Palestine, quand les pierres se mettent a pleurer

Une énième journée où David & Goliath s'affrontent, pour le même dénouement dépourvu de fantaisie littéraire. Des morts, des pleurs, des cris. Qui peut croire qu'une pierre peut battre le feu sauf celui qui n'a plus de terre ? Plus proche du billet d'humeur que de l'information.

Du 30 mars au 15 mai, c'est les quelques journées qu'on prévus les Palestiniens pour se soulever et essayer de glaner des revendications à l'État israélien.

Les demandes sont, si moindres, comparés au rêve d'un peuple de récupérer sa terre, "Grande marche du retour" tel est le nom attribué à ces manifestations par les Palestiniens, visant à revendiquer le droit au retour, garantie par la résolution 194 de l'Organisation des Nations Unies.

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Disproportion éternelle 

Loin de moi, l'idée de remettre en cause la légitimité de l'État d'Israël, mais il le fait lui-même. Du moins, sur le plan internationale. Par le biais de sa propre politique étrangère irrationnelle et démesurée, l'état d'Israël n'agit plus pour protéger son peuple mais pour en blesser un autre. 

Quel État crédible déploie une force aussi violente, causant 16 morts la première journée de manifestations, sur des personnes agrippant un drapeau sur une frontière électrique, marchant pour demander uniquement la fin d'un blocus sur Gaza?

16 décès, une utilisation du gaz lacrymogène si régulière qu'elle en fait oublier l'air aux manifestants et un peuple décimé. Selon le ministère de la Santé de l'autorité Palestinienne, plus de 1 400 personnes ont été blessées.

Aucun mort ni blessé n'a été signalé côté israélien.Pardonnez mon lyrisme, mais comment prétendre être un État inscrit dans une logique internationale, si on n'en respect aucune règle. Quelle différence pratique existe il entre la politique étrangère de la Corée du Nord & l'État d'Israël 

Si ce n'est les réactions. Les ONG hurlent, implorent, une réactivité de la part de la communauté internationale tandis que l'ONU ne fait que réclamer une enquête indépendante qui ne sera jamais tolérée par le gouvernement Israélien.

Que révélerait l'enquêté indépendante que l'on ne sait pas? Le Journal Israélien Haaretz publie deux vidéos, ou on l'on voit clairement des soldats Israéliens tirer des balles réelles droit dans la tête de manifestants Palestieniens. 

Un cycle infernale 

À défaut de provoquer une pacification de l'extrême droite Israélienne, ces événements provoquent un flou médiatique qui nourrit la violence: Nous assisterons donc dans les prochaines journées aux maladroites confusions entre la légitimité de l'État d'Israël et les actions de son gouvernement, entre la société Israélienne et l'extrême droite, jusqu'à pointer du doigt le judaïsme.

Cela nourrit bien évidemment les terroristes de la pensée de Netanyahu et Co: la nécessité de la guerre, par peur de l'oppression.

Les militants pour la paix deviennent anti-Israël, les journaux de gauche (même Israéliens) sont des traitres et la maladresse devient antisémitisme. Je ne parle évidemment pas des antisémites notoires et des réels militants anti-Israël, les Dieudonnistes & Soraliens mais de ces personnes qui dans l'émotion des bombes et des morts arborent une colère subjective, une haine a chaud.

Qui prendrait le temps de s'informer face à la mort ? Qui aurait le recul nécessaire ?

Un gout de totalitarisme

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Le politologue Carl Joachim Friedrich propose, dans les années 50, une définition d'un totalitarisme en se basant sur 6 choses qu'on y retrouve: une idéologie officielle, un parti « de masse » unique, la terreur policière, le monopole des médias, celui des forces armées et une économie planifiée.

L'idéologie du gouvernement Israélien depuis Netanyahu réside dans une volonté expansionniste et des promesses faites a l'extrême droite et aux plus adeptes de la colonisation, d'une appropriation totale du territoire Palestinien.

Si ces promesses ne font pas de son parti, un parti de masse à proprement parler, Il y a bien dans cela une politique populiste qui vise à faire de la colonisation, un gagne-pain électoral.Si l'on sait, que toute guerre fait remonter un président dans les sondages, la guerre fait aussi en sorte que le peuple recherche une figure autoritaire, rassurante et c'est cela qui permet à Netanyahu de prospérer dans son rôle.

La terreur policière, est elle discutable. Si l'on ne peut pas parler des exactions commises envers les Palestiniens comme terreur policière vu que ce sont les "ennemis" d'Israël, mais le monopole des médias est lui réel. Nombreux journalistes Palestiniens ont été emprisonnés, sans procès ni mise en examen. De plus, les journaux pacifistes Israéliens sont souvent accusés de désinformation, sont discrédités par le Premier ministre lui-même.

Israël: Netanyahou dénonce les médias et les "fake news" contre lui

Ces bribes de totalitarismes, ce non-respect des conventions internationales, cette disproportion dans la politique étrangère ne font pas de l'état d'Israël un état illégitime, mais il montre une faiblesse réelle dans la constitution et le droit Israélien à protéger les populations qui l'entourent et à se protéger elle-même des décisions tyranniques et violentes.

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