autocritique comme moyen de se perfectionner...

Espérons qu’une solution pour un meilleur fonctionnement du FNAS sera trouvée assez rapidement car il y a des personnes en son sein qui ne demandent qu’à servir.

Spectacle permanent du don : la Banque Mondiale rétorque la politique envers les pauvres © anne marie dworaczek-bendome

 Anne-Marie Dworaczek-BENDOME
30 avril 2018

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.