Pilule, capitalisme, amour et libération de la parole.

La pilule bleue est un choix (pas le viagra.. non c'est une référence au film de science fiction La Matrice).

Le problème c'est qu'une fois le choix fait, le retour en arrière est impossible.

Mais qu'est-ce qui m'a pris de voir des illusions partout, sans doute une erreur puisque il n'y a rien derrière le miroir, une recherche sans fin...
Un doute permanent, une frustration sans fond. Mais l'illusion est pire que la réalité. Pourtant il n'y a que cela qui nous en éloigne, on veut s'en protéger. Ce choix rend incompatible toute tentative de paix intérieure, c'est un combat à mort.

Les mots sont vains.

Nous vivons dans deux dimensions, la réalité est un principe et non ce que l'on peut décrire. Tout reste mystérieux, et c'est tout ce que la lucidité permet de dire. Nous avons uniquement des sensations. La souffrance révèle ce qui nous était invisible.

Comment parler alors que personne n'écoute ? Ou plutôt pourquoi parler quand on sait qu'on ne peut être compris du fait même d'une condition incompatible de deux mondes qui s'ignorent ?

Donc si je suis là à écrire un truc je ne suis pas en train de pirater quoi que ce soit mais bien faire parti du monde des apparences.
Tout est comme ça mais à part la vie monastique à laquelle on sent bien que cela mènerait de vouloir en sortir, il y a comme une réticence, on a toujours l'illusion qu'on peut ne pas faire ce choix, et s'en accommoder.

Travaillez ou ne travaillez pas vous le regretterez, dirait Kierkegaard.

Je remarque que seul l'esclavage d'une partie de la population permet une vie matérielle digne selon nos critères. Pourquoi le capitalisme rend les pauvres très pauvres ? Et bien je crois que la valeur matérielle est indexée sur cette dépendance, dépendance des relations humaines, de coercition garantie.

Il n'y a rien à prêcher, tout a déjà été dit, cela ne ferait que renforcer la confusion à mon sens. Nous le voyons bien aucune abondance ne préserve de l'égoïsme, plus on possède et moins on partage.

Et l'amour dans tout ça ? Demandons à Diogène ce qu'il en pense, ah non ça va être censuré, pourtant nous sommes au 21eme siècle mais sa philosophie ne nous est pas encore parvenue, la masturbation n'est toujours pas un objet de fierté sociale... Il n'en avait pas honte lui.
Militons donc, n'ayons pas peur.

Non, plutôt soyons rusés, et utilisons l'industrie qui cherche de nouveaux débouchés, demandons à la pub de nous concocter pour ces produits une attaque sur nos inconscients pour nous faire adopter cette pratique, il est vrai moins consommatrice de revenu que celle de la séduction.
Créons un mouvement et déplorons notre triste condition, eh oui on s'occupe mieux des animaux que des humains sur ce plan (c'est de la mauvaise foi mais il faut bien trouver un bouc émissaire).

C'est un projet qui parait farfelu, mais qui fera son chemin, s'il y a assez d'argent à prendre.
Aidez les publicitaires, adressez leur vos besoins non satisfaits, ils vous remercieront et en explorant votre inconscient nous économiserons les frais de psychothérapie, et tout le monde sera content.

Des idées ? Visières de protection, un mouchoir spécial, pour nous, les hommes, ou n'importe quel produit.. C'est comme pour et la cigarette, les femmes ne fumaient pas car cela ne se faisait pas tout simplement, en fait la cigarette étant inconsciemment associée au pénis, il a suffit d'associer cela à l'idée de libération et de le médiatiser pour créer une polémique sur le sujet à récupérer (Torch of freedom) il faut donc faire de la masturbation un signe de fierté de son corps et de son esprit par ce moyen détourné.

En effet j'ai trouvé de nombreux blogs d'hommes qui parlent de féminisme mais jamais de leur sexualité, il va falloir libérer la parole, je crois en fait que c'est cela le problème.

En effet l'injonction générale est d'être très actif sexuellement, alors comment ne pas s'étonner du silence sur la question. Tout va bien circulez. Mon œil...

Un peu comme au 19eme siècle la prostitution était omniprésente à Paris, tout le monde fréquentait des maisons et pourtant il était inconcevable de le dire publiquement, les époux vivaient avec épouse et maitresse sous le même toit en faisant comme si on pouvait les séparer par le simple protocole. On ne parlait pas à ses enfants non plus cela n'était pas concevable et permettait certainement de leur éviter de dire la vérité.

Plutôt que de clouer notre honteuse humanité au pilori libérons la parole masculine sur ce sujet, cela n'est jamais fait il me semble, les femmes redécouvre leur sexe tous les jours avec étonnement et curiosité, c'est à mon sens une démarche constructive qui fait l'effort de dépasser la peur de la honte qui tait toute parole libératrice.

Old Fashioned © MrHeliotrope

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.